Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 17:33

Ce matin, 7h58, Metropolitan line : une sonnerie retentit, une voix grésille dans un haut parleur "all stations to Uxbridge, please mind the doors" et les portes se referment. Une femme entre juste à temps dans le wagon et vient s'asseoir en face de moi.  C'est la plus grosse dame que j'ai jamais vue : elle tient à peine sur la  banquette pour deux personnes. Je me plonge dans la lecture de mon journal du matin et lit avec avidité les premiers ragots du nouveau Big Brother qui a commencé hier soir et d’autres articles aussi intelligents sur le chien qui joue au billard ou le nain qui a 40 enfants. Jusque là, un matin comme les autres. Vers 8h05, je lève les yeux et vois la grosse dame en train de se récurer le nez méthodiquement (je souris discrètement et me replonge dans mon quotidien).
8h10 : elle doit chercher quelque chose, ce n'est pas possible... et vas-y que je ramone, que je triture, que je racle, que je gratte... A ce moment précis, je suis partagée entre l'envie de vomir et celle d'éclater de rire => je me cache derrière les pages du journal et essaie de glousser discrètement (ce qui ne fonctionne pas du tout, mais n'a pas l'air de déranger Madame Sans Gêne.

 

 

Ah... On dirait qu'elle a trouvé quelque chose... Elle s'arrête… non… si... et sort victorieusement de sa narine une énoooooooorme crotte de nez !!! J'ai l’estomac vide, mais mon dîner de la veille [fort bon, au passage... merci au chef] fait le chemin en sens inverse. J'essaie de ne pas regarder, mais je suis irrémédiablement attirée par ces gros doigts boudinés, qui jouent habilement avec la boulette. Et lorsque la crotte a la bonne texture, la dame, d'une pichenette du doigt, l'envoie vivre une seconde vie, ailleurs.
J'ai vu le projectile partir, d'un coup sec, se déplacer dans les airs et redescendre, pour atterrir...sur ma botte.  La dame ne s'en est visiblement pas rendu compte. Je regarde discrètement, histoire d'être sure. Mais nul doute n’est permis : elle gît sur le cuir luisant de ma chaussure. Elle a retrouvé sa liberté et s'est à nouveau dépliée, un peu comme un papillon qui serait sorti de sa crysalide... J'arrête la poésie : j'ai quand même une crotte de nez sur le pied !!!

 

 

Premier challenge de la journée : comment se débarrasser de la chose  1/ sans la toucher et 2/ sans que personne ne s'en rende compte ?

 

 

Il fait subitement très chaud, mes oreilles bourdonnent, je commence à transpirer... Un monsieur vient s'asseoir à côté de moi : je suis coincée, je ne peux plus bouger. J'ai passé les 40 minutes suivantes droite comme un I, le regard fixe, incapable de bouger.

 

 

La dame est descendue au terminus, comme moi.

 

 

J'ai attendu que tout le monde descende du train pour enfin essuyer la crotte avec mon journal (que j'ai laissé sur mon siège, comme le veut la tradition, pour que quelqu'un d'autre puisse le lire... J'ai un peu honte, mais l'idée de porter ce truc jusqu' à la poubelle à la sortie de la station n'était juste pas envisageable) et depuis ce matin, je vais aux toilettes toutes les 5 minutes pour vérifier qu'il ne reste pas une petite trace de morve sur ma chaussure.

 

 

 

 

J’aurais au moins appris une chose : « gros nez… grosse crotte de nez »

 

 

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