"En raison d'un colis suspect à la station Ternes, le trafic est très perturbé sur la ligne 2. Merci d'emprunter les correspondances". Et merde. Pour une fois
que je réussis à partir en avance pour arriver plus tôt au bureau, ça me tombe dessus. Pas de problème, j'emprunte l'itinéraire bis. Il semblerait malheureusement que je ne sois pas la seule à
avoir eu cette brillante idée. Le quai est noir de monde : il va falloir ruser si je veux avoir le prochain métro...
J'utilise la célèbre technique dite "de l'anguille" et réussis à me glisser
au bord du quai. Le métro arrive et, en poussant rusant un peu, je finis par entrer dans la rame. Les portes se referment et le métro démarre.
a côté de moi, une petite vieille, aux cheveux blancs et à l'haleine fétide. Je suis tellement près d'elle que je peux, à l'odeur, savoir ce qu'elle a mangé pour le dîner de la veille
(croûtes de fromage, andouillette et pain à l'ail ?). J'aime le métro - et il me le rend (pas) bien. La vieille me jette un regard noir, essaie de me pousser, d'écarter
mon sac qui lui effleure le bras. Je m'excuse et continue à écouter mon Ipod en apnée.
Arrivée en station : je sors de la rame pour laisser passer les voyageurs
qui descendent, et remonte. Je me retrouve à nouveau collée à la petite vieille, qui semble vraiment dégoutée par mon sac à main. Ca va, mémé : c'est un Darel, pas un sac poubelle... Le métro
secoue : je m'accroche comme je peux à la barre sur laquelle elle appuie sa tête. La vielle me jette un regard d'horreur, sort un sac plastique dans lequel elle glisse sa main, m'attrape le
poignet et déplace mon bras du bout des doigts.
"Ca va, je dois bien me tenir quelque part. Croyez moi, ce trajet n'est
agréable pour personne". La vieille peau dame me regarde comme si je venais de lui dire d'aller crever en enfer et me pousse loin d'elle de
toutes ses forces. J'ai l'impression d'incarner Satan.
Arrivée en station : rebelotte, je m'écarte pour laisser passer les gens.
La vieille fait de grands gestes pour écarter les autres, et sort (enfin) de la rame comme si elle était entourée de pestiférés. Elle me bouscule une dernière fois, et disparait dans le
flot des voyageurs.
Je remonte dans la rame, un peu étonnée de ce qui vient de se passer. Une
femme qui a assisté à la scène me regarde d'un air complice. Nous avons eu un fou rire terrible qui a duré jusqu'à la station suivante... Le métro réserve bien des surprises.Vous êtes 11 personne(s) en ligne
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