Pour une fois, je n’ai pas grogné pour sortir du lit : Paris sous la
neige ??? Il faut que je vois ça tout de suite. J’ouvre mes rideaux et, effectivement, la cour de mon immeuble est recouverte d’un épais tapis blanc, et de gros flocons tombent doucement du
ciel.
Sur mon boulevard, chaque matin, c’est la
cacophonie : les voitures qui klaxonnent les camions qui stationnent, les collégiens qui chahutent, les commerçants qui ouvrent leurs boutiques, les passants pressés qui téléphonent, un
chien qui aboie (généralement le mien, malheureusement…. Oui, choupette est d’humeur râleuse le matin !). Dès le matin, tous ces bruits parasites fatigants qui rythment la journée des
parisiens.
Mais quand il neige à Paris, point de
tout cela. Ce manteau blanc -qui recouvre les trottoirs, les arbres, les bancs, les lampadaires, les voitures garées dans la rue- semble comme étouffer tous les bruits de la ville. On
n’entend plus alors que le crissement de la neige sous nos pieds…
Chaque pas devient alors une épreuve : surtout, ne pas glisser et se
casser la jambe (ce serait con, surtout à quelques jours de Noël et des quelques jours de congé qui vont avec). Les passants marchent avec précaution, regardant bien où ils mettent les
pieds. Chacun semble concentré sur le simple fait de se déplacer, rien d’autre.
Choupette a mis une patte dehors, puis a voulu faire demi tour :
vous aimeriez marcher pied nu dans la neige, vous ? Je l’ai traîné un peu, laissant derrière moi la trace d’un cadavre que l’on traîne. Puis, il s’est décidé à avancer tout seul, et s’est
aventuré à faire pipi, imprimant ainsi une marque visible de son passage dans la neige immaculée. Moi aussi j’aurais aimé faire pipi dans la neige. Même que si j’avais été un garçon, j’aurais
écrit mon prénom (d’un autre côté, mes parents m’auraient appelé Jean-Baptiste. J’aurais préféré que ce soit Luc ou Sam, c’est moins long).
Ce qui est surprenant à Paris quand il
neige, c’est que tout l’équilibre économique de la capitale semble rompu : la moitié des salariés ne viennent pas au bureau (je ne compte même plus les appels que j’ai passés, pour m’entendre
dire « elle est absente aujourd’hui, elle est coincée par la neige. Rappelez demain ». Ca va, il a neigé 5 centimètres : ce n’est pas comme si 2 mètres de neige étaient tombés pendant la nuit et
qu’il faille déblayer la ville au chasse-neige), les métros et les RER ont du retard, les magasins sont pris d’assaut par des minettes qui vont vite s’acheter une paire de Moon-Boots® roses
ou dorées qu’elles ne porteront que deux jours dans l’année…
Il neige à Paris et tout le monde râle, contre le trottoir qui glisse,
contre l’humidité qui ruine le brushing de la veille, contre cette neige qui bouffe le cuir de la nouvelle paire de chaussures très très très chère, contre les voitures qui roulent trop
lentement, contre les voitures qui roulent trop vite, contre les bus qui n’arrivent pas, contre les passants qui ne regardent pas devant eux tellement ils se protègent sous leur parapluie, contre
ce froid qui vous saisit, contre les pieds mouillés…
Il neige à Paris et moi j’aimerais faire l’école buissonnière.
J’aimerais me promener au Parc Monceau pour voir les pelouses toutes blanches. J’aimerais voir une Tour Eiffel d’albâtre. J’aimerais regarder les enfants faire des batailles de boules de neige à
la sortie de l’école. J’aimerais voir les statues des Tuileries. J’aimerais monter dans la grande roue de la place de la Concorde et voir ma ville blanche d’en haut. J’aimerais courir sur le
Champs de Mars tout blanc, la bouche ouverte pour manger des flocons pleins de pollution (n’oublions pas que nos sommes loin de l’air pur des Alpes !) et faire l’étoile dans la neige.
J’aimerais boire du vin chaud avec mes potes à la terrasse (chauffée) d’un café, devant une grosse plaque de verglas, et regarder les gens se casser la figure (et me moquer d’eux un petit peu…). J’aimerais descendre les pentes de Montmartre sur les luges tape-cul que j’ai achetées l’année dernière (et qui n’ont pas
servi, mes acolytes de voyages s’étant respectueusement foulé la cheville et rompu les ligaments croisés. Vous noterez que seule l’une d’entre elles n’a pas fait les choses à moitié
!). (photo Jseb Photographie)
Mais non, il neige à Paris, et je suis assise à mon nouveau bureau,
devant mon nouvel ordinateur, à répondre à mon nouveau téléphone pour parler à mes nouveaux clients. Et je dois bien avouer qu’à ce moment précis, je donnerais tout ce que j’ai pour ne pas avoir
de job et pouvoir profiter pleinement de cette journée. Parce que dans quelques heures, la neige aura fondu, remplacée par un mélange de gadoue, de sel et de sable, et Paris aura perdu sa belle
couleur blanche pour retrouver son habituel gris hivernal.

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" Moi aussi j'aurais aimé faire pipi dans la neige "
nan mais Mado, serieux ?!
Enfin... bonne journée quand même.
Et heureusement, je ne me suis rien cassé...
Et malheureusement, avec la "chaleur" d'aujourd'hui, ce qu'il restait va disparaitre...
Pour ma part cela fait 4 jours que je suis bloquée dans ma montagne...
Et sinon, je compatis, c'est vrai que ça a l'air drôlement joli. Avec un peu de chance en sortant du boulot y'en aura encore un peu !
Mais elle est où ta montagne ? Ne me dis pas que tu fais du ski ?????
Lorsque je travaillais et qu'il neigeait, je metais de la musique classique au magasin, c'était sympa synchronisé avec les flocons qui tombaient...
là tout est fondu, il pleut de la neige fondue, et à 25km au nord, chez ma soeur, il neige, c'est pô juste !
Mais c'est beau, la neige, oui oui oui :)
Je te souhaite un joyeux noel en avance, parce que je parts dans quelques heures au soleil pour noel.
Et le blog fait parti de mes bonnes résolutions de l'année prochaine.
Bises sous le gui.
Joyeux noël ! Et profite bien de tes vacances au soleil (suis jalouse !)