Lundi 11 août 2008
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09:00
Si Londres est connue pour une chose, c'est bien pour le prix exorbitant de ses loyers. C'est ce qui explique le nombre très important
de personnes qui vivent en colocation dans cette ville. La question que je me pose aujourd'hui est de savoir s'il vaut mieux vivre seul ou en communauté.
Je ne viens pas d'une famille nombreuse, et j'ai eu
la chance de vivre dans un grand appartement, avec beaucoup d'espace : ma première colocation a donc été une expérience tout à fait nouvelle. Lorsque je suis arrivée à Londres, j'ai débarqué dans
la plus grande coloc que j'ai jamais connue : 26 personnes !!!! Quand je pense que je payais plus de 1000 euros par mois pour une chambre de 9 mètres carrés, alors que je paye moins cher à Paris
pour un deux pièces so posh dans un beau quartier : je n'en reviens toujours pas !! Ce qui a été particulièrement difficile à vivre, c'est surtout l'hygiène : une femme de ménage venait
deux heures par semaine pour nettoyer les parties communes, mais l'immeuble, à cause de sa taille, était vraiment sale !!! La bonde de la douche était toujours bouchée par les cheveux et de
grosses moisissures pullulaient le long des murs de la salle de bain : c'est bien simple, avant de me laver, je désinfectais la douche !!!! Et, une fois, dans les toilettes, nous avons même
trouvé une crottte... à côté de la cuvette !!! La colocation apprend donc à prendre sur soi et à penser collectif : si tout le monde laisse sa tasse dans l'évier le matin, le soir, il y a un
petit veinard qui va bien devoir se sacrifier et se taper toute la vaisselle ! Je ne vous parle même pas de la nourriture : quand on fait frigo commun, il est fréquent de se rendre compte que sa
brique de jus d'orange a été laissée vide (et bien sûr, personne n'est coupable) !!! Malgré tout, cette première expérience de vie collective a été extrêmement riche : si j'ai trouvé
difficile de vivre dans une crasse permanente, j'ai rencontré des gens formidables et je me suis fait des amies que je garde précieusement (partager un quotidien difficile, il n'y a rien de
mieux pour créer des liens durables !!).
Mais dès que j'en ai eu la possibilité, j'ai déménagé
dans une autre colocation avec 3 de mes anciennes colocs. L'appartement était superbe mais, bizarrement, c'est là que les choses se sont corsées... Quand on est très nombreux, il y a toujours une
balance qui se fait entre les bordéliques et les maniaques de la propreté. Mais lorsqu'on est 4 ou 5, il suffit qu'une personne ne fasse rien pour que tout l'équilibre de la maison soit rompu.
Effectivement, celle que je soupçonnais déjà de n'être pas très ordonnée s'est révélée être une véritable truie (lorsqu'elle a fini par déménager, il a fallu plusieurs heures pour désinfecter
sa chambre et tout nettoyer, ce qu'elle n'avait même pas daigné faire avant son départ...). La vie en colocation exige donc d'être autonome, un minimum ordonné et surtout respectueux des
autres.
Maintenant que je vis seule, je me rends compte qu'il
est bien agréable de ne pas avoir à subir le désordre des autres : si je pars le matin, je sais que mon appartement sera dans le même état à mon retour. J'avoue qu'en coloc, je trouvais assez
difficile de trouver l'appartement sens dessus-dessous après m'être tapé des heures de ménage (oui, la colocation m'a appris que j'avais une tolérance de la saleté assez peu développée),
ou bien de me rendre compte que quelqu'un avait fini tout le papier toilette sans en racheter !!!
Mais pourtant, j'ai adoré vivre dans ma dernière
colocation : certains colocs sont partis, d'autres sont arrivés, et mes derniers mois ont été fabuleux !!! Il est très agréable de rentrer à la maison et de retrouver ses amis, d'être toujours
entouré quand ça va mal... La colocation, quand elle se passe bien, permet vraiment de renforcer les liens et de créer un véritable cocon, un peu comme une famille de substitution...
Alors colocation ou vie d'ermite ? Je ne regrette pas du tout ma vie de colocataire, mais j'avoue que je n'en apprécie que mieux d'avoir mon petit chez moi... Et finalement, je ne suis pas
souvent seule chez moi : la seule différence, c'est que je peux choisir quand !
Par mado
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Jeudi 31 juillet 2008
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09:00
Les anglaises boivent comme des trous, je ne vous apprends rien de nouveau. Je garde d'ailleurs un souvenir ému traumatisant des rues adjacentes aux boites de nuits londoniennes, où s'alignaient sur le trottoir des brochettes de filles complètement torchées pompettes, en train de vomir tripes et boyaux à la fermeture des clubs.
Pour lutter contre l'alcoolisme des jeunes, et particulièrement celui des femmes, le gouvernement anglais a lancé une campagne télévisée. On peut même dire que c'est une campagne choc. Je suis
tombée sur l'un des spots l'autre jour, et je ne résiste pas à l'envie de vous le raconter (puisque je n'ai malheureusement pas réussi à le trouver sur le net).
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On est dans une chambre, une jeune fille se prépare visiblement à sortir ce soir. Elle enfile son collant... et y fait un gros trou. Elle enfile ensuite un joli petit débardeur sexy, qu'elle
déchire également. Elle attrape ses chaussures et casse l'un de ses talons. En clopinant, elle se dirige vers la salle de bain, se maquille et, d'un geste de la main, fait baver son mascara, se
faisant une longue trainée noire sur le visage.
Là - attention - je vous préviens, ça devient dégoutant...
Elle est devant son miroir, se regarde dans la glace et vomit dans le lavabo (je vous avais prévenus...) avant d'étaler sa gerbe dans ses cheveux, et sur son visage et ses vêtements
(là, c'est carrément trash). Elle attrape ensuite son sac à main, et se dirige d'un pas assuré vers la porte pour sortir en boîte.
Ecran noir, slogan : "vous ne sortiriez pas comme ça, alors pourquoi rentrez-vous ainsi ?"
Message d'information : "stop drinking"
J'ai trouvé cette pub absolument géniale : je suis restée scotchée devant ma télé pendant plusieurs secondes (avec une forte envie de vomir, certes, mais faire réagir le téléspectateur
n'est-il pas le but d'une telle campagne ???)
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Ma dernière expérience professionnelle dans le monde des spiritueux m'ayant rendue incollable sur la législation française, je me vois donc dans l'obligation de faire apparaître les mentions
légales qui doivent accompagner tout article sur l'alcool. Alors voilà :
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Ca, c'est fait.
Par mado
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Mercredi 30 juillet 2008
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09:00
J'ai toujours aimé les livres : aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été entourée de bouquins. D'ailleurs, dès
6 ans, mon unique but était de pouvoir lire seule, sans mes parents. Ce n'est pas ma maîtresse de CP qui vous dira le contraire : elle raconte, encore attendrie, l'histoire de cette petite fille
blonde, si mignonne avec ses bouclettes et sa petite robe à smocks (je parle de moi, au cas où vous n'auriez pas compris), qui, le jour de la rentrée des classes, a jeté ses affaires par
terre en criant "je ne suis pas venue pour faire du collage comme en maternelle : je veux apprendre à lire" (pour la petite anecdote, j'ai été punie, mais la maîtresse m'a avoué, bien des
années plus tard, qu'à partir de ce jour, elle avait cessé de faire coller des papiers dans le carnet de correspondance le premier jour d'école : on peut dire que j'ai rendu service aux
générations qui m'ont succédé...). Mais je m'égare dans mes souvenirs : revenons à nos moutons...
J'adore donc passer du temps dans les librairies : c'est un endroit où tout s'offre à vous... D'accord, je peux passer des heures à la Fnac, mais malheureusement, ce genre de "supermarché du
livre" n'a pas de charme. Et c'est à Londres que je suis tombée sur la librairie de mes rêves...
Alors allez vous promener sur Marylebone High street et passez visiter cette petite merveille de style edwardien (en plus, le quartier est très sympa : des tas de petites boutiques de
fringues, le Pain Quotidien pour le brunch dominical, Paul -pour les français en manque de baguettes et de pains au chocolat, mention spéciale pour le fraisier, une véritable bouchée de
France...). Daunt Books, qui propose le plus grand choix de livres de voyages de tout Londres, est justement à elle seule un voyage dans le temps... Dès qu'on entre, on se sent ailleurs :
dans grande galerie en bois de chêne, sous la verrière, on peut se poser tranquillement sur les fauteuils en rotin (la dernière fois, j'y suis restée plus de deux heures...) et
feuilleter les livres, regarder les magnifiques albums... C'est comme si le temps s'était arrêté dans cette librairie : je n'aurais même pas été surprise si j'avais vu débarquer un gentleman
anglais avec son chapeau melon, ni même Sherlock Holmes... Et on trouve absolument tout : pas une fois je ne suis repartie les mains vides (mon seul problème étant de réussir à choisir un
livre). Et c'est quand même grâce à cette librairie magique que j'ai appris l'anglais : lire en anglais, il n'y a que ça de vrai pour parler couramment la langue de Shakespeare...
Daunt Books
83 Marylebone High Street
London W1U 4QW
Lundi - samedi : 9.00 ~ 19.30
Dimanche - 11.00 ~ 18.00
Par mado
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Lundi 28 juillet 2008
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Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelques mois, je voue un culte acharné (et, aux yeux de mon entourage,
inexplicable) aux bottes de pluie en plastique. Bien sûr, pas les kakis moches. Non : je veux de la couleurs, des motifs, de la gaité au bout de mes pieds.
J'en avais trouvé des superbes à Camden Market, mais un sursaut de raison totalement inapproprié m'avait empêchée de
les acheter. Je les regrette encore.
Alors quand, au rayon chaussures de chez Primark, je suis tombée nez à nez avec un rayon entier de bottes en
plastique, mon sang n'a fait qu'un tour. Et je les ai vues... Ces petites merveilles, avec de grosses roses rouges imprimées !! Et, oh miracle, il en reste une paire à ma taille !!!!
Je me jette dessus Je m'en saisis avec calme et retenue et me dirige vers un siège pour les essayer. J'enlève ma chaussure et enfile mon
premier pied, nu, dans la botte. C'est en posant le pied par terre que j'ai réalisé qu'il y avait comme un hic : l'intérieur de la botte était froid et mouillé... J'ai tout de suite retiré mon
pied : il est ressorti tout dégoulinant. Je ne pense pas avoir un problème d'hyper-sudation des pieds, alors j'ai vérifié l'intérieur de la chaussure : il y avait un drôle de liquide jaune au
fond. Bon, il semblerait qu'une petite farceuse se soit amusée à verser du jus d'orange dans la botte. Je remet ma ballerine mais mon pied était vraiment trempé et je n'avais rien pour
m'essuyer : j'ai fini par trouver une paire de bottes fourrées moumoute qui m'ont servi de serviette (on fait avec les moyens du bord...). J'ai repris mon shopping mais mon pied
commençait à coller. A chaque pas, j'entendais cet horrible "splotch splotch" : j'ai abandonné, je suis rentrée.
Arrivée à la maison, je me suis rendu compte, à l'odeur, que le famuex liquide jaune n'était malheureusement pas du
jus d'orange mais... de l'urine.
Je ne comprendrai décidément jamais l'humour anglais...
Par mado
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Vendredi 25 juillet 2008
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09:00
S'il y a une chose qu'il faut absolument faire à Londres, c'est du shopping !!! Etape incontournable : Oxford Street, avec
toutes ses boutiques et le très célèbre Top Shop (mais si, vous connaissez : Kate Moss y a lancé sa collection l'année dernière). Mais il faut avouer une chose, les prix sont quand même
très élevés (on est à Londres, il ne faut pas l'oublier). Alors la question se pose : où peut-on faire du shopping à Londres sans se ruiner ???
Suivez-moi, je vous emmène...
Bon, on prend le métro, on descend à Bond Street : direction 499-517 Oxford Street, chez PRIMARK !!! Désolée messieurs, nous allons parler fringues, vêtements, chaussures, mode et chiffons...
Ce nouveau lieu incontournable de la mode a ouvert ses portes l'année dernière. On peut dire que son arrivée sur Oxford Street était
attendue comme le Messie par des hordes de modeuses en furie. Je vous laisse savourer les images ("le poids des mots, le choc des vidéos")
Ce magasin est une véritable mine d'or si vous aimez la mode : il y a de tout, et pour une bouchée de pain (tee-shirts : 2,5£ /
pantalons : 12£ / robes : 8 à 10£ / chaussures : 4 à 15£ / sous-vêtements : 1 ou 2£...). C'est bien simple, j'y passe des heures ! Et je ne suis pas la seule : il y a 45 minutes de queue
pour les cabines d'essayage et parfois autant à la caisse ! Alors évitez les heures de pointe (mieux vaut y aller le matin à l'ouverture, et surtout pas à l'heure du déjeuner ou le samedi
après midi. Le mieux : le dimanche à 10h. Les anglaises cuvent leurs bières de la veille et vous trouverez tout ce que vous voulez !), prévoyez des vêtements fins et habituez-vous à
essayer devant tout le monde (il y a tellement de vêtements que personne ne voit rien, et puis tout le monde le fait !!!). Et si vous venez deux fois dans la même journée (j'avoue,
ça m'est arrivé... oui j'ai honte... enfin, pas tant que ça en fait !), vous pourrez trouver plein de nouvelles choses car les arrivages sont permanents.
Bon, pour être sympa, je vous fais un petit topo des tendances de la rentrée à Londres (qui en général ne vont pas tarder à
débarquer en France). Tout d'abord, cette année, le pantalon sera taille haute ou ne sera pas... Quand je pense que je me suis acheté un jean taille extra haute l'année dernière (chez
Primark, of course) et que certains se foutaient de ma gueule ("c'est drôle, on dirait que tu portes un corset pour le dos, comme les vieilles !!!"), alors que bientôt tout le
monde adoptera cette forme merveilleuse, qui vous fait un ventre plat superbe même en cas de mangeage de choucroute !! Ca me fait doucement rigoler !!!
Côté vestes et manteaux, la manche trois-quarts a toujours la cote, même si je dois avouer que j'ai un peu de mal à comprendre : quelle idée de porter des manches courtes en plein hiver... Ah !
La mode, la mode, la mode... Mais l'article phare de la saison chez Primark c'est LE petit blouson en simili cuir (manches courtes, je
vous rassure !) : décliné dans toutes les couleurs, il s'arrache littéralement ! Je vous jure que j'ai vu des filles hystériques se jeter sur les portants roulants apportés par les
vendeuses, et chercher de manière frénétique leur taille. Le portant a été vidé en quelques minutes. Bon, je dois bien l'admettre : je faisais partie des hystériques !!! Mais, à ma décharge, il
y a très peu de petites tailles (les anglaises ont des bourrelets, alors il est plus facile de trouver du 44 que du 36) et il me fallait absolument un blouson !!! J'en ai eu deux
(oui, je suis une soeur admirable : j'en ai arraché un pour ma frangine !!!).
Passons aux robes : si la France connait l'ère de la maxi dress, Londres reste à la mini. Pas l'ombre d'une robe tente !! Pas grave, j'avais trouvé mon bonheur à Paris !
Allez, on monte à l'étage, où se trouvent les chaussures et accessoires. Cet hiver, deux tendances se dégagent : la salomé (pour les incultes, c'est ce modèle avec une lanière qui traverse
le pied à la verticale), mais en couleur s'il vous plaît (en noir, c'était l'année dernière !), et la Mary Jane (avec une bride ou deux autour de la cheville). Bien
évidemment, en adoratrice des chaussures que je suis, j'ai réussi à trouver THE modèle, celui qui cumule : salomé + Mary Jane. J'adore.
Primark, c'est un peu comme Kiabi : "la mode à petit prix" (vraiment tout petit : prévoir un sac de voyage entier si vous vous risquez à y aller, car pour 50£, vous refaites intégralement
votre garde-robe. Si c'est pas le paradis !!!!)
Mais c'est malheureusement chez Primark, au rayon chaussures, que s'est produit le drame...
To be continued...
Par mado
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Jeudi 24 juillet 2008
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10:00
S'il y a un endroit qu'il faut visiter à Londres, que l'on soit touriste ou expatrié, c'est Camden. Je sais ce que vous
allez me dire : c'est un piège à touristes, une arnaque géante... Je vous répondrai : so what ??? Je suis parisienne, et pourtant il m'arrive d'aller sous la Tour Eiffel ou aux Puces !! Et bien
là c'est pareil. Donc, vous n'avez pas le choix, aujourd'hui, on va visiter Camden Market avec ma copine Roxy.
Dès la sortie du métro, on sent qu'il se passe quelque chose. A Londres, quand il s'agit de mode, de fringues, de look, rien n'est interdit. La couleur, les motifs les matières : les Anglais
n'ont peur de rien. Alors quand je vous dis qu'en arrivant à Camden, j'ai été surprise, bah vous pouvez me croire sur parole !!! Je n'arrivais même pas à compter le nombre de punks au mètre carré
! Je pensais que ce mouvement avait été remplacé par les tecktonikeux, mais j'avais visiblement tort !!! C'était un festival de crêtes colorées, de mitaines fluos, de plateforme-shoes, de clous
dans le nez, de treillis militaires et, grande tendance de l'année visiblement, de micros tutus fluos (je n'ai pas résisté : je vous mets la photo). Pour un peu, on se serait cru au
Tecknival...
Pour aller jusqu'au marché, il faut remonter une rue pleine de petites boutiques : fringues fabriquées en Chine, lunettes cheaps, boutiques gothiques (quand je pense que j'ai failli acheter
une paire de chaussures de travesti, décorées aux couleurs de l'Union Jack, les mêmes que Geri Halliwell des Spice Girls... Rassurez-vous, je n'ai pas cédé à la tentation cette fois !!!),
magasins de piercing, de chaussures... Ce qui est très amusant, c'est que les devantures des immeubles sont décorées (j'ai un petit faible pour la Doc Martins géante !!!).
Nous arrivons ensuite dans Camden Market à proprement parler, avec ses stands de bijoux ethniques, sa bouffe du monde (le stand paëlla jouxte celui de sushis et de fish & chips... Il y en
a pour tous les goûts !!!), ses boutiques vintage (comment Roxy a-t-elle pu avoir peur d'une étole en renard mort ? Ok, je n'aurais pas dû lui lancer à la figurer en imitant le
grognement de la bête enragée. Mea Culpa, mais je n'ai pas pu m'en empêcher...) et ses jeunes designers.
Notre mission, si nous l'acceptons, trouver THE dress pour la soirée de 25 ans de Roxy. Après des recherches longues et infructueuses, nous entrons dans une boutique so girly, toute rose, avec
des coeurs géants sur les cabines d'essayage : Roxy trouve une robe qui lui plaît et s'apprête à la décrocher du portant pour aller l'essayer, quand le responsable de la boutique s'approche
d'elle en lui disant de sa voix la plus maniérée : "Hi, I'm the designer...". Ni une ni deux, Roxy se retrouve dans la cabine à essayer la fameuse robe (canon, au passage) pendant que Mister
Fashion me tape la discut' ("I understand French perfectly as I have a lot of French friends... Do you like my dresses ? You have to try them ALL !!!"). Difficile de s'en dépétrer :
j'avais vraiment l'impression de parler avec Stanford, de Sex & the City !! Finalement, mission accomplie, nous avons la robe, direction le métro. Et c'est là que j'ai commis la
boulette : il y avait cette superbe petite paire de bottes de pluie en plastique imprimé fraises (qui coûtaient une bouchée de pain, en plus) et, par peur de ne pas avoir assez de
place dans mes bagages, je ne les ai pas achetées. Si j'avais su ce qui allait m'arriver par la suite, je les aurais prises quand même...
Par mado
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Mercredi 23 juillet 2008
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10:00
Il y a quelques semaines, j'ai participé, dans le cadre de mon travail dans la boîte de Big Boss, à une dégustation dans
une maison de thé très réputée (personnellement, je n'en avais jamais entendu parler, mais apparemment, c'est une cave à thés très connue dans le monde !?!).
La boutique est sobre, et l'air y est filtré en permanence, de sorte qu'il n'y a absolument aucune odeur, ce qui est très surprenant au premier abord (au passage, je n'avais pas trop apprécié
la remarque de la soeur de Big Boss, qui m'avait demandé de ne pas me parfumer ce jour-là : je n'ai pas l'impression de sentir la cocotte pourtant !). Le thé y fait l'objet d'un
véritable culte : d'ailleurs, le bruit court que la propriétaire de la boutique -nous l'appelerons Maître Tsong- aurait même fait assurer son nez (si si, j'vous jure, je l'ai lu dans
Public !). La préparation du thé se fait dans la plus pure tradition : l'eau doit être bouillie à la température idéale en fonction de la feuille de thé qui sera utilisée, il faut rincer son
bol entre deux différents thés, sentir, ressentir, humer, réfléchir... C'était très intéressant mais j'avoue qu'au bout d'une heure, non seulement j'avais une grosse envie de faire pipi, mais
l'idée de boire ne serait-ce qu'une goutte de thé me soulevait le coeur. Pourtant, j'aime beaucoup le thé : lorsque le responsable de la boutique m'a demandé ce que j'aimais comme thé j'ai bien
évidemment répondu 'le Lapsang Souchong". Que n'avais-je pas dit !!!! D'après son air choqué / offusqué / plein de dédain, j'ai compris que ce type de thé doit être infect aux yeux des experts.
Je me réjouis encore de ne pas lui avoir dit que je le préparais en sachet, dans un mug, moitié eau chaude / moitié eau glacée, avec deux sucrettes. Il en aurait fait un attaque, et Maître Tsong
en aurait avalé sa théière.
A Londres aussi, le thé est important. Mais il n'a pas ce côté inaccessible, sectaire, hautain et prétentieux... Les anglais boivent du thé. Tout le temps. Point barre. Pas de chichis, de
chabadabada. Les choses sont beaucoup moins guindées. Alors laissez-moi répondre à la question que vous vous posez certanement tous : où acheter du thé à Londres ?
Bien sûr, vous pouvez aller chez Tesco : vous trouverez tout ce qu'il vous faut. Mais laissez-moi vous rappeler deux choses : la première étant que les anglais boivent du PG Tip (mais si, ce
sont des sachets triangulaires vendus en vrac dans une grosse boite en carton. Et ce thé est tellement amer qu'il faut impérativement l'adoucir avec du lait. C'est pour ça que les anglais ne
boivent jamais leur thé nature. CQFD. D'ailleurs, mon expérience m'a montré qu'il faut avoir du sang britannique pour pouvoir boire cette infection). La deuxième chose est que les Anglais ne
mettent pas de ficelles sur les sachets de thé (je ne vais pas vous réexpliquer tout ça : vous n'avez qu'à fouiller dans les archives de ce blog, ça vous fera passer le temps).
Donc, pour une fois, on abandonne le supermarché pour se rendre dans une minuscule boutique près de Covent Garden (en plus, vous pourrez faire un peu de tourisme : toujours joindre l'utile à
l'agréable). C'est une petite boutique noire et rouge, très kitsch, pleine de monde, de bruits, d'odeurs... Et on y trouve des dizaines de sortes de thés, en vrac ou en sachets (avec
ficelle !!!), pour pas cher du tout (comptez en moyenne £2,50 pour un paquet de 50 tea bags). Il y en a vraiment pour tous les goûts, et des nouveautés arrivent au fil des
saisons (leur thé de Noël est tout simplement magique !!!). En plus, si vous êtes de passage à Londres, vous trouverez plein d'idées de cadeaux autour du thé.
Voilà, je vous laisse l'adresse, just in case :
The Tea House - Covent Garden
15 Neal Street
London WC2H 9PU
Par mado
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Mardi 22 juillet 2008
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10:00
Je déteste la Finance - sans doute parce que je n'y comprends strictement rien - mais il n'est pas possible de
vivre à Londres sans être entouré de financiers (je ne parle malheureusement pas de ces délicieux petits gâteaux aux amandes qui accompagnent si bien le café, mais bien de ces jeunes requins
aux dents longues dont le sujet de conversation de prédilection est - au choix - la crise des subprimes ou les bonus de fin d'année. Passionnant, n'est-ce-pas ?). D'ailleurs, quand vous
rencontrez quelqu'un pour la première fois à Londres, pas la peine de demander "qu'est ce que tu fais à Londres" : il suffit de demander "dans quelle banque travailles-tu ?", c'est beaucoup plus
simple !!!
C'est donc pour déjeuner avec une amie qui travaille à Canary Wharf que je me suis retrouvée dans ce lieu incontournable de la Finance.
Je vous plante le décor : une grande esplanade, des tours à perte de vue... On se croirait un peu dans un mix entre La Défense et New York. Sur le terre-plain central, à la sortie du métro, un
écran géant diffuse en permanence des émissions sur l'évolution des différents marchés. Des horloges donnent l'heure des grandes villes du Monde "qui comptent" (New York, Tokyo, Paris, etc...) et
les cotations du CAC 40, Footsie et autres Dow Jones défilent en continu sur un écran : on sent que c'est du sérieux...
Les gens sont habillés en noir (costard pour les hommes, tailleur pour les femmes), on dirait que c'est jour de deuil national. Les plus excentriques osent le gris ou la touche de couleur sur la
cravate (mais seulement le vendredi : c'est friday wear, n'est ce pas ?!).
Tout le monde marche vite, l'air pressé / stressé, un café dans une main, le blackberry dans l'autre, direction ces grandes tours où il va falloir brasser des millions, pour s'assurer un gros
bonus l'année prochaine et gagner plein d'argent. Je me suis arrêtée quelques instants pour regarder cette foule agitée : on aurait dit une fourmilière, grouillante, bruyante, frémissante...
Là-bas, tout est fait pour ne pas perdre de temps (je vous rappelle que "Time is money") : sous ces gigantesques tours, un immense centre commercial où l'on trouve de tout !!!
Nourriture, vêtements, chaussures, électroménager, cireur de pompes, teinturier, centre médical... Tout est fait pour faciliter la vie de ces travailleurs de l'argent.
Et me voici, du haut de mon "mètre soixante virgule cinq", en train de regarder tout ça. D'un coup, je me suis sentie toute petite. Pas devant cet accumulation de signes de richesse ou de
pouvoir, mais plutôt à l'idée de me dire qu'il suffit d'une poussière pour paralyser toute la machine. On sent que c'est "la crise" (ce mot qu'on entend partout dès qu'on parle de Finance,
mais j'avoue que tout cela reste très abstrait pour moi...) : les visages sont fermés, on entend chaque jour l'histoire d'untel qui s'est fait virer ou d'une telle dont le nom n'apparait
plus sur l'Intranet... Et je me demande : après quoi courrent-ils tous ? Sont-ils vraiment heureux ??? C'est bien beau de gagner plein d'argent, mais pour quoi faire ? Est-il vraiment utile de
passer sa vie au bureau, de vivre connecté 24h/24 à son Blackberry, d'avoir un ulcère à 30 ans, et de prendre sa retraite à 40 ans pour pouvoir profiter de la vie une fois qu'on a laissé passer
sa jeunesse ??? Qui peut vouloir une telle vie ?
J'arrête de rêvasser et m'engouffre dans le métro. Je me sens d'un coup beaucoup plus légère...
Par mado
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Lundi 21 juillet 2008
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/2008
19:21
La semaine dernière, j'ai été interviewée par Sébastien Folin (mais si, vous savez bien, c'est celui qui présente Vidéo
Gag et la météo !!!!) en direct sur RTL pour parler de Londres et de mon expérience en tant qu'expatriée.
Oui, je sais, je deviens une star internationale. Non, rassurez-vous, je ne vais pas prendre la grosse
tête....
Je ne sais pas si c'est le fait de me replonger dans mes souvenirs ou bien de parler de ma vie londonienne, mais
toujours est-il que j'ai entendu comme une petite voix intérieure qui m'appelait... Et quand London is calling, on répond !!! Je n'ai donc pas hésité longtemps et quelques jours après, me voici
de retour dans la capitale anglaise. Alors mes pauvres petits lecteurs, cette semaine, pas de blague pipi-caca ou de rubrique sur le port du soutien-gorge (c'est Monsieur Glob qui va être
content) : à la place, nous nous replongerons ensemble dans la culture britannique. Enjoy !
Par mado
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Lundi 28 avril 2008
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/2008
18:20
Lucie est folle : comme vous le savez (si vous êtes des lecteurs assidus, ce dont je ne doute pas un instant), elle
s’est inscrite pour courir le Marathon de Londres. Je précise au passage qu’elle avait déjà couru celui de Paris l’année dernière : apparemment, ça ne lui a pas servi de leçon !! Je me suis bien
évidemment rendue à Londres pour assister à l’événement – ok, je ne suis pas sportive, mais en matière d’encouragements, je me défends (je fais référence à ma capacité vocale hors
norme…) : si j’avais été américaine, j’aurais été pompom girl, c’est dire…
Etape 1 : le départ. Dimanche
13 avril, 7h : mon réveil sonne. C’est dur (surtout après la journée de la veille
qui a été longue et épuisante, entre le shopping, les kilomètres de marche, tous les amis à voir, la préparation des banderoles,
ballons et autres accessoires pour encourager la marathonienne …). Je m’extirpe de mon lit, trouve mon appareil photo et la force d’ouvrir mes yeux : Lucie va partir, il faut être là.
Effectivement, elle est sur le départ : maillot, short, dossard, cape en sac poubelle (elle m’a expliqué que c’était pour avoir chaud avant la course et qu’elle allait le jeter dès le départ
: ok, ça ira pour cette fois, mais l’année prochaine, je lui achèterai un petit K-Way rose…). Je prends quelques photos, lui fais un gros hug : je stresse pour elle, un peu comme si je la
laissais partir à la guerre. (oui, je sais, je suis trop sensible). Ça ne m’empêche pas de retrouver avec bonheur la chaleur de mon lit.
Etape 2 : les supportrices se rassemblent. 11h20, premier lieu de rendez-vous. Apparemment, nous ne
sommes pas les seules à avoir donné rendez-vous à notre coureur à cet endroit : une foule compac
te est amassée au bord de la route. Il pleut des cordes : les coureurs sont trempés jusqu’aux os, et nous ne tardons pas à être dans le même état
(surtout qu’il fallait bien tenir au dessus de nous notre ballon en forme de bouteille de champagne – 91cm – pour que Lucie puisse nous repérer de loin. L’idée du ballon semblait géniale :
après plusieurs heures à trimballer ce truc, je ne suis plus aussi fan). Nous essayons donc d’apercevoir la championne entre les gouttes d’eau. Abritées sous nos parapluies, nous n’avons pas
fière allure. Le temps passe : pas de Lucie. Silence un peu stressé : nous guettons en silence (« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir », comme dirait l’autre). Et tout à
coup, la voilà qui s’approche en courant : nos cris de joie et d’encouragement – stridents et tout à fait inattendus par les gens qui nous entouraient – ont fait pleurer un petit enfant. J’ai un
peu honte (mais pas trop quand même).
Etape 3 : la folie à Canary Wharf. Nous voici à présent au milieu des buildings. Nous réussissons à trouver
LE coin parfait pour encourager Lucie : premier rang, dans un virage, devant un groupe qui jouait des percussions.
Ambiance de folie !!!
Nous dégainons la banderole, le ballon bouteille, les appareils photos sont prêts… Ah, nous commençons à reconnaître les coureurs qui sont passés en
même temps que Lucie : elle ne devrait pas tarder. Il faut dire que, contrairement au marathon de Paris où les coureurs sont « sérieux », les participants de Londres sont déchaînés : regarde
celui là, il est déguisé en panthère rose !! Et là, il est en string !! Oh, c’est super man ! Tiens, il porte un arbre sur son dos… Oh, et celui qui a des béquilles !!!! On se serait cru le
jour de Mardi Gras ! Mais toujours pas de Lucie : nous commençons à stresser. Pourvu qu’il ne lui sois rien arrivé (une chute ? une blessure ? un malaise ? un abandon ? et si elle
s’était perdue sur le chemin… ??). Et puis elle est arrivée : on commençait à sentir que c’était dur (personnellement, j’aurais déjà perdu une jambe depuis 2 heures : je l’admire).
J’appuie sur le bouton de ma caméra pour immortaliser ce grand moment de sport. Hop, on lui refourgue une barre de céréales, vas-y, t’es la meilleure, courage, cris d’encouragement, et la voilà
repartie. Tout s'est passé si vite : je veux revoir les images !!! Manque de chance, je me rends compte que j’ai appuyé deux fois sur le bouton « enregistrer » : je ne garderai de ce grand
événement que 2 secondes de film. Je me sens minable.
Etape 4 : l’arrivée. Les supporters ne
peuvent malheureusement pas tous être présents sur la ligne d’arrivée. Nous avons donc rendez-vous avec Lucie au repère Z, un peu plus loin. Nous traversons le flot des coureurs qui ont terminé
le marathon : ils marchent, lentement, en silence, en souffrance. J’ai mal pour eux. Lucie arrive enfin : elle a fini le marathon et a amélioré son temps depuis l’année dernière. Je suis
bluffée par son mental : il faut en avoir pour supporter cette épreuve. Ceci dit, être supportrice n’est pas non plus de tout repos : j’ai eu froid, j’ai pris la pluie, j’ai perdu à tout jamais
mes cordes vocales, et je me suis coltiné ce putain de ballon bouteille pendant 6 heures. C’est bien mignon de courir pour une association caritative (plus de 1800£ réunis), mais merde Lucie,
pense un peu à tes amis et ne recommence pas tout de suite !!!!
Par mado
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Publié dans : Londres
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