Je
n’ai pas honte de le dire : je suis une grande amatrice de magazines féminins. Alors quand j’ai appris que Grazia, le célèbre magazine italien, arrivait en France (je dois bien
reconnaitre qu’ils ont mis le paquet sur la communication : affiches, télévision, Internet… Il faut vraiment vivre en autiste reclus pour ne pas avoir reçu l’information), j’ai couru
l’acheter. En plus, avec un prix exceptionnel de lancement à 1€, je n’allais pas me priver (oui, ils sont dans une phase de conquête de lectorat, alors ils cassent les prix, proposant même
l’abonnement de 6 mois à 29,50€ au lieu de 49,40€).
Moi, les magazines, je les lis dans deux endroits : le métro et ma baignoire. Ca tombe bien, je sors du boulot : un peu de distraction ne me fera pas de mal. C’était
sans compter la foule qui se pressait dans la rame du métro bondé : impossible d’ouvrir le magazine tellement il y avait de monde. J’avais oubliée : je me suis habituée au format poche,
si pratique à glisser dans un sac à main ou pour être ouvert dans les transports en commun. Et Grazia, il est grand, très grand.
Arrivée à la maison, je me fais couler un bon bain (avec une bombe de bain Lush au miel : il faudra que je vous en parle, un jour ou l’autre : votre vie risque de changer…),
me plonge dans l’eau parfumée et attaque ma lecture. Ok, il y a un souci : je ne sais pas si c’est le papier trop glacé ou la reliure qui pose problème, mais je n’arrive pas à me mettre à
l’aise.
J’attaque malgré tout ma lecture de ce magazine qui se positionne comme le concurrent de l’incontournable Elle et s'autoproclame "le premier news magazine
mode et people" (sic)… Grosse déception (et pourtant, je ne suis pas difficile). Grazia se veut un magazine qui cumule mode, beauté et actualité : les pages mode sont décevantes,
tout a déjà été vu et revu depuis des semaines, voire des mois (ça fait deux ans que la presse féminine nous serine que la low boot, c’est la hit shoe de la rentrée : pour leur premier
numéro, les stylistes de Grazia auraient pu faire preuve d’un peu plus d’originalité), idem pour les pages beauté, où les photos ne sont franchement pas belles (ce qui est un
comble), et les pages "Sorties", qui pourraient être un copier-coller de ce qu'on voit partout ailleurs que ça ne ferait pas de différence.
Côté actu, Grazia se targue d’être au cœur du débat avec les interviews de ces enfants dont les parents vont être rapatriés dans leur pays malgré une vie établie en France :
malheureusement, les journalistes ne vont pas au fond des choses et tombent rapidement dans le misérabilisme (avec de belles formules larmoyantes censées émouvoir le lecteur, du genre
« la petite Emilie ne pleure pas. Elle ne pleure plus : elle a déjà versé tant de larme que ses yeux resteront secs pour toujours, point de suspension symbolisant la gravité de la
situation et le drame que vit cette enfant de 6 ans ». Je suis atterrée par tant de connerie superficialité).
Et c’est pareil dans tout le magazine : les titres des articles sont racoleurs et attirent le lecteur (c’est même Kate Moss qui est en couverture, avec tout un
article sur pourquoi elle veut être une rock star et ce qui va lui permettre d’y arriver...), mais pour une raison que je ne comprends pas, les journalistes et chroniqueurs ne font que
survoler les sujets, sans vraiment creuser, poser de vraies questions ou faire réfléchir, ce qui laisse une drôle de sensation d’inachevé assez frustrante pour le lecteur.
Vous l’aurez compris, Grazia ne m’a pas convaincue : ce n'est pas vraiment un magazine people (pas assez trash pour ça) mais pas non plus un magazine d'actualité (pas
assez intelligent pour ça). Je ne pense pas que j’achèterais le numéro deux. Et je ne vous parle même pas de l’abonnement… Maintenant, seul l’avenir nous dira si ce magazine a ou non sa
place dans les kiosques français…
Vous disiez ?