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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 09:57

Quand on a un enfant à la maison, on vit un truc que les célibataires sans enfant ne connaissent pas : partir pendant les vacances scolaires. Moi, personnellement, j'appelle ça un cauchemar... Bref, cette année, Cielmonmari, Amonbeaufils et moi, on est partis tous les trois faire du ski pendant les vacances scolaires. Youpi. Ces vacances, je les attendais depuis 3 ans, alors inutile de préciser qu'on avait un peu la pression : j'ai tellement expliqué à Amonbeaufils qu'il fallait être en forme, qu'il a fini par être stressé à l'idée d'être malade. Je suis une vilaine belle-mère... J'ai donc réservé un hôtel des mois à l'avance (et encore, apparemment, en m'occupant de ça en août, je m'y suis pris trop tardivement), trouvé in extremis des billets de train (qui s'arrachent à prix d'or en 10 minutes !), le temps d'aller faire une virée chez Decathlon pour équiper mes deux mecs et hop, nous voilà à la montagne. Je vous passerai le car qui tombe en panne à 1 kilomètre de la station, en plein virage : si le voyage s'était déroulé sans encombre, ça n'aurait pas été drôle. Mais nous voilà enfin installés : me voici prête à débrancher mon cerveau pendant 8 jours... J'ai laissé mon ordinateur à Paris. Mon téléphone de boulot est éteint. Je ne vais pas approcher une casserole pendant la semaine et il y a même une femme de chambre pour faire le lit. De vraies vacances quoi. Pour moi, les vraies vacances, c'est quand il y a le planning des menus de la semaine affiché dans l'ascenseur, et que ma seule décision à prendre, c'est quand je dois choisir entre la tarte au chocolat et le tiramisu (je vous rassure, généralement, je prends les deux).

Dimanche matin, premier jour de ski : nous déposons Amonbeaufils au Club Piou Piou. A 10 ans, se retrouver avec des marmots de 3 à 7 ans, ça fait bizarre... "C'est lequel le vôtre ?" - "Le grand là-bas, qui met 2 têtes à tout le monde..." Mais pas le choix : à l'ESF, on ne rigole pas. Et quand on commence le ski, à n'importe quel âge, c'est direction le Club Piou Piou. Tank God, Amonbeaufils s'en est plutôt bien sorti : dès le lendemain, il a eu l'autorisation de passer au niveau supérieur et d'aller sur les pistes pour préparer son flocon. Bon, bien sûr, nous avons vécu le drame des vacances : il se trouve qu' Arnaud, un autre petit garçon du même âge, commençait le ski comme Amonbeaufils. Sauf qu'il s'est avéré être une graine de champion, et que la prof de ski lui a proposé de passer carrément sa 1ère étoile. Ce qu'Amonbeaufils a vécu comme une véritable trahison, une injustice profonde ("mais c'est parce qu'il prend des cours l'après-midi, ses parents donnent de l'argent à l'école de ski, c'est trop injuste, blablabla"). La réalité est que ce petit génie du ski est devenu une véritable star auprès des profs de ski de toute la station qui, entre eux, ont commenté toute la semaine son niveau absolument incroyable. Amonbeaufils apprend peu à peu la dure réalité de la vie : on ne peut pas être le meilleur partout... Mais en attendant, le prénom d'Arnaud est désormais maudit dans la famille.

En attendant, l'ESF, c'est la meilleure invention de la terre : pendant que tes gamins sont pris en main par les profs de ski, toi tu peux en profiter pour aller t'éclater sur les pistes. Et c'est ce que Cielmonmari et moi on a fait. Enfin, au début, parce que rapidement, le ski a réveillé une sale douleur au genou de mon cher et tendre qui a dû raccrocher les spatules. A mi- séjour, j'avais les boules. Alors j'ai moi aussi opté pour l'ESF : pourquoi ne pas en profiter pour reprendre quelques cours de ski, histoire de travailler un peu ma godille ? Et hop, me voici en train de choisir mon niveau : bon, j'opte pour un cours adultes Classe 3 ("je skie parallèle sur les pistes rouges et peux prendre les petites pistes noires" comme l'indique la petite brochure qui m'a été remise). Ça me parait pépère : rendez-vous est pris pour le lendemain avec Yannick...

La légende veut que les profs de ski soient généralement beaux gosses. Ce n'est pas mon cousin, ancien prof de ski tellement beau que les filles mentaient sur leur niveau pour être dans son cours (ce qui lui a valu pas mal de mésaventures, dont deux blessées en même temps...). Bref, bien que je sois fraîchement mariée, j'avoue que j'étais assez contente à l'idée d'avoir un beau prof de ski... Le jour J, à 9h pétantes, j'attends mon cours sous la sucette géante ESF : un prof (canon !!!) s'approche de moi. "Tu cherches Yannick ?". Mince, ce n'est donc pas lui.... "Oui". "C'est le prof là-bas, avec le bonnet rose". Ah. J'ai eu Yannick le savoyard, la cinquantaine bien tapée. Même qu'à un moment, il m'a parlé du planté de bâton et que, l'espace d'une seconde, j'ai cru me retrouver dans "Les bronzés font du ski". J'ai d'ailleurs immédiatement répondu "j'vais te l'planter moi, l'bâton", mais visiblement, les autres élèves n'ont pas saisi la référence cinématographique. Il faut dire que ce n'est pas vraiment leur génération. Disons que la notion d'adultes à l'ESF est toute relative : à 14 ans, moi j'appelle ça un adolescent. Bref, les 4 autres élèves auraient pu être mes enfants. Je me suis vite senti très seule. Surtout quand j'ai réalisé qu'elles n'étaient pas bavardes et n'ouvraient pas la bouche, même sur les télésièges. Les cours m'ont paru bien longs... Sans parler du niveau : Yannick (ou plutôt nnick, avec l'accent savoyard bien comme il faut) ayant décidé qu'il fallait nous "bousculer", nous avons passé les deux premiers jours à faire du hors-piste dans les sapins (ça au moins, j'ai travaillé les fessiers) et les crêtes des montagnes. A chaque seconde, j'ai cru mourir : c'est là qu'on se rend compte qu'on vieillit... Je voyais ces petites jeunes se lancer à toute blinde sur la piste, en prenant tous les risques : moi, ma seule pensée était "p$£%", si on prend ce couloir, je ne suis pas sûr de m'en sortir indemne. En plus, je ne pourrai plus jamais porter de chaussures à talon si je perds l'usage de mes jambes".

Et j'avoue, le 3ème jour, j'ai séché le cours. Il faut dire que nnick nous avait annoncé, plein de joie, que nous irions faire du vrai hors-piste (qu'avions-nous donc fait ces derniers jours ??) mais qu'il faudrait que nous soyons équipées de détecteurs en cas d'avalanche (et qu'il devrait également apporter une pelle, au cas où). Alors finalement, j'ai dit "non merci". On est loin des "petites pistes noires" pour lesquelles j'avais signé. Tant pis : Cielmonmari (qui allait mieux) et moi on a fait des petites pistes toutes pépères. Et ensuite on a fait du ski bar. Et puis on a récupéré Amonbeaufils et son flocon (mais qui râlait quand même parce qu'"Arnaud, lui, il a eu sa 1ère étoile, parce que ses parents ils ont payé plus de cours, tu comprends"...). Le soir, on a rendu les skis, Amonbeaufils a dit au revoir aux copains, en s'échangeant des adresses mail et des numéros de portable et en se promettant de se revoir l'année prochaine. Des promesses d'enfants auxquelles on croit très fort. Et puis finalement, on ne se reverra jamais. En tout cas, les vacances au ski ont été une vraie réussite : Amonbeaufils nous a déjà informés qu'il voulait qu'on recommence l'an prochain. Je m'en occupe dès demain.

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publié par Mado
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