Mercredi 24 février 2010
3
24
/02
/Fév
/2010
08:05
Venise, c'est le Pont des Soupirs, les gondoliers, les week-ends en amoureux, la Place Saint-Marc et ses pigeons... Mais Venise c'est également le Carnaval !!! La
tradition de cette fête, qui dure une douzaine de jours et se termine pour mardi gras, remonte au moins au 11ème siècle (après Jésus Christ, je vous rassure) : elle avait disparu mais a
été remise au goût du jour au début des années 80, dans sa forme qu'on lui connait actuellement. Fin de la minute historique, entrons dans le vif du sujet.
Il faut savoir que la période du Carnaval est celle qui
réunit le plus de monde dans la Cité des Doges : je ne vous raconte même pas la galère pour trouver un hôtel qui accepte de louer une chambre pour une nuit. J'ai eu du bol, mais j'ai quand même
passé tout un après-midi au téléphone à baragouiner les 3 pauvres mots d'italien que je connais pour arriver à en trouver un. Dès la sortie de la gare, des dizaines de petits stands attendent les
touristes pour leur proposer de se faire maquiller. On entre tout de suite dans le Carnaval.
La foule est dense : dans les rues (piétonnes, bien
sûr), on avance en grappe, très lentement, collés les uns contre les autres, dans un long flot régulier et fatigant. Certaines rues sont mêmes en sens unique pour les piétons (et la
"circulation" est régulée par des policiers : "non, c'est sens interdit piéton". On aura tout vu). Pour marcher 100 mètres, prévoir un quart d'heure, pas moins. Et pas question de faire demi
tour : tant pis si vous avez oublié quelquechose derrière vous, le flot vous entraîne.
Quand vous arrivez finalement Place Saint
Marc, là aussi, c'est noir de monde. On m'avait parlé des centaines de pigeons qui ont élu garde-manger sur cette célèbre place (et j'appréhendais beaucoup de me trouver confrontée à ces
horribles volatiles, quand on sait la chance que j'ai : un oiseau dans le ciel - une crotte - elle est pour moi. J'ai failli venir avec un K-Way) : pour être honnête, je n'en ai pas vu un
seul. La foule était tellement compacte que les pigeons ont dû trouver refuge ailleurs. Ce qui n'était pas pour me déplaire, d'ailleurs.
Sur la place et dans les rues, des dizaines de personnes déguisées se pavanent et attendent de se faire
prendre en photo. La plupart sont des amoureux du Carnaval : ils réfléchissent à leur costume des mois à l'avance, font des recherches
minutieuses, pensent à chaque détail, font fabriquer spécialement leur costume (ce qui coûte une véritable petite fortune : une jeune femme que j'ai croisée dans le Vaporetto a eu la
gentillesse de répondre à toutes mes questions sur le Carnaval et ses traditions : son masque lui a coûté plus de 9 mois de travail et 650 euros) et viennent à Venise simplement pour
déambuler dans les rues sous les flashes des photographes amateurs et des touristes. Si ça les amuse... J'ai été très surprise par ce couple qui logeait dans notre hôtel : avec leurs costumes
orange, on ne pouvait pas les rater. Je les ai croisés une dizaine de fois dans les rues pendant le week-end : pas une fois ils n'ont souri, pas une fois ils n'ont parlé, et ils ont dû marcher
des kilomètres dans les rues minuscules, juste pour s'exhiber un peu. Leurs déguisements sont maintenant immortalisés dans les albums photos de milliers de touristes du monde entier... La gloire
quoi (oui, c'est bien eux sur la photo).
Le Carnaval de Venise est grouillant, coloré, agaçant,
fatigant, magique, décalé, parfois décadent, intéressant mélange de tradition et de modernité : un moment à vivre en vrai, au moins une fois dans sa vie... En arrivant à Paris, j'ai trouvé
ma vie très grise. En défaisant ma valise, un confetti, paillette de papier colorée, est tombé sur mon lit. Dernier vestige de ce week-end de fête. Je retournerai au Carnaval, c'est promis...



Par Mado
-
Publié dans : Voyages
-
2
Vous disiez ?