Mercredi 2 décembre 2009
3
02
/12
/2009
15:15
J'arrive devant cette grande tour de verre aux dizaines d'étages, je pousse la grosse porte qui tourne, vais passer le check point (en gros, je vais à l'accueil donner ma carte
d'identité, récupérer un badge, signer le registre... La routine, quoi !) et me dirige vers les ascenseurs. A la Défense, tout est démesuré : 8 ascenseurs, devant lesquels poireautent en
grappe de (plus ou moins) jeunes cadres (plus ou moins) dynamiques, tous vêtus de noir. Je sens immédiatement que leurs regards se baissent d'un seul coup d'oeil sur mes
(sublissimes) bottes rouges. OK, je détonne...
Je monte dans l'ascenseur plein à craquer de silences oppressants
et de travailleurs pressés. Une fois que je suis arrivée à mon étage, Guillaume, le charmant réceptionniste (oui, je sympathise vite quand je rencontre des gens !) m'annonce
que mon rendez-vous est à l'étage du dessus. Et non, on ne peut pas prendre l'escalier : les portes se bloquent de l'intérieur et je resterais coincée. Bon, je suis obligée d'attendre longuement
un ascenseur, alors que j'aurais mis à peine quelques secondes à monter à pied. Bref.
Ding, l'ascenseur arrive, les portes s'ouvrent : devant moi, une brochette
de zombies du travail, qui attendent de monter leurs 20 étages le plus rapidement possible, dans ce silence toujours si lourd. Et encore ce regard vers mes bottes. Il y en a même un qui a haussé
les sourcils. J'ai souri, j'ai dit "bonjour" d'une voix qui chante, j'ai monté mon étage, j'ai souri à nouveau, j'ai dit au revoir d'une voix qui chante... Et bien évidemment, à aucun moment on
ne m'a répondu.
Parce que la Défense, c'est comme si ça rendait les gens tristes, éteints...
Avec ses tours (oui, à Paris aussi il y a des gratte-ciel), la Défense est le plus grand quartier d'affaires d'Europe. La City et Canary Wharf à côté, c'est du pipi de chat. Mais
surtout, avec ses codes, ses règles, son ambiance, la Défense est une véritable ville dont l'atmosphère est particulière et unique.
La Défense, c'est un flux de voyageurs que crache le métro en permanence, et
plus particulièrement aux heures de pointes, le matin, quand vous êtes serrés comme des sardines dans la rame du métro, entre l'haleine fétide d'un jeune banquier
qui a clairement picolé la veille et les aisselles mal-odorantes de cet autre qui a dû oublier la douche, et le soir après une journée de travail harassante, quand vous n'avez qu'une hâte,
enlever vos vêtements, vous mettre dans un bain et ne plus lever un doigt.
La Défense, c'est un flot discontinu de jeunes, de moins jeunes, de grands, de
petits, d'hommes, de femmes, de marketeux, de secrétaires d'assistantes de direction, de comptables, d'étudiants, de patrons, de stagiaires,
d'auditeurs, de financiers, de responsables des ressources humaines, de commerciaux.... On trouve de tout à la Foir'fouille Défense. Une sorte
de melting pot grouillant, inlassable, sans fin. Mais la nuit, plus rien.
Les gens vont vite, il y a du passage. A l'heure du déjeuner, les
restaurants sont bondés, il faut faire la queue. On trouve des sandwicheries à tous les coins de tours. Et il y a toujours une animation, des jeunes qui arrondissent leurs fins de mois en
distribant des tracts, Médecins du Monde ou la Croix Rouge qui vous harcèlent proposent de faire un beau geste... On ne sais plus où donner de
la tête : tout va vite, tout le monde est pressé, pas le temps de s'arrêter deux secondes pour flâner un peu. La Défense, c'est stressant...
Mais en décembre, comme une petite bulle dans cette atmosphère sérieuse, il y a
le Marché de Noël. Et la Défense, elle se met à sentir le sapin, pour de vrai. On entre dans ce petit village de châlets de bois, où sont vendues les merdes habituelles (bonnets en laine de
lama, gadgets divers, bougies, encens, thé, charcuterie et diverses cochonnailles, caviar, alcool, jouets en bois, bijoux en toc, pull en mohair...). On est bien au chaud dans cette
atmosphère colorée : le sol est recouvert de moquette rouge, ca sent le vin chaud à la canelle et les pâtisseries de Noël...
Et pendant quelques secondes, on oublie qu'on est au milieu des tours de verre et d'acier, que Bigboss est un gros con, que la deadline c'était hier, et on se dit que Noël, c'est bientôt, et
c'est très chouette.
Par Mado
-
Publié dans : Paris
-
10
-
Partager
Tu allais à la Défense pour un entretien, ou pour aller voir Big Boss ?
Mais si tu peux éviter de bosser là-bas, tu as dû comprendre que c'était une bonne chose ! Tous ceux que je connais qui y ont bossé n'ont pas supporté, tant c'est glauque, et ambiance travail, travail, travail !!!
Mais sinon, ça fait bizarre, un marché de Noël au beau milieu du Parvis ! t'as trouvé des choses sympas ? Y'a des santons ?
Je n'ai rien acheté sur le marché mais oui, il y a un stand de santons (peints et à peindre) : tu as une crèche provençale ?
Du coup, tu m'as donné envie de passer au marché de Noël, malgré ma flemme. Hop, je resors :)
Tu vas donc bosser là bas maintenant ?
Surtout ne deviens pas comme tous ces gens, des trucs tristes et pas souriants..
Sinon, dans un tout autre registre, aujourd'hui je suis allée acheter quelques cadeaux de Noël, j'ai fais un petit tour en ville et j'ai croisé Arthur Jugnot (dont je ferai bien mon 4h...) Et cet après-midi je suis allée me faire vacciné, même pas mal !
Euh, et ARthur Jugnot, tu l'as croisé où ???????
Demain, je vais soit chez Auchan, soit chez Truffaut... le rapport ? ben, c'est le choix du sapin artificiel !!! Aucun rapport avec les santons si ce n'est que ça signifie le début des déco de Noël !
Cette année, je demanderai une vraie crèche à mes grands-parents (là, j'ai un joli truc, mais ça fait trop montagnard, et pas assez provençal !). Et à mon petit frère, le dernier roi mage qui me manque !!!!
Bon, on attend les photos sur ton blog !
La femme fit doucement le tour de la pièce comme chaque matin. Dans quelques instants, une obscure assistante viendrait lui porter son café. Et comme tous les matins depuis bien longtemps, elle savait que cette dernière tremblerait de tout ces membres en priant pour que aucune erreur ne soit décelé dans sa présentation. Beaucoup avait connu la porte pour moins que ça. Et encore plus pour ça.
Un sourire carnassier parcouru son visage en se rememorrant tous ces jours ou elle avait joué à ce plaindre d'une présentation parfaite en soulignant sévérement le fait que l'on ne lui apportait pas ce qu'elle avait demandé. Mais elle avait arrêté aussi ce jeu qui l'avait lassé. Non pas suite à la crise d'épilepsie d'une ses assistantes sans intêret, mais parce que l'intervention des pompiers et du Samu lui avait définitivement fait perdre trop de temps. Et subir les remontrances de ce capitaine des pompiers devant tous son personnel, pour avoir déplacé le corps se convulsant sur sa moquette, lui coutait encore.
Elle s'approchat de la large baie vitré qui occupée un côté entier de la pièce pour comtempler avec mépris et dédain la foule de fourmis laborieuse qui circulait et ondulait comme le cours d'un fleuve tulmutueux. La parvis de la défense était obscurçi de ce monde. De ces gens gris et uniformes. Toutes les lumières, toutes les décorations, toutes les mises en scénes ne réussisaient pas à mettre de la joie dans cette foule morne et robotisé. Et elle ce remémorait ce passé ou elle en faisaient partie. Ou elle aussi elle avait piétiné ces dalles de béton. Avant de commencer à piétiner quelques plates bandes de collégues. Puis de supérieur de plus en plus haut placé. Clouant leurs corps et leurs esprits avec ces talons aiguilles. Pour réussir et se défendre au début disait elle...Puis par plaisir ensuite. Et parce que finalement la plupart des gens aimaient ça, puisqu'il ne s'en plaignaient pas ou si peu.
Elle avait atteint le sommet seul. Oui seul. L'amitié était un luxe qu'elle avait du apprendre à oublier. Cela coutait cher en temps, en argent et en soi disant service que l'on devait ce rendre. Mais qui pouvait lui rendre service à elle. Elle qui possédait tout et surtout le pouvoir. Le pouvoir de celle qui peut influencer les plus grands de ce monde d'un mot d'un geste ou d'une lettre assassine. Pas un homme ne pouvait se tenir devant elle sans courber le dos, acquiescer et obéir dans les plus brefs délais. Sous peine de voir sa vie, sa carriere et tout ce qu'il affectionnait se briser comme un vase de cristal qui chute de son pédiéstal sur un sol trop dur pour le rattraper et le sauver. C'est surement pour cette raison qu'elle ne s'encombrait pas non plus d'en avoir qui partager son lit et ses nuits. Finalement elle y gagner beaucoup de temps, et le temps était bien la seule chose qu'elle ne pouvait s'acheter ou contrôler.
Perdu dans ses pensées son visage s'approchat de la vitre. Mais avec horreur elle se rendit compte bien trop tard qu'il n'y avait plus de vitre. Et qu'elle basculait dans le vide. Le temps alors pour la première fois de sa vie, ce suspendut, s'arrêta. Elle se vit tomber au ralentit. Nulle part ou s'accrocher ou se rattraper. Juste le sol qui l'attendait avec gourmandise et impatience quelques centaines de mètres plus bas...
Le cri déchira le silence de l'appartement et réveilla plusieurs voisins endormis. En sueur, le coeur emballé et cognant contre sa potrine tel un tambour de parade militaire, mado, se raccrocha au lit duquel elle venait de tomber dans son sommeil pour se relever doucement. Le cauchemar hanté encore ces pensées.
Doucement, elle s'assit à son bureau en réchauffant ses mains avec le thé qu'elle venait de faire chauffer. D'un tiroir elle sorti un vieux livre élimé. Sa main saisi un style pour écrire quelques mots sur les pages déjà bien rempli de son journal intime:
"........................."
Relevant la tete pour déguster son thé, elle savait en tout cas précisément ce qu'elle ne serait jamais plus tard. Et un sourire de tendresse illumina son visage quand elle plongea son regard dans celui qui l'attendait dans la lit en essayant de se rendormir. Ses bras serait le plus doux des réconforts...avec deux ou trois trucs en plus qui ne regardaient personne mais qui risquaient de réveiller les quelques voisins encore endormis. Mais ça, elle s'en moquait joyeusement.
Très jolies photo mis à part ça!
Il y a un festival de jazz électronique en été, le soir. A une certaine heure, le soleil se couche sur la Défense et lui donne une autre teinte, un peu rosatre. Et puis il y a cette perspective sur les Champs.
Je n'aimais pas trop la Défense autrefois et puis je lui ai brusquement découvert un nouvel attrait, un jour comme cela...
Mais bon, ça reste très affairiste comme endroit!