Londres

Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 17:33

Ce matin, 7h58, Metropolitan line : une sonnerie retentit, une voix grésille dans un haut parleur "all stations to Uxbridge, please mind the doors" et les portes se referment. Une femme entre juste à temps dans le wagon et vient s'asseoir en face de moi.  C'est la plus grosse dame que j'ai jamais vue : elle tient à peine sur la  banquette pour deux personnes. Je me plonge dans la lecture de mon journal du matin et lit avec avidité les premiers ragots du nouveau Big Brother qui a commencé hier soir et d’autres articles aussi intelligents sur le chien qui joue au billard ou le nain qui a 40 enfants. Jusque là, un matin comme les autres. Vers 8h05, je lève les yeux et vois la grosse dame en train de se récurer le nez méthodiquement (je souris discrètement et me replonge dans mon quotidien).
8h10 : elle doit chercher quelque chose, ce n'est pas possible... et vas-y que je ramone, que je triture, que je racle, que je gratte... A ce moment précis, je suis partagée entre l'envie de vomir et celle d'éclater de rire => je me cache derrière les pages du journal et essaie de glousser discrètement (ce qui ne fonctionne pas du tout, mais n'a pas l'air de déranger Madame Sans Gêne.

 

 

Ah... On dirait qu'elle a trouvé quelque chose... Elle s'arrête… non… si... et sort victorieusement de sa narine une énoooooooorme crotte de nez !!! J'ai l’estomac vide, mais mon dîner de la veille [fort bon, au passage... merci au chef] fait le chemin en sens inverse. J'essaie de ne pas regarder, mais je suis irrémédiablement attirée par ces gros doigts boudinés, qui jouent habilement avec la boulette. Et lorsque la crotte a la bonne texture, la dame, d'une pichenette du doigt, l'envoie vivre une seconde vie, ailleurs.
J'ai vu le projectile partir, d'un coup sec, se déplacer dans les airs et redescendre, pour atterrir...sur ma botte.  La dame ne s'en est visiblement pas rendu compte. Je regarde discrètement, histoire d'être sure. Mais nul doute n’est permis : elle gît sur le cuir luisant de ma chaussure. Elle a retrouvé sa liberté et s'est à nouveau dépliée, un peu comme un papillon qui serait sorti de sa crysalide... J'arrête la poésie : j'ai quand même une crotte de nez sur le pied !!!

 

 

Premier challenge de la journée : comment se débarrasser de la chose  1/ sans la toucher et 2/ sans que personne ne s'en rende compte ?

 

 

Il fait subitement très chaud, mes oreilles bourdonnent, je commence à transpirer... Un monsieur vient s'asseoir à côté de moi : je suis coincée, je ne peux plus bouger. J'ai passé les 40 minutes suivantes droite comme un I, le regard fixe, incapable de bouger.

 

 

La dame est descendue au terminus, comme moi.

 

 

J'ai attendu que tout le monde descende du train pour enfin essuyer la crotte avec mon journal (que j'ai laissé sur mon siège, comme le veut la tradition, pour que quelqu'un d'autre puisse le lire... J'ai un peu honte, mais l'idée de porter ce truc jusqu' à la poubelle à la sortie de la station n'était juste pas envisageable) et depuis ce matin, je vais aux toilettes toutes les 5 minutes pour vérifier qu'il ne reste pas une petite trace de morve sur ma chaussure.

 

 

 

 

J’aurais au moins appris une chose : « gros nez… grosse crotte de nez »

 

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 22:56

Je n'en parle pas souvent (par pudeur ? Non, par peur du ridicule... Quoique je devrais etre habituee, depuis le temps !!!) mais la plupart de mes hontes au bureau, je me les tape à la cantine.

 


Allez, voilà quelques morceaux choisis de mes aventures cantinesques…

Jour de réunion, j'ai mis ma mignonne petite jupe Comptoir des Cotonniers et mes petites bottes sympa. La réunion commence dans une heure : c'est juste le temps qu'il me faut pour descendre au self chercher mon  mon déjeuner et remonter le manger à mon desk [oui, mon bureau]. Je fais la queue, échange quelques mots avec le cuistot (le pauvre, je lui dois bien ça : je l'ennuie tous les jours avec des "oui mais sans oignons crus", "non merci, pas un demi litre d'huile sur mon poisson" ou des "euh, vous pouvez m'enlever cette herbe verte que vous mettez dans tous les plats et qui me donne envie de vomir ?"), je choisis le boeuf en sauce [allez, aujourd'hui je prends des risques !!!!] et me dirige vers l'ascenseur avec ma petite barquette en celullose/cellophane/ que sais- je/bref en plastique. Un de mes collègues est là, on discute (de la pluie, bien evidemment) et je trouve qu'il regarde bizarrement ma jupe => je me dis que c'est hormonal et ne relève pas... L'acsenseur s'arrête, je sors de la cabine, traverse tous les bureaux et arrive à mon desk... Et là, je me rends comte que je tenais ma barquette de travers et que toute la sauce s'est répandue non seulement sur ma jupe et mes bottes, mais que j'ai également laissé derrière moi une longue trainée de jus marron qui va de l'ascenseur à ma place... Difficile de nier l'évidence : j'allais être repérée... Alors j'ai pris du pq, et j'ai tout absorbé [au passage, c'est l'avantage des grosses boites americaines : on ne rechigne pas à la dépense, et le papier toilette ici, c'est du ultra absorbant !!!]

 

 

Autre jour, autre jupe... Me voila encore et toujours face à mon petit bureau, en train d'essayer de couper une escalope de dinde, mon plat de résistance - qui pour le coup porte bien son nom - avec un couteau en plastique du genre "j'ai 5 ans et je joue à la dinette". Ah, mais c'est qu'elle résiste, la vilaine : pas de souci, je mets toutes mes forces dans mon couteau... Et c'est le drame !!! Le couteau vole en éclats, la barquette de plastique est eventrée (ce qui a pour effet de laisser couler une rivière de sauce d'huile sur mon bureau) et mon escalope fait un vol plané sur les bon-a-tirer que je viens de recevoir de chez l'imprimeur. Heureusement, personne ne m'a vue : j'ai tout nettoyé [je devrais me faire sponsoriser par Moltonel épaisseur triple !!!] et je suis ensuite tranquillement allée  montrer le bon-a-tirer à mon boss, en faisant semblant de ne pas remarquer la grosse empreinte d'escalope en plein milieu de la page...

 


Et ce matin, la dernière honte: je vais m'acheter une barquette de raisins, que je mange tranquillement tout en travaillant... Je descends voir un collègue, puis un autre, je me balade dans les couloirs, quand je sens comme une petite gène dans ma region arrière (mes fesses, pour ceux qui ne comprennent pas la finesse de mon langage)... Par je ne sais quel miracle, un raisin avait dû sauter sur ma chaise, se coller à mon pantalon et décider d'y rester le temps d'une promenade dans les couloirs du bureau...

La honte, j’vous dis !!!!!

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 20:06

Aujourd'hui, un peu de légèreté : parlons chiffon (mais chiffons anglais s'il vous plait !!!)
Je vis à Londres depuis maintenant presque 9 mois et je n'ai même pas abordé le sujet de la mode [si l'on peut appeler ça comme ça] anglaise. Ici, toutes les extravagances sont permises : mettez un tee-shirt rose, une jupe bleu électrique, des collants vert fluo et des chaussures en daim orange => vous vous fondrez dans la masse. Ca, c'est la liberté...
En revanche, quoi qu'on puisse penser, il y a des codes vestimentaires très précis en Grande Bretagne, et notamment quand on sort en boite. Pour ma première soirée en « club », j'ai fait classique : le look sympa et passe-partout, qui a toujours marché dans les boites françaises. Un jean, une paire de bottes et un petit haut noir : on ne peut pas faire plus simple et avec ça, on est sûre de se fondre dans la masse. Ce n'est malheureusement pas que qui s'est passé, bien au contraire : je détonnais tellement dans le décor qu'on ne pouvait pas ne pas me remarquer.

 

Alors à toutes celles (désolée pour les "ceux" : aujourd'hui, je m'adresse exclusivement à mon public féminin...) qui veulent sortir à Londres, voici en exclusivité les règles vestimentaires que suivent nos amies britanniques.

 

C'est facile : si vous suivez à la lettre ces 5 commandements, vous êtes sure d'avoir d'air d'une anglaise [mais est-ce vraiment une bonne chose ? La suite nous le dira]

 

 

Règle nº1 : le haut tu exposeras .

 

Pour être une véritable anglaise, il faut avoir un décolleté => pas question de porter un simple tee-shirt à col rond ou, pire encore, un col roulé !!! Non, il faut un bustier ou un débardeur, peut importe, l'essentiel étant qu'on en voit le plus possible (même s'il n'y en a pas) !!!

 


Règle nº2 : le milieu tu exhiberas.

 

Ici, pas de tabou : qu'on ait le ventre de Kate Moss (période cocaïne) ou de Maitée (période dinde aux marrons), c'est pareil, on montre son bidon. Et s'il est piercé, c'est encore mieux.

 


Règle nº3 : le bas tu montreras

 

Résumons les choses ainsi : plus la ceinture jupe est courte, plus la cote est grande…

 

 

Règle nº4 : sur des échasses tu marcheras (enfin, tu essayeras)

 

L'anglaise veut être grande : elle met des talons. Manque de pot, il semblerait qu'elle n'ait pas bien compris qu'au delà de 11cm, il est impossible de marcher. Certes, elle se meut [du verbe mouvoir- bouger, déplacer] mais il faut voir le tableau : elle se balance tant bien que mal de gauche à droite, les jambes écartées (ce qui lui donne un petit côté cow-boy), en souriant, alors que les veines de ses pieds sont bleues et gonflées et que tout son sang est stocké au bout de ses jambes. Oui, il faut souffrir pour être belle, mais il y a des limites...

 

 

Règle nº5 : de mille feux tu brilleras.

 

Pas de noir pour ces demoiselles. Non. Ici, on met du fluo, du doré, des paillettes... Faut que ça ce voit, faut que ça brille, faut que ça fasse mal aux yeux. La grande tendance du moment : la micro robe tube en paillettes argentées. La classe quoi !!!

 

 

Et voila, vous avez le look. Maintenant, il faut prendre l'attitude : c'est ce qu'il y a de plus facile : buvez comme des trous, riez fort, agitez tout ce qui dépasse de vos vêtements [enfin- du peu de tissus qui vous couvre plus ou moins pudiquement le corps], quittez la boite en vous appuyant sur le bras d'une copine, et vomissez sur le trottoir. Finalement, agissez comme un mec anglais. Un look de prostituée et un comportement d'alcoolique, je n'ai qu'une chose à dire : "God save the (drag) Queen"...

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 21:27

Dimanche après-midi, Londres, temps de rêve, les oiseaux brillent et le soleil gazouille... Tout le monde se détend... Tout le monde ? Non... Il y a une idiote en Grande Bretagne qui s'est faite coincer et a accepté de représenter son propriétaire à l'assemblée générale de l'immeuble.
18h30 : je sonne à la porte de l'appartement dans lequel a lieu la réunion (au passage, je note que l'immeuble est bien plus beau que le mien, et qu'il y a un ascenseur => j'habite au rez-de-chaussee, mais quand même...). Un gros monsieur vient m'ouvrir : c'est lui qui est le "président" du club des joyeux proprios. Appartement cosy (et, accessoirement, de très mauvais goût) où se mélangent moquette blanche, faux meubles Louis XVI, verres en Cristal de Baccarat et coussins Ikea.

 On me dit de m'assoir sur le canapé : c'est ce que je fais (enfin, s'assoir n'est sans doute pas le mot juste : disons que je me suis posée sur le divan et que ce dernier m'a engloutie, un peu comme si je m'asseyais sur un canapé en guimauve).

Je regarde les gens qui m'entourent et se présentent les uns après les autres, sur le même format "Madame X, appartement 15" :

 

    - appartement 18 : un mec, la trentaine, pantalon en lin blanc, Todds beiges, bidoche, grosse bouche => notre nouveau voisin

 

    - appartement 9 : un jeune couple hispano-allemand, la trentaine, qui est venu avec ses deux enfants (dont la dernière s'est visiblement oubliée dans sa couche, ce qui explique l'odeur pestilentielle qui règne dans la pièce...)

 

   - appartement 19 : un vieux  tout rougeaud, grincheux, avec des petites lunettes et des yeux qui vous scrutent, et qui s’avère être le sal**d qui a porté plainte contre nous deux fois


     - appartement 11 : le sosie de Margareth Thatcher, en plus sèche (et la vieille qui m'a regardé passer en murmurant "c'est une honte" le lendemain de notre pendaison de crémaillère qui a fini à une heure du matin => ça c'est une honte !!!)

 

    - appartement 10 : vieille fille d’une soixantaine d’année (pourquoi toutes les femmes de l'immeuble ont-elles les lèvres pincées comme le cul d'un poulet ???)


    - appartement 19 : les deux filles de la propriétaire, qui est mourante. Elle ont 25 ans, sont habillées a l'anglaise (traduction : comme des prostituées) et la ramènent tout le temps.


    - appartement 7 : petit mec sympa, jusqu'à ce qu'il commence à faire de la lèche a tout le monde

 

    - les caretakers : 70 ans, dont 20 passés dans l'immeuble. Ils n'ont même pas besoin de leurs notes pour se rappeler que l'ampoule de l'entrée de l'immeuble 9 a été changée en 1989 => c'est increvable ces irlandais !!!

 

- appartement 12 : gros bohnomme, comme celui qui organise la réunion, les cheveux en moins.

 

- appartement 17 : charmante petite francaise, intelligente, drôle, classe... Le vrai chic français concentree dans 1m60,5 . Bref, moi.

 

La réunion commence. Je vous passerai les détails car on a parlé (enfin, moi j'ai surtout écouté...) des fuites dans le toit et de la nécessité de refaire toute la toiture (qui a déjà été refaite il y a 4 ans, mais par de mauvais ouvriers. Montant de la facture : £40,000 par immeuble, soit £200,000 c'est à dire 30 000€), du choix de la nouvelle moquette de l'immeuble 12 (rouge sang ou rouge vin, telle est la question...) et du ramassage des ordures (je me suis quand même pris une petite pique quand le gros bonhomme a dit, en me jetant un regard aussi lourd que son bide, qu'il fallait organiser un ramassage supplémentaire pour le recyclage, car certains utilisaient plus de bouteilles que d'autres... Quand on connait ma consommation annuelle d'alcool (approximativement 75cl par an, et encore, si je suis invitée à plus de 50 mariages), c'est quand même le comble de se faire traiter d'alcoolique !!!!

 

La suite a été très intéressante puisque j'ai appris que les deux jeunes proprios avaient fait expulser leurs locataires d'une manière assez surprenante... Leur appartement était loué à des jeunes (un peu comme nous) et pour les faire partir, elles ont demandé à tous les voisins  de rédiger des plaintes à déposer au council, prouvant que les locataires sortaient à 23h et rentraient à 3h du matin (et apparemment tout le monde s'est fait une joie de rédiger son petit courrier...). Ces demoiselles ont également employé la manière forte, puisqu'elle ont engagé un détective privé. Résultat des courses, les locataires ont été dégagés, et les proprio sont contents car la moyenne d’âge des occupants de l’immeuble remonte. Au moins, je connais leurs méthodes maintenant : ce n'est pas Big Brother qui is watching you, ce sont vos voisins... Enfin, la éeunion se termine, le gros bonhomme demande "est ce que quelqu'un a une plainte ?" Je me suis redressée, les bras croisés, et je les ai regardés un par un dans les yeux, du genre "alors, on a un truc à me dire en face ?" => les hypocrites, ils ont baissé les yeux et personne n'a rien dit. Et toc.
Pace que je sais de source sûre (la gardienne de l'immeuble, qui est un peu l'équivalent de Claire Chazal au niveau de notre résidence : c'est elle qui donne les news...) que nous avons eu plusieurs plaintes, que l'on nous reproche de faire trop de bruit et d'accueillir -je cite- "trop d'hommes" chez nous !!! Cette dernière plainte vient du fait qu'il y a eu un diner avec 3 garcons et 4 filles le WE dernier chez nous, mais à les entendre on croirait que l'on organise des orgies tous les soirs.

 

Chacun est rentré chez soi, je ne vais donc plus jamais les voir. Je vis dans cet immeuble depuis 6 mois, et la seule personne que j'ai jamais vue, c'est notre voisine d'en face que j'apercois par la fenêtre de la cuisine, toujours vêtue d'un peignoir blanc : je finis par penser qu'elle vit dans un spa !!!

 

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 20:36

Je vous ai déjà parlé des manifestations de protestation contre les tests pour les animaux, mais je ne vous ai jamais parlé des alertes à la bombe : oui, travailler dans l'industrie pharmaceutique, c'est un métier à risque...

 

Je vous rassure tout de suite, je n'ai pas [encore] été confrontée au problème de la bombe au bureau [et, personnellement, j'espère qu'il ne se présentera pas d'ici le 1er juillet, jour de mon départ officiel] mais j'ai trouvé quelque chose de très rigolo sous mon téléphone : un papier vert, intitulé "Procédures de Menaces Téléphoniques". Tiens, un peu de lecture: ça va me changer des données médicales au moins !!!

 


J'avoue que j'ai été assez surprise de ce que j'ai lu, et je vais vous faire partager ça (en Français, of course).

 

Alors voila, quand, par hasard, quelqu'un vous téléphone pour vous dire qu'il a posé une bombe et que ça va péter, on ne se précipite pas  vers la sortie la plus proche pour quitter les lieux au plus vite le tout en poussant de hauts cris [mais sans oublier son sac à main, bien sur, car on a toute sa vie dedans...]. Non, on reste calme, on s'assied confortablement dans son fauteuil [c'est encore mieux si on a une tasse de thé à portée de main] et on pose des questions à la personne qui appelle (et on prend tout en note, parce que, c'est bien connu, tout le monde sait écrire en sténo) :

 

 

Question 1 : "Quand l'appareil va-t-il exploser ?"

 

Bon, si la voix dit dans une minute, personnellement je pense qu'il est temps de courir vite en criant fort, mais la notice dit de passer à la question 2

 


Question 2 : "Où est l'appareil en ce moment ?"

 

Là, il faudrait pouvoir appeler tout de suite les démineurs pour leur dire qu'ils ont du pain bien chaud sur la planche. Mais que nenni, on enchaîne, c'est tellement sympa de tailler une petite bavette avec un inconnu au bout du téléphone...

 

Question 3 : "A quoi ressemble l'appareil ?"

 

Euh, bah... c'est une bombe quoi, il y a des fils partout, une DEL (Diode Electroluminescente, pour les paresseux qui ont lamentablement séché les cours de technologie en 4eme) et ça fait tic-tac. C’est fou, on croirait que personne ne regarde "24h Chrono".

 


Question 4 : "Quelle sorte d'appareil est-ce ?"

 

Une machine à gaufres, bien sur. Une tondeuse à gazon parfois, mais c'est rare...

Question 5 : "Qu'est ce qui va déclencher l'explosion ?"

 

Alors là c'est la partie technique, où il fait s'y connaître en électronique et en anglais, ce qui n'est pas mon cas...

 


Question 6 : [on se croirait un peu a Question pour un Champion] et.....top "Avez-vous placé la bombe vous-même ?"

 

Oui, bien sur, et c'est pour ça que je vous appelle. Après tout le mal que je me suis donné pour réussir à poser cette bombe alors que votre service de sécurité est digne de Buckingham Palace, ce serait bête qu’elle explose !!!

 


Question 7 : "Pourquoi ?"

 

Là, on entame la partie psychologique de l'appel... Il faut prendre le temps d'écouter la personne, de savoir pourquoi elle a fait ça et lui dire que tout ça c'est de la faute de sa maman qui lui a confisqué sa petite voiture à l’âge de 5 ans. Le pauv' chéri, il faut le comprendre, il n'a pas eu une vie facile...

 


Question 8 : "Quelle est votre adresse ?"

 

Allez, maintenant on est potes : tu vas me dire où tu habites, la police va t'arrêter, te torturer pour que tu avoues, et tu finiras en prison. pourquoi tu ne veux pas me dire où tu vis ???

 


Question 9 : "Quel est votre nom ?"

 

Là je trouve que c'est abusé. Ca fait 25 minutes que tu me racontes ta vie, et je ne connais même pas ton nom ? La moindre des politesses c'est de se présenter quand on appelle.


Ensuite, il y a 4 lignes sur la feuille, pour  noter "les mots exacts de la menace". Oui, il faut noter mot pour mot toute la conversation => techniquement il n'y a pas la place. On voit bien que c'est un mec qui a fait ça... Aucun sens pratique !!!
Apres avoir raccroché, toujours pas de fuite en criant : il faut remplir la fiche du terroriste: âge, sexe, accent, durée de l'appel etc... Il faut ensuite analyser sa voix : il y a toute une liste d'adjectifs et il faut cocher la case correspondante (calme, en colère, nasale, familière, respiration forte, normale, murmure, accent, rapide, douce, sexy [???] => il y a une trentaine de types de voix, alors je m'en tiendrai à cette petite sélection).
Apres la voix, on attaque les sons extérieurs : qu'entendait-on pendant l'appel [personnellement, juste mes dents qui claquent de trouille] : de la musique ? des voix ? les bruits de la rue ? des machines ? des animaux ? des grésillements ? La liste est longue...
Attardons nous maintenant (il n'y a pas le feu... du moins pas encore) au niveau de langue: éduquée ? irrationnelle ? Incohérente ? Enregistrée ? Message lu ?

 


Bon, arrivé à cette étape, il faut se rappeler qu'il y a danger et appeler "IMMEDIATELY" un des numéros suivants (il y a 7 noms, donc on est sûr de tomber sur quelqu'un...)

 


Pour finir, on remplit son nom, la date, son numéro d'employé, son numéro de téléphone, son poids en grammes, le nombre de cousins germains paternels que vous avez...

BOUMMMMMMMMMMMM
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 13:48

Aujourd'hui, j'utilise les moyens de communications modernes dont nous avons la chance de bénéficier pour essayer de retrouver une petite fille qui a disparu la semaine dernière.
La petite Madeleine (au passage, quel magnifique prénom !!!) était en vacances avec ses parents aux Portugal quand elle a mystériseusement disparu. Certains témoins affirment l'avoir vue dans une station service en Espagne...
Alors, regardez bien cette photo, on ne sait jamais...

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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 22:44

Puisque personne ne m'a offert de muguet pour le 1er mai (oui, en Grande Bretagne, on ne fête pas le travail en chômant), je m'en offre un brin toute seule !!!

Et pour célébrer la Fête du Travail dignement, j'ai posé ma démission ce jour-là...  

Oui, ces dernières semaines ont été assez riches en émotions et beaucoup de changements sont à venir : je sens que vous allez adorer ma nouvelle mission : comment trouver un emploi à Londres ?

La suite au prochain épisode !!!

 

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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 21:36
Hier soir, j'ai jeté un petit coup d'oeil au contrat de bail de l'appartement dans lequel je vis : j'ai trouvé quelques petites perles. Comparons ce qui est écrit, et ce qui se passr dans la réalité...


« Le locataire s'engage à payer 50% des frais dus à la préparation de l'inventaire »

Dans la réalité : l'agence n'a pas fait l'inventaire, c'est moi qui me le suis coltiné (deux fourhettes, 4 chaises, 3 taies d'oreiller dépareillées, un balai de chiottes...). Si je dois leur verser un centime, je les attaque en justice. Mieux, je devrais leur demandant une rémunération pour le travail effectué !!!


« Il n'est autorisé aucune altération ou addition à la propriété, au style ou aux couleurs de la décoration ».

Ca, ça signifie qu'on n'a pas le droit de repeindre sa chambre en rose bonbon ou de changer la moquette caca d'oie de l'entrée. Dans la réalité : on se coltine un lustre rococo qui fait nouveau riche et des rideaux tellement laids qu'on les a retournés car la doublure est moins vilaine que le tissus.


« Le locataire se doit de laver les fenêtres de l'appartement aussi souvent que nécessaire »

Dans la réalité : la juriste que je suis se permettra d'argumenter sur le “aussi souvent que nécessaire” et depuis que je suis là, je n'ai pas jugé qu'il était nécessaire de faire les vitres. Mais je lave les toilettes, c'est déjà ça !!!


« Le locataire ne doit enlever aucune des possessions du propriétaire »

Dans la réalité : nous avons tout jeté, la cabine de douche en kit, les sacs de ciment, les draps troués, les vieux torchons... Et on a même fait raquer le proprio pour qu'il fasse enlever son merdier. Non mais, c'est pas une décharge ici !!!


« Le locataire ne doit exhiber aucun poster promotionel qui soit visible de l'extérieur de l'appartement »

Dans la réalité : je suis très embêtée, que vais-je faire du poster géant de Merguez Herta ??? C'était tellement posh sur le mur de ma chambre, qui donne juste en face de la fenêtre de ma chieuse de voisine [exemple flagrant de pléonasme].


« Le locataire ne peut pas recevoir de visiteurs pour une durée de plus de 3 semaines dans un laps de temps de trois mois »

Dans la réalité : notre hôtel appartement est en surpeuplement 100% du temps. Les gens squattent des heures, des jours, des semaines voire des mois. Ca c'est de la rebellion !!!


« Les animaux de companie, oiseaux, reptiles, poissons rouges, ou insectes sont interdits »

Rien que pour le fun j'aimerais ramener mon chien. Hihihi [rire sadique] »

« Les enfants ne sont pas autorisés à vivre dans l'appartement sans l'accord du propriétaire »

Alors là, je rêve : comment on fait ??? On appelle le proprio avant la conception pour être bien sûr de ne pas avoir à déménager en cas d'heureux événement ??? J'appelle ça de la discrimination, et je crie au scandale !!!


« Le locataire doit garder le jardin et les terrasses cultivés en fonction de la saison »

Dans la réalité : notre terrasse ressemble à une décharge à ordure, avec une table, un ventilateur, un vieux balai, le tout complètement moisi (ceci dit, si le proprio avait vidé ses merdes avant de lâcher l'appart, on ne serait pas obligé de tout stocker)


« Il est interdit de regarder la télévision et d'écouter la radio entre 22h et 7h du matin »

Dans la réalité : bien sûr, à 22h, on se couche... Quand je disais li y a quelques mois que je vivais dans une maison de retraite !!


« Le locataire doit, en quittant l'appartement, laisser le four dans le même état de marche et de propreté qu'au moment de son installation »

Dans la réalité : nous laisserons donc le four sale et cassé.



SANS COMMENTAIRE !!!!!

Et je le crie très fort, pour bien emmerder ma voisine !!!!!! Et toc !!!

Par mado - Publié dans : Londres
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 00:43

La famille la plus connue de Grande Bretagne, c’est bien évidemment la Famille Royale [avec un grand F et un grand R, s’il vous plait]. En France, on les connaît tous à peu près : on sait que Charles a fini par épouser Camilla, après des années de liaison cachée pas cachée du tout, que Wiliam fait beaucoup de sport et qu’Harry (le petit rouquin dont la rumeur dit qu’il ne serait pas le fils de son père mais du major X) boit comme un trou et se déguise en Nazi pour Halloween. A Londres, on suit leur vie et leurs déplacement quotidiens : les Anglais ont un peu l’impression que la FR, c’est une partie de leur propre famille…

 

Alors voici les dernières nouvelles de nos monarques :

 

 

Charles : il a toujours de grandes oreilles (la chirurgie fait pourtant des miracles de nos jours, et le recollage d’oreilles est devenu une opération bénigne, mais il a décidé de rester tel que la Nature l’a fait, chapeau – euh… pardon, ne pas lui parler de couvre-chef), est toujours avec Camilla, même si certaines mauvaises langues murmuraient qu’il y aurait de l’eau dans le gaz car Madame Grandes Oreilles passe la plupart de son temps dans sa résidence champêtre plutôt qu’auprès de son époux… Elles se sont vite tues, les vilaines, en apprenant que Camilla était bien malade (et c’est la raison pour laquelle elle avait annulé plusieurs événements officiels – et accessoirement très chiants, ça tombait bien) et a dû subir une hystérectomie [« Acte chirurgical consistant à retirer une partie ou la totalité de l'utérus»]. Pour ceux qui se sentent concernés par la santé de la Duchesse de Cornwall, l’opération s’est bien passée, Charles est venu la voir une heure à l’hôpital [quel mari formidable] et la convalescente va maintenant se reposer pendant 6 semaines. Fin du bilan médical.

 

Elizabeth : toujours égale à elle-même… Elle porte frivolement ses petits chapeaux colorés et va à l’Opéra. La vita e bella… Elle m’a quand même fait beaucoup rire quand elle a décoré les plus grandes femmes d’affaires du Royaume [ça c’est la classe, je vis dans un Royaume !!! Comme dans Shrek !!!] et qu’elle s’est retrouvée à parler chiffon avec la fondatrice d’Ann Summers, le nouveau Sex Shop branché de Londres… Elizabeth, t’es là !!!!

 

Harry : on parle beaucoup de lui dans la presse… C’est un joyeux fêtard (il sort seulement en semaine : il ne travaille pas, ça se voit) qui dépense des milliers de livres [pas les bouquins, vous l’aurez compris] en alcool et boissons diverses au cours d’une soirée !!! Il sort depuis deux ans avec une petite nana, fille d’un gros industriel d’Afrique du Sud, qu’il voit peu mais à qui il sort le grand jeu à chaque fois… C’est beau l’amuuuuuuuuuur. Mais la pauvre, elle va avoir le cœur brisé, puisque son prince charmant s’en va-t-en guerre [mironton mironton mirontaine, comme dit la chanson] en mai et ne sait quand reviendra. Comme son tonton chéri, Harry endosse l’uniforme et part en Iraq : il a refusé de rester dans les bureaux et a menacé de quitter l’armée s’il ne partait pas avec sa troupe sur le terrain. Manque de pot, il est devenu une cible de choix et met en péril les soldats qui seront avec lui… Il vont donc engager des forces spéciales pour le surveiller protéger.

 

William : on garde le meilleur pour la fin… Alors franchement, je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il fait, mais on ne parle que de lui dans la presse. Enfin, on parle surtout de sa moitié. La connasse demoiselle s’appelle Kate Middleton et vient de fêter ses 25 ans. Les tourtereaux se sont rencontrés à l’Université et « date » depuis 2003. La FR a très bien accueilli la jeune fille, qui a été plusieurs fois reçue à Balmoral et a pris le thé avec la Reine (la classe…). Les parieurs anglais misent des sommes folles sur la date des fiançailles : tout le monde n’attend que ça… Les boutiques de souvenirs qui vendent des assiettes/bols/cartes/cuillères etc à l’effigie des membres de la FR ont déjà tout fait fabriquer [il faut dire qu’ils avaient raté le coche du mariage de Charles et Camilla, alors cette fois, ils s’y sont pris à l’avance] et n’ont plus qu’à déballer les cartons. Kate est devenue une icône de mode (elle est dans le top 10 des femmes les mieux habillées du monde, détrônant Camilla (c’est dire si ce classement est sérieux !!!!) et se fait harceler par les paparazzi : espérons qu’elle ne finira pas comme feu sa future belle-mère…

Par mado - Publié dans : Londres
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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /Mars /2007 21:43

"Hi madeleine, how are you today? I wanted to tell you that I might be moving as well by April so if you know anybody else who wants to move to our flat would be great…..of course I will look for someone as well but will be better if you find a friend of you "

[Salut madeleine, comment ça va aujourd'hui ? Je voulais te dire que je vais moi aussi déménager en Avril, donc si tu connais quelqu'un d’autre qui veut emménager dans notre appartement, ce serait bien.... Bien sur, je cherche quelqu'un de mon côté mais ce serait mieux de trouver un de vos amis]

 

Voici l'email que j'ai reçu lundi matin de la part d'une de mes colocs : j'ai eu l'impression d'être le landlord à qui elle donnait son préavis. Franchement, on vit ensemble toutes les 4 depuis 5 mois et la moindre des choses aurait été de nous annoncer la nouvelle de vive voix, et pas la veille du jour où les gens doivent donner leur préavis s'il veulent déménager au début du mois d'après. Je ne développerai ni les raisons de son départ [bullshit], ni ce que ça me fait qu’elle parte [rien], car elle pourrait m'attaquer pour diffamation ou que sais-je encore. Le fait est donc que nous devons trouver quelqu'un pour la remplacer. Comme si je n'avais pas assez d'emmerdes comme ça. Bizarrement, je sens que ça va encore être une galère sans fin. J'ai commencé à regarder les annonces sur LE site le plus connu pour trouver un logement à Londres (www.gumtree.com pour ceux que ça intéresserait) et j’ai trouvé deux ou trois petites annonces qui me laissent présager le pire…

 

« Jeune homme, 26 ans, nudiste, cherche colocataires qui ne seraient pas gênés pas le fait de le voir se promener nu  […] »

 

« Bonjour, j’ai 24 ans, je cherche une chambre double, en zone 1, avec lit double et salle de bain en-suite. Je suis actuellement sans emploi, et je ne peux pas payer de loyer, mais je suis très facile à vivre, et je ferais les courses. Contacter […] »

 

« Mes parents se séparent dans 6 mois et aucun d’entre eux ne souhaitent vivre avec une fille de 30 ans, malade mentale de type D –ce qui signifie que je ne suis pas dangereuse mais que je ne peux par travailler. Je vais être à la rue alors je cherche un appartement en colocation […] »

 

Bon, je crois que la quête du Graal colocataire idéal a commencé…

Par mado - Publié dans : Londres
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