Lundi 15 janvier 2007
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Oui, je vais bien. Non, je ne suis pas morte...La raison pour laquelle vous n'avez pas eu de nouvelles depuis près d'une semaine (je remercie au passage tous ceux qui m'ont écrit des mails ces derniers jours, mais n'ayant pas eu accès à Internet, je n'ai pu y répondre... A ce propos, je vous confirme que je devrais recevoir mon Internet box le 22 janvier, ce qui veut dire qu'en prenant en compte l'incompétence de la Poste anglaise, je devrais avoir Internet d'ici deux mois, quel bonheur !!!), c'est que j'étais en Cycle Meeting... Enfin, en gros, j'étais en séminaire d'entreprise. Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie.
Day 1 : il est 8h30. C'est une Mado pas bien fraîche qui arrive à l'Hôtel Renaissance à Heathrow Airport (deux heures de transport environ). Toutes les reps (la force de vente) sont là pour une journée de mise à jour sur les chiffres des 4 derniers mois. La journée finit à 18h au bar : c'est très frais... Et deux heures de transport au retour.
Day 2 : il est 8h30. C'est une Mado pas bien fraîche qui arrive au Renaissance Hôtel à Heathrow Airport. Tous les reps sont en journée de formation, je n'ai rien à faire... Bon, je vais checker (oui, je parle Frenglish) à l'accueil s'il ont bien reçu mes 150 litres d'hélium (avec lesquels je suis censée gonfler 100 ballons : oui, je sais, j'ai un job génial) . Bon, j'avais prévu le coup et organisé toutes les livraisons avec un jour d'avance ("prudence est mère de sûreté") : j'appelle le fournisseur, qui m'annonce que la livraison a été faite ma que le livreur n'est pas rentré dans l'hôtel et est resté devant la porte avant de repartir... Il croyait
quoi ? Que j'allais attendre ma livraison devant l?hôtel, dans le bruit et le froid, entre 7h30 et 17h30 ???? Bref, le fournisseur ne sait pas où sont mes cylindres et me donne le nom du transporteur. Je l'appelle, et j'apprends qu'effectivement la livraison a raté la veille car le fournisseur a oublié de cocher une case dans l'adresse de livraison. Pas de souci, je reste calme : "puis-je être livrée aujourd'hui ?". Réponse : "bien sûr, dès que nous aurons retrouvé les cartons car ils se sont perdus en route..." Super, j'ai 150 litres d'hélium qui se baladent dans la nature, à part ça tout va bien. Avec toutes ces histoires, j'ai raté le déjeuner (il ne restait qu'un wrap à la moutarde : un jour je vous parlerai des wraps, vous comprendrez mieux pourquoi je n'ai pas mangé ce jour-là? Bon, je finis par retrouver mes 3 cylindres de gaz après environ 3000 coups de fil de plus en plus énervés... Le gaz est livré, je vais attaquer le gonflage des ballons. Tiens, où est mon sac avec la ficelle et les poids pour les ballons ? Formidable, ma boss l'a emporté (ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien...) et est partie se reposer avec (mais que veut-elle faire avec ça ???). Elle ne
répond pas sur son portable, ni à la porte de sa chambre... Bon, tant pis, système D mis en place. J'arrive sur les lieux de la soirée : direction les toilettes, où je me transforme en chanteuse des S-Club-7 (traduction : je m'habille en adolescente pré-pubère, avec des couleurs flashy et des paillettes plein la figure : welcome back dans l'âge ingrat...). Je suis prête : je commence à gonfler les ballons, et je les stocke sous les tables. Ma boss finit par se réveiller et je récupère mes poids et ma ficelle vers 19h09 : je dois attacher 100 ballons, ce qui me laisse environ 12 secondes par ballons. Suis une star.
La soirée commence : je suis chargée de prendre les photos et de filmer les différentes performances. A 21 heures, tout le monde est ivre mort. On commence à servir le dîner : je vois défiler des assiettes de saumon fumé à l'aneth... Ah, j'ai oublié de préciser que, pour des raisons de limitation des coûts, je n'ai ni chambre (ce qui explique mes allers retours en métro, youp la boum) ni couvert : je ne mangerai donc pas ce soir... La première équipe à monter sur scène est la mienne : on doit montrer l'exemple, en mettant plein d'énergie à chanter une chanson ridicule tous ensemble, dans la joie, le bonheur, le rire (oui, on s'éclate au boulot !!!), et la complicité.
Personnellement, je trouve bizarre de donner la main à un homme que j'ai croisé deux fois au bureau et de faire croire que nous sommes hyper copains en lui sautant dans les bras à la fin de la chanson : vive le team building... Bon, on a été fantastique : nous sommes arrivés derniers. Et de loin !!! Malheureusement, vous ne pourrez jamais vous régaler de ce moment mythique, le collègue à qui j'avais demandé de filmer notre "performance" a oublié d'appuyer sur le bouton "record" de la camera. Ah, les hommes et la technologie moderne : sans commentaire. Les chansons s'enchaînent, les plats aussi : je vois arriver du boeuf aux petits légumes et des tartes aux figues chaudes avec de la glace à la vanille. Vers 22h30, je suis a deux doigts de tourner de l'oeil : mes pieds me font mal (pourquoi les talons les plus beaux sont-ils les plus douloureux ?), mon bras droit a doublé de volume à force de porter la caméra, j'ai les yeux qui piquent (qui a eu la bonne idée de louer une machine à fumée cassée qu'on ne peut plus arrêter ?) et je suis à deux doigts de l'inanition. Je vais demander en cuisine qu'on me
donne un truc en rab (un peu comme dans la chanson de Brassens, on m'aurait donné quelque "bout de pain quand dans ma vie il faisait faim") : le "ce n'est pas prévu au budget" m'a fait un peu mal, et j'ai senti mon estomac se serrer plus fort... Mais de retour dans la salle, que vois-je ? Il est là, seul, posé sur la table, me tendant les bras (enfin, s'il en avait il me les aurait tendus...) : un petit pain tout rond, tout doré, qui ne demande qu'à être mangé... Je tends la main, discrètement quand même, et là, arrivée de nulle part, une serveuse se met à débarrasser la table et récupère l'objet de mon désir. Ce soir Mado, tu ne mangeras pas.
23h30 : je quitte la soirée. J'ai perdu mes pieds et deux kilos.
01h05 : j'arrive à la maison.
01h06 : je suis debout, devant le frigo, en train de manger du risotto froid à même le Tupperware. J'ai honte.
01h30 : je meurs dans mon lit.
Day 3 : il est 8h30. C'est une loque humaine qui arrive au Renaissance Hôtel à Heathrow
Airport. Pas moyen de se faire un café digne de ce nom pour se réveiller dans ce p#~* de pays. Je me fais une perfusion de thé vert : efficacité, 1/20. Les présentations s'enchaînent, au fur et à mesure que mes paupières s'alourdissent (ou peut-être est-ce le contraire, peu importe...). Dernière petite surprise de la journée : un des managers, qui est sur scène, nous fait un speech sur les ressources dont chacun dispose pour avancer dans la vie et nous propose un exercice pratique. Il nous demande de nous lever et de nous mettre par paires. Ok, c'est bon, ça je peux le faire. Et là, il nous dit texto "vous avez 15 secondes pour trouver lequel d'entre vous a eu une relation sexuelle le plus récemment". Franchement, je me suis dit que j'avais mal compris, mais non, c?était bien ça... Le plus gênant, c'est quand mon binôme, qui est accessoirement ma supérieure directe, m'a posé la question !!!! J'ai répondu que j'étais française et que nous ne parlions pas de sujets d'ordre aussi personnel au bureau.
A 13h00, fin des réjouissances, deux heures de métro plus tard, j?étais couchée...
Allez, courage, le prochain séminaire est dans 3 mois, ça me laisse le temps d?oublier?
Vous disiez ?