Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 08:05

index-copie-62.jpg Fin d'une journée particulièrement stressante remplie de coups de fil inutiles, de dossiers compliqués, de clients insupportables et de tas de trucs bidules de merde à gérer. Autant dire que l'idée de passer faire des courses au Monoprix à l'heure de pointe est loin de vous enchanter, bien au contraire, mais il va bien falloir vous nourrir. En plus, vous n'avez plus de papier toilette : pas le choix donc. Allez, courage !

 

index-copie-61.jpg Equipée d'un panier à roulettes, vous déambulez à toute vitesse dans les allées du magasin que vous connaissez comme le fond de votre poche. En cinq minutes, vous avez rempli votre panier de tout ce qu'il vous faut pour vivre. Direction la caisse. Et c'est la que ça se gâte... Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de queue pour payer, pas de mère de famille avec ses deux caddies pleins à craquer et sa grappe d'enfants qui hurlent parce qu'ils veulent des bonbons, pas de vieille dame tellement seule qu'elle profite de ses commissions pour taper la discut' à la caissière pendant un quart d'heure à l'heure de pointe (alors qu'elle pourrait faire ça en début d'après-midi, quand le magasin est désert...), ni de bande d'ados qui se sont cotisés pour acheter des bières et qui paient 8 euros 42 en pièces jaunes.

 

index-copie-63.jpg Et finalement, votre tour arrive. Vous posez tous vos articles sur le petit tapis roulant, en laissant un peu d'espace après ceux de la personne devant vous qui, de toutes façons, aura tellement peur d'avoir à payer votre paquet de PQ, qu'elle intercalera rapidement la petite barre "client suivant" entre ses achats et les vôtres. Elle paye ses emplettes, et c'est à vous. Le moment fatidique, celui qui peut tout changer... Vous êtes face à face avec la caissière. C'est là que tout peut arriver...

 

Petit aperçu de specimens de caissières aperçus à Paris.

 

Celle qui tire la gueule : vous êtes devant elle, vous dites "bonjour" en souriant (oui, je fais partie de tribulation_caissiere_iamge1.jpg ces clients qui arrêtent de téléphoner au passage en caisse, et disent "bonjour-au revoir- merci à la dame")... et rien. Pas un regard, pas un bonjour, pas un sourire. Grosse ambiance. TUT. TUT. TUT. Seul le bruit des articles qu'elle scanne rompt le silence. "Vingt-huit-euros-et-trente-deux-centimes-vous-avez-la-carte-de-fidélité-TUT-insérez-votre-carte". Elle vous tend votre ticket sans un regard. Client suivant. Pas la peine de pousser de hauts cris en disant que j'exagère et que ce métier est très difficile : oui, c'est vrai, il y a des clients très chiants et impolis, mais je peux vous garantir que lorsque vous travaillez dans le privé et que vous avez des relations avec vos clients, quoi qu'ils se passe, vous faites bonne figure. Mais bon, nous sommes en France, n'oublions pas que le client n'est pas roi...

 

Celle qui jacasse avec ses copines : peu lui importe que quinze personnes patientent devant sa index-copie-64.jpg caisse, elle papote. Assise sur son siège, elle discute avec sa collègue, de tout et surtout de rien : de ses règles, de mecs, de fringues, de ses problèmes gastriques... Aucune pudeur, le monde autour n'existe pas. Pire, parfois, elle interpelle une collègue carrément installée à une autre caisse, à quelques mètres de là : "hé, Sabrina, tu as vu la Nouvelle Star hier ?". Un grand classique également chez les vendeuses de Zara qui préfèrent ragoter plutôt que de vous répondre quand vous cherchez un article dans les rayons. Le client qui a l'impression de gêner : ça parait inconcevable, et pourtant...

 

Celle qui commente vos achats : "alors, on fait une petite fête ?". Euh, bah oui : les 12 paquets de index-copie-65.jpg chips, elle doit bien se douter que ce n'est pas pour moi ! Et au fur et à mesure que les articles passent dans ses mains, elle y va de son petit commentaire. Je suis ravie de savoir qu'elle aussi adoooooore les yaourts à la mangue et que le balais Swiffer, c'est vraiment très efficace, mais d'un autre côté, je n'aime pas trop qu'une parfaite inconnue déblatère sur mes habitudes de consommation.

 

Celle qui fout la honte : "ah, ça passe pas. Vous connaissez le prix ?". Non, je index-copie-66.jpg ne connais pas le prix exact de tous les articles que j'ai mis dans mon panier, désolée. Pas de problème, elle va demander au stagiaire d'aller vérifier dans le rayon en hurlant un "Fabrice !!!!!!! Tu peux me donner le prix du paquet de Tampax ultra absorbant spécial flux abondant", le dit paquet levé vers le ciel pour que Fabrice voit bien de quoi il s'agit. Pendant ce temps-là, rouge de honte, vous essayez de faire celle qui n'a rien entendu, devant tous les autres clients agacés qui, derrière vous, piaffent d'impatience en attendant que vous dégagiez avec votre boite de tampons.

 

Celle qui se plaint tout le temps : *soupir* "ah, j'ai mal au dos" *soupir* "c'est pas une vie" index-copie-67.jpg *soupir* "et puis ce temps humide, c'est pas bon pour mes rhumatismes" *soupir* "en plus, j'ai des gaz" *soupir*. Tout votre passage en caisse ressemblera à une consultation chez un gériatre : la caissière dépressive, il n'y a rien de pire pour vous miner le moral. Il y en a une dans mon Monop : les clients du quartiers la connaissent tous ! La preuve, il n'y a jamais la queue à sa caisse. Pourquoi ? Parce qu'il est moins long de patienter derrière cinq personnes que de tomber sur celle qui vous tient la jambe pendant trois plombes pour vous raconter ses malheurs.

 

index-copie-68.jpg Et parfois, gros coup de bol, on tombe sur une caissière sympa : elle est souriante, polie, vous fait un petit clin d'oeil complice parce qu'elle aussi a remarqué que le monsieur devant vous avait fait un gros "prout" qui vous donne un fou rire très difficile à contrôler. Mais celle-là, c'est une espèce rarissime...  Oui, être caissière c'est difficile. Oui, on tombe sur des clients pas facile. Mais ce n'est pas une raison pour être désagréable... D'ailleurs, on ne dit plus "caissière", mais "hôtesse de caisse" : un peu comme des "hôtesses d'accueil", vous savez, ces jolies potiches, maquillées et pomponnées jusqu'au bout des ongles, qui vous souhaitent la bienvenue et vous orientent avec un sourire bright figé. Mouais, il y a encore du boulot quand même...

 

Par Mado - Publié dans : Paris - Communauté : Auto-histoires de vie...
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