Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 11:59

« Mademoiselle, j’ai le plaisir de vous informer que vous avez été retenue pour passer notre deuxième série d’entretiens. Merci de vous rendre dans nos bureaux le jeudi 2 août, pour une journée d’entretiens qui durera de midi à 20 heures. Ah, n’oubliez pas de mettre des chaussures confortables, car vous aller être debout longtemps ».

Bon bon bon, j’avoue que j’avais d’autres plans pour le jour de mon anniversaire, mais comme j’ai démissionné de mon ancien poste [oui, j’ai pas mal de retard à rattraper niveau mise à jour de mon blog] et que l’argent ne coule pas à flots, j’étais plutôt contente de la nouvelle.

 

Midi tapante, je franchis la porte des bureau de la société X qui recherche des graduates pour un programme de formation de managers/chefs de produits. Dans l’entrée, une trentaines de jeunes, de toutes les nationalités, plus ou moins bien habillés [petit clin d’œil au jeune homme qui avait repassé son costard et fait une grosse marque de fer sur le côté droit]. Je commence à me dire que j’aurais peut-être mieux fait de mettre des escarpins, comme toutes les autres filles, plutôt que mes petites chaussures marrons, certes très jolies [ce Jonak, il est indémodable] mais assez casual – comme on dit ici (entendez « décontracté). Je m’assieds et attends qu’on m’appelle.

 

Voilà, c’est mon tour : on me fait entrer dans une grande pièce : la personne qui m’avait fait passer le premier entretien est là et me dit que c’est Simon qui va m’évaluer aujourd’hui et que je peux lui poser toutes les questions que je veux. Je regarde Simon : c’est une stère (1m x 1m x 1m) chauve qui porte un costard beige mal coupé et des chaussures trouées : la classe quoi.

J’accompagne Simon : on sort de l’immeuble, et on se dirige vers le métro. Je me dis qu’il va m’emmener dans les autres bureaux londoniens de la société, mais je commence à me poser des questions quand il me dit qu’il va s’acheter à manger car on va déjeuner tard (je suis prévoyante, j’ai une bouteille d’eau et une boite de barres Special K aux fruits rouges dans mon sac – d’où l’intérêt d’avoir un sac à main immense !!!)

On prend le métro et, à ma grande surprise, il me fait passer un entretien de recrutement dans un wagon… Quand on connaît le niveau sonore des rames anglaises, on peut comprendre que c’était assez laborieux.

Voici la première question que Simon m’a posée : « Madeline –il faut croire qu’il est quasi impossible pour qui que ce soit dans ce p… de pays de prononcer mon prénom correctement- je te donne 500 000 pounds pour faire une campagne marketing, qu’est ce que tu fais ? ». Qu’est ce que je fais ? Ben « ça dépend, mon cher Simon », voilà ce que je lui ai répondu. Surpris, le Simon : « ??? Ca dépend de quoi ??? ». « Ca dépend : vous ne m’avez pas dit quel était le produit, quelle était la cible, ce genre de choses qui font qu’on utilise plutôt tel ou tel support ou approche, non ?? ». Et là, Simon ne regarde et me dit (je vous jure que je n’invente pas) : « ouahou, t’es vachement intelligente, c’est la première fois qu’on me pose cette question ». Ok, j’ai pigé, ce mec est un con : ça ne va pas être triste aujourd’hui !!!

Simon feuillette mon CV et remarque que je joue du piano ; il me demande quel genre de musique je préfère jouer. « De la musique classique ». « Ah bon ? Et pourquoi ? ». Je réponds d’un air inspiré –genre artiste incomprise et mystérieuse - « Parce que je ressens la musique jusqu’au bout de mes doigts, toutes les émotions traversent mon corps et ressortent par mes phalanges ». Je m’attends à ce qu’il rigole et comprenne ma blague mais sa réaction me scie : il s’arrête, pose sa main sur mon bras, me regarde et me dit « c’est la première fois que j’entends parler de musique d’une manière aussi belle ». C’est définitif, c’est un naze : je sens que la journée va être trèèèèèèèès longue. Nous arrivons enfin (après 45 minutes de métro) dans une petite banlieue perdue au fin fond de la zone 6 [autant dire le fin fond du trou du cul du monde, pour ceux qui connaissent un peu Londres] et nous marchons un bon quart d’heure avant que Simon s’arrête, sorte une carte de sa sacoche et m’annonce « voilà, c’est la zone qu’on doit couvrir aujourd’hui ». Je jette un coup d’œil à la carte : il y a des rues surlignées en rose, plein… Bon, je ne suis pas partie d’ici…

La suite en ligne dès demain matin

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