Ce qui m'a particulièrement marquée à Paris depuis mon retour de Londres, c'est le regard des gens. Dans la capitale britannique, toutes les
excentricités sont permises : personne ne s'étonnera de croiser un homme portant une robe et des talons aiguilles, une ado habillée comme une putain et maquillée à la truelle, un punk avec des
clous qui sortent du crâne et des tatouages sur tout le corps, une obèse en robe à paillettes, un écossais en kilt ou une vieille toute vêtue de léopard. Chacun est libre d'exprimer sa
personnalité et ses envies à travers ses vêtements, sans que personne ne s'en préoccupe vraiment, et c'est véritablement libératoire.
A Paris, en revanche, on sent que tous les regards se posent sur
la moindre différence de look : je ne suis pas particulièrement excentrique, loin de là, mais je ne compte plus les fois où j'ai senti sur moi des regards moqueurs ou réprobateurs quand je
portais mes chaussures vertes ou roses fluo, mes santiags rouges, ma veste à paillettes so disco, mon pull doré ou ma veste année 80 à manches gigot. Parce qu'à Paris, on s'habille en noir, en
gris, en marron. Toutes les filles ont la même coupe de cheveux, le même petit manteau, les mêmes petites bottes, le même sac à main... C'est d'une tristesse affligeante.
Dernièrement, je suis allée faire un petit tour
à Londres pour faire mes courses de Noël : pour faire face à des températures hivernales extrêmement rudes, j'ai craqué et je me suis offert... un cache-oreille.
Et pourtant, à peine avais-je enfilé mon
cache-oreille acheté sur ce marché de Noël anglais que j'ai été conquise. Enfin, j'avais bien chaud aux oreilles ! Parce qu'avec un bonnet, il y a toujours un petit courant d'air plus malin que
les autres qui arrive à se faufiler et à vous glacer les oreilles. J'ai donc immédiatement adopté le cahe-oreille, et me suis promenée avec lui dans les rues de Londres sans aucun problème.
C'est en arrivant à Paris que je me suis
rappelée de son existence : à chaque fois que je le porte, je sens comme un regard amusé des passants qui le remarquent. J'ai un peu hésité : il n'est pas très agréable de se sentir dévisagée ou
moquée dès qu'on pointe le bout de son nez dehors... Et puis zut, j'étais tellement bien que je n'y ai plus prêté attention... Mes nouveaux collègues ont un peu rigolé le jour de mon arrivée mais
au moins, ils se sont habitués tout de suite !
Mais ce qui m'amuse le plus avec mon cache-oreille, ce
que quand mes amis me disent bonjour, et me font la bise ils se retrouvent à embrasser ces deux boules de fourrure de part et d'autre de mon visage. Je pourrais l'enlever, certes, mais j'avoue
que ça m'amuse beaucoup !!Vous êtes 9 personne(s) en ligne
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