Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 09:00
J 'adore prendre des photos : j'ai une âme de touriste japonaise, un peu comme si j'étais née avec mon appareil greffé sur le visage. Je ne fais pas de photo artistique, non, mais je suis accro aux photos souvenirs (oh, une fleur : clic clac. Tiens, une vache : clic clac. Oh, quelle belle vue : clic clac. Oh la la, Xavier est en train de vomir partout : clic clac). Je ne me déplace donc jamais sans mon appareil numérique : c'est léger, pratique et ça me permet de faire des miliers de photos plus ou moins réussies. Mais je dois avouer que malgré tous les avantages que peut apporter un tel gadget, je regrette un peu le temps d'avant. Oui, il y avait une vie avant le numérique...

Allez, on fait un petit saut une dizaine d'années en arrière, quand il fallait acheter ses pellicules (400 ASA : ça veut dire quoi ???), ouvrir le compartiment de l'appareil, enclencher correctement le bout du rouleau (opération TRES délicate : en cas d'erreur, on pouvait perdre tous ses souvenirs de vacances...), et surtout, ne pas oublier de cliquer sur le petit bitoniau en plastique pour passer à la photo suivante !!! Dans ces temps reculés, on ne prenait pas 200 photos par soirée : les poses étaient comptées et le développement coûtait cher, alors on choisissait méticuleusement les sujets des photos !!! Et il fallait faire les réglages soi-même : pas d'option anti-yeux-rouges ou de fonction amincissante comme on le voit sur certains appareils perfectionnés des nos jours !!!

Mais le moment que je préférais d'entre tous, et que je ne retrouverai sans doute jamais, c'est l'instant où je découvrai mes merveilleuses photos... Le rituel était immuable : dès mon retour de vacances, je me ruais chez Fox Station pour déposer mes précieux rouleaux ("vous me les développez en couleurs, brillant, format 10x15"). Ensuite, il fallait attendre 5 jours (comme le temps semble long quand on attend !!!) avant de pouvoir aller récupérer les photos. Et à peine avais-je franchi le pas de la boutique que je me plantais au milieu du trottoir, sortais mes 24 photos de leur pochette (en faisant toujours tomber les négatifs qui étaient rangés dans le rabat) et les faisais défiler deux fois : la première, très rapidement, et la seconde, avec beaucoup plus d'attention, en regardant chaque détail, en me rappelant avec émotion de tous ces beaux moments... Et en rentrant à la maison, je classais mes belles photos dans de jolis albums qui trônaient dans ma bibliothèque et que je feuilletais régulièrement avec un plaisir toujours égal.

Aujourd'hui, plus de tout ça. A peine rentrée de soirée, je branche mon câble USB sur l'appareil, transfère les 197 photos de la journée dans mon ordinateur et les classe dans un album numérique d'Iphoto, avant de tout mettre en ligne sur Facebook pour que mes amis puissent les récupérer le plus rapidement possible.

Tout est rapide, immédiat, efficace. Mais sans aucun charme. C'est un peu comme si on fêtait Noël sans attendre le Père Noël (on est en septembre : pour ma part, j'ai déjà commencé à l'attendre !!!!!!)
Par mado - Publié dans : L'objet du jour - Communauté : Auto-histoires de vie...
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