Mardi 18 novembre 2008
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Ce week-end, privée d’Internet, j’en ai profité pour faire un peu de rangement : en faisant le tri dans mes albums, je suis tombée par hasard sur
mes vieilles photos de collège et de lycée. C’est là que j’ai remarqué que les ados en quête de leur identité ont des looks assez particuliers. Les teenagers, pour s’intégrer, adoptent les codes
vestimentaires de certaines communautés. Et il semblerait que les choses n’aient pas beaucoup évolué depuis mon époque (quand on voit les fans de Tecktonik, ça fait mal…). Petit aperçu
(non exhaustif) de ce qu’on trouvait de mieux en matière de communauté dans l’enseignement secondaire des 90’s.
Les gothiques : on les reconnaissait au premier coup d’œil. Vêtements
sombres, ongles noirs, Doc Martins au pied, cheveux longs couleur corbeau, ils avaient le teint blafard, les yeux
charbonneux, écoutaient Nirvana et Rage Against the Machine, et vénéraient Marylin Manson.
Je me souviens d’Amélie, qui était le leader de cette petite bande au lycée : aujourd’hui, elle vit avec un transformiste bi-sexuel allemand, travaille dans le domaine artistique, met des photos
d’elle nue sur Facebook et est toujours amie avec Armelle, elle aussi ancienne gothique, aujourd’hui devenue chercheuse en biochimie. Comme quoi, être gothique, ça mène à tout…
Les roots : démarche nonchalante, sac militaire en bandoulière,
pantalon large, pendentif en
forme de feuille de cannabis et dreadlocks, le roots écoutait Bob Marley ou Tryo (« c’est du roots, man, roots qu’il nous faut… ») et était toujours en première ligne des manifs
lycéennes. Pas tant par conviction politique que par volonté de sécher les cours. J’ai croisé à Londres un ancien roots de mon lycée : il travaille dans la finance et porte des costards cravate.
Plus tard, il dira à ses enfants, qui n’en croiront pas un mot, que lui aussi a été un rebelle.
Les chalalas (appelés « Chals ») : pour les garçons, look de
minet. Jean Diesel, dernières baskets à la mode, cheveux ébouriffés style « saut du lit » (coiffure qui a demandé une longue session
devant la glace de la salle de bain, à travailler chaque mèche au gel, pour donner cet
aspect négligé qui ne l’est en réalité pas du tout). Pour les filles, look de bimbo : brushing, ongles french manucurés, jean moulant comme il faut et où il faut, on se croirait dans les
pages d’un magazine de mode. La minette chalala, toute de marque vétue, est souvent une véritable peste : elle passe son temps avec ses semblables, à critiquer les autres (« t’as vu sa
dégaine ??? La honte »). Une de mes amies m’a même raconté qu’une de ces pestes lui avait un jour jeté 10 centimes pour « aller s’acheter des vêtements »… On imagine que ce que ça va
donner quand la minette aura 20 ans…
Les nobody (ou « nobud ») : ceux qui n’ont pas de look, ne
sont pas fashion ni populaires, les
ados lambas, mals dans leur peau, avec la panoplie complète : boutons, lunettes, appareil dentaire… Généralement, ils sont les meilleurs de la classe et subissent les railleries des autres
communautés (qui leur font malgré tout beaucoup de frais à l’approche des contrôles et autres devoirs sur table…)
Je vous laisse deviner à quelle catégorie j’appartenais…
Mais les choses changent -et c’est tant mieux- avec la fin de la puberté et l’arrivée dans l’âge adulte… Les plus
populaires ne sont pas ceux qui réussiront le mieux dans la vie… Ainsi, un jour, de retour d’une session shopping assez intensive, me voilà au supermarché du coin pour acheter
des croquettes pour Choupette (hé oui, c’est
que ça mange ces petites bestioles…) : qui vois-je à la caisse ??? Sonia K, la très méchante fille populaire qui a passé ses 4 années de collèges à me martyriser (j’ai passé de longues
soirées à pleurer à cause d’elle : 12 ans plus tard, je fais encore des cauchemars dans lesquels elle me brutalise). Je suis rancunière, je le sais, et j’avoue ne pas être très fière de ce que j'ai fait ce jour-là : je me suis dirigée droit vers elle : « Sonia ?
Ca alors !!! Mais qu’est ce que tu fais là ???? ». Je vois qu’elle ne me reconnaît pas (forcément, la dernière fois qu’on s’est vues, j’avais 14 ans, des bagues à toutes les dents, j’étais
habillée en Cyrillus collection Garçon et j’avais la coupe de cheveux d’Arnold dans Arnold&Willy) : « C’est moi, Madeleine !!! On était ensemble au collège !!! Qu’est ce que tu deviens
??? ». Regard stupéfait de mon ancien bourreau : « euh, bah tu vois, je bosse ici. Et toi ? ». « Oh, moi ? Je viens de passer 6 mois au States et maintenant je travaille dans un très grand groupe
pharmaceutique. Bon, il faut que je file, on se reverra sûrement à une réunion d’anciens !! Ciao ».
J’ai été odieuse, complètement puante, méprisable, tout ce que je déteste et que je ne suis pas… mais je dois
reconnaitre ça m’a fait le plus grand bien.
Si seulement elle savait que je refuse toutes les réunions d’anciens car j’ai encore peur de tous ces petits cons
qui avait fait de moi leur souffre-douleur…
Par mado
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Publié dans : Paris
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