Alors quand on m'a invitée à un grand bal qui
aura lieu au Carnaval de Venise en février prochain, j'ai bien sûr dit oui tout de suite : j'ai toujours rêvé de porter une de ces merveilleuses robes que l'on ne voit que dans les documentaires
télé sur le 18ème siècle ou dans les brochures touristiques sur la cité des Doges. Ce week-end, je suis donc allée chercher mon costume.
J'ai rendez-vous à 11h (oui, Mucha ne reçoit que sur
rendez-vous. Ca, c'est la vraie classe...) : à peine ai-je franchi le pas de la porte et suis-je entrée dans la boutique, que je suis déjà transportée dans un autre univers. Partout, du sol
au plafond, des costumes suspendus dans tous les sens. Dans un fatras d'étoffes colorées, de tissus aussi nombreux que variés, de soieries, de velours, de tulle, de taffetas, de cuir, de
bayadère, de skaï, de crèpe, de voile, de perles, de plumes, de paillettes, d'organdis et autres mousselines, se mélangent des déguisements d'indien, de danseuse de french cancan, de chevalier,
de petit mousse, de dandy anglais, de soldat napoléonien et de reine de France...
On est tout de suite étouffé par cette profusion
de costumes, puis l'oeil s'habitue, et l'on reconnait ici un masque, là une perruque de marquise poudrée, là encore un coffre à bijoux plein de bagues dorées et clinquantes...
La couturière (appelons la Madame)
m'accueille et m'emmène dans le boudoir : cette petite pièce, cachée au fond de la caverne d'Ali Baba boutique, dans laquelle s'entassent,
autour d'un canapé couvert d'une couverture en fourrure blanche, des robes de princesse... D'un coup d'oeil, Madame évalue ma carrure - "Houla, vous êtes toute mince (yessssss !) et
toute petite (grrrrrrrr)" - et me tend une robe de marquise du 18ème siècle, tout droit sortie d'un tableau de Watteau...
J'enfille le jupon de cerceaux (oui, les
marquises portaient des crinolines : si quelqu'un peut trouver une solution au délicat problème qui va se poser, je suis preneuse... Oui, comment fait-on pour faire pipi avec tout ce volume
?), la jupe, le corset (avec faux seins intégrés, hé hé hé, Madame a tout compris !), la perruque... Et me voilà faisant un bond de trois siècles en arrière. En me regardant dans la
glace, je n'ai pas vu Mado la petite parisienne qui fait des blagues nulles, mais une petite poupée de boite à musique... Je n'ai qu'une hâte, c'est que le jour du bal arrive...
Et puis il a fallu délacer le corset,
enlever la perruque, retirer la robe, et retrouver ma peau de jeune femme du 21ème siècle. C'est d'une tristesse de revenir à la réalité...
Bon, il ne me reste plus qu'à trouver mon
costume d'Amy Winehouse pour ma soirée So British de samedi prochain !Vous êtes 9 personne(s) en ligne
Vous disiez ?