"Bonjour Mado,
j'ai lu votre article sur (au choix) la politique / le management / la vie à Londres / la politesse / le Thermomix et j'aime beaucoup votre style et votre ton un peu décalé. Accepteriez-vous de participer régulièrement à notre site de (au choix) politique / RH / voyages / savoir-vivre / desperate housewives ? N'hésitez pas à me contacter plus plus d'informations".
Voici le genre d'emails que je reçois très régulièrement grâce au formulaire de contact sur mon blog. La première fois que j'en ai reçu un, j'avoue, j'ai été très flattée
(ego quand tu nous tiens...). J'ai bien sûr immédiatement contacté la personne, pour en savoir un peu plus. Et notamment quel serait le montant de la rémunération pour ce travail. Et
quelle ne fut pas mon immense (et très désagréable) surprise en apprenant que non seulement je ne serai pas rémunérée, mais qu'en plus, c'est moi qui aurais à y gagner car cette
participation allait me permettre de gagner de la visibilité sur mon blog...
Silence affligé. Moi pas comprendre.
Et puis, au fur et à mesure des propositions de "collaborations" que je recevais, j'ai fini par comprendre le système. Des sites Internet, plutôt que de payer de
véritables journalistes, préfèrent faire appel à des blogueurs en quête de reconnaissance, prêts à mettre leur matière grise et leur talent (ou non) d'écriture au service d'un site en
espérant juste que ça les fera connaître. Bin mon cochon...
Sincèrement, je trouve ça scandaleux. Oui, rien que ça. En même temps, ces sites ont tout compris : ils récoltent ainsi du contenu de qualité (les blogueurs réquisitionnés
sont quand même choisis avec soin !) sans avoir à débourser un centime. Rapport qualité / prix, on ne peut pas trouver mieux. Mais franchement, n'est-ce pas honteux ? Ecrire demande du
temps, de la réflexion, de l'énergie. Le preuve, c'est mon métier. L'écriture, c'est ce qui paye mon loyer, mes factures, mes courses au Monoprix, mes impôts. Mes mots me font vivre. Alors
pourquoi travaillerais-je gratuitement, bradant mon savoir-faire pour un site qui, c'est évident, va se faire de l'argent sur mon dos ? Tout ça pour quoi ? Avoir plus de lecteurs sur mon blog ?
Et après ?
Alors je réponds à ces propositions indécentes que je ne travaille pas pour rien et que tout travail mérite salaire. Certains me diront sûrement que tout n'est pas
forcément payant, qu'on peut partager les choses gratuitement de temps en temps. C'est vrai. C'est d'ailleurs ce que je fais ici même, sur mon blog, chaque semaine : je partage gratuitement mon
blablabla (pas toujours intéressant, j'en conviens mais personne n'a de couteau sous la gorge au moment de lire - ou pas - ma prose). Je ne gagne pas un centime grâce à mon blog, je
refuse systématiquement la publicité ou les articles sponsorisés. Même quand il s'agit de mettre en avant la boite d'un de mes amis ou la boutique d'une copine, c'est niet. Zéro pub. Zéro
euros. Mon blog c'est mon défouloir, pas mon beurre dans les épinards. Et la visibilité m'importe peu. Qui m'aime me lise, le reste on s'en fout...
Ceci dit, si le Figaro ou Elle (même Glamour, Cosmo ou n'importe quel journal) me proposait d'écrire une chronique pour
rien, je dirais oui tout de suite. Mais à la seule condition de signer avec mon vrai nom, pas avec mon identité virtuelle... A bon entendeur...
Vous disiez ?