Je sens que je vais me prendre des volées de bois vert, mais tant pis : il est temps de réfléchir à un sujet plus que sensible. Le suicide. Un mot qui fait froid dans le
dos, et qui reste malgré tout très tabou. Combien de famille taisent-elles le suicide d'un enfant, d'un cousin, d'une nièce, d'un frère, d'un parent ? Le fait qu'une personne décide de se donner
la mort est extrêmement triste et reflète une détresse profonde, c'est certain. Et pourtant, au risque de choquer, le suicide reste à mes yeux le pire des crimes et une preuve d'égoïsme
absolue.
Parce que la personne qui décide de mettre fin à ses jours ne pense qu'à en finir avec sa vie devenue insupportable, sans penser qu'elle va ruiner celle de son entourage.
En s'ôtant la vie, on brise également celle de ses proches. Comment continuer à vivre quand son fils ou sa soeur s'est suicidé ? Quand un ami proche met fin à ses jours ? On passe alors des nuits
sans sommeil à se demander ce qu'on a fait de mal, ce qu'on n'a pas vu, ce qu'on a raté. Dans de nombreux cas, le suicide est un appel au secours (il suffit de voir cette pauvre Loana, qui a
tellement essayé de mourir que deux mains ne suffisent même plus à compter ses tentatives foirées) : je comprends très bien qu'on traverse une passe difficile, mais plutôt que d'opter pour
un SOS aussi radical, pourquoi ne pas simplement demander de l'aide ???
La vie est ce qu'on a de plus précieux : c'est ce que je me répète toujours quand ça ne va pas... On peut avoir des problèmes de coeur, de travail, de famille, mais tant
qu'on est en vie, le reste n'a pas d'importance. Quand je vois des malades qui se battent chaque jour pour survivre, pour vaincre des maladies douloureuses et particulièrement longues, je ressens
un sentiment de gêne quand j'entends que quelqu'un a tenté de se suicider : comment peut-on oser vouloir mourir alors que d'autres s'accrochent tant à la vie ? Je sais qu'on ne doit pas vivre
pour les autres, mais je ne peux m'empêcher de penser que tout problème a une solution, à condition d'avoir vraiment envie que les choses s'arrangent : car parfois, certains semblent se complaire
dans leur malheur et ne rien faire pour que la situation change.
Et je ne parle même pas de ces égoïstes qui, plutôt que de se gaver de pilules et de mourir tranquillement chez eux, décident d'emmerder le monde jusqu'au bout. Le
week-end dernier, pas moins de 12 personnes se sont suicidées en sautant sous les rails de trains. Une mort affreuse, certainement terriblement douloureuse, et qui a complètement bloqué le réseau
ferroviaire, obligeant des milliers de voyageurs à poireauter des heures entières dans des trains sans électricité. Sans oublier les multiples "accidents voyageurs", jolie figure de style
utilisée par la RATP et bien connue des travailleurs parisiens qui se retrouvent bloqués dans le métro pendant des plombes (au risque de rater des rendez-vous importants) parce que
quelqu'un a pensé que se suicider pile poil à l'heure de pointe serait une excellente idée.
Le suicide est un crime que je ne cautionne pas. Pire, que je ne pardonne pas.
Vous disiez ?