a-do-ra-ble il y
a quelques mois à Londres, et je n'avais pas encore eu le temps de l'étrenner. Ni une ni deux, je fais péter la tenue de star : ma petite noire noire toute strassée, très courte -mais avec des
collants opaques, on ne voyait rien- des escarpins verts, des boucles d'oreilles grosses comme des pendants de lustre en cristal et mes smoky eyes, art dans lequel -sans fausse modestie- je suis
passée maître. Il ne me manquait qu'un ou de paparazzi collés au basque pour faire starlette !!! Je sonne donc à la porte et fais mon entrée de star : manque de chance, j'ai raté mon effet. Je me
suis retrouvée dans un salon bourgeois, avec une trentaine de personnes habillées comme à la sortie de la messe à Versailles (jupe droite + chemisier + chaussures plates + serre-tête +
collier de perles) qui se sont toutes arrêtées de parler en me voyant débarquer. Je me sentais un peu comme Britney Spears dans un couvent. Ok, j'avoue : mon entrée a fait son petit
effet (malheureusement pas celui escompté !). Le hic, c'est qu'après une entrée aussi tonitruante, je n'avais pas d'autre solution qu'assumer tout le reste de la soirée...
d'être dans une
dimension parallèle. Quand j'organise des soirées (il y en a eu un paquet, donc je sais de quoi je parle), ça crie, ça hurle, ça chante, ça chahute, ça rigole, bref, ça vit !!!! Ici,
tout le monde était assis en rond, par petits groupes de 4 ou 5, et faisait salon. Je demande poliment à mon voisin de canapé (en m'en foutant un peu, mais bon, faut bien commencer par
quelque chose) ce qu'il fait dans la vie : il me répond "je m'occupe de ma femme, elle est enceinte". Bon, ça va, j'ai compris : ne t'inquiète pas coco, j'essayais juste de faire la
conversation, je n'allais pas te sauter dessus, mais je suis rassurée, tu es marié tu me l'as bien fait comprendre. J'ai rencontré des gens très sympa, mais heureusement que mon pote JS était là
pour bitcher un peu, sinon je n'aurais pas trop fait marcher mes zygomatiques !!!
grand-chose). Alors quand on m'a invitée à
danser mon premier rock depuis des mois, pas question de refuser. J'aurais peut-être dû réfléchir à deux fois... Voilà le problème : ma petite robe géniale à une encollure américaine (pour
faire court, ça veut dire que je ne peux pas porter de soutien-gorge normal en dessous). Pas de problème, je suis équipée et j'ai mon super soutif sans bretelles pour ce genre de situation.
J'ai malheureusement oublié un petit détail : avec mon nouveau boulot, j'ai perdu 3 kilos, donc je flottais un peu du haut, mais bon, ça tenait. Enfin, jusqu'à ce premier rock endiablé, où, après
quelques passes, je me suis retrouvée avec plus de soutien-gorge, mais une ceinture !!!! J'ai essayé de rester digne, et d'expliquer le plus naturellement possible à mon cavalier que je devais
l'abandonner quelques secondes pour aller enlever mon soutien-gorge. Je crois qu'il se marre encore à l'heure qu'il est.
le déroulement de
la soirée, plus la peine de faire dans la discrétion. Embrassades, effusions, adieux déchirants, échange de numéros blablabla, sortie de star. Manque de pot, arrivée en bas de l'immeuble, je me
rends compte que j'ai oublié mon appareil photo (la petite merveille de technologie que je m'étais offerte le matin même pour me féliciter du dur labeur accompli ces dernières semaines).
Et hop, je remonte, effaçant ainsi tous les effets de ma sortie théâtrale. Comme si ça ne suffisait pas, en arrivant à la borne de taxi, je me rends compte que je n'ai pas mon porte-feuille.
Effectivement il était tombé de mon sac lorsque j'y avais caché précipitamment mon soutien-gorge. J'y suis donc retournée, sous les regards moqueurs des sainte-nitouches. Je ne suis
définitivement pas faite pour être une star...
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