Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 15:15

index-copie-62.jpg S'il y a une chose dont je suis aujourd'hui certaine, c'est que je ne regrette pas de ne pas être devenue agent immobilier. Loin de moi l'idée de dénigrer cette profession : mon expérience de ces dernières semaines m' a au contraire prouvé que le métier d'agent immobilier est très complexe et demande une patience extrême. Autant dire que ce n'est pas pour moi. Je vous explique le schmilblick : Chériki et moi, on a trouvé un chouette appartement. Enorme coup de bol. Sauf que tout a dû se faire très vite et que nous devions emménager immédiatement. Le hic, c'est que mon contrat de bail prévoyait un préavis de 3 mois... Vous, je ne sais pas, mais moi, je n'ai pas les moyen de payer 2 loyers simultanément. Mais évidemment, mon agence n'était pas trop chaude pour que je ne fasse pas mon préavis (tu m'étonnes). J'ai donc réussis à négocier un deal : si je leur trouvais un repreneur de confiance, je n'aurais pas à payer jusqu'au bout. Challenge accepted. Je ne savais pas dans quoi je m'engageais...

 

index-copie-63.jpg Ne sachant pas vraiment comment m'y prendre, j'ai décidé de faire les choses bien : j'ai rédigé une chouette annonce, fait un beau plan de l'appartement avec plein de photos et j'ai posté tout ça sur FB en demandant aux gens de faire tourner. Les réponses ne se sont pas faites attendre : tout le monde a joué le jeu, et a diffusé l'annonce. J'ai reçu plein d'appels et tous me disaient la même chose : "bah en fait, c'est trop cher" (comment leur répondre poliment que le prix était bien indiqué sur l'annonce et qu'il aurait été plus simple de la lire avant...). Bref, la piste du réseau ne fonctionnant pas vraiment, et le temps passant vite, j'ai décidé de mettre la barre encore plus haut et de poster une annonce sur leboncoin (mon site Internet préféré, sur lequel je passe des heures à chiner des trucs à acheter pas cher pour meubler mon nouveau home sweet home bien vide). Je dois bien reconnaître que les retombées ont été impressionnantes : en moins de 24 heures, j'avais déjà près de 40 personnes très intéressées par mon logement. 

 

index-copie-64.jpg Le hic, c'est que j'étais censée trouver un candidat qui plairait à mon propriétaire. Une vieille dame très "comme il faut", particulièrement attachée aux apparences et au statut social (notamment au nom de famille - si possible avec particule et de préférence sans consonnance étrangère). Par ailleurs, les documents exigés pour la constitution du dossier étaient assez précis : le repreneur devrait être en CDI, avoir fini sa période d'essai et ne pas être en cours de préavis, gagner au moins 3 fois le loyer (gloups), et avoir au moins une caution conséquente. Sauf qu'avec ma petite annonce, j'ai reçu des mails de tas de candidats dont le profil ne correspondait pas du tout : des stagiaires, des CDD, des intérimaires, des intermittents du spectacles, des jeunes au SMIC... Bref, je savais d'avance que tous ces dossiers n'avaient aucune chance et il a fallu faire des choix basés sur des critères extrêmements discutables. J'ai fait le choix de ne me baser que sur les critères tsrictement objectifs liés aux revenus et aux documents demandés par l'agence, sans me préoccuper du reste. Et j'ai bien évidemment rappelé tout le monde pour bien étudier chaque candidature : certains m'ont suppliée, insistant parfois presque lourdement. Lorsque le dossier me paraissait acceptable selon les critères de l'agence, j'ai organisé des visites.

 

index-copie-65.jpg Certains ne sont jamais venus, d'autres sont arrivés trèèèès en retard. Une jeune fille dont le dossier me paraissait béton m'a finelemnt avoué qu'elle avait menti : elle m'a appris qu'elle était étudiante, que ses deux parents venaient de perdre leur emploi et de vendre leur maison, et qu'elle serait à la rue dans 15 jours. Franchement, j'ai eu de la peine pour elle, et je me suis sentie extrêmement gênée de devoir lui dire que non, je ne pourrais pas présenter son dossier. Et puis il y a eu ce petit couple adorable. Ils ont appelé pour dire qu'ils auraient 5 minutes de retard. Deux petits nantais, qui ne gagnaient pas encore très bien leur vie, mais avec une caution parentale solide : j'ai tout de suite eu envie qu'ils vivent dans mon appartement.

 

index-copie-66.jpg C'est là qu'a commencé l'enfer du dossier : je leur ai demandé des tas de papier, j'ai bien tout mis en page pour que l'agence s'y retrouve. L'agence m'a demandé des tas de trucs en plus : l'avis d'imposition 2013, 2012, les taxes foncières des résidences secondaires, les justificatifs de revenus de toute la famille... Même le détails des revenus des placements financiers. Inutile de préciser que la caution avait un patrimoine colossal : personnellement, j'ai trouvé que l'agence en demandait quand même beaucoup trop. D'un autre côté, j'avais peur que mes repreneurs se barrent, ou trouvent autre chose (maisvu qu'ils économisaient les frais d'agence grâce à moi, c'était aussi une bonne affaire pour eux).

 

images-copie-49.jpg Je découvre un peu l'envers du décor : moi aussi j'ai fait partie, il n'y a pas si longtemps, de ces chercheurs d'appartement. Mon dossier, qui me paraissait solide, a été refusé sans raison. J'imagine que pour les autres, moins chanceux que moi, c'est encore plus compliqué. Comment aujourd'hui peut-on trouver à se loger si les propriéraires sont aussi exigeants ? Comment vivre à Paris si l'on n'a pas un salaire de ministre et une caution ? Mais d'un autre côté, je comprends que les propriétaires prennent le plus de précautions possibles, quand on sait qu'ils risquent de se retrouver avec un locataire qui ne paye pas son loyer sans qu'ils puissent le virer. Il y a visiblement un problème. Sans doute faudrait-il mettre en place un système comme à Londres : là-bas, j'avais trouvé un logement en quelques jours. Forcément, on peut se faire virer du jour au lendemain, mais d'un autre côté, se reloger est beaucoup plus simple.

 

index-copie-67.jpg Et, après de longs jours d'attente, le verdict est tombé : dossier accepté. Soulagement. Lundi matin, je vais donc rendre les clefs de ce qui fut mon appartement pendant 6 longues années. Un appartement qui a connu des moments tristes et des moments heureux. Un appartement tout blanc, comme un cocon, où je me sentais bien. J'ai un nouveau chez moi, que j'adore, mais j'ai un petit pincement au coeur quand même...

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