Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 08:59
Il est 21h, je passe les portillons du métro et me dirige vers le quai. Trois petits mecs en uniforme jogging / casquette / gourmette m'entourent : "hé, mademoiselle, pas si vite. On peut se parler ?" "Désolée, je suis pressée". Ils insistent : "vas-y, c'est bon, viens avec nous, on va sortir et tout". Je n'aime pas trop la notion de "et tout" : avec toutes les horreurs qu'on voit à la télé ou dans les journaux, je n'ai pas franchement envie de figurer dans la rubrique "faits divers" de 20 Minutes. Je les écarte assez violemment et utilise ma technique de défense préférée : courir vite.

J'entends le métro : je me précipite dans les escaliers. Une vingtaine de marches me séparent du wagon salvateur : j'accélère le pas. Je passe la première dizaine sans encombre (je maîtrise la course sur talons hauts à la perfection. Des années d'entraînement...) et attaque le deuxième escalier. Et là, je n'ai pas compris...

Le sol s'est dérobé sous mes pieds : est ce que j'ai glissé ? Marché sur mon écharpe (quelle idée aussi d'avoir autour du cou 1m50 de laine tricotée quand 50cm suffisent ?) ? Raté la marche ??? En un quart de seconde, je me suis sentie plonger dans le vide, la tête la première. Comme dans un film, j'ai eu cette désagréable sensation que le temps ralentissait et que chaque seconde se trainait laborieusement. Je me suis vue basculer vers l'avant, j'ai senti que mon corps ne touchait plus le sol, puis qu'il retombait violemment sur une marche, puis une autre, puis encore une autre...

C'est drôle ce qui vous passe par la tête dans ces moments là. La seule chose à laquelle j'ai pensé, c'est "mon Dieu, je ne veux pas mourir". Puis, par un réflexe étrange, je me suis dit qu'il fallait que je me laisse tomber, sans essayer de lutter, tout en protégeant mon visage. Je sentais chaque marche qui tapait, tapait, de plus en plus vite. J'avais juste envie que ça s'arrête.

Et finalement, j'ai atterri en bas de l'escalier. Impossible de bouger. J'avais encore en tête la vue de ces marches qui défilaient. J'ai rouvert les yeux, pris une grande respiration, remué les poignets, puis les jambes et je me suis laborieusement assise, incapable de me relever. Je suis restée par terre un bon moment : j'ai relevé la tête et vu le contenu de mon sac à main éparpillé tout le long de l'escalier. J'ai fini par me relever, après avoir fait les supers exercices de relaxation qu'on nous apprend à la gym ("on inspire fort - on bloque - on expire") : mes jambes et mes mains tremblaient comme des feuilles...

J'ai récupéré mes affaires et me suis avancée sur le quai du métro, où j'ai vu qu'une demi-douzaine de personnes, tranquillement assises, avaient assisté à ma chute et n'avaient pas levé un petit doigt. J'ai eu envie de pleurer. Mais c'est surtout le lendemain matin, en me réveillant toute courbaturée, que j'ai réalisé que j'avais quand même fait une belle chute et que j'avais eu beaucoup de chance de ne pas avoir plus de séquelles. Ma cuisse gauche est violette et gonflée comme un ballon baudruche, j'ai des bleus sur les hanches, les fesses le dos et les bras, et mes mollets (de la cheville au genou) ont pris une atroce couleur verdâtre.

J'avoue que pour la première fois de ma vie, me casser la figure ne m'a pas fait rire. Au contraire, j'ai eu vraiment très peur...

Mais quand je me vois toute nue dans la glace, avec le recul, je me bidonne : je suis juste monstrueuse !!!

Par Mado - Publié dans : Paris - Communauté : Teckel Enragé and friends.
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