Mercredi 9 décembre 2009
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Si je vous parle de New York, vous imaginez immédiatement des
gratte-ciel, des rues étroites et des taxis jaunes. Quand je mentionne Londres, vous pensez aux black cabs, avec leur forme ronde, le grand espace pour les jambes et les bagages, et la vitre en
verre qui vous sépare du chauffeur. Et quand je parle de Paris, que pensez-vous de ses taxis ?
C'est facile : les taxis parisiens ont la réputation de conduire mal, de
coûter une fortune, de râler tout le temps et d'essayer de vous arnaquer en prenant toujours le chemin le plus long. Normal, quoi !
Surtout, prendre un taxi à Paris demande une parfaite connaissance des règles d'utilisation
de ce moyen de transport. Mettons nous en situation : on est samedi soir, c'est l'anniversaire de votre copine Marie-Chantal (rapport au foulard. Elle se reconnaîtra
). Pour l'occasion, vous faites péter les sublimes bottes en cuir, si si, celles avec 10cm de talons, celles que vous
aimez tellement mais avec lesquelles il est impossible de marcher ou de danser (à moins d'être dans un état d'alcoolémie tellement avancé que vous ne sentez plus la douleur, mais là, c'est
une autre histoire). La soirée se passe tranquillement, vous refaites le monde dans la cuisine avec un ami que vous n'aviez pas vu depuis longtemps. L'heure tourne et, oh drame, vous ratez
le dernier métro. Pas de problème, vous prendrez un taxi. Enfin, c'est ce que vous croyez...
Sur les coups de 2 heures, vous réalisez que dans 8 heures, vous avez cours
de gym, et qu'à 12h30, vos invités débarqueront chez vous pour le brunch : vous êtes résonnable et vous dites que vous feriez mieux de rentrer. Vous chercherez un taxi, encore et encore, tout en
avançant péniblement jusqu'à chez vous. Ce n'est qu'au bout d'une heure de marche douloureuse que vous croiserez un taxi libre, à 200 mètres de chez vous. Il refusera de vous prendre, bien sûr.
Les 200 derniers mètres sont toujours les plus longs : vous les parcourrez en pleurant de douleur. Pour de vrai.
Le truc à savoir, donc, c'est que soit on prend le dernier métro, soit on attend le premier, celui de 5h30. Mais espérer trouver un taxi dans Paris entre 2h et 4h, n'y pensez même pas...
Mais parfois, quand vous réussissez par miracle à en attraper un, vous
n'êtes pas au bout de vos peines... Parce que le chauffeur sympa, gentil, qui ne parle pas et qui vous ramène chez vous en 5 minutes, ça n'existe pas.
Mais il faut avouer que parfois, on tombe sur des cas sociaux : j'ai déjà
été confrontée à l'hyper religieux qui lisait le Coran en conduisant (le livre bien calé dans le volant) et à celui qui regardait carrément un DVD sur le petit lecteur portable posé
devant lui. J'ai eu droit à l'indiscret qui parle pendant 2 heures, raconte toute sa vie et te donne tous les détails de ses passionnantes aventures. J'ai rencontré celui qui
te dit que les femmes sont faites pour rester à la maison, à élever les enfants et
que celles qui travaillent sont des traînées. J'ai déjà été conduite par un fou très agressif qui, parce que la voiture de devant n'avait pas mis son clignotant, est sorti de son véhicule pour
casser la gueule du "chauffard" : on a tous fini au poste de police qui se trouvait à 300 mètres (ça tombait bien : c'est là que je me rendais pour retrouver un ami qui portait plainte pour
vol à l'arrachée).
Et puis vendredi, je suis montée dans le taxi d'une vieille dame
(cheveux blancs, rides profondes et 4 petits-enfants : oui, elle m'a raconté sa vie, aussi). Je pensais que le voyage allait être tranquille : c'état sans compter sa paranoïa latente...
Elle s'est mise à hurler "cette connasse, elle ne croit quand même pas qu'elle va me doubler ? Elle veut faire la course ? Bah on va faire la course !" : effectivement, elle a fait la
course contre la voiture électrique de ce pauvre petit couple de vieillards qui
roulaient pépèrement sur la place de la Madeleine. Et bien évidemment, la voiture électrique a pris le même chemin que nous (pépé et mémé devaient vivre près de chez moi). Alors mon
Schumacher féminin a appuyé sur le champignon, de plus en plus fort. Et bien sûr, elle a gagné la "course" Mais avait-elle vraiment besoin de leur faire un bras d'honneur par la fenêtre
???
Je crois que je vais me mettre au Vélib'...
Par Mado
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Publié dans : Paris
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