L’art contemporain, c’est pas trop mon truc : j’avoue, je suis une véritable inculte, et quand on me montre un clou pendu à un bout de ficelle,
en me disant que l’artiste a voulu, à travers cette œuvre, dénoncer la domination de l’homme sur l’animal et critiquer le colonialisme et la mondialisation (?), j’ai l’impression qu’on
se fout de ma gueule. Rien que ça. Ca ne m’a pas empêchée d’aller faire un petit tour à la Saatchi Gallery, le week-end dernier, à
Londres.
Bon, il faut l’avouer, le musée en lui-même est superbe : les pièces sont immenses, les éclairages parfaits, il n’y a pas trop de monde, et il y a juste assez de
salles pour qu’on voit suffisamment d’œuvres sans pour autant saturer complètement.
En revanche, certaines œuvres sont assez surprenantes, incompréhensibles et mettent mal à l’aise : comme ce chariot noir sur lequel sont entassés des matelas brûlés
et des forceps, et qui, grâce à un mécanisme, se lève et s’abaisse comme s’il respirait. Ou ce chameau empaillé plié dans tous les sens pour rentrer dans une valise géante. Ou encore ces photos
violentes de corps abîmés et en souffrance.
Mais je dois bien reconnaître que d’autres œuvres sont assez exceptionnelles et méritent à elles seules le détour. Et principalement cette salle réservée à l’œuvre
d’Emily Prince, qui présente de manière chronologique (à la façon d’un calendrier) des portaits faits à la main de chacun des soldats américains tués en Irak. Chaque soldat a sa fiche,
avec quelques mots pour ne pas oublier ce qu’il aimait, son âge et la date de son décès. Le dernier date de décembre 2009 : de nouvelles cases sont déjà dessinées sur le mur pour accueillir
les prochains dessins. En regardant ces centaines de carrés de papier épinglés sur les murs de cette grande salle, on réalise vraiment l’atrocité et l’inutilité de ce conflit.
Une autre œuvre m’a également surprise : j’entre dans une pièce et me retrouve sur un balcon. En regardant en haut et en bas, je ne vois qu’une pièce vide, avec des
carrés de lumière au sol et au plafond, et deux rangées de fenêtres. Puis, en y regardant de plus près, je remarque, en me penchant un peu, que je vois mon reflet sur le sol : je comprends
alors que la pièce est intégralement remplie de liquide. Et c’est à cette odeur particulièrement écœurante que j’ai réalisé que devant moi s’étendaient des litres d’essence. La sensation est
indescriptible (je me suis vite sentie étouffer) mais il faut bien reconnaître que c’est très impressionnant.
Un seul petit regret malgré tout dans cette galerie : quand, comme moi, on s’y connaît autant en art contemporain qu’en physique quantique, mieux vaut y aller avec quelqu’un qui maîtrise le sujet car les explications des toiles sont inexistantes. Et c’est bien dommage…
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Je n'ai pas eu le temps d'aller voir l'oeuvre en pétrole mais ca a l'air très fort l'impact que ca a sur les gens!