J'ai longtemps refusé de manger des huïtres. Je ne peux pas dire que je n'aimais pas : je n'avais jamais goûté. Mais le simple fait d'imaginer cette chose vivante, gluante et
glaireuse dans ma bouche me retournait l'estomac. Impossible donc de manger la plus petite huïtre. Mais un jour, je n'ai pas eu le choix : je me suis retrouvée, au soir du nouvel an 2004, chez un
ami qui, avec un chantage affectif des plus vils ("si tu ne manges pas au moins une huître, je ne te parle plus jamais" - vous voyez un peu le niveau...), m'a dépucelée, huîtristiquement
parlant bien sûr. Ce jour-là, ma vie a changé...
Le coup de foudre. L'explosion gustative. Le whaou. Le "oh my god". Le "faut que je recommence, now". Cette nuit-là, je suis tombée amoureuse des huîtres. Parfois, je préférerais
avoir des goûts plus simples. Comme je vivais alors à Nantes (pas trop loin de la mer, donc), j'ai pu profiter pleinement de ma nouvelle passion. Tous les dimanche soirs, j'allais dîner
à la Cigale : une douzaine d'huîtres, du pain, du beurre demi-sel et un verre de vin blanc. Je ne demandais rien de plus.
Et puis j'ai quitté Nantes : finies les huîtres... A Paris, elles sont bien moins fraîches mais beaucoup plus chères. Alors à la moindre occasion, quand je vais au bord de la mer, je me gave d'huîtres.
Mais ce week-end, j'ai vécu le meilleur moment de ma vie avec des huîtres. Un mariage merveilleux, une cérémonie très émouvante, puis vient le moment du cocktail. Et pour la première
fois de ma vie, j'ai été surprise : pas de gazon vert dans lequel je bousille mes talons, pas de tente, pas de décor lisse et artificiel, pas de tralala. Juste la mer et un sublime coucher de
soleil comme écrin magnifique. Et un bateau rempli d'huîtres ultra fraîches (mais déjà ouvertes !!!!! Le rêve, quoi !). Je me souviendrai toute ma vie de mes deux douzaines d'huîtres
(au moins : après, j'ai arrêté de compter), mangées en regardant le soleil devenir rouge, en buvant du Champagne au son du groupe de jazz.
J'avais vraiment l'impression d'être dans Sous le Soleil (oui, je parle bien de la série télé française la plus exportée dans le monde...). Et j'ai adoré...
Un seul regret : j'aurais dû en manger plus. Mais bêtement, je me suis dit que ça ne se faisait pas de passer pour une grosse morfale, alors j'ai arrêté. Bah voilà, maintenant, je
le regrette amèrement... Quoi que... Je n'ose même pas me peser...
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