Londres

Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /Déc /2007 22:59

Chaque langage a ses jurons. Vous savez, ces gros mots qui vous échappent, par exemple, lorsque la belle tarte aux fraises des bois [Lenôtre – prix exorbitant] que vous apportez au moment du dessert glisse de son plat en argent et s’écrase face contre table, ou encore quand vous ne regardez pas devant vous en marchant et que vous mettez le pied droit dans une flaque d’eau très profonde [expérience fraîchement vécue, heureusement devant témoin compréhensif. N’importe qui serait sorti rapidement de la flaque.  Pas moi : j’ai fait un grand saut vertical et atterri toujours dans la flaque, mais avec le pied gauche cette fois, avant d’enchaîner des petits sauts pied droit - pied gauche tout en hurlant tous les jurons de mon répertoire].

 

Tout ça pour dire qu’en Grande Bretagne, lorsqu’un juron vous échappe, il est de bon ton de s’excuser en disant « excuse my French » [excusez mon français]. Comme si nous, Français, étions connus pour jurer comme des charretiers. Ca fait ch… quand même ces p.t..n de préjugés de m%µ§# !!!!

Par mado - Publié dans : Londres
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 18:08

N’importe quel imbécile qui séjourne ne serait-ce qu’une heure à Londres entre le 1er et le 15 novembre aura remarqué que tout le monde (même les présentateurs télé !!) porte une petite fleur rouge en papier sur le revers de sa veste ou de son manteau. Ce n’est pas juste un phénomène de mode : cette petite fleur s’appelle un poppy (coquelicot) et est portée en souvenir des soldats anglais qui sont décédés depuis la première guerre mondiale.

Le dimanche qui tombe le plus près du 11 novembre est appelé Remembrance Day (le jour du souvenir) et pendant les 15 jours d’avant, les anciens militaires (ou leurs femmes) vendent ces petites fleurs de papier qu’ils ont fabriquées tout au long de l’année.

Vous devez vous demander : « mais pourquoi un coquelicot ? » : c’est cette fleur qui a été choisie, en souvenir des coquelicots qui poussaient dans les champs de maïs des Flandres pendant la guerre de 14-18. Je trouve que c’est une très jolie tradition : moi aussi j’ai mon poppy !!

Par mado - Publié dans : Londres
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Samedi 10 novembre 2007 6 10 /11 /Nov /2007 14:00

Oxford Street, la Mecque du Shopping : des boutiques à perte de vue… Aujourd’hui, après des semaines mois de diète shoppinguesques [traduction : je n’ai pas acheté de vêtements depuis très trop longtemps], je décide de faire une petite folie et de m’acheter THE little black dress de l’hiver 2007. J’en repère une qui me cligne de l’œil : oui, elle veut que je l’essaie. Bon, refuser serait mal élevé : j’attrape le cintre et me dirige vers les cabines. C’est une petite robe noire toute simple, avec quelques strass pour la touche funky: la classe quoi. J’enfile la robe : bof, elle tombe assez mal, je suis déçue. Allez hop, je l’enlève… Ah, ça ne passe pas. Bien sûr, j’ai oublié d’ouvrir la fermeture (ouf, me suis fait une petite frayeur : et si j’étais restée coincée…). Manque de chance, la réalité a rejoint la fiction : la glissière de la fermeture refusait de bouger (mais alors même pas d’un millimètre !!!!) et je me suis retrouvée dans la cabine, toute seule, sans pouvoir enlever cette foutue robe. Au bout d’un quart d’heure de tortillages en tous genres, je commençais vraiment à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire (j’ai bien tenté de passer par le haut, mais ma tête n’a pas voulu rétrécir pour passer dans le trou de la robe). J’ai commencé à envisager de sortir de la cabine en gardant la robe sur moi : « je l’adore, je la prends, je la mets tout de suite !!! » mais quand même, 50£ pour une robe que je déteste, ça fait un peu beaucoup… La robe a eu pitié de moi : dans un ultime effort, j’ai réussi à l’enlever par la tête. Cool, plus de peur… C’est la que j’ai compris : je m’en étais sortie indemne, mais pas la fermeture…

Hum, je ne suis pas bien fière de ce que j’ai fait : je suis sortie de la cabine et j’ai remis la robe sur le portant. Oui, je sais, c’est pas bien… Promis, je ne recommencerai pas : plus jamais ne n'essaie de robe qui s'enfile par la tête !!!

Par mado - Publié dans : Londres
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Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 16:41

Jour x : Mado, de sa voix douce et fluette, appelle le service client de O2 pour annuler son contrat de portable. « Bonjour, je quitte Londres dans 10 jours et je voudrais résilier mon contrat qui arrive à sa fin de toutes façpns ». Réponse : « bien sûr mademoiselle, tout est parfaitement en règle, envoyez nous une confirmation écrite et votre ligne sera coupée dans 30 jours ». Rapide, efficace : je commence à trouver que les opérateurs de téléphone mobile anglais sont bien mieux qu’en France.

 

Jour x+1 : « Mademoiselle X ? Ici monsieur Y de chez O2. J’ai remarqué que vous quittiez le territoire avant la fin de votre contrat : seriez-vous d’accord pour ne payer que 20£ au lieu de 30£ (il n’y a pas de raisons que vous payiez tout alors que vous ne serez même pas là !) ». Décidément, cet opérateur est extraordinaire : j’accepte avec plaisir en remerciant chaleureusement mon interlocuteur.

 

Jour x+3 : je reçois par la poste une lettre de O2 et une nouvelle carte SIM contenue dans une enveloppe sur laquelle on peut lire « Attention, lisez attentivement avant d’ouvrir. L’insertion de la carte SIM dans votre téléphone vaut acceptation du contrat ». Je regarde de plus près la lettre de O2 : c’est une facture pour un nouveau contrat à durée indéterminée (20£ par mois). Je me rue sur mon téléphone pour appeler le service client : une très gentille opératrice me répond que j’ai accepté un nouveau contrat, en plus de celui que j’ai déjà. D’une voix déjà moins fluette, je lui explique que je n’ai JAMAIS accepté ça (je quitte l’Angleterre, est-ce qu’elle croit vraiment j’aurais été d’accord pour prendre un nouveau contrat ??????). L’opératrice me répond que bon, je suis dans le délai légale de 7 jours pour résilier le contrat, blablabla, tout est réglé, un manager va me recontacter dans les 48 heures pour me donner l’adresse à laquelle renvoyer la carte SIM.

 

Jour x+5 : pas de nouvelle du fameux manager. J’appelle le service client : on me répond que c’est 72 heures, et non 48 heures. Oui, le manager va m’appeler.

 

Jour x+7 (ce matin) : j’appelle ENCORE UNE FOIS le service client (que j’ai mis dans les numéros favoris de mon téléphone). J’explique la situation pour la 5ème fois. On me met en attente, ça dure des plombes, tout ça pour que l’opérateur me dise que je dois payer mon contrat habituel et, en plus, 20£ pour le mois de contrat qu’on m’a refourgué. Là, j’ai carrément perdu mon sang froid (et par la même occasion ma voix fluette) : « Ecoutez, vous faites ce que vous voulez, mais il n’est pas question que je paie 55£ pour un numéro que je n’utiliserai pas. Je quitte le pays, vous m’arnaquez en me refilant un autre contrat pour m’extorquer de l’argent. Je sais que ce n’est pas vous personnellement qui êtes responsable, mais je ne raccrocherai pas tant que vous n’aurez pas réglé ça : je suis prête à payer les 35£ de mon forfait et pas un centime de plus. Je n’hésiterai pas à donner des suites judiciaires à l’affaire s’il le faut ». « Un instant, je vais voir mon manager ». [Petit intermède musical : les Beatles, les Quatres saisons, Jingle bells…]

« Mademoiselle X ? Oui, je vous confirme que le contrat de 20£ est annulé. Vous ne payerez donc que votre dernier mois de forfait. Désolé pour ce petit désagrément… ». Tu vois, quand tu veux !!!

Le seul truc qui m’énerve, c’est que le service client est un numéro surtaxé, et je suis sûre que j’en ai eu pour plus de 20£ !!!! Mais bon, question de principe…

Moralité : O2=HSBC

Par mado - Publié dans : Londres
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 20:19

Mercredi 31 octobre 2007, il est 12h30, je suis attendue pour tester en exclusivité mondiale la nouvelle gare Eurostar Saint-Pancras (*ce qui fera l’objet d’un article le 14 novembre 2007, jour officiel de mise en service du nouveau terminal). Ma mission est de la plus haute importance : je pars de chez moi à l’heure et me dirige vers le métro. Ah, ma carte de transport est vide : qu’à cela ne tienne, je vais faire un top up (dans le langage d’ici, ça veut dire recharger ma carte / remettre de l’argent). Tiens, la machine refuse ma carte. Elle doit être cassée : j’en utilise une autre. Transaction refusée également. Pas de panique : il y a une agence HSBC au coin de la rue : je vais mettre ma carte dans leur machine et vérifier le solde de mon compte (bien que je l’aie fait le matin même). Mais…… pourquoi la machine ne veut-elle pas me rendre ma carte ????? Noooooon, elle me l’a avalée !!!!! Je rentre, un peu énervée quand même, dans l’agence et me dirige vers le premier jeune banquier qui croise mon regard. Je lui explique la situation et il comprends le problème : HSBC m’a envoyé mon relevé mensuel et il y avait une erreur dans l’adresse. Comme la lettre leur est revenue, ils ont bloqué la carte. Quoi, mais c’est une honte, mais pourquoi ? Il n’y a rien à faire ? Mais moi je fais comment ? J’ai réservé des billets d’Eurostar avec cette carte et j’en ai besoin pour les retirer ! Devant ma détresse, ce crétin fini cher banquier accepte malgré tout de me rendre ma carte (« mais c’est uniquement pour vous rendre service, parce que normalement, on ne le fait pas ») mais je devrais attendre 5 jour pour recevoir la nouvelle. OK, passons pour cette fois.

 

5 jours plus tard (donc, aujourd’hui. Oui, mes nouvelles sont fraîches du jour !!!!), je retourne chez HSBC pour récupérer ma carte (je rentre en France dans 5 jours, alors j’aimerais bien profiter du peu de sous qui me reste sur mon compte, quand même). J’attends une demie heure, tous les conseillers sont occupés. Je me fais un thé, puis un café [ndlr : quand il y a une machine à café dans une banque, c’est mauvais signe, ça veut dire que vous allez y passer des heures]. Une employée finit par venir me demander ce que je veux : je lui explique… et miracle, elle revient deux minutes plus tard avec ma carte, en me précisant que, comme convenu, le code secret est le même que celui de mon ancienne carte. Je la remercie chaudement (enfin une personne intelligente dans cette banque, c’est rare) et m’apprête à partir quand une petite voix intérieure me dit d’essayer de retirer de l’argent, pour être bien sûre que tout est OK. J’insère ma nouvelle carte dans la machine, tape mon code et… Code faux. J’ai dû mal le taper : je recommence en faisant bien attention (j’ai le même code sur toutes mes cartes bleues, mon téléphone portable et ma carte vidéo : je pense que je ne suis pas près de l’oublier !!!). Code faux. Je me souviens qu’au bout de 3 faux codes, la carte est bloquée, donc je retourne dans le bureau des conseillers bancaires et tombe, par chance, sur le responsable de l’agence, à qui je commence à faire part de mon mécontentement. En voyant que j’étais assez énervée (quand même), il m’a emmenée dans un grand bureau à l’écart, pour m’expliquer qu’un nouveau code m’avait été envoyé, blablabla, en fin de semaine, tout devrait être bon, il n’y a qu’à attendre… Ok, il n’y avait rien à faire et ce pauvre gars n’y est pour rien, mais ça ne m’a pas empêchée de lui dire que c’est un scandale, que jamais de toute ma vie je n’ai vue une banque aussi mal organisée, que je n’avais eu que des problèmes, etc… J’ai donc craché tout ce que j’avais sur le cœur depuis un an. Après, j’ai dit que si je n’avais pas reçu mon code chez moi demain matin, je reviendrais… (oui, je l’ai menacé : I’ll be back…). Mais après mon éclatante engueulade, j’ai dû traverser TOUTE l’agence, qui était bondée, avec tous ces gens qui me regardaient (après m’avoir entendue faire un énorme scandale dans le bureau du fond). Une seule chose à faire : tenir bien fort son sac (ce qui évite de montrer que mes mains tremblent) et sortir la tête haute. Je pleurerai dans la rue. Non mais.

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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 18:49

Je suis maladroite, je le sais, ça fait des années que je m’en suis rendu compte (c’est facile, il suffit qu’il y ait un oiseau dans le ciel, c’est sur moi que sa crotte tombera, même si je suis sur Oxford Street le premier jour des soldes, entourée de 15,000 personnes). D’ailleurs, mes amis le savent aussi, même si leurs réactions face à ma malchance sont assez différentes !!! Je citerai juste Charlotte qui, lorsque mon sac à main s’est coincé dans la porte du métro la semaine dernière (« mais poussez-vous mademoiselle » « bah, euh, comment dire, bah j’peux pas parce que mon sac, il est coincé et je peux pas le décoincer… En plus il coûte cher et j’ai pas trop envie de l’arracher »), m’a demandé en levant les yeux au ciel « mais pourquoi ça t’arrive tout le temps à TOI ce genre de trucs ? ». Franchement, j’en sais rien, et je m’en passerais très volontiers (mais c’est plus la honte pour moi que pour ceux qui m’accompagnent, non ???). Lucie, à l’inverse, m’a fait un très joli coup : je lui raconte mon petit problème de masque de beauté (cf post précédent) et elle est carrément tombée par terre de rire dans la cuisine… Bon, entre faire pitié et faire rire, on va dire que je préfère le foutage de gueule…

Tout ça pour dire qu’avant hier, j’ai eu droit à un festival de malchances (mais sans témoin, donc plus faciles à assumer !!!)

 

Lundi aux aurores (ou presque): le réveil sonne, je me lève, tout va bien, encore une semaine qui commence. Premier geste du matin : je fais mon lit. Malheureusement, en jetant la couette d’un coup sec sur le lit (très important le grand geste, ce qui donne à la couette un bouffant hors du commun et lui évite ainsi de ressembler à une crêpe molle qui se serait échouée sur mon lit), j’ai mal appréhendé l’atterrissage de ma main qui s’est explosée avec fracas sur la tête de lit. Tout cela aurait été anodin si l’ongle de mon pouce ne s’était pas accroché dans la doublure du tissu et retourné sous le poids de ma main. Je m’écroule de douleur (heureusement, mon lit n’étant pas loin, j’ai pu m’assurer d’une chute en douceur sur une couette bien gonflée – la plume d’oie, il n’y a que ça de vrai) : « aie, oh my god, douleur, cri, larme, merde ma manucure que j’ai refaite hier… Et si je perds mon ongle !!! ». Au final, plus de peur qu de mal, mais un peu mal quand même !!! [Et je vous rassure, après 48 heures, mon ongle va très bien, merci]

 

Quelques heures plus tard, je branche mon ordinateur et me connecte au site de TF1 pour regarder le Journal de 13 Heures [oui, ce n’est pas parce que je ne vis plus en France que j’abandonne Jean-Pierre Pernaud. Je l’avoue sans honte, je lui voue un culte proche de l’obsession : il est pour moi comme un ami avec qui je déjeunerais tous les jours]. Le JT se déroule sans problème : je l’écoute d’une oreille distraite tout en jouant avec mon épilateur –enfin, quand je dis « jouer », j’exagère un peu, l’utilisation d’un SilkEpil n’étant pas (et personne ne me dira le contraire) la manière la plus agréable de passer le temps. JP nous raconte alors l’histoire de Pierre-Yves, le dernier tailleur de pierres du petit village de Trouduc, ou celle de Maryvonne, une vielle dame de 99 ans, qui reste la seule détentrice d’un savoir très rare qui faisait autrefois la célébrité d’une bourgade de Bretagne, je ne me souviens plus très bien, mais toujours est-il que le sujet me passionnait. Mes yeux ne quittent plus l’écran, je suis ailleurs, dans cette bourgade du Finistère… jusqu’à ce qu’une épouvantable douleur me rappelle à la raison. La peau de ma jambe s’était glissée sous les roulettes de l’épilateur (qui continuaient à tourner) : « aie, oh my god, douleur, cri, larme, ah oui, penser à éteindre l’épilateur, ce qui libèrera la chair… Et si je perds ma jambe ??!! ». Résultat : brûlure au deuxième degré, biafine et pas de jupes pour une durée indéterminée.

 

Et pour finir cette journée en beauté, je sors de la cuisine pour aller me coucher. Je ne sais pas comment je me suis débrouillée, mais j’ai réussi à m’exploser le petit doigt de pied sur la brique de béton qui sert de cale porte. La question que je me pose encore c’est : comment se fait-il que mon orteil soit entré en contact avec cette p…. de brique alors que je portais des chaussons bioniques (moumoute rose, 12 cm d’épaisseur, résiste au choc, aux flammes).

 

En me promenant sur Wikipedia, j’ai lu que plusieurs millions de personnes meurent chaque année d’un AcVC (Accident de la Vie Courante). Je dois être dans une phase « à risque » : je vais de ce pas me prendre une assurance « tous risques habitation+rue+voiture+vélo+voiture », just in case…

Par mado - Publié dans : Londres
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 22:19

Prendre soin de sa peau, c’est très important, surtout quand on approche de l’âge redouté où les rides apparaissent. J’ai bien compris tout ça : c’est la raison pour laquelle je dispose, dans ma salle de bain, de tout un attirail destiné à repousser au plus tard les effets du vieillissement prématuré. J’ai, parmi tous mes produits miracles, un masque à l’argile rose qui est une véritable petite merveille pour la peau : 10 minutes de pose, et vous voilà avec le visage aussi hydratée et tendue que le cul d’un nourrisson fraîchement pondu !!!

Ce matin donc, en me regardant dans le miroir, je me trouve un peu fripée : comme l'idée de ressembler à un vieu pruneau desséché ne me tente pas encore, je dégaine mon masque à l’argile plus vite que mon ombre. Hop là, je m’étale tout ça sur la figure, et je commence à vaquer à mes occupations en laissant cette petite merveille faire effet. Je commence par checker mes mails, je lis un peu lefigaro.fr… Tiens, mais il est l’heure de déjeuner et je n’ai plus de pâtes pour aller avec mon pesto [petit clin d’œil à Lucie, qui m’avait expressément demandé hier de caser mes pâtes au pesto sur mon blog]. Aucun problème, je saute dans une paire de chaussures (plus pratiques pour sortir que mes chaussons en peluche roses, pas sexy mais tellement confortables…), j’attrape mon sac au passage et me voici dehors. Houlà, il pleut des cordes : au moins, je vais pouvoir utiliser mon petit parapluie fushia à fleurs : si on peut mettre un peu de joie et de gaieté dans ce monde triste et gris, pourquoi se priver. Je traverse la rue et me retrouve presque au niveau du supermarché quand je remarque un homme qui me regarde bizarrement. Je lui jette un regard noir qui veut dire « pervers, regarde où tu marches au lieu de me dévisager comme si tu n’avais jamais vu une femme avec un parapluie rose de toute ta vie ». Deux jeunes femmes, visiblement collègues et en pause déjeuner, me regardent elles aussi en riant et se retournent même sur mon passage. J’ai un truc sur le nez ou quoi ? Je passe la main sur mon visage… et me rends compte avec horreur que je suis sortie dans enlever mon masque, celui à l’argile rose, celui qui me fait la figure fushia, de la même couleur que mon parapluie. Demi tour, pilote automatique, retour maison. Tant pis pour les pâtes.

 

Heureusement, personne ne m’a reconnue : j’étais masquée, héhéhé…

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /Oct /2007 12:15

Simon frappe au numéro 1 de la rue. On attend 20 secondes. Personne. Il coche sur sa feuille : « n°1 – pas de réponse ».

On frappe au numéro 2 : une femme ouvre la porte et regarde Simon d’un air méfiant :

Simon : « bonjour madame, désolé de vous déranger, je viens pour m’excuser »

La dame : « Vous excuser ? Mais de quoi ? »

Simon : « nous allons installer des câbles de télévision chez certains de vos voisins, et la rue risque d’être un peu encombrée… Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas d’embouteillage héhéhé [petit rire pincé voulant signifier « oui j’ai de l’humour, je suis un marrant, pas un gros lourd qui va essayer de vous extorquer de l’argent ou vous forcer la main pour que vous signiez un contrat], mais juste un peu de passage sur la route »

La dame : « ah, d’accord, merci de me prévenir »

Simon – faisant mine de partir : « Au fait, je m’appelle Simon. Je travaille pour la société BIP [ndlr : il s’agit d’une grosse société qui propose des chaînes de télé câblées]. Puisque je suis là, je vérifie également que nos consommateurs sont contents : êtes vous chez BIP ? »

La dame : « oui, oui, je suis chez BIP »

Simon : « très bien. Et êtes vous contente du service ? »

La dame : « oui, très contente ».

Simon – en levant le pouce, signe du winner/winner : « ok, très bien, merci, au revoir »

 

Et nous voilà repartis : Simon note sur sa feuille de route : « n°2 – client BIP»

 

Nous passons au numéro 3, et c’est là que j’ai commencé à comprendre :

Simon : « bonjour monsieur, désolé de vous déranger, je viens pour m’excuser »

Le monsieur : « Vous excuser ? Mais de quoi ? »

Simon : « nous allons installer des câbles de télévision chez certains de vos voisins, et la rue risque d’être un peu encombrée… Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas d’embouteillage héhéhé [c’est en entendant le petit rire que j’ai compris qu’il avait bien appris son petit speech : un peu comme un acteur, TOUT est écrit !!!] mais juste un peu de passage »

Le monsieur : « ah, d’accord, merci de me prévenir »

Simon – faisant mine de partir : « Au fait, je m’appelle Simon. Je travaille pour la société BIP. Puisque je suis là, je vérifie également que nos consommateurs sont contents : êtes vous chez BIP ? »

Le monsieur : « non, je suis chez BOP [ndlr : la société concurrente de BIP] »

Simon – faisant une grimace de dégoût : « Ah bon, chez BOP, comme c’est bizarre… Mais vous en êtes content ? Parce que leur offre est vraiment mauvaise… D’ailleurs, regardez l’offre que BIP vous propose aujourd’hui, et aujourd’hui seulement… »

Et nous voilà partis dans de longues explications, tout ça pour que le monsieur finisse par nous claquer la porte au nez.

Simon a noté sur sa feuille « n°4 : client de BOP – pas intéressé »

 

« On vous a fait apprendre le dialogue par cœur ? » demandé-je en réprimant un sourire. Simon me regarde, étonné : « tu t’es rendu compte que mon argumentaire de vente était très organisé, c’est bien, tu es la première… Bien évidemment, c’est moi qui ai écrit tout ça. En fait, il faut toujours la phase d’introduction, puis le scénario, puis la phase de vente, puis la phase de fin ». « Quand vous parlez de scénario, vous voulez dire le mensonge que vous racontez en disant qu’il va y avoir du trafic ? »  Simon prend un air offusqué : « je ne mens pas, c’est tout l’art de la vente ». Ok, t’inquiète pas mec, j’ai compris.

 

Et nous avons continué comme ça, jusqu’au numéro 153. Je ne vous ferai pas le détail de tout ce que j’ai vu, mais il y a eu quelques phénomènes :

-         la femme a moitié nue (mais vraiment très vilaine)

-         le monsieur obèse, vêtu d’un caleçon et d’un marcel, qui avait de gros morceaux de chair qui lui pendaient sous les bras (à ce moment là, j’ai cru que j’allais vomir)

-         l’alcoolique qui a ouvert la porte et a fait sortir de chez lui une odeur abominable de sueur/bière/graillon et me regardait d’un air pervers.

-         Le vieux qui en a marre des VRP et qui nous a insultés en jurant comme un charretier (heureusement, je ne parle pas assez bien argot pour comprendre tout ce qu’il nous disait !!!).

 

Simon m’a quand même bien amusée : il sonne à une porte, on lui ouvre. Il commence son blabla mais la personne lui claque la porte au nez. Au lieu de passer à la porte suivante, Simon est resté et a continué son speech comme s’il était encore face au prospect. Je me suis permis de lui demander pourquoi il continuait son argumentaire de vente dans le vide. Voilà ce qu’il m’a répondu : « si je m’arrête au milieu, je ne sais pas où j’en suis la fois d’après. Quand je commence, je finis, sinon je n’arrive pas à reprendre au début avec la personne suivante ». Simon, allonge toi sur le divan et parle moi de ton enfance.

 

Vers 16h30, nous voilà au numéro 153. Chouette, la journée est finie. « Tu as faim ? » me demande Simon. Vu le bruit que fait mon estomac (genre moteur de tondeuse à gazon), je peux difficilement nier l’évidence. Nous marchons une vingtaine de minutes et nous nous retrouvons dans une espèce de bouiboui répugnant où nous déjeunons (nourriture très grasse- mauvais souvenir - veux pas en parler). Je pensais que nous allions rentrer, mais non : nous repartons faire du tap-tap chez les gens qui n’étaient pas chez eux la première fois. Vers 19h00, nous refaisons un troisième et dernier tour. Mes pieds pleurent, je veux rentrer chez moi (j’ai malgré tout une petite pensée émue et compatissante pour les candidates qui portaient des escarpins, hihihi)… Nous finissons par nous diriger vers le métro : il est 20h25. Simon m’explique alors que le boulot pour lequel je postule consiste à faire du porte à porte pendant 6 mois minimum, en travaillant de 8 h à 21h sans pause, samedi compris, pour un salaire de 150£ par semaine [là, j’ai arrêté de l’écouter : je n’ai pas fait toutes ces études pour me taper un job de merde sous payé, et travailler avec des crétins finis comme Simon !!!].

Simon m’explique que tout le monde doit en passer par là pour devenir manager, mais que l’évolution va se faire très rapidement car 9 nouveaux bureaux vont ouvrir et il va falloir 9 managers. Je demande alors à Simon combien de personnes font ce programme. Il me répond « une trentaine ». Là, je m’arrête, je le regarde (un peu théâtrale, j’avoue) et je lui dis : « je ne comprends pas : il n’y a que 9 postes de managers pour plus de 30 personnes… Mais que vont faire les 21 autres ? » Ok, on savait tous les deux que la plupart allaient continuer le tap-tap pendant des années, mais il ne faut pas non plus qu’il me prenne pour une conne pendant 3 heures encore…

Nous prenons le métro ensemble, et Simon me dit très solennellement : « Madeline [grrrrrrrrrrr prononce mon prénom correctement s’il te plait], je suis ravi de t’annoncer que tu es sélectionnée pour le dernier entretien. Nous allons donc rentrer au bureau : les entretiens comment à 21h30 ». No comment. J’ai regardé Simon et je lui ai dit « je suis désolée, mais ça ne va pas être possible. Merci de me donner ma chance, mais non». Nos chemins se sont séparés. Ciao Simon.

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 11:59

« Mademoiselle, j’ai le plaisir de vous informer que vous avez été retenue pour passer notre deuxième série d’entretiens. Merci de vous rendre dans nos bureaux le jeudi 2 août, pour une journée d’entretiens qui durera de midi à 20 heures. Ah, n’oubliez pas de mettre des chaussures confortables, car vous aller être debout longtemps ».

Bon bon bon, j’avoue que j’avais d’autres plans pour le jour de mon anniversaire, mais comme j’ai démissionné de mon ancien poste [oui, j’ai pas mal de retard à rattraper niveau mise à jour de mon blog] et que l’argent ne coule pas à flots, j’étais plutôt contente de la nouvelle.

 

Midi tapante, je franchis la porte des bureau de la société X qui recherche des graduates pour un programme de formation de managers/chefs de produits. Dans l’entrée, une trentaines de jeunes, de toutes les nationalités, plus ou moins bien habillés [petit clin d’œil au jeune homme qui avait repassé son costard et fait une grosse marque de fer sur le côté droit]. Je commence à me dire que j’aurais peut-être mieux fait de mettre des escarpins, comme toutes les autres filles, plutôt que mes petites chaussures marrons, certes très jolies [ce Jonak, il est indémodable] mais assez casual – comme on dit ici (entendez « décontracté). Je m’assieds et attends qu’on m’appelle.

 

Voilà, c’est mon tour : on me fait entrer dans une grande pièce : la personne qui m’avait fait passer le premier entretien est là et me dit que c’est Simon qui va m’évaluer aujourd’hui et que je peux lui poser toutes les questions que je veux. Je regarde Simon : c’est une stère (1m x 1m x 1m) chauve qui porte un costard beige mal coupé et des chaussures trouées : la classe quoi.

J’accompagne Simon : on sort de l’immeuble, et on se dirige vers le métro. Je me dis qu’il va m’emmener dans les autres bureaux londoniens de la société, mais je commence à me poser des questions quand il me dit qu’il va s’acheter à manger car on va déjeuner tard (je suis prévoyante, j’ai une bouteille d’eau et une boite de barres Special K aux fruits rouges dans mon sac – d’où l’intérêt d’avoir un sac à main immense !!!)

On prend le métro et, à ma grande surprise, il me fait passer un entretien de recrutement dans un wagon… Quand on connaît le niveau sonore des rames anglaises, on peut comprendre que c’était assez laborieux.

Voici la première question que Simon m’a posée : « Madeline –il faut croire qu’il est quasi impossible pour qui que ce soit dans ce p… de pays de prononcer mon prénom correctement- je te donne 500 000 pounds pour faire une campagne marketing, qu’est ce que tu fais ? ». Qu’est ce que je fais ? Ben « ça dépend, mon cher Simon », voilà ce que je lui ai répondu. Surpris, le Simon : « ??? Ca dépend de quoi ??? ». « Ca dépend : vous ne m’avez pas dit quel était le produit, quelle était la cible, ce genre de choses qui font qu’on utilise plutôt tel ou tel support ou approche, non ?? ». Et là, Simon ne regarde et me dit (je vous jure que je n’invente pas) : « ouahou, t’es vachement intelligente, c’est la première fois qu’on me pose cette question ». Ok, j’ai pigé, ce mec est un con : ça ne va pas être triste aujourd’hui !!!

Simon feuillette mon CV et remarque que je joue du piano ; il me demande quel genre de musique je préfère jouer. « De la musique classique ». « Ah bon ? Et pourquoi ? ». Je réponds d’un air inspiré –genre artiste incomprise et mystérieuse - « Parce que je ressens la musique jusqu’au bout de mes doigts, toutes les émotions traversent mon corps et ressortent par mes phalanges ». Je m’attends à ce qu’il rigole et comprenne ma blague mais sa réaction me scie : il s’arrête, pose sa main sur mon bras, me regarde et me dit « c’est la première fois que j’entends parler de musique d’une manière aussi belle ». C’est définitif, c’est un naze : je sens que la journée va être trèèèèèèèès longue. Nous arrivons enfin (après 45 minutes de métro) dans une petite banlieue perdue au fin fond de la zone 6 [autant dire le fin fond du trou du cul du monde, pour ceux qui connaissent un peu Londres] et nous marchons un bon quart d’heure avant que Simon s’arrête, sorte une carte de sa sacoche et m’annonce « voilà, c’est la zone qu’on doit couvrir aujourd’hui ». Je jette un coup d’œil à la carte : il y a des rues surlignées en rose, plein… Bon, je ne suis pas partie d’ici…

La suite en ligne dès demain matin

Par mado - Publié dans : Londres
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 14:27

Les Anglais sont fous : une fois par an, ils organisent une grande promenade à vélo dans les rues de Londres, nus comme des vers...

Je vous laisse apprécier les images : comme on dit , "le poids des mots, le choc des photos"

Pour ceux qui seraient intéressés par la course, il va falloir attendre encore un an...

Merci à Lulu M d'avoir eu la gentillesse de jouer les reporters et de prendre quelques clichés

Par mado - Publié dans : Londres
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