images-copie-9.jpg En règle générale, je suis un vrai moulin à paroles. Quelle que soit la situation, je peux parler de tout et n'importe quoi pendant des heures : faire la conversation est un exercice auquel je suis rompue. Il faut dire qu'à force d'entretenir des conversations mourantes, je commence à bien maîtriser la chose. Parce qu'il n'y a rien que je déteste plus que de me retrouver en face de quelqu'un, mon verre à la main, debout, sans savoir quoi dire. Je ne supporte pas ce silence gêné qui s'installe et semble durer des heures. On regarde un peu autour de soi, chacun cherche quelque chose à dire... Et généralement ça se termine toujours de la même manière : je pose des questions en espérant que mon interlocuteur fera une images-copie-8.jpg réponse suffisamment étoffée pour que je puisse rebondir et que la conversation démarre enfin sur autre chose que "et toi, tu fais quoi dans la vie ?". Malheureusement, il faut croire que les gens se moquent complètement d'échanger, et bien souvent, je n'obtiens que des réponses succinctes ("oui", "non", "ingénieur") qui ne permettent pas d'aller plus loin et dont je me fous royalement (mais ça ne se voit pas, of course). La semaine dernière encore, une godiche à qui j'avais laborieusement essayé d'extirper trois mots, a dit à tout le monde que j'étais vraiment sympa et très drôle. Ah, ben c'est marrant, sur le moment, ce n'est pas du tout l'impression que j'ai eue...

 

images-copie-10.jpg J'ai donc une peur absolue du silence. Enfin, pas toujours : avec mes proches, je n'ai aucun problème à être un peu silencieuse (au contraire, je pense même que ça leur fait des vacances !). Et lorsque je dois parler en public, je sais combien placer habilement quelques temps de pause permet de donner une vraie intensité à mon discours. Bref, je sais quand je dois me taire. Mais parfois, je n'y peux rien, ça sort tout seul. Une vraie diarrhée verbale, complètement incontrôlable...

 

images-copie-11.jpg Donc, voilà quelques jours, je déjeune avec une ancienne collègue près de mon ancien boulot. Jusque là, rien d'anormal. Fin du déjeuner, je réalise que j'ai très envie d'aller aux petits coins (le Coca-Light, j'adore, mais le hic, c'est qu'avec ma vessie de lapin nain, j'ai souvent besoin de faire la vidange. Je sais, l'image n'est pas des plus classes, mais elle a le mérite d'être parlante). Manque de pot, les WC du restaurant sont hors-service. Pas de souci, je me décide à utiliser les toilettes de mon ancienne agence, toute proche. Et alors que j'ai fait ma petite affaire et que je rentre tranquillement vers le métro, qui est-ce que je croise ? Le boss d'une autre agence avec laquelle j'ai beaucoup travaillé et qui se trouve dans le même bâtiment. Il s'avance vers moi, me sourit, et me demande "alors Mado, ça va ?". Je m'apprêtais à lui répondre que "oui, ça va super bien. Je déjeunais avec Copinette, c'est pour ça que je suis dans le coin. Et j'en ai profité pour passer faire un coucou aux autres !".

 

J'ai dû penser que tout ce blabla serait trop long : tourner sa langue sept fois dans sa bouche, ça prend du temps ! Et la seule chose qui est sortie de ma bouche, c'est "je viens d'aller faire pipi".

 

images-copie-12.jpg Il m'a regardée comme si j'étais débile (ce qui n'était pas vraiment faux, à ce moment-là) et m'a répondu "ah, super. A bientôt alors", en me laissant pantoise, à me demander comment j'avais pu sortir une aussi grosse bêtise. Aujourd'hui encore, je ne me l'explique pas. Et j'ai honte, aussi.

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Parisienne (100% pur jus) de 30 ans (hélas), je suis passionnée d'écriture : j'ai même tout quitté pour en faire mon métier...

Bonne lecture !

 

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