Quand vous passez un entretien d’embauche (oui, ça risque de vous arriver un jour. Même si c’est la crise. Même si vous avez envoyé des centaines de CV restés sans
réponses… Même si vous pensez que la situation est désespérée...), viendra forcément, à un moment ou à un autre, la délicate question du salaire.
« Alors, mademoiselle, quelles sont vos prétentions salariales ? »
A chaque fois, ca me fait la même chose : je me mets à transpirer et à être mal à l’aise. En France, parler d’argent est encore tabou. Bien évidemment, on anticipe la question,
on se fixe une limite en-dessous de laquelle on ne descendra pas…. Bref, au moment crucial, on lâche toujours la redoutable petite phrase prononcée en rougissant et en bafouillant
« euh…. Bah je voudrais un salaire de XK euros (non, on ne prononce pas le « mille » : on dit « K ». Ainsi, ne dites pas « cinquante mille » mais
« 50K ». Ca fait genre vous maîtrisez les chiffres), mais c’est … euh… négociable ».
"Négociable", le mot est lancé. Ca, ca veut dire que vous êtes cuit. Tout de suite, le recruteur va vous proposer le salaire minimum de la fourchette que vous lui avez indiquée. C’est
ainsi que vous vous ferez embaucher à un salaire ridicule et que devrez rattraper votre retard de rémunération, perdant ainsi de précieuses années (et tout plein de
pépettes).
Oui, le recruteur, profitant de votre gêne à parler gros sous, va vous déstabiliser et essayer de vous payer le moins cher possible. D’ailleurs, en général, il va tenter de vous faire
lâcher le chiffre en premier : si vous demandez 30K, alors qu’il a un budget de 40, pourquoi alors payerait-il plus cher ce qu’il peut avoir à moindres frais ????
Alors, cette fois-ci, j’ai décidé d’y aller cash et de ne pas me faire avoir. J’ai préparé mes arguments, fait des recherches sur les grilles de salaire (merci Internet),
interrogé mes amis Marketeurs pour connaitre grosso-modo leur niveau de rémunération, et j’y suis allée remontée à bloc. Non, je ne suis pas carriériste, et non je ne travaille pas que pour
l’argent, mais il y a un moment où il faut recevoir ce que l’on mérite. C’est tout.
L’entretien se passe bien : je suis détendue, je mène mon truc et tout se déroule comme sur des roulettes. Mais je sens la question qui arrive… Concentration extrême…. C’est MAINTENANT.
Recruteur : « quelles sont vos prétentions salariales ? »
Moi : « je voudrais XXK euros »
Recruteur, prenant un air étonné et levant les sourcils : « Est-ce que vous vous rendez-compte que c’est le salaire d’un cadre senior en Marketing ? »
Aïe, c’est qu’il attaque sec le bougre. Surtout ne pas se laisser démonter. Je respire un grand coup, me redresse sur ma chaise, souris, incline un peu la tête sur le côté, bat deux
ou trois fois des cils (n’oublions pas que c’est un homme : ne jamais laisser de côté l’atout « charme ») et lui sors mon petit laïus.
Moi : « Ecoutez, j’ai une maîtrise de Droit, un master d’une grande école, j’ai de l’expérience à l’étranger, je parle anglais, j’ai eu des missions très diverses dans des domaines variés, je suis autonome et capable de m’adapter très rapidement. Je pense donc que c’est ce que je vaux sur le marché du travail, et je n’accepterai aucune proposition inférieure à ce salaire ». Sourire de fin.
Là, j’avais les chocottes : sacré coup de bluff quand même… Parce qu’effectivement, c’est dans la fourchette de ce que je « vaux », mais plutôt dans la partie très supérieure !!!!
48 heures plus tard, je recevais une proposition d’embauche au salaire que j’avais demandé.
Comme quoi, il faut y aller sans hésiter !!!
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Alors, tu as retrouvé un nouveau job, en fin de compte, ou pas ?
En tous cas, toutes mes félicitations !
D'ailleurs, maintenant que t'as un super salaire, un nouveau boulot, qu'on arrive fin novembre... on se prend un pot un soir ? ;-)
Bisous