Londres

Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 20:26

J'ai changé de poste, maintenant j'ai plein de boulot (ce qui explique la diminution récente du nombre d'articles de mon blog) et j'essaie de faire mes preuves. Hier donc, réunion importante avec toute l'équipe : 7 hommes... et moi.

 

Je dois mener la réunion : je suis prête, j'ai bossé toute la journée ma présentation, tout est nickel, j'ai mes notes, la réunion commence. Les premières minutes, qui sont toujours les plus difficiles, se passent très bien : je prends mon allure de croisière, j’ai l’impression que ça y est, je suis une femme active, indépendante et sure d’elle....

 

Et c’est là, que ça a dérapé : je ne sais toujours pas ce qui s'est passé, mais ma tasse de thé a subitement décidé qu'elle en avait marre : elle s'est jetée sur mes fiches et sur le clavier de l'ordinateur. Et je n'ai pas réalisé tout de suite ce qui se passait : je suis restée figée comme une conne statue de marbre, à regarder l'encre bleue des dizaines de pages de notes de mon cahier se transformer en arabesques liquides... Je suis sortie de ma stupeur quand tout le monde a commencé à s'agiter autour de moi : "vite des mouchoirs", "non, du papier toilette", attends, il y a des serviettes"...

 

C'est à ce moment là que je l'ai vue : elle gisait, trempée, noyée dans une flaque de thé (du Earl Grey, quand même, pas le PG Tips de pacotille... Noyons-nous certes, mais noyons-nous chic) : la souris de l'ordinateur. Plus de petite lumière rouge, elle avait l'air bien mal en point : n'écoutant que mon courage (...), je l'ai prise délicatement entre mes mains et je l'ai emmenée aux toilettes des dames pour lui donner les premiers soins. Je l'ai déshabillée désossée, j'ai séchée tous ses systèmes avec une petite feuille de papier toilette épaisseur triple, j'étais même prête à lui faire le bouche à bouche... Rien à faire, elle était morte et elle ne reviendrait pas à la vie.

 

Je suis retournée piteusement dans la salle de réunion, prête à affronter les regards accusateurs moqueurs de mes collègues. Ils m'ont demandé si j'allais bien et je n’ai pu répondre que cette phrase mythique : "I killed the mouse"

Par mado - Publié dans : Londres
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Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /Fév /2007 20:13

Vous avez déjà pris le train ? Vous avez déjà pris l'avion ? Mais avez vous déjà pris l'Eurostar ? C'est le fils naturel du train et de l'avion : le travion, en quelque sorte... On a tous les inconvénients de l'avion (contrôle de douanes et tout le tralala / quand il y a du vent, il ne démarre pas - expérience vécue, une fois, j'ai mis 8 heures pour faire un Londres-Paris qui en met 4 normalement) mais pas les avantages => ça reste un train, donc ça met du temps...).

 

Le week-end dernier, j'ai donc pris le travion pour rentrer à Paris. Le voyage a été mémorable (comme à chaque fois que je me déplace, en fait !!! Je ne devrais plus être surprise quand il m'arrive des trucs ridicules, puisque c'est toujours le cas...)
Samedi matin, j'avais réservé mon taxi à 4h30 (du matin, aïe !!!!). Manque de pot, il a eu la bonne idée d'arriver non pas en retard, mais avec presque 20 minutes d'avance. J'étais encore en pyjama, et il n'arrêtait pas de me téléphoner et de m'envoyer des textos ("votre taxi est arrivé. Il vous attend devant la porte"). Ca va, j'ai compris, je fais ce que je peux. Je finis par sortir, à moitie habillée (donc l’autre moitié pas), et je saute dans le taxi direction Waterloo ("morne plaine", comme dirait l'autre). Petite vérification rapide dans le taxi : c'est bon, j'ai mon passeport, mon argent, mes portables, mes clefs, mon sac (bourré à craquer : je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à le fermer). Le week-end s'annonce bien.

 

Arrivée a la gare : tout se passe normalement. Je fais la queue, passe mon billet dans la machine, fais la queue, passe sous la machine (le détecteur de métaux : si ça sonne, hop, on fouille au corps !!!). Ca ne sonne pas, je suis contente. Je veux récupérer mon sac (qui a subi sa radio des poumons lui aussi...) : pas de sac. J'angoisse un peu, non pas que j'ai des choses précieuses dedans, mais j'ai quand même ma paire de bottes préférées du moment. Ah, je l'aperçois... avec une dame... sur le côté... là où il y a les fouilleurs. Grosse frayeur : je m'avance, tremblante, et je demande s'il y a un problème avec mon sac [c'est ma phrase préférée en anglais, "Is there a problem with my bag", je la dst toujours quand je prends l'avion...]. Et la, on me répond : "vérification de routine, ouvrez votre sac". F#@K.

 

Je défais donc la fermeture du sac [elle ne peut pas le faire elle-même cette flemmarde ? Non, bien sûr, car en le faisant, je lui donne l'autorisation de violer mon intimité...] et j'essaie de faire une petite blague, histoire de détendre l'atmosphère de me détendre "alors tous le monde va voir mes sous-vêtements ? Hihihi [rire nerveux]". Je ne croyais pas si bien dire. Non seulement, elle a tout sorti du sac, mais en plus, elle a déplié mes vêtements, a retourné les coutures, a sorti chaque tube de maquillage de ma trousse de toilette (je crois que c'est ce qui a pris le plus de temps)

 

Elle a déplié chacun de mes strings [je me suis même demandée si elle n'était pas en train de vérifier s'ils étaient propres. Je vous rassure, ils l’étaient] et a scanné les talons de mes bottes...

 

Je voyais mes affaires s'étaler devant moi [et devant tout le monde accessoirement] et j'avais envie de disparaître dans un trou de souris [en parlant de ça : j'ai gagné la guerre contre les souris. Enfin, on m’a un peu aidée : les dératiseurs sont venus]

 

La dame a fini par refaire mes bagages (on peut dire ce qu'on veut, elle a tout bien plié. Il faut dire aussi qu'elle a mis le temps...) et ma rendu mon sac. Je me demanderai toujours pourquoi je l'ai remerciée si chaleureusement : elle a quand même violé mon petit Longchamp... Je ne sais pas si je vais réussir à m'en remettre...

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 20:20

FAQ : aujourd'hui, je discutais avec une de mes collègues fransçaises au téléphone (donc pas besoin de faire d'effort pour trouver mes mots, ne pas faire de fautes...bref, le rêve). Nous parlons d'un site que nous allons bientôt créer et elle me poste une question sur la  FAQ [prononcer Effe - Eille - Quiou]. et moi de répondre "Ah, oui, la Foire Aux Questions". Gros blanc... Désolée Mado, ce n'est pas Foire Aux Questions mais "Frequently Asked Question". Bon, ça c'est fait, tout le bureau de Paris me prend pour une idiote. CQFD [Ce qu'il Faut Démentir ???]

 

 

"She is so innocent" : depuis ce matin, un drôle d'email tourne dans mon open space. C'est rigolo : on rentre son nom et son prénom, et on obtient le petit surnom que nous donnent nos collègues. Alors certains sont "The Boy", "Queen", "Princess", "Sweety". Marrant. Je rentre donc mes données et je vois "Cunt". Bon, je ne connais pas ce mot : je me dirige vers un groupe de collègues qui essaient le petit jeu avec tous les noms du bureau et je demande "What is a Cunt ?" ["Qu'est ce qu'un cunt", pour mes lecteurs qui ne parlent pas Anglais => è ce propos, il serait temps de s'y mettre, car si ça continue comme ça, je vais finir par écrire mon blog en anglais)]. Et là, drôle de réaction : tout le monde s’est tu pendant deux secondes et demi (ça peut paraître très long, et ce fut le cas) et a ensuite éclaté de rire. J’étais debout, comme une imbécile, pendant que les autres rigolaient à en pleurer (ils étaient tous rouges, c’était assez déconcertant). Au bout d’un moment, on m’a expliqué que c’etait vraiment un très gros mot et qu’il n’y avait pas pire. Forcément, c’est sur moi que ça tombe… Et depuis le début de l’après-midi, j’entends les gens qui disent « vas voir Madeleine, son surnom c’est cunt » - gros éclats de rire . Merci tout de même à l'une de mes collègues qui m'appelle Madeline depuis 5 mois (et ce n'est même pas la c@##@$$€) : elle a dit a tout le monde qu'ils avaient fait une erreur dans mon prénom, et que je ne suis pas "Cunt" mais "Hotty". Quitte à choisir, je préfère qu'ils continuent à m'appeler Muffin. Mais on n’arrête pas de me dire que je suis très innocente, c’est mignon… GRRRRRRRR !!!!!!

 


Vous avez un nouveau message : quand on travaille, on passe sa vie à recevoir des emails (perso, j'en reçois en moyenne entre 100 et 200 par jour, et ça commence à être agaçant).  La règle, avec l'email, c'est que c'est moins formel qu'une lettre : par exemple, tout le monde commence ses emails par "Hi Madeline" [un peu comme si j'écrivais "Salut Jean-Pierre" a un client que je n'ai jamais vu!!!] et ça passe tout à fait. Pas besoin de longues phrases : "Salut, peux tu m'envoyer les références du dossiers machin. Merci. Cordialement. Madeleine". On respecte quand même le minimum de la politesse :
               -    phase 1 : on dit bonjour

 

-         phase 2 :  le corps du message

 

-         phase 3 : on remercie

 

-         phase 4 : on signe

 

Pour ma part, je rajoute systématiquement deux phases : je demande des nouvelles et souhaite au choix une bonne soirée / un bon WE etc... Et on me répond toujours dans les deux minutes (être gentille, ça paie)

 

Et ce matin, voila l'email que j'ai reçu : "Fung SK, et al. J Hepatol 2006;44:283–90". Ok, il m'a fallu un peu de temps pour comprendre : alors, c'est un code ? On essaie de me faire passer un message ? Peut-être est ce une question de sécurité nationale ??? J'ai fini par réaliser que ceci  voulait tout simplement dire : "Bonjour Madeleine, j'espère que vous allez bien. Pourriez vous avoir la gentillesse, je vous prie, de m'envoyer le pdf de l'article écrit par Funk SK et d'autres spécialistes du foie, et publié au Journal de l'Hépatologie en 2006, volume 44, pages 283 à 290.Je vous remercie par avance et vous souhaite un excellent week-end. Cordialement. Machine".

 

J’ai envoyé le document, sans un mot : je n’allais quand même pas faire des frais à une personne aussi mal élevée. Et la politesse, bordel de merde !!!

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 21:02

Je vois que l'on se pose des questions sur l'efficacité de mon piège à souris. L'heure du bilan est arrivée...

 

24 heures après la pose du premier piège, le nombre de souris attrapées est de ... zéro.
Ok, j'avais peut-être sous-estimé leur intelligence (ou surestimé la mienne...). Mais force est de reconnaître qu'aucune souris n'a été aperçue dans la cuisine, le salon ou les latrines [s’instruire en s’amusant : mot d'origine latine, qui signifie toilettes, WC, chiottes, pissotières, loo, pipi room, wawa... enfin, vous m'avez comprise] : je suis sure qu'elles ont vu que j'avais employé les grands moyens et elles se cachent !!!

 

En revanche, un envahisseur a été aperçu hier soir dans la chambre de l'une de mes colocs, ce qui signifie que le sous-sol -dans lequel se trouvent toutes les chambres- est infesté. J'ai vérifié ma chambre, il n'y a aucun trou : la seule issue possible est le dessous de la porte que je vais boucher ce soir (puisqu'il semblerait qu'il y ait eu une attaque cette nuit, la coloc que j'héberge gracieusement dans mon lit (puisqu'elle a prêté le sien) m'a réveillée à 5 heures du matin pour me dire qu'elle avait entendu une souris. Dans ma chambre. Je dormais à moitié (l’autre moitié ne dort jamais, surtout en temps de guerre contre les souris), donc je n'ai rien fait [traduction : je n'ai pas crié] : je me suis contentée de me mettre le plus possible au milieu du lit, collée contre Isaure.

 

J'ai donc décidé de changer de tactique pour la chasse à la souris et de repasser à des méthodes plus traditionnelles. J'ai mandaté Ivan (avec un I) qui est en vacances chez nous -et qui peut donc aller dans les magasins pendant la journée- pour qu'il aille acheter des tapettes à souris (« mouse trap », en anglais dans le texte).

Il m'a rapporté des pièges de compet’ (ici, la tapette traditionnelle en bois, ça ne se fait pas: c'est beaucoup trop rudimentaire) : ce sont des tapettes en plastique gris, qui ressemblent un peu à des castagnettes, mais la grosse innovation, c'est que le fromage est déjà intégré. Il y a en effet une espèce de petite capsule qui contient un mélange marron assez peu ragoûtant (on dirait du cérumen -ou de la cire humaine, si vous préférez) qui est censé attirer les souris un peu comme les sirènes les marins. Après une nuit, aucun changement, les pièges restent désespérément vides. Je crois que je vais laisser de côté les pièges industriels et revenir aux méthodes faites maison. J'ai commencé à réfléchir à un piège à base de scotch et de cire à épiler : je m'en occupe ce soir.

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 20:47

Après la famine, le manque d'argent, les problèmes de banque, de logement, les travaux et le chauffage cassé, la septième plaie de Londres vient de s'abattre sur moi. Nous sommes envahis, encerclés, elles sont là, partout, autour de nous... Mais que qui parlé-je?????


                                                             LES SOURIS

Depuis ce week-end, les souris ont élu domicile dans notre appartement : autant dire que la cohabitation se passe assez mal... Il faut dire que la simple vue d'une souris entraîne chez moi un comportement assez étrange. A la vue d'une souris (houlà, rien que de prononcer ce mot, je sens mon estomac se nouer...), je commence par arrêter de bouger (trop peur de marcher dessus), puis, ne sachant que faire, je me mets à crier. Mais pas un petit cri de rien du tout, ce serait mal me connaître !!! Je crie à plein poumon, de la voix la plus stridente possible, en faisant bien vibrer ma luette au fond de ma gorge. Ce cri a en général pour effet de faire fuir le monstre en l'affolant : manque de pot, voir la bête courir dans tous les sens me fait encore plus peur et de la tétanie, je passe à l'hystérie. Je me mets alors à sauter dans tous les sens (toujours en criant, mon cerveau ne pouvant pas trouver le bouton Off) et à courir aussi nerveusement que la souris, dans le seul but de trouver un abri en hauteur. Je saute donc sur la première chaise / table / étagère / personne que je vois, et je reste, tremblante, jusqu'à ce que quelqu'un vienne me secourir.

Depuis qu'il y a des souris chez nous, je fais également de la prévention : depuis plus de 24 heures, je ne me déplace plus sans taper du pied par terre et je tape des mains en permanence. On dirait que je suis atteinte du syndrome de la Tourette (Quéquette, quéquette) et mes colocs (et leurs amis de passage pour quelques jours) n'en peuvent plus. Je suis devenue un boulet pour mes amis...

Mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre : j'étais là avant cette C@##@$$€ de souris, et il n'est pas question qu'elle me survive. Qu'on ne vienne pas me dire qu'une souris c'est mignon, c'est complètement faux (c'est porteur de maladie, c'est sale et ça mord. En plus, ça fait caca partout). Pour preuve, quelle mère digne de ce nom laisserait une souris dans le lit de son nouveau né ? Bref, je veux me débarrasser de cette vermine : c'est décidé, c'est ELLE OU MOI.

 

J'ai bien sûr décidé que ce serait moi, j'ai donc mis en oeuvre mon plan d'attaque. La quincaillerie étant fermée le dimanche, j'ai utilisé mon cerveau pour fabriquer un piège (n'ayant pas pu en acheter un vrai). Internet ne m'a pas été d'un grand secours (c'est fou, il n'y a pas trucs et astuces pour se débarrasser des souris [idée pour plus tard : se pencher sur la question] alors j'ai inventé un piège à souris. Le principe est exactement celui des pièges à guêpes : j'ai pris une bouteille de plastique, j'ai coupé l'embout que j'ai rentré dans la bouteille et j’ai bien scotché le tout. J'ai mis du fromage comme appât et scotché le piège au sol. La souris, "par l'odeur alléchée" comme dirait mon copain La Fontaine, rentrera par l'entonnoir, tombera dans le fond de la bouteille et ne pourra plus ressortir.

Il n'y a pas à dire, il y en a là dedans.

Par mado - Publié dans : Londres
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /Fév /2007 20:48

La principale difficulté quand un Français arrive à Londres, c'est la langue. Je parle du Français moyen, celui qui a appris l'anglais avec une vieille prof qui avait un accent toulousain à couper au couteau, et qui utilisait Top 6 comme support... Mais si : il y avait le livre avec la leçon ("Where is Brian ? Brian is in the kitchen"...), et le "exercice book" sur lequel on devait remplir des phrases... Quand on passait en 4ème, on avait Top 4, en 3ème, Top 3... Quelle organisation !!!

Le résultat n'est malheureusement pas à la hauteur des espérances de l'Education Nationale : à la sortie du lycée, un étudiant français connaît ses verbes irréguliers par coeur (to shrink-shrank-shrunk : rétrécir, rapetisser), sait situer toutes les pièces de la maison, peut écrire une dissertation de deux pages pour commenter un tableau en utilisant des expressions toutes faites du type "one one hand... one the other hand" ou "as far as I am concerned..." et peut présenter la météo sur Sky News sans problème (il sait dire nuage, soleil, neige, pluie, brouillard...). Malheureusement, il est incapable de s'acheter une carte de métro ou d'ouvrir un compte en banque sans utiliser ses mains (c'est fou comme on retrouve nos racines communes avec les italiens quand il s'agit de se faire comprendre à l'étranger. Ainsi, j'ai réussi à mimer "papier de verre" car je devais en acheter et je ne connaissais évidemment pas ce mot).

 L'expatrié fraîchement débarqué en Grande Bretagne passe par plusieurs phases :

Phase 1 : le petit expat ne comprend rien. Il fait des efforts, prend un air inspiré quand on lui parle, en hochant la tête et en ponctuant chaque phrase de son interlocuteur par un "ok, ok" qui veut montrer qu'il a compris mais qui a l'effet inverse. Rapidement, l'expat penchera spontanément la tête sur le cote en fronçant les sourcils pour laisser sous-entendre :

- qu'il ne comprend rien et qu'il serait de bon ton de ralentir ou de répéter

- qu'un interprète serait le bienvenu...

 Phase 2 : après quelques jours de silence, l'expat se rend compte qu'il va bien falloir qu'il communique avec ses semblables. Il se lance et finit par trouver qu'il se débrouille très bien finalement [Tiens, je ne savais pas que j'étais bilingue]. Il ne se rend pas compte que les anglais auxquels il s'adresse penchent la tête sur le côté en fronçant les sourcils pour laisser sous-entendre :

-         mais quelle langue parle-t-il ? C'est pas de l'anglais quand même ?

-         est ce que je suis le seul à ne pas comprendre ? Dans le doute, je vais acquiescer à chacune de ses phrases (ok, ok)...

Phase 3 : petit à petit, l'expat apprend à parler, malgré quelques petites difficultés... Ca finit par venir, et son anglais commence à devenir tout a fait acceptable.

Phase 4 : plus le temps passe, plus l'expat parle mal... Il mélange les mots français et anglais. Ainsi, lorsque deux expatriés qui sont à Londres depuis un moment se rencontrent, ça donne quelque chose du genre "alors, c'est quoi ton background ? Moi je suis en middle Office, c'est moins bien que le back office, je sais, mais je suis quand même over bien payé même si c'est moins stressful". Je ne critique pas, je suis en plein dans cette phase. Et apparemment, je suis la seule à l'avoir dans le sens inverse : parfois, je veux parler anglais et ça sort en français (exemple ce matin au bureau : au lieu de dire "I don't agree with you", j'ai lâché, avec mon plus bel accent anglais, un superbe "je ne suis pas d'accOOOOrd". La honte de la phase 4)

Phase 5 : il parait que c'est la phase terminale. L'expat se rend compte de ses erreurs AVANT de les faire. Il commence à se débrouiller partout et peut tenir une conversation sans être bourré (oui, on a l'impression de parler beaucoup mieux avec un petit coup dans le nez => pour ma part, avec un verre seulement, je suis bilingue !!!). Mais c'est en général à ce stade que l'expat doit rentrer en France, où il régressera très vite (d'où l'expression "j'ai perdu tout mon Anglais !", que disent souvent ceux qui ont passé du temps en GB, qui sont revenus à la phase 1 mais qui veulent bien montrer qu’ils avaient atteint la phase 5…)

 On dit qu'on est devenu complètement bilingue quand on rêve en anglais : il me reste du boulot !!!

Par mado - Publié dans : Londres
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 21:41

"C'est les rêves, c'est les rêves qui font grandir les enfants... C'est les rêves, c'est les rêves qui les poussent en avant, mais pas trop pourtant..."
Voici les paroles de la chanson que je préférais quand j'étais petite : je ne l'ai pas entendue depuis plus de 22 ans, Anne Sylvestre n'étant pas la star française la plus écoutée à la radio,

mais je la fredonne encore souvent, sans faire vraiment attention aux paroles... Mais ce

matin, en écoutant Didier Squiban dans le métro (c'est un compositeur breton qui écrit des musiques parfaites pour réfléchir en paix, même dans un métro bondé qui sent la sueur et l'huile de friture), j'ai commencé à me demander ce qu'étaient devenus mes rêves d'enfant (oui, je dois me rendre à l'évidence, je suis passée du côté obscur de la force, dans le monde des " Grands" : je m'en suis rendu compte le jour où une petite fille que je gardais m'a dit, quand elle a su mon âge, "Ouahou, t'es vieille, presque autant que Maman". Pour info, la Maman en question avait 47 ans, j'en avais 23. Les enfants sont cruels parfois, même si la vérité sort de leur bouche}.  

 

L'effet "Docteur Quinn, Femme médecin" : le premier rêve dont je me souviens, c'est que je voulais être pédiatre : je ne sais pas pourquoi, mais ce rêve m'a suivie jusqu'a mes 17 ans - en fait, jusqu'à mon année de Terminale, où je me suis rendu compte qu'avec 0,5 de moyenne en physique chimie, je ne pourrais jamais être médecin… L’Education Nationale a brisé mon rêve.

 
"Maman, je veux un chien" : j'ai TOUJOURS rêvé d'avoir un chien. Et mes parents, je les comprend, ont TOUJOURS refusé... Jusqu'à mes 21 ans, où j'ai eu Choupette une petite boule de poils blanche qui me rend la vie impossible mais dont j'ai beaucoup de mal à me séparer (je suis en train d'essayer de trouver une solution pour le faire venir à Londres, mais ce n'est pas gagné, mes colocataires n’ayant pas envie de partager l’appartement avec un animal obsédé sexuel monocouillu...)

Ma carrière de star avortée : je n’ai jamais eu envie de participer à la Star Ac, mais je

dois bien avouer qu’à une époque lointaine de ma vie, j’ai eu des aspirations artistiques. Mais pas n’importe quoi : je ne voulais pas être une simple Madonna ou Maria Carey, je visais beaucoup plus haut. Je voulais être Clodette. L’attrait des paillettes et des strass, sans doute. Mon rêve s’est réalisé, grâce au Club Aquarius (une sorte de Club Med mais dans lequel les GO ne se tapent pas les GM, pas par choix, mais parce que c’est un club essentiellement destiné aux familles, alors papa+maman+la ribambelle d’enfants, ça ne pousse pas à la bagatelle !) : je suis devenue, le temps d’un spectacle, une Clodette. J’étais maquillée comme une voiture volée et on nous avait fabriqué des jupes et des espèces de soutiens-gorge avec des chutes de tissu pailleté. J’ai changé d’orientation au moment où la bande de tissu qui me servait de soutien-rien-du-tout s’est transformée en ceinture : être adulée pour mon corps, très peu pour moi…

Un Jour mon Prince viendra : j’ai été nourrie aux contes de fées : Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Blanche Neige, la princesse au petit bois…Résultat des courses, depuis mes 3 ans, j’attends le Prince Charmant… Les femmes de nos jours sont amères : « le prince charmant ? Arrête de rêver, ça n’existe pas… Les Hommes, c’est pas des mecs biens, tous des salauds, comme papa [j’aurais bizarrement pensé « sauf Papa », mais ça doit être un reste de complexe d’Oedipe…] ». Et bizarrement, je continue à penser que le Prince Charmant n’est pas qu’un rêve d’enfant. D’ailleurs, qui sait, je l’ai peut être déjà rencontré ?

Les rêves d’adultes : après un petit sondage dans mon entourage (« c’est quoi ton plus grand rêve ? »), je me suis rendu compte combien les adultes ne savent pas rêver… J’ai eu comme réponse, en vrac : gagner au loto (x5), avoir une belle voiture, faire le tour du monde, avoir plein d’argent, être une star, me taper Brad Pitt, être Bill Gate, manger ce que je veux sans grossir… Uniquement des rêves de pouvoir, de sexe, d’argent, de beauté… C’est triste. Je rendrais malgré tout hommage à un ami d’une de mes colocs, qui est venu réaliser son rêve, chanter dans les parcs de Londres avec sa guitare. Il fait 0°C, il ne peut pas sortir un doigt de ses gants, mais il va le faire !!! Chapeau bas, le fou chantant…

PS : moi, mon rêve, c’est d’avoir une maison en sucre et en gâteaux, comme dans Hansel et Gretel…

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 12:34

Quelle est la première chose qu'on fait quand on rencontre quelqu'un ? Facile, on lui dit bonjour... Et bien ce n'est pas toujours aussi évident qu'il y parait... En France, par exemple, on se serre la main ou l'on se fait la bise. Le problème, c'est de savoir quand faire quoi : qui ne s'est pas retrouvé à tendre la main quand l'autre tendait la joue ? Dans cette situation ridicule, on finit par se faire la bise tout en se donnant la main (car retirer sa main serait alors considéré comme un geste d'une outrecuidance sans borne). L'autre problème existentiel, une fois la question de la bise résolue, est de savoir combien de fois on se la claque. En effet, selon les régions, on se fera deux (région parisienne, pour les gens pressées), trois (surtout dans le sud) ou quatre bises (Massif Central et autres régions à très faible densité : les gens n'ont rien à faire et ont le temps de se faire quatre bises). Pour ma part, je viens de Paris : je fais donc deux bises. Mais quand je vais en province, je suis souvent confrontée au problème de l'autre qui veut en faire plus et qui me tend sa joue dans le vide en me disant "chez nous c'est quatre". Et c'est donc reparti pour un tour...

 

En arrivant à Londres, je pensais que le problème serait réglé : en effet, la tradition veut qu'ici, on se serre la main, quel que soit son âge (j'avoue que ça me fait parfois bizarre de serrer la

main aux amies de ma colocataire qui ont le même âge que moi...). Donc, pas de souci me dis-je en m'installant au Royaume-Uni : quoi qu'il se passe, je tends la main, et plus de problème de bise !!!! C'était sans compter sur le multiculturalisme (???) britannique. Déjà, je ne rencontre que des français, donc bise à tous les coups. Par chance, 99% d'entres eux sont parisiens, donc on se fait deux bises, c'est déjà ça... Quand je rencontre des anglais, c'est plus difficile. Spontanément, ils me tendraient la main, mais comme ils savent que je suis française, ils veulent me faire plaisir (???) et me faire la bise. Et ils prennent l'expression à la lettre : on se fait LA bise - donc une seule ! Pour la première fois de ma vie, c'est moi qui me suis retrouvée la joue dans le vide en disant "en France, c'est deux".

 

Et en plus de la bise et de la poignée de main, il y a le Hug [prononcer "heug" en aspirant bien le h] : se faire le Hug, en gros, c'est se prendre dans les bras pour se dire bonjour... C'est très troublant la première fois (et les suivantes aussi d'ailleurs) car on colle quelqu'un qu'on ne connaît pas contre son coeur... Ainsi, l'autre jour, nous fêtions le départ d'une collègue d'open space quand elle m'a prise dans ses bras pour me dire au revoir : j'ai trouvé ça charmant, surtout venant de la part de quelqu'un que j'avais dû croiser 3 fois à la cantine ou dans les toilettes. Se dire bonjour ici, c’est donc l'horreur : je tends la main, la personne s'avance, je crois qu'elle va me faire la bise, je m'avance vers sa joue... en fait elle voulait me serrer dans ses bras. Résultat, je lui fais la bise pendant qu'elle m'étreint. Mais voyant que je lui fais la bise, elle me la fait aussi. Manque de pot, je me suis déjà reculée, donc elle embrasse le vide. Damned !

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 20:00

Avez-vous déjà été confrontés au problème de la Chieuse au bureau ? Non, je ne parle pas d'avoir des problèmes digestifs pendant les heures de travail, mais bien de la collègue qu’on a envie de taper avec une poêle à frire recouverte de barbelés dès qu'on la voit.
Manque de pot pour moi, j'ai une "Chieuse au bureau", et pas la plus nulle : c'est une Chieuse de Compet', une championne du Monde toutes catégories confondues !!!


Au début, ça allait, elle se faisait discrète, mais maintenant, c'est flagrant ! Tout a commencé lors de l'organisation du séminaire, lorsque j'ai envoyé le plan de table à tout le monde. 10

minutes plus tard, la Chieuse débarque à mon bureau en brandissant la fameuse liste : "Madeline [oui, elle ne connaît toujours pas mon prénom au bout de 4 mois, j'ai lâché l'affaire], cette liste ne va pas du tout. Je devrais être assisse à la table des patrons, change ça. Et je m'appelle Isabella, pas Isabelle [Ndlr : le prénom a été changé pour des raisons évidentes de sécurité, la vie de l'auteur risquant d'être mise en danger]. Il faut que tu changes la liste et que tu la renvoies à tout le monde, now". Je suis restée, comme on dit vulgairement, "sur le cul". C'est quoi cette c@#*asse qui me fait un caca nerveux parce qu'il y a une faute à son nom : est ce que je m'énerve parce qu'on m'appelle Madeline de le Place depuis 5 mois ? Est ce que j'ai fait un scandale parce qu'il y a une faute à mon prénom sur la plaque de mon bureau ??? Mais pour qui elle se prend celle là? Je l'ai changée de table et je lui ai renvoyé la liste. A elle seule, pas aux autres, et toc.

Mais la Chieuse n'en avait pas fini avec moi : en rentrant de séminaire, elle m'a "convoquée" [de quel droit, je vous le demande, dans la mesure où je ne travaille pas pour elle] pour me dire qu'une de ses équipes était furieuse d'avoir été placée si loin de la scène lors de la soirée spectacle du séminaire. Je m'excuse, fais profil bas, promet que ça ne se reproduira pas... J'appelle quand même la responsable de l'équipe pour évaluer l'ampleur des dégâts : elle me dit qu'elle n'avait pas remarqué, que son équipe a passé une soirée géniale, et m'a longuement remerciée d'avoir organisé cet événement !!! Pour enterrer la hache de guerre, j'ai envoyé à tout le monde (150 personnes environ) une ou deux photos du séminaire, et je n’ai bien sûr pas oublié d’ajouter une photo d'IsabellA. J'ai envoyé la plus moche, mais alors vraiment horrible: et grâce à Photoshop, je lui ai même rajouté un léger duvet sur la lèvre supérieure... hihihi !!!!

 

 

Allez, une petite dernière pour la route : ça fait un mois que je travaille avec toute une équipe sur un dépliant que nous devons envoyer à 15 000 docteurs dans 2 semaines. Ce projet a été approuvé par presque 10 personnes, dont IsabellA. Malheureusement, elle a décrété, il y a 3 jours, qu'elle pensait que ce programme était finalement une perte d'argent et qu'il fallait l'annuler. Super, j'ai déjà dépensé 10 000 pounds (environ 15 000 euros) que je ne peux pas récupérer... Elle veut vraiment avoir la guerre, la Chieuse ? Elle va l'avoir... Je lui ai envoyé un petit mail charmant, la remerciant pour ses commentaires très constructifs, et je lui ai demandé conseil pour savoir ce que je devais faire pour mener ce projet à terme... Bien sûr, j'ai mis en copie sa boss et la responsable du Département pour lequel je travaille... Finalement, la Big Boss est venue me voir en me disant de continuer, que le problème était réglé, tout en me faisant comprendre qu'IsabellA, c'était vraiment une chieuse !!!! Malheureusement pour elle, elle a trouvé un adversaire à sa mesure : comme on dit, « à chieuse, chieuse et demi » !!!!

 

Par mado - Publié dans : Londres
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 18:01

Le problème quand on travaille dans un pays qui n'est pas le sien, c'est qu'on commet parfois des bourdes au bureau. La preuve par l'exemple.

 

Je me suis en effet tapé deux chocs culturels au bureau. Et forcément, tous les deux pendant des réunions avec plein de gens…

 

Réunion  hebdomadaire avec toute l'équipe Marketing. Tout se passe bien, je ne dis pas de connerie (ou du moins je n'en prends pas conscience). Tout d'un coup, une de mes bosses s'arrête de parler, me regarde et me demande, de but en blanc "are you single ?" [Es-tu célibataire ? => je traduis pour ceux qui parlent anglais comme des vaches belges...]. Tout le monde me regarde, en attendant ma réponse... Je commence par devenir toute rouge, puis je bafouille en montrant ma main gauche " euh, bah, euh, je n'ai pas d'alliance, vous voyez bien..." Ouf, je les ai bien eus, je m'en suis sortie comme un chef, suis trop fière. Manque de chance, les hyènes ne lâchent jamais un morceau de viande : "mais tu as bien un boyfriend ?". Je

deviens carrément écarlate "euh, bah euh, non...". Réponse de ma boss : "Ohhhhh, ma pauvre chérie, c'est trop triste, il faut qu'on t'en trouve un... Fais moi penser à te donner l'adresse d'un site Internet génial !". Et là, ma vraie nature a refait surface [Mado, réfléchis AVANT de parler] : "ce n'est pas la peine, je ne suis pas désespérée non plus au point d'aller trouver un mec sur un site Internet". Manque de pot, c'est là que ma boss a trouvé son mari. Merde, la boulette.

 

Deuxième honte (et cette fois, RIEN n'aurait pu l'empêcher) : toujours en réunion, je fais le point avec ma boss sur les différents projets dont je m'occupe. Ma boss me demande dans combien de temps j'aurais fini tel dossier, et je lui réponds "two weeks" [Deux semaines, pour ceux qui parlent anglais comme des vaches luxembourgeoises] en accompagnant ma

réponse d'un geste de la main, vous savez, un peu comme le V de la Victoire mais avec les doigts avec le coté avec les ongles dirigé vers ma boss (en gros, je mime le chiffre 2).

 

Là, je vois un de mes collègues mort de rire se planquer derrière ses dossiers pour se foutre de ma gueule. Qu'est ce que j'ai bien pu faire comme lapsus ?... On m'explique : mon geste, qui voulait dire "deux", est en effet un geste obscène qui veut dire "Fuck" [je pense que même ceux qui parlent anglais comme des vaches normandes n'ont pas besoin de traduction]. En gros, j'aurais dit "une semaine" en faisant un gros doigt à ma boss, ça aurait été exactement la même chose. On ne m'y reprendra pas, maintenant je fais gaffe. Forcément, c'est le genre de chose qu'il faut savoir mais qu'on ne trouve pas dans les guides touristiques !!!!
Par mado - Publié dans : Londres
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