Bon, j'espère que vous avez prévu vos baskets, parce que ce matin on va crapahuter. Parce que forcément, pour découvrir une ville, il faut la parcourir en long, en large et en
travers. Et c'est ce que nous avons fait samedi. Ciel bleu et grand soleil : mais pourquoi n'ai-je pas pris mes lunettes ???? Moi qui pensais naïvement que l'Allemagne était un pays froid, je me
suis bien trompée (mais je ne suis pas la seule : ma copine Charlotte, prévoyante, avait carrément fait péter la doudoune "sac de couchage", le modèle dans lequel tu n'as jamais froid, même
si la température extérieure avoisine les -20°C. La pauvre, elle a crevé de chaud...). Nous voici donc à 13h00 pétantes sur la vieille place du Marché, pour participer à une visite guidée
(en anglais, of course : malgré la meilleure volonté du monde, je n'ai pas réussi à apprendre l'allemand pendant la nuit. Même si maintenant, je sais dire "saucisse"). Notre guide a la
cinquantaine bien frappée, un accent allemand assez prononcé quand elle parle anglais, et un débit de parole extrêmement lent... C'est parfait, au moins, on a le temps de rigoler et de papoter un
peu.
Nous découvrons l'histoire de cette ville, presqu'entièrement détruite pendant la seconde guerre mondiale et qui a dû être intégralement reconstruite. Sur la place principale (sur
laquelle se tient l'un des plus importants marchés de Noël d'Allemagne - damned, j'ai raté ça !!!), il y a un monument assez étonnant : la belle fontaine. Un monument assez haut, qui a été
protégé des bombardements grâce à un caisson de béton qui avait été construit pendant la guerre pour la protéger. Et ça a bien marché. Mais surtout, cette fontaine contient un porte-bonheur : un
anneau de laiton, qu'il faut toucher et qui est censé porter chance. Mieux que ça, la légende raconte qu'en faisant tourner l'anneau trois fois, on favorise l'arrivée d'un bébé. Cette pauvre Kate
devrait aller tourner l'anneau...
Nos pas nous emmènent ensuite vers les hauteurs de la ville, là où s'élève un château du 11ème siècle. Nous voici à déambuler dans la salle d'armes, à découvrir la double chapelle
(une chapelle à deux niveaux, qui permettait à l'empereur de surveiller ces sujets amassés à l'étage inférieurs pendant les offices). Subjuguée par cette chapelle, j'attends que le
groupe s'éloigne pour pouvoir faire une belle photo de ce lieu si unique. J'entends une lourde porte qui se ferme mais n'y prends pas garde... Alors que je m'apprête à rejoindre le groupe,
j'essaie d'ouvrir la porte et... rien. Le loquet me résiste. Je force, je tire, je pousse... Je me vois déjà mourir, comme les manants d'antan, enfermée dans le donjon ; on ne retrouverait mon
corps d'après des semaines de recherches, et chériki serait inconsolable et viendrait en pèlerinage à Nuremberg tous les 29 octobre, pour fleurir la double chapelle. Je sais, j'ai une imagination
débordante. Je tape à la porte, appelle "chacha !!!!!!!!" à l'aide... et la porte s'ouvre. On dira ce qu'on voudra, mais j'ai réussi mon entrée tonitruante dans la grande salle du château.
Dans le château, l'autre curiosité à ne pas manquer, c'est le puits. On ne le voit pas tout de suite, car il est caché dans une petite maison... On entre, et là, une immense margelle
autour d'un trou si profond qu'on n'en voit pas le fond. Pour comprendre combien le puits est profond, il suffit de verser un peu d'eau à l'aide d'un pichet : l'eau se déplaçant à 5 mètres par
secondes, il suffit de compter les secondes qui s'écoulent jusqu'au "plouf". 5 secondes. 47 mètres de profondeur. Ensuite, la guide, à l'aide d'un miroir et de la lumière du soleil qui passait
par la fenêtre nous a éclairé le fond du puits : effectivement, mieux vaut ne pas plonger. J'aurais bien aimé prendre une photo de ce trou si impressionnant, mais j'avoue que, connaissant ma
maladresse légendaire, j'ai préféré ne pas risquer de noyer mon appareil photo...
Direction enfin le dernier lieu de notre visite guidée : l'église Saint Sebald, avec ses deux clochers. Particulièrement abîmée par les bombardement, elle a été très bien rénovée et
les vitraux, notamment, y sont superbes. Le détail qui tue ? L'une des statues placée sur la gauche de la nef représente un saint (je ne sais plus très bien lequel il faut dire qu'il y
en a toute une litanie - référence particulièrement pointue à la litanie des saints, prière célèbre ouvrant notamment la messe de la Toussaint, preuve de mon excellente culture religieuse. Comme
quoi, je ne suis pas calée que sur la télé-réalité et l'actualité de la famille royale de Grande-Bretagne) : mais si on y regarde de plus près et que l'on se place à l'arrière de la statue,
on remarque que le sculpteur l'a réalisée les fesses à l'air !!!
Mais ce n'est pas tout ça : les promenades, ça creuse ! Alors après avoir admiré les maisons à colombages, déambulé dans les rues pavées, découvert les petites chapelles accrochées à
toutes les façades, vu la maison de Dürher (un peintre très connu que je ne connaissais bien évidemment pas...) et pris près d'un demi milliard de photos au moins, direction une autre
petite auberge pour nous restaurer. Au menu ? Allez, devinez... Hé oui, saucisses, salade de patates, choucroute et bière ! Je n'ai même pas osé me peser en rentrant : je vais attendre quelques
jours et deux ou trois séances de sport avant de monter sur ma balance...
Dernière petite promenade, le temps d'acheter quelques cartes postales et des petits gâteaux de Noël (comment ça, je ne pense qu'à la bouffe ?), de découvrir le Hugo
(LA boisson fashion venue de Munich : du prosecco, du citron et de la menthe. Ca nous a tenu chaud tout le week-end, ce petit mélange !), de rentrer se poser un peu, de
faire mumuse avec le fer à friser ("mais non Lulu, tu n'as pas l'air d'un caniche ! Mais il faut casser la boucle" : je crois que ce soir-là, j'ai été à deux doigts de faire pipi de rire dans
ma culotte...), un dîner de sushis avec un allemand super drôle (et passablement éméché, ce qui nous a valu des conversations complètement surréalistes, sur ma soeur qui aurait trois
seins, l'ingénieux fonctionnement de youporn et les real dolls), un
dernier verre d'Hugo... et au dodo. Parce que le lendemain promettait d'être intense...
La suite vendredi
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