Je déteste les biches. Pas l’animal, non, les filles qui ressemblent à des biches… Où veut-elle en venir ???? C’est très simple : l’autre jour, je discutais avec l’une de mes colocataires et
nous nous demandions ce que nous aimerions être comme animal [juste là, rien d’intéressant – il est vrai qu’il nous arrive de parler d’autre chose que de l’origine de l’univers ou de métaphysique à la maison !!!]. Le lendemain matin, j’ai repensé à cette conversation dans le métro [qui reste l’endroit dans lequel je passe le plus de temps !!!]. Bref, je me suis rendu compte qu’il y a une catégorie de filles que je déteste : celles qui ressemblent à des biches… Elles sont douces (Florence Foresti, si tu m’entends…) et surtout elles se déplacent avec une grâce incroyable : on dirait qu’elles sont montées sur coussins d’air !!! Et elles sont parfaites en toute circonstance : jamais un bout de salade ne se coincent entre leurs dents, jamais elles ne sortent des toilettes avec la jupes coincée dans la culotte [oh, ça va, ça peut arriver…], jamais elles ne tombent du haut de leurs 8 cm de talons… Moi je ne suis pas une biche, je suis un canard. Et c’est pour cette raison que je suis jalouse. Mais comme on ne doit jamais rien affirmer sans preuve, en voici les deux derniers exploits canardesques qui m’ont valu des petites hontes (à évaluer sur une échelle de 1 à 10).
Honte n°1 : posons le décor : imaginez un bar branché de Londres, où les filles sont belles et bien habillées (des biches partout, l’horreur), avec une décoration classe, futuriste et cosy à la fois [plus le décor est original, plus le prix du verre est cher… Je vous laisse imaginer]. Je prends un verre avec mes copines : tout va bien, j’ai sorti ma nouvelle petite robe, mes jolies petites chaussures à talons, je suis une biche. Après quelques heures de papotage, blablatage, et-tu-sais-pas-quoi, et autres gossips en tous genres arrosés cocktails, il faut vraiment que je j’aille me repoudrer le nez [pour les ignards, ça veut dire aller faire pipi]. Je prends mon courage à deux mains car il faut traverser toute la salle du restaurant ultra chic pour se rendre aux lavabos [comme j’aime cette expression désuète] : la traversée se passe sans encombre, je ne glisse pas, ne chois pas [malgré les talons et un sol vitrifié, ce qui relève vraiment de l’exploit olympique], idem pour le retour. Il ne me reste plus qu’à traverser l’entrée du bar et à pousser la porte de la salle dans laquelle se trouvent mes amies : je touche au but !!! D’un geste assuré, j’attrape les deux poignées de la porte à battants et les tire vers moi, prête à faire une entrée remarquée [n’oublions pas que ce soir, je suis une biche !!!]. Et effectivement, je fais une entrée remarquée… dans le
placard à balais… Quelle idée d’avoir mis d’aussi belles portes pour ranger le matériel d’entretien. J’essaie de rester digne, genre « il ne s’est rien passé, personne ne m’a vue, tout va bien ». Manque de chance, l’hôtesse du bar [qui est en générale une espèce de c@%%@** aigrie : en l’occurrence, ça n’a pas loupé] m’a bien vue, et elle s’est empressée de rentrer dans la salle avec moi pour raconter l’anecdote à tous ses collègues en rigolant se foutant de ma gueule [non, je ne suis pas parano : il faut dire qu’elle me montrait du doigt, alors ce n’était pas très discret].
Niveau de honte : 8/10.
Solution : rire bêtement (hinhinhin) et faire comme si on trouvait ça très drôle, ce qui montre qu’on a de l’autodérision et qu’on est très cool [très compliqué à faire quand on est toute rouge et qu’on n’a qu’une envie, rembobiner et recommencer, en ouvrant la bonne porte cette fois].
Honte n°2 : celle-là, je ne devrais pas la raconter, parce que d’une part ce n’est pas très glorieux, et d’autre part parce que l’anecdote m’est arrivée dans un endroit où personne ne pouvait être témoin de la scène. Mais j’ai tellement ri [en y repensant, quelques heures après] que je ne peux pas m’empêcher de vous faire partager ce moment intime… Je suis au bureau, les heures passent. La pause s’impose : je me dirige vers les toilettes. Je ferme la porte derrière moi – assez vite, parce qu’avec les 10 litres de thé que je vient de boire pendant cette longue réunion, je n’ai plus beaucoup de temps devant moi – et suis sur le
point de m’asseoir sur la cuvette lorsque j’entends un « plouf ». Je reste interloquée car je maîtrise quand même relativement bien mon système d’évacuation, et là, normalement, je n’ai pas commencé. Je jette un coup d’œil inquiet dans la cuvette… et je vois, en train de flotter, tranquillement, l’air de rien… mon badge !!! Celui qui me donne accès à tout le building !!! Celui avec lequel je paye mon déjeuner et que je viens de recharger de 30 pounds !!! Pas le choix, j’ai plongé [Dieu merci, je m’en suis rendu compte avant de commettre l’irréparable, car dans le cas contraire, je crois que j’aurais sacrifié mon argent, mon estime de moi valant bien plus que 30 pounds]. Je suis ressortie des toilettes toute rouge, et même si personne ne m’a vue, je me demande encore pourquoi ça n’arrive qu’à moi et jamais aux autres.
Niveau de honte : 19/10 (juste parce que c’est une question d’ego)
Solution : faire comme si de rien n’était, et surtout n’en parler à personne (oups…)
Je ne suis définitivement pas une biche et je ne le serai jamais : tant pis, c'est décidé, si j'étais un animal, je serais une marmotte. Au moins, quand je dors, il ne m’arrive rien de ridicule...
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