Samedi 28 juin 2008
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Ma mère, femme moderne et dynamique, organisait la semaine dernière un dîner d'anciennes mamans de l'association des parents d'élèves
de mon école primaire - autant dire que ça fait un bail qu'elles se connaissent... Apeuré à l'idée de voir toutes ces femmes débarquer, parler, pipiater, caqueter, jacasser, glousser,
ricaner, papoter, rigoler, potiner etc... mon père a préféré déserter le domicile conjugal (bon, ok, il y a un peu été forcé : "c'est mon dîner entre copines, alors il ne doit pas y
avoir d'hommes : tu sors". On sent que Mai 68, la révolution de la Femme et des années de féminisme sont passées par là). J'ai donc passé une soirée de Daddy sitting. J'ai longuement hésité
entre lui faire faire la tournée des bars et des boîtes débridées de la capitale ou le traditionnel duo ciné/restau : je vous laisse deviner ce que nous avons fait.
Nous voici donc dans la queue du cinéma (je note au passage qu'avoir plus de 65 ans est très avantageux financièrement parlant : 2 euros de moins sur le prix du billet ! Moi je dis : vivement
la retraite !). Hop, on prend les billets, petit passage obligatoire au rayon esquimaux (j'ai fait un ENORME effort en m'abstenant de prendre du pop-corn, mais regarder un film sans
avoir au minimum un cône pistache-chocolat dans la bouche n'est même pas envisageable !). La salle est presque vide, il y fait frais : on a une rangée pour nous tous seuls, je me mets à
l'aise (traduction : je pose sac / veste / magazines sur le siège voisin, je m'étale, enlève mes chaussures... Comme à la maison !!!!). Le film commence. Un quart d'heure environ après
le début, deux hommes entrent bruyamment dans la salle. Après quelques minutes de chuchotements, ils finissent par s'assoir. Le
salle est presque vide, mais le plus gras des deux vient s'installer dans le siège à côté du mien. "Heu, excusez moi, vous êtes assis sur mon sac (dans lequel se trouvent entre autres mes Ray
Ban, mon portable et plein de choses de fille très précieuses et fragiles)". Gras du bide ne bouge pas un bout de fesse : je tire l'anse du sac et finis par le récupérer. Même opération pour
ma veste. Forcément, il ne peut pas m'entendre, il est en pleine conversation avec son accolyte "bah c'est pas bienv'nue chez les ch'tis ??? Chais po... on dirait que le film il a d'jo
commencé..." Les autres spectateurs commencent à jeter des regards noirs dans notre direction. De mon côté, je me rends compte que ma chaussure gauche s'est subrepticement (notez au passage
la richesse de mon vocabulaire !) glissée sous le siège de mon bruyant voisin : je me contortionne dans tous les sens pour essayer de la récupérer, mais rien à faire. Je commence à me faire
à l'idée de finir la séance pieds nus.. Je me rappelle alors que les cinémas parisiens sont pleins de souris : la panique me gagne. Je suis à deux doigts de mettre mon pied nu dans mon sac à main
pour l'heure et demie qui me reste à attendre (créant ainsi la première chaussure Gérard Darel), quand les deux intrus réalisent enfin qu'ils se sont trompés de salle et s'en vont. Je
récupère vite ma chaussure et me replonge dans le film.
La suite de cette soirée palpitante demain...
Par mado
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Publié dans : Paris
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