Parce que chaque année depuis que je suis née, on se concerte en famille pour savoir quelle sera la taille du sapin... Et qu'à chaque fois, Papa veut un petit sapin (parce que c'est lui qui est chargé de le découper en morceaux et de ramasser toutes les épines avant de le descendre au cimetière des sapins morts - sur le trottoir). Et, systématiquement, on se dispute parce que moi je veux un grand sapin (parce que c'est moi qui suis officiellement chargée de la décoration : il me faut donc un grand arbre pour laisser mon Art s'exprimer). Et chaque année, nous partons, ma soeur et moi, acheter le sapin le plus grand que nous pouvons trouver (et nous le portons jusqu'à la maison en chantant "Hi-i Hi-o on rentre du boulot": oui, c'est con les traditions de Noël, mais qu'est ce qu'on se marre !!!). Cette année, malheureusement, je n'ai pas pu participer à la tradition du sapin... Quoi que : j'ai donné mon avis par téléphone (le vote du public, en quelque sorte !!!!) et j'ai appris que, cette année, le sapin mesurait... 3,80 mètres !!!! Ouahou, on explose tous les records !!! Et c'est moi qui vais le décorer, car toutes les décorations sont à Londres sur mon petit sapin de 2 mètres !!! Comme quoi, si Mado ne va pas a la tradition, c'est la tradition qui vient à elle...
Parce que chaque année, ma soeur et moi faisons des sucreries de Noël. Pendant qu'elle se lance dans la fabrication de truffes au cacao (qui sont généralement aussi belles que molles, c'est dire si elles sont magnifiques !!! Elles finissent toujours au frigo, puis au congélateur, dans l'espoir vain de les voir durcir... Elles termineront leur existence soit dans l'estomac de mon père -ce héros - qui, très charitablement, essayera d'en manger une par jour, soit dans la poubelle où je les aurai jetées "par inadvertance"), je fais des orangettes confites au chocolat. Pour résumer la situation, je réquisitionne la cuisine pendant deux jours, le premier étant consacré aux zestes d'oranges qu'il faut confire (cuisine pleine de sirop de sucre - odeur de caramel brûlé - galère pour gratter la casserole) et le second à les tremper une par une dans le chocolat ("Patience et longueur de temps"... Vous connaissez le dicton !!!). Résultat : après plus de 9 heures passées à me donner à fond, je me retrouve avec environ 50 orangettes confites (ce qui nous fait une moyenne de 10,8 minutes par orangette...) qui seront dévorées en moins d'une heure. pourquoi se donner tant de mal, alors qu'on peut acheter de délicieuses orangettes confites à la Maison du Chocolat ??? Parce que c'est la Tra-di-tion...
Parce que chaque année ma grand-mère est en retard pour ses courses de Noël, et que je l'accompagne le 24 décembre dans l'après-midi (jour où, bien sur, il n'y a personne dans les boutiques) chez Régali Cadeaux, où nous passons près de deux heures. Cette année, Régali a fermé : comment allons nous faire ???
Parce que je peux porter mon bonnet de Père Noël le 25 décembre sans que tout le monde me prenne pour une conne (enfin, sans me le dire ouvertement !!!)
Parce que chaque année, le déjeuner est a midi trente et que systématiquement mon oncle et ma tante sont en retard : et à chaque fois, on attend dans le salon, pendant que Maman fait le guet
sur le balcon (ce qui ne les fait pas arriver plus vite). Quand elle crie "les voila", la maison s'active : mon père va réchauffer les purées et couper la viande, ma mère va ouvrir la porte (très en avance, mais au moins, ils se sentent attendus !!!) et ma soeur et moi commençons à griller les toasts pour le fois gras. Plus besoin de se concerter: chacun sait ce qu'il a à faire !!! Heureusement qu’ils arrivent à la bourre, sinon, ce ne serait pas pareil…
Mais surtout, parce que chaque année, malgré ma "famille Fenouillard" comme nous nous surnommons affectueusement, on passe un super Noël tous ensemble : on mange, on boit, on rit, on se fait plein de cadeaux, et on est juste heureux d'être tous réunis, parce que -qui sait- c'est peut être la dernière fois...
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