Après une petite promenade en voiture (qui ne dépasse généralement pas une vingtaine de minutes grand maximum : au-delà, ça
emmerde tout le monde. On se perd, c'est long, on froisse ses vêtements, on abîme son chapeau, on a soif ou très envie de faire pipi... Bref, le plus court sera le mieux), tous les invités
se retrouvent sur le lieu où auront lieu les festivités. La plupart du temps, et quand la météo le permet, le cocktail a lieu à l'extérieur, sur la pelouse où sont dressées quelques barnums
blancs sous lesquels sont installés de grandes tables qui servent de buffet.
Gros avantage de la chose : il est vraiment très agréable d'être dehors quand il fait beau. Gros inconvénient : essayez un peu de marcher élégamment dans l'herbe quand
vous portez des escarpins super fragiles avec 10 centimètres de talons. J'en ai bousillé plus d'une paire (et notamment mes sublissimes sandales dorées qui m'ont coûté un bras et n'auront pas
survécu à deux mariages. Les mariés devraient rembourser les vêtements abîmés à cause de leur organisation...) à force d'enforcer le talon dans des mottes de terre. Mais bon, je ne suis pas
rancunière.
En fonction du buffet, vous saurez si le dîner sera bon ou non. Ainsi, si le buffet est absolument infect et très peu copieux, vous pouvez espérer
que la plus grosse partie du budget a été mise dans le dîner : il n'y a donc pas de regrets à avoir. A l'inverse, si le buffet est extraordinaire (genre avec un stand fois gras + un stand
verrines + un stand canapés + un stand petits fours + une pyramide en macarons Ladurée, et sans compter les serveurs qui passent en permanence avec des plateaux débordants de douceurs
exquises), il est fort à craindre que le dîner sera de très mauvaise qualité. En effet, dans les grands mariages, tout le monde n'est pas invité au dîner : ainsi, certaines personnes ne sont
conviées qu'au cocktail. C'est facile : quand vous recevez le faire-part, s'il n'y a pas le bon pour la bouffe carton
d'invitation pour le dîner glissé à l'intérieur, c'est
que vous n'êtes pas convié au repas. Inutile de vous dire que quand je ne suis pas invitée à la totale, pas question que je pointe le bout de mon chapeau au mariage (genre je vais m'acheter
une robe, prendre le train et une chambre d'hôtel, tout ça pour manger trois amuse-gueules et boire une coupe de Champagne ? Faut pas pousser, je ne meurs pas de faim à ce point là...).
C'est pour cette raison très certainement, que les mariés mettent le paquet sur le cocktail : les lésés qui ne profitent pas du dîner n'auront pas l'impression d'être venus pour
rien.
Le cocktail, c'est le moment idéal pour faire des mondanités : c'est là qu'on retrouve des amis perdus de vue depuis longtemps, des vieilles tantes,
un cousin éloigné... ou qu'on retombe par hasard sur ce parfait crétin qui vous collait au cul et à qui vous avez fait croire que vous partiez au Texas épouser un éleveur de taureaux. Et merde.
Entre deux coupettes, on papote, on rigole, on commente la robe de la mariée, on potine, on réseaute, on name-droppe, on se gave de petits fours si le buffet est bon, on sourit au photographe
(vu le prix de votre robe, autant l'immortaliser). Mais surtout, ne pas oublier la mission principale : féliciter les mariés. C'est une étape OBLIGATOIRE. Alors plutôt qu'attendre le
moment de prendre congé ("félicitations, c'était super ! Merci et belle vie ! Allez, je filoche, c'est que j'ai de la route moi !"), autant présenter vos voeux de bonheur le plus tôt
possible. Et croyez moi, vous n'êtes pas les seuls à avoir cette brillante idée, comme le prouve la longue queue qui s'étend devant les jeunes tourtereaux. Pour faire la bise à la mariée, on
attend plus longtemps que pour les soldes privées Hermès. J'vous jure !
Après deux ou trois heures, le moment du dîner arrive. Pour faire venir tout le monde à table, plusieurs techniques : soit on envoie les enfants
d'honneur rabattre les invités comme du bétail (parfois avec des clochettes ou des grelots, ce que je trouve particulièrement charmant. Mais ce n'est là que mon humble avis...), soit on
sort le grand jeu et on sonne le cor de chasse : dans chaque famille, il y a toujours un ou deux "sonneurs" qui se feront un plaisir de faire partager leur talent ("tiens, comme par hasard,
j'ai apporté mon cor, juste au cas où". En fait, il a répété pendant 3 mois, mais il ne l'avouera certainement jamais !). Les convives se dirigent donc vers la tente ou la salle qui
accueillera le repas, alors que les pauvres malheureux qui n'ont pas leur ticket-bouffe rentrent à la maison : pour eux, la fête s'arrête avant même d'avoir commencé... Et pas la peine d'essayer
de s'incruster, il y a toujours la barrière du plan de table...
La suite demain...
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