Paris et moi, on est comme un vieux couple... Il faut dire que ça fait un petit moment qu'on vit ensemble, alors forcément, je ne le regarde plus
comme au début... Je sais qu'il me cache encore des choses (je lui laisse son jardin secret...) mais je n'essaie plus de creuser : pourquoi me fatiguer, alors que j'en connais déjà tant
sur lui ? Pourquoi faire des efforts, alors que je sais que lui et moi, c'est pour la vie ?
Et pourtant, il m'arrive de regretter d'être parisienne. Parfois, il me vient l'envie d'être née ailleurs, bien loin de Paris, et de découvrir cette
merveilleuse ville pour la première fois... J'ai envie d'avoir le zazazou pour Paris, les yeux qui brillent devant la Tour Eiffel qui scintille ou les lumières de la place de la Concorde. J'ai
envie d'avoir le coup de foudre. J'ai envie d'avoir envie de Paris. J'ai envie de retrouver les premiers temps... Je l'ai quitté déjà, plusieurs fois même, mais je suis toujours revenue : ce
n'est que quand on a perdu les choses qu'on se rend compte que finalement, on les aimait. Et à chacun de mes retours, j'ai retrouvé mon Paris tant aimé.
J'ai été éblouie par ses immeubles, sa majesté, ses détails, son odeur (si si, je vous promets !!!), son rythme, ses lumières, ses bruits...
Toutes les villes n'ont pas le même son : les sirènes de New York ou de Londres m'oppressaient, alors que celles de Paris me rassurent. Alors oui, parfois il m'énerve : j'ai des envies
d'ailleurs, de voyages, de tout quitter, de découvrir d'autres pays... Et puis je repense à Paris : lui et moi, on est fait l'un pour l'autre. Je ne peux pas vivre sans Paris (et Paris ne
peut pas vivre sans moi, bien sûr !).
Alors je vais me promener là où les parisiens ne vont pas parce qu'il y a trop de touristes : je vais sur les quais de la Mégisserie pour m'attendrir devant les petits
chiots (j'ai failli acheter un chien le week-end dernier : en même temps, le vendeur était cruel : il me l'a littéralement collé dans les bras !!! Mais bon, je ne suis pas sûre que Choupette
soit prêt à cohabiter, alors je me suis abstenue), je traverse la Seine, j'admire les marroniers en fleurs, je bois des verres à la terrasse des cafés aux serveurs désagréables et aux
chaises en rotin tressé, je flâne devant les échoppes des bouquinistes qui vendent de vieux livres aux pages jaunies et des magazines des années 40, je traverse les Tuileries, je fais un
peu de lèche vitrine rue de la Paix, je rêve d'aller à l'Opéra...
Et je redécouvre mon Paris comme au premier jour, comme si je ne l'avais pas vu depuis bien longtemps, alors qu'il est devant moi chaque jour... Promis, ma ville, je vais faire attention à toi cette fois...



Vous disiez ?