Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 09:00
Il est 9h quand je pénètre dans la pièce qui accueille ce matin la réunion hyper stressante pendant laquelle je dois présenter à l'équipe commerciale de mon client le projet sur lequel je travaille depuis des semaines et qui va être lancé dans un mois. Nous nous installons tous autour de la grande table en bois massif. Je jette un coup d'oeil autour de moi : 4 mètres de hauteur sous un plafond à caissons, parquet en bois, gros sièges en cuir... On se croirait un peu dans la salle du conseil d'administration.  C'est un peu impressionnant... Nous sommes une dizaine. Moyenne d'âge ? La cinquantane bien entamée... Essentiellement des hommes. Je me sens un peu mal à l'aise avec mes vingt ans et des poussières, ma little black dress et mes low boots (je ne pense pas que ces chers messieurs soient très sensibles à la mode, mais ils me regardent d'un oeil bienveillant : j'en profite je minaude un peu, histoire de m'assurer leur sympathie - on ne sait jamais, s'il leur venait à l'idée de descendre ma présentation...). Nous commençons.

Le very big big boss, un vieux monsieur au regard perçant qui préside la table, présente les résultats. Ca va être à moi. Je respire un grand coup et me prépare à parler. C'est exactement à ce moment précis que la sirène à incendie s'est déclenchée. On s'est tous regardé, genre "qu'est ce qu'on fait ?" (c'est fou comme la communication non verbale peut être efficace dans certains moments). Le very big boss n'a pas hésité longtemps : il s'est levé, s'est dirigé vers la sortie... a fermé la porte et est venu se rassoir à sa place pour continuer. Personne n'osait rien dire. Heureusement, l'autre femme de la réunion a pris la parole : "et bien moi, je n'ai pas envie de mourir grillée". Nous avons donc tous quitté la salle pour descendre dans la cour.

La procédure, en cas d'alerte incendie, est de tout laisser sur place et de descendre le plus vite possible : j'ai quand même pris le temps d'attraper mon manteau et mon sac. La little black dress, c'est sympa, mais ça ne tient pas chaud. Nous voici donc dehors. Il fait très froid : je profite donc de cette pause inespérée pour aller me chercher un café (la machine est fort heureusement à l'entrée de l'immeuble). A mon retour, la sonnerie retentit encore, mais plus aucun des participants de la réunion n'est là. Bon, je brave le danger et remonte dans la salle : ils sont tous assis...

J'ai passé 20 minutes à faire ma présentation en hurlant pour essayer laborieusement de me faire entendre malgré la sonnerie stridente. En repartant, j'avais des acouphènes. Le monde professionnel est une jungle.
Par mado - Publié dans : Paris - Communauté : Teckel Enragé and friends.
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