Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 08:05

images-copie-33.jpg Dans ma famille, personne n'a les oreilles percées. Lorsque, vers l'âge de 13 ans, pour faire "comme mes copines", j'ai demandé à ma mère l'autorisation de me faire percer les oreilles, je me suis vue envoyer paître au motif que "c'est vulgaire". J'ai donc longtemps porté de fausses boucles d'oreilles, à clip, pour laisser croire que j'avais les oreilles percées, même si ce n'était pas le cas. Un jour, je me suis même offert des boucles aimantées : ça aurait vraiment été chouette si je ne les avais pas perdues en moins d'une semaine. Je dois avouer que le fait de ne pas avoir de trous dans les oreilles était pour moi un véritable handicap ; comment ferais-je le jour où mon prince charmant m'offrirait de superbes diamants ? Oui, je sais, j'étais naïve à l'époque. Cela fait maintenant plus de 15 ans, et personne ne m'a encore offert de diam's (je ne parle bien évidemment pas de la chanteuse). Et puis un jour, tout a changé...

 

images-copie-34.jpg Pour mes 16 ans, je suis partie en vacances aux Etats-Unis chez une amie, qui avait les oreilles percées. Et lors d'une visite au Mall (vous savez, ces immenses centres commerciaux, dans lesquels il y a des dizaines de boutiques en tous genres et des tas de restaurants, aires de jeux, cinémas... Un vrai centre d'attraction - au sens propre comme au figuré - pour les acheteuses compulsives et leurs familles), nous nous sommes arrêtées devant une boutique de boucles d'oreilles. Ma copine choisissait une paire, pendant que je regardais, les yeux brillants, ces petits bijoux qui me faisaient littéralement rêver. Quand la maman de ma copine m'a dit "tu veux te faire percer les oreilles ? Je t'offre ça pour ton anniversaire, si tu veux". Chaud, froid, fouillis dans ma tête, ma mère va me tuer... Tant pis, on y va.

 

index-copie-4.jpg A peine le temps de réfléchir que me voilà déjà assise sur la chaise médicale, dans un coin du magasin : la vendeuse me fait choisir mes premières boucles d'oreilles (j'ai pris les plus petites, de ravissantes et minuscules pierres bleues, pensant choisir les moins chères, pour ne pas abuser face à un tel cadeau. Manque de pot, c'était les plus chères... Comme quoi, ce n'est vraiment pas la taille qui compte), me désinfecte les lobes, marque l'endroit où il faudra percer et s'approche de mon oreille avec un pistolet. En moins de temps qu'il n'en faut pour réaliser ce qui se passe, je sens un gros pincement, une brûlure et une forte douleur à l'oreille. Et immédiatement, je visualise ces petits veaux que j'avais vus l'été dernier pendant les vacances, quand le fermier leur agrafait une étiquette orange sur l'oreille pour pouvoir les reconnaître. La douleur est intense, mais il n'y a pas le choix : il faut percer l'autre oreille (bien qu'à ce moment, j'envisage de ne porter qu'une seule boucle d'oreille pour le restant de mes jours). Héroïque, je surmonte mon traumatisme et me fais percer l'autre oreille. Et ce n'est que le soir que j'ai appelé ma mère pour lui annoncer, toute penaude, mais quand même super contente, que j'avais les oreilles percées. J'avoue que la nouvelle était plus facile à avouer en sachant que des milliers de kilomètres nous séparaient et que mon retour n'était pas prévu avant 10 jours, ce qui laissait un peut de temps pour que les choses se tassent (avec le recul, j'ai été bien bête de stresser : ma mère a trouvé ça très joli. Comme quoi, quand on est ado, on se fait une montagne d'une petite colline).

 

images-copie-35.jpg Pendant les semaines qui ont suivi, je ne me lassais pas de regarder mes lobes (c'est une partie du corps injustement oubliée, d'ailleurs), en attendant le jour béni où je pourrais enfin enlever mes prothèses et mettre des boucles d'oreilles fantaisie. Ce jour-là, dans ma chambre, après 6 semaines de cicatrisation et de soins quotidiens, j'ai enlevé les petites pierres bleues... Mais en voulant les remettre, impossible de faire quoi que ce soit : les trous s'étaient refermés. J'y suis allée comme une bourrine : j'avais tellement souffert pendant le perçage qu'il n'était pas question de perdre mes précieuses boucles d'oreille. Personne ne m'avait prévenue que mon lobe allait tripler de volume... Désinfectant qui brûle, antibiotiques : la totale. Mais 15 ans plus tard, j'ai toujours mes trous.

 

images-copie-36.jpg Le hic, c'est qu'ils se referment encore et toujours en moins de 12 heures. Et ce week-end, j'ai fait la bêtise d'oublier mes boucles d'oreille. Et me repercer moi-même l'oreille avec une épingle à cheveux était vraiment une TRES mauvaise idée... Si on m'ampute du lobe, je ne m'en remettrai jamais...


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