Jeudi 8h, je suis dans ma salle de bain et comme tous les jours, je me réveille laborieusement en écoutant la radio : " France Info, il est 8h : le bac 2009, c'est parti. 331 575 candidats
au bac général viennent de découvrir leurs sujets de philosophie". Comme chaque année, nous allons donc avoir droit aux commentaires des uns et des autres sur les différents thèmes abordés, et
chaque philosophe ira de son petit commentaire et de sa réponse à des questions existentielles. C'est drôle, impossible de me souvenir de mon sujet du bac... Je bloque alors devant mon miroir :
cela fait maintenant 10 ans que j'ai obtenu mon diplôme. Ca me file quand même un coup de vieux... En appliquant avec soin ma crème de jour anti-rides, je repense à ces quelques jours éprouvants
de juin 1999.
bien essayé de changer de filière, mais le proviseur de mon lycée n'a rien voulu entendre. J'ai donc lutté pendant 2 ans pour comprendre les pivots de gauss, les
équations, les formules chimiques et tout un tas de trucs dont je ne me sers jamais, sauf lors de rares parties de Trivial Pursuit. J'ai fait de mon mieux pendant les épreuves scientifiques du
bac, mais avec des coefficients 8 et 9, j'avais peu de chance de réussir... Alors ça n'a pas été une grande surprise d'apprendre que je devais passer les rattrapages. En maths et en physique.
Youpi.
Après avoir passé 3 jours enfermée à bachoter, c'est le grand jour. La dernière
chance. Je n'ai pas le droit de me louper. Je commence par les maths : heureusement, le prof est sympa et ne s'acharne pas. Il se contentera de me donner des exercices de base, pour vérifier que
je maîtrise au moins mon cours. Je m'en sors avec un 13/20. Mais il reste ma plus grosse épreuve, celle que je redoute plus que tout : la physique chimie...
J'entre dans la salle : pendant qu'un autre repêché planche au tableau, le
professeur me donne un sujet à préparer. Je m'installe et commence à réfléchir... Ce n'est pas gagné : je suis incapable de répondre à la plupart des questions. Je m'imagine déjà la déception de
mes parents lorsque je leur annoncerai ce soir que j'ai échoué. Mais déjà, l'examinateur m'appelle.
Dix ans plus tard, je me souviens encore de mon coeur qui battait
très fort au moment où l'on m'a remis mon dossier. J'ai pris une grande respiration et je l'ai ouvert... Je n'oublierai jamais le sentiment de soulagement, de bonheur intense et de liberté que
j'ai ressenti en voyant la mention "admise" en bas de la page.Vous êtes 6 personne(s) en ligne
Vous disiez ?