Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 08:59

Aujourd’hui, mon challenge n°1 très urgent au bureau, c’est de recruter une  secrétaire assistante. A priori, rien de très compliqué : il suffit, pour ce poste, d’être autonome, polyvalent, de savoir répondre au téléphone, prendre des rendez-vous, et d’être capable d’écrire un email sans faire de fautes d’orthographe majeures… En mettant l’annonce en ligne sur le site de Paul Lanploi (), j’étais persuadée que trouver très rapidement quelqu’un capable de remplir cette mission serait une formalité. En plus, avec les centaines de candidatures que j’avais reçues en une semaine, je n’avais que l’embarras du choix… Aujourd’hui, je suis un peu moins confiante, et je comprends mieux pourquoi il y a tant de chômeurs en France…

 

Je commence d’abord par effectuer un tri des CV : entre celles qui en mettent le minimum, celles qui en mettent 5 pages, les CV en couleurs (que je n’imprime pas car un seul CV suffirait à vider la cartouche d’encre de l’imprimante) et les présentations bizarres originales, une première sélection se dégage. Je ne vous parlerais même pas des photos que j’ai pu voir, la palme d’or revenant très certainement à cette jeune candidate ayant mis sur son CV une photo d’elle, prise à bout de bras, avec un boa en plumes autour du cou. Non, ici, ce n’est pas le Crazy Horse.

 

Une fois que j’ai retenu quelques profils intéressants (et il y en a peu : il semblerait que les candidates postulent à tout et n’importe quoi…), ma pile de CV a beaucoup diminué. Vient alors la phase d’approche téléphonique. Généralement, je laisse un message car aucune candidate ne répond. Mais que leur passe-t-il par la tête quand elles me rappellent ? L’une d’entre elles m’a recontactée alors qu’elle était en train de faire ses courses (si, je vous jure : j’entendais le bruit de la caisse où elle était en train de payer ses achats, et j’ai reconnu le jingle en fond sonore : « Franprix, mes courses préférées, Franprix ! ») : autant vous dire que celle-là, j’ai zappé… Mais ma préférée, c’est sans doute cette candidate qui m’appelait depuis le RER, et qui ponctuait toutes ses phrases de « p….n, c’est chiant ce bruit » et de « m….e, je passe sous un tunnel, ‘vous inquiétez pas si ça coupe, j’vous rappelle ». Pour être à l’aise au téléphone, il n’y a pas de doute, elle l’est. Mais juste un peu trop.

 

Et puis il y a celles qui affichent tout de suite la couleur : « j’ai quitté mon dernier poste parce qu’il y avait trop de travail. Le poste que vous proposez me plait beaucoup car c’est à 10 minutes de chez moi. Et je voudrais renoncer à ma pause déjeuner pour pouvoir sortir à 16h30 et aller chercher mes enfants à l’école ». Super, bichette. Tu veux peux être un bureau avec vue sur la mer, 8 mois de congés payés et un esclave qui te ventile avec une feuille de palmier ? Suivante !

 

Fort heureusement, certaines candidates passent le test (pourtant pas bien compliqué) de l’entretien téléphonique. Celles-ci ont alors la chance de me rencontrer en personne. Les petites veinardes.

 

Cette semaine, j’ai rencontré deux candidates. Il va me falloir un moment pour m’en remettre. Avec Juliette, la première, le courant était bien passé au téléphone. Tellement bien qu’en arrivant, elle m’a tutoyée et appelée par mon prénom : j’ai tout de suite su que nous allions en rester là. Sa poignée de main molle m’a immédiatement confirmé ma première impression (je ne peux pas travailler avec quelqu’un qui vous tend une main aussi énergique qu’un poulpe mort en décomposition). Le pompon, c’est quand son portable a sonné pendant l’entretien : elle s’est excusée (« mon Dieu, quelle erreur de débutante… Ca ne m’arrive jamais, je suis désolée »), a plongé dans son sac à la recherche de l’appareil et, au lieu de raccrocher au nez de son interlocuteur, a répondu au téléphone !!! J’ai donc assisté, partagée entre l’envie de rire et celle de pleurer (de pitié pour elle), à son « allo ? Oui, je suis en entretien […]. Oui, ça se passe bien […]. Et toi, comment ça se passe ? […]. Bon, je t’appelle quand je sors […] Bisous ». Inutile de préciser qu’elle n’a pas eu le poste.

 

Je garde le meilleur pour la fin. Jennifer avait rendez-vous lundi à 15h. Elle a appelé à 14h pour prévenir qu’elle avait un empêchement et reporter au lendemain matin 9h30. Bon… Mardi, 9h45, toujours pas de Jennifer. Je lui laisse un message un peu sec sur son portable, lui expliquant que le minimum, c’était de prévenir quand on posait un lapin. Je me plonge dans un dossier quand, une demi-heure plus tard, une femme en jean-débardeur rose, le soutif à l’air et le cheveu hirsute débarque dans mon bureau et me salue d’un « salut, c’est moi ». Je reste interloquée quelques secondes avant de comprendre que j’ai devant moi Jennifer… Je la raccompagne en salle d’attente et lui explique qu’elle a 45 minutes de retard, que la moindre des choses aurait été de prévenir et que malheureusement, je n’ai plus le temps de la recevoir, mais que c’est gentil d’être venu quand même. Quand elle m’a proposé de prendre un autre rendez-vous, j’ai été obligée de lui dire que nous cherchions quelqu’un de confiance et de professionnel, et que cette première rencontre m’avait montré qu’elle n’avait vraisemblablement pas le profil recherché pour ce poste…

 

Mais le plus rigolo, dans tout ça, c’est que je suis censée faire un compte rendu des différentes candidates avec lesquelles j’ai été en contact à leur conseillère carrière du Pôle Emploi... Je ne sais même pas si je dois lui dire la vérité : j’ai peur qu’elle se suicide.

 

Par mado - Publié dans : Techniques de recrutement - Communauté : Teckel Enragé and friends.
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