La semaine dernière, j'ai eu un rendez-vous pro super important : j'ai donc sorti ma panoplie complète de businesswoman accomplie. La totale, j'vous dis, avec la LBJ (Little
Black Jacket - ou petite veste noire, l'accessoire ultime de toute professionnelle qui se respecte) et les escarpins qui en disent long sur vos compétences. Plus le talon est haut, plus vous
êtes pro : j'ai donc logiquement fait péter les stilettos vernis, cadeau de Chéri-qui-connait-ma-passion-dévorante-pour-les-chaussures. Attention, quand on crapahute dans Paris, porter des
escarpins n'est pas toujours sans danger. J'en sais quelque chose...
Fin de rendez-vous, la pression retombe. Je prends le métro et il ne me reste plus que 10 minutes de marche avant d'arriver chez moi. Le chemin n'est pas long, certes, mais je
me dépêche, d'abord parce que je commence à avoir très mal aux pieds (oui, mes chaussures sont "magnifaïques" - spéciale dédicace à Cristina Cordula - mais dans la mesure où je les ai encore
peu portées, elles me font souffrir au bout de quelques heures....), mais surtout parce que je commence à avoir TRES envie de faire pipi. Forcément, quand je sais que je vais devoir parler
longtemps, je bois toujours beaucoup... même si je sais que ma vessie de lapin nain va forcément me jouer des tours. Donc, comme je m'y attendais, je suis particulièrement pressée de rentrer chez
moi.
Dans ce genre de situation, chaque minute compte : c'est pourquoi, au moment de traverser le boulevard, je réalise que le feu vient de passer au vert, mais que les voitures sont
encore loin. Comme je suis une grande sportive optimiste, j'estime qu'en me dépêchant un peu, j'aurai largement le temps de traverser. Hop hop
hop, je cours, et là, le drame... Alors que je suis en plein milieu du passage piéton, je suis arrêtée net en plein élan : le talon de mon escarpin vient de se coincer entre deux putain de pavés ! Un incident des plus banals, que vivent au quotidien des milliers de femmes adeptes des talons (et Kate Middleton la première :
rappelez-vous son talon coincé dans une grille en pleine cérémonie officielle il y a quelques semaines à peine), mais qui tombe au pire moment. A quelques dizaines de mètres de moi, des
voitures lancées à pleine vitesse. Que faire ? Qui sacrifier : ma vie ou ma chaussure ???
Inutile de vous préciser quel fut mon choix (vous aurez certainement compris que ce n'est pas mon escarpin qui est en train de vous raconter ma vie en ce moment même) :
sans trop réfléchir, j'ai retiré mon pied de ma chaussure et me suis réfugiée sur l'îlot central du boulevard, le temps d'attendre que le feu repasse au rouge. A peine avais-je posé le pied
(nu) là où il ne risquait rien que je me retournais pour assister à la terrible mort de ma fabuleuse chaussure (j'vous ai pas dit, mais l'intérieur de l'escarpin est même assorti à
ma culotte préférée : la grande classe, quoi... Alors je tiens beaucoup à cette paire de chaussures !). Une voiture, puis deux, puis trois... Le boulevard est l'un des plus passants de
Paris, et je commence à réaliser que ma chaussure ne s'en sortira pas indemne. Chaque seconde semble durer des heures, et je regarde, impuissante, le flot de véhicules passer au-dessus de mon
précieux escarpin. Enfin, le feu repasse au rouge : je me précipite (en clopinant : essayez un peu de marcher avec un seul talon de 9 centimètres !!!!) et là, miracle, ma chaussure n'a
rien. Le Dieu de la chaussure aurait-il entendu mes prières ? Après quelques secondes et l'aide d'un passant compatissant, je réussis à dégager le talon de son piège. Ma chaussure et moi, on a
frôlé la mort...
Vous disiez ?