Breaking news : la France a perdu son triple A. Depuis vendredi, impossible d'avoir échappé à la nouvelle, tout le monde ne parle que de ça. Même Morandini en a fait un
article, c'est dire si la news est d'importance. Et pourtant, au risque de choquer (je ne suis plus à ça près : après les rafales d'insultes que j'ai prises pour avoir osé me moquer du
Thermomix - calmos les gars, c'est une machine, rien de plus - je peux affronter n'importe quelle tempête internautique), je dois l'avouer ouvertement : je m'en fous.
Criez au scandale tant que vous voudrez, mais c'est comme ça. Ce week-end, le A perdu de la France et la ribambelle de déclarations politiques qui ont suivi, n'ont pas du
tout été ma priorité. Les 150 slides hyper techniques que j'avais à adapter en anglais, en revanche, oui. Et les 10 heures passées à traduire un mauvais document (voilà ce que c'est que
d'envoyer les dossiers le vendredi soir, en catastrophe, avant de partir en week-end), je les ai bien senties. Comme quoi, chacun sa merde
ses problèmes (vous comprendrez aisément pourquoi je n'ai pas eu le temps de vous écrire quoi que ce soit hier matin et vous ne m'en voudrez pas de vous avoir abandonné en ce début de
semaine. Promis, je vais me rattraper la semaine prochaine...)
Il faut bien dire que pour le commun des mortels, toutes ces histoires d'agences de notation, de marchés financiers et de dette, c'est quand même bien compliqué. Moi-même,
qui ai quand même fait des études assez poussées, je n'y comprends rien. A peine ai-je réussi à comprendre le pourquoi et les enjeux de la crise des subprimes, que déjà il faut passer à la crise
de la dette et la crise des états. Je ne vais bientôt plus être en mesure de suivre le journal de 20h, tellement les choses commencent à être complexes. Heureusement qu'il nous reste le 13h de
Jean-Pierre Pernaut pour nous montrer les vraies choses de la vie, les gens qui font pousser des légumes et se nourrissent du fruit de leur travail (et puis il y a "l'Amour est dans le pré
aussi", mais vu que ça tombe en même temps que la "Famille Formidable", véritable moment de complicité fraternelle que je partage avec ma soeur depuis 20 ans déjà, je ne peux pas tout
voir...)
Parce que sincèrement, je me demande jusqu'où tout cela va nous mener... La situation semble s'être empêtrée dans un tourbillon dont il est impossible de s'extirper...
Depuis quand les états sont-ils endettés comme ça ? Comment des organismes privés, les fameuses "agences de notation" (dont on ne n'entendait jamais parler il y a encore quelques années et
qui sont désormais sur toutes les lèvres. D'ailleurs, comment peut-on être crédible quand on s'appelle "Standard et pauvre" ?), peuvent-ils avoir le droit de vie ou de mort sur des pays ?
D'où vient tout cet argent qu'on emprunte, alors même que tous les états sont endettés jusqu'au cou ? Je sais ce que vous allez dire : l'argent est dématérialisé, c'est la loi des marchés
financiers, et blablabla. Tout ça, mes amis qui travaillent dans la finance (et Dieu sait si j'en ai fréquenté de très trop près lorsque je
vivais à Londres, Mecque internationale de la Finance-avec-un-grand-F) ont bien essayé de me l'expliquer au moins mille fois, mais ça ne veut pas rentrer dans ma petite caboche. C'est comme
d'essayer d'enfiler des escarpins en 36 quand on chausse du 40 : il y a un moment où il faut se rendre à l'évidence, ça ne rentrera jamais.
Les marchés financiers sont pour moi un monde bien obscur. J'ai encore de l'argent une vision très naïve : je ne dépense que ce que j'ai (on en reparlera quand
j'aurai besoin d'emprunter pour acheter un appartement...) et je me méfie comme de la peste de ces placements extraordinaires que mon banquier a essayé de me refiler (avant de se faire
virer, d'ailleurs). Car quand l'argent est trop facile à gagner, c'est qu'il y a une couille dans le potage. Et ce ne sont pas les milliers de personnes qui se sont faites avoir par Madoff
qui diront le contraire. L'argent n'a aujourd'hui presque plus de valeur, tellement certaines sommes paraissent inconcevables. Petite pensée pour Jérôme Kerviel, incarnation de la folie de ce
système...
Sur ce, je retourne bosser : parce que finalement, c'est bien la seule manière de gagner dignement de l'argent bien réel, fruit de mon travail bien réel et non pas de spéculations douteuses Et tant que l'andouillette française gardera son quintuple A, je continuerai à dormir sur mes deux oreilles...
Vous disiez ?