On est en novembre 1989. J’ai 8 ans et je suis en CE2. Ma vie ? Elle tourne autour de ma famille, ma meilleure copine Clarence, mes Barbie® et l’école. A cette époque, je suis tout
simplement heureuse, et rien ne semble pouvoir briser cet équilibre parfait.
Ce matin de novembre, donc, nous arrivons en classe, en rang deux par deux, bien sagement. Mais à notre grande surprise, la maîtresse nous demande de nous installer dans la classe d’à côté,
avec les élèves d’un autre professeur. Nous sentons que quelque chose est en train de se tramer, mais à 8 ans, on ne pose pas de question et on obéit à sa maîtresse (oui, je sais, cela ne se
passe plus comme ça aujourd’hui, mais à l’époque, c’était le cas. Si si, j’vous jure !).
Nous entrons donc dans la salle, dont les lourds rideaux noirs ont été fermés. Les néons sont éteints et seule la lumière du projecteur de diapositives (ciel, ai-je vraiment connu cette
époque ???) nous permet d’entrevoir les chaises qui ont été placées tout autour de la pièce.
Je m’installe en silence et attend ce que la maîtresse va nous annoncer. Après quelques minutes, elle se place au centre du cercle des élèves curieux et un peu inquiets de tant de solennité.
« Les enfants, aujourd’hui est un jour spécial. Le mur de Berlin est tombé ».
Silence dans la salle. Je sais que Berlin est la capital de l’Allemagne (oui, on jouait souvent à ça dans la voiture avec Papa, Maman et ma sœur : le « jeu des
capitales » comme on l’appelait, ou comment profiter de 8 heures de trajet dans une BX pourrie sans climatisation ni autoradio pour apprendre des choses utiles à ses enfants. Et le plus
drôle, c’est qu’on en redemandait !!!! Oui, à 6 ans, je savais que la capitale du Burkina Faso était Ougadougou… Ca vous en bouche un coin, hein ?) mais je ne comprends pas
vraiment en quoi la chute d’un mur mérite un discours…
La maîtresse nous a alors projeté des diapositives nous montrant Berlin, ce grand « mur de la honte » avec ses tags, ses barbelés, ses soldats qui avaient l’ordre de tirer
sur quiconque franchirait cette « ligne ». Elle nous a parlé des Allemands de l’Est, des Allemands de l’Ouest, de ces familles et de ces amis restés séparés si longtemps, de la
guerre froide… Avec des mots très simples, elle nous a dit les choses. Bon, je vous l’accorde, elle n’est pas non plus rentrée dans les détails : je ne suis pas sûre qu’à 8 ans, quiconque
puisse avoir les connaissances historiques et géopolitiques suffisantes pour comprendre les enjeux réels de cet événement.
Mais ce jour-là, ma vie a changé. Pour la toute première fois, j’ai eu conscience que la vie n’était pas légère pour tous. Pour la toute première fois, j’ai eu conscience d’avoir de la
chance, d’être une privilégiée. Pour la toute première fois, j’ai eu envie de regarder ce qui se passait à côté. A la fin de cette explication historique qui allait me marquer à jamais, j’ai
senti à la fois une immense joie à l’idée d’avoir vécu un moment aussi exceptionnel de l’Histoire, mais aussi une grande peur : je réalisai à ce moment-là que le monde était
cruel…
Vous êtes 10 personne(s) en ligne
...
...
...
...
...
...
...
Yabobola !
Alors moi je ne me souviens pas du tout de ce jour la!! j'etais surement encore entrain de faire la langue palmée avec mon petit voisin ou sinon j'étais à la maison en train de faire semblant d'être malade!!!
Moi, je n'en ai pratiquement aucun souvenir, sauf que j'ai dû l'apprendre dans Astrapi, et que j'en ai parlé à ma mère au goûter... mais je n'avais absolument pas compris tout ce que ça impliquait !
En tous cas, tu as eu de la chance d'avoir une maitresse qui t'a tout bien expliqué ! de l'avantage des écoles publiques de qualité sur les écoles privées de bonnes soeurs, où on évite à tout prix de parler du communisme !!!
"A plane crashed a tower, a dit le prof d'anglais. On avait 3 cours d'anglais derrière nous, on aurait été incapables de traduire 'plane', mais on a tous pigé. Et tout ce que le prof nous a raconté ensuite sur ces attentats, en anglais bien entendu...
Parce que là, je ne vois pas d'école de l'autre côté de la rue !!!