index-copie-7.jpg Lundi, j’ai pris le TGV. Pour aller dans des contrées fort fort lointaines. Un jour, je vous en parlerai… Bref, je m’étais équipée pour l’occasion : Ipod chargé à bloc et plein de musiques douces pour un voyage serein, un petit magazine people débile pour reposer mon cerveau et un livre pour le côté intello (rassurez-vous, je ne lis pas Guerre et Paix. Il s’agit d’un de mes cadeaux d’anniversaire, « dessine-moi un parisien », une petite merveille de parisianisme dont je me régale à chaque page. Mieux, j’aurais voulu l’écrire !!!!!!! Bref, je finis celui-là et j’attaque le suivant : un livre sur les histoire d’amour de William. Un autre cadeau…). Je m’apprête donc à passer deux heures de relative tranquillité quand se produit le drame : à peine le TGV a-t-il démarré que le concert commence : assis à côté de moi, une jeune femme avec son bébé qui se met à hurler comme si on était en train de lui arracher les viscères sans anesthésie (je sais, l’image n’est pas des plus ragoûtantes, mais c’est la première qui m’est venue à l’esprit pour vous faire comprendre l’intensité des cris du bébé).

Et merde.

index-copie-8.jpg Je laisse passer quelques minutes : le voyage durant 2 heures, je vais éviter de me fâcher dès le début avec ma voisine de siège… En plus, toutes mes copines commencent à avoir des enfants et m’expliquent qu’elles subissent les regards noirs des autres passagers dès qu’elles mettent le pied dans un train ou un avion avec leurs enfants, alors pour leur prouver mon soutien moral, je ne dis rien. Pour l’instant.

images-copie-83.jpg Cinq minutes passent, puis dix, puis quinze… Je commence à trouver le temps long. Après 20 minutes de hurlements, je me permets de demander à la mère, qui a l’air complètement dépassé si elle peut sortir du wagon car elle dérange tout le monde. Et là, ô surprise, elle fond en larmes et me dit qu’elle n’en peut plus. Hum… La situation est plutôt embarrassante : je n’ai pas l’habitude de faire pleurer les inconnus. Les gens que je connais non plus, d’ailleurs. Bon… Je ne sais pas vraiment quoi faire… J’attends bêtement mais le flot de larmes ne s’interrompt pas : « je suis désolée, je n’en peux plus, je n’en peux plus, je suis fatiguée… ».

images-copie-84.jpg Alors j’ai rangé mon Ipod, laissé mon magazine de côté et je lui ai proposé d’essayer de calmer un peu son bébé le temps qu’elle aille se chercher un thé au bar et j’ai aille se rafraîchir un peu dans les toilettes. Elle m’a regardé, un peu méfiante, et puis elle m’a dit oui et m’a confié le petit monstre. De toutes façons, tout le monde nous jetait déjà des regards noirs : je pouvais les affronter seule. Et la voilà qui part, me laissant seule avec Chucky. Et le miracle s’est produit.

images-copie-85.jpg Chucky a fait des gargouillis bizarres avec sa bouche (pourvu qu’il ne vomisse pas : je veux bien être gentille mais de là à me faire arroser de vomi par un gamin qui n’est même pas le mien, il ne faut pas pousser !!!!), il a hoqueté deux ou trois fois, a fermé les yeux, les a rouverts, m’a regardé fixement… et a arrêté de pleurer. J’ai senti le « ouf » de soulagement des autres passagers. Chucky a gardé ses yeux plongés dans les miens pendant quelques minutes, avant de s’endormir !!!!!!!! (sérieusement, j’étais à deux doigts de hurler de joie : seule la peur de réveiller le fauve qui se cachait dans ce tout petit corps m’en a retenue !!!!!). Et quand la maman est revenue, un petit quart d’heure plus tard, son bébé dormait profondément dans les bras d’une Mado complètement immobile, de peur de le réveiller par un mouvement involontaire.

- « Merci mademoiselle, je vais le reprendre… »

- « Non, non, ça va aller, il dort, je vais le garder jusqu’à la fin du voyage. Profitez-en pour vous reposer »

Et c’est ce qu’elle a fait. Le bébé a dormi dans mes bras jusqu’à l’arrivée et, en sortant du TGV, plusieurs passagers sont même venus me remercier.

L'espace des quelques minutes, j’ai eu l’impression d’être Mary Poppins…

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Parisienne (100% pur jus) de 30 ans (hélas), je suis passionnée d'écriture : j'ai même tout quitté pour en faire mon métier...

Bonne lecture !

 

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