Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /2008 09:00
Lundi soir, 19h45, je quitte le bureau et m'écroule sur un strapontin dans le métro : je me fourre les oreillettes d'Ipod dans les oreilles (Lily Allen, rien de mieux pour se changer les idées après une dure journée de labeur) et me plonge dans la lecture d'A Nous Paris. Je suis tellement absorbée par un article très intéressant sur le retour des meubles vintage que je ne me rends pas compte de ce qui se passe autour de moi... Je commence d'un coup à me sentir un peu flottante, j'ai les jambes coupées, la tête qui tourne, les oreilles qui bourdonnent... Je ne comprends pas trop pourquoi je me sens si fébrile, mais je mets ça sur le compte de la fatigue. Et c'est en relevant la tête que j'ai compris ce qui se passait...

Un groupe de 8 jeunes de banlieue étaient en train de se fumer un gros pétard à 2 mètres de moi. Le wagon était rempli d'un épais nuage de fumée, les gens avaient l'air excédé, et moi j'étais complètement stone (oui, je sais, c'est pour comme l'alcool : je suis très sensible aux substances volatiles !!!). D'un coup, mon voisin de strapontin se lève et va  demander très poliment aux fumeurs de bien vouloir éteindre leur bédo.

Et en quelques secondes, la situation a basculé. Tous les jeunes se sont levés, ont entouré mon voisin et ont commencé à l'insulter et à le menacer (en vrac, ça rendait un peu "gros con, j'vais t'enculer, viens te battre si t'es un mec"). La situation est critique : je suis toujours assise sur mon strapontin, incapable de me lever (je vous dis que le shit me fait beaucoup d'effet !!!). Je regarde autour de moi : tous les autres voyageurs se sont réfugiés à l'autre bout du wagon... Je me sens un peu seule !!! Normalement, je me serais interposée (je déteste les bagarres et j'ai la mauvaise habitude de m'interposer pour essayer de séparer les teigneux qui veulent se casser respectivement la gueule, au risque de me prendre un gros coup de poing dans la figure -au passage, je ne remercie pas ma maman de qui je tiens ce trait fâcheux de caractère) mais là, je ne peux pas. Le métro redémarre, et je me vois déjà au milieu de la guerre des gangs pendant 1 minute 30 (temps moyen qui s'écoule entre deux stations du métro parisien). Heureusement, une jeune femme a la présence d'esprit de tirer la sonnette d'alarme : le métro s'arrête, le conducteur arrive, les jeunes prennent la fuite (en insultant tout le monde et en tapant violemment là où ils le peuvent, avant de partir en courant) et la situation redevient normale. Le métro repart et arrive à son terminus. Tout le monde descend de la rame. Tout le monde ? Non, il reste une petite blonde qui doit faire de gros efforts pour réussir à mouvoir ses 50kg (qui me paraissent bien lourds à ce moment précis). C'est à ce moment que je comprends la difficulté d'être une junky...
Par mado - Publié dans : Paris - Communauté : Auto-histoires de vie...
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