Mon truc à moi pour me vider la tête le week-end, c'est de lire des magazines people. Surtout les plus trash : ceux qui sont pleins d'images volées,
de paparazzades, de clichés pris en douce des stars plus ou moins célèbres. Je sais, c'est moche (et le pire, c'est que j'assume pleinement ma passion pour les potins). Si les gens comme
moi arrêtaient d'acheter ces torchons, les stars ne seraient plus emmerdées et pourraient jouir pleinement de leur vie privée. D'un autre côté, cette visibilité permanente leur assure de rester
toujours dans l'actualité : sans ses frasques régulières retranscrites dans la presse, il y a bien longtemps que Lindsay Lohan aurait disparu de la circulation.
Mais je n'y peux rien, j'adore voir que Paris Hilton fait ses
courses au supermarché, que Britney Spears fait du jogging ou que Kate Moss prend un verre au soleil avec sa copine Beth Ditto. Alors je sais que la loi française est très protectrice de la vie privée (grâce à l'article 9 du Code
civil, comme le savent les initiés qui, comme moi, ont usé leurs fonds de culotte pendant un temps sur les bancs de la fac de Droit. Je garde de cette époque une merveilleuse capacité à
comprendre les décisions de justice et une superbe collection de Codes et livres sérieux qui trônent dans ma bibliothèque) mais pourtant, les people se font traquer comme des renards lors
d'une chasse à courre.
Un samedi soir, il y a peu, j'ai décidé de
me faire une soirée de grosse looseuse, en mode jogging, pull difforme, non-coupe de cheveux et absence totale de maquillage. Après une petite soupe, j'ai profité de la pub d'une émission stupide
(qui devait être présentée par Arthur ou Jean-Pierre Foucault - je ne m'en souviens même plus, je la regardais du coin de l'oeil en surfant sur Internet) pour aller promener mon chien.
Me voici dans la rue, habillé comme l'as de pique, avec mes vieilles Ugg fatiguées, ma gueule de déterrée, mes cernes (résultat malheureusement bien visible d'une semaine de boulot assez
crevante) et mon vieux bonnet détricoté, à ramasser la crotte encore fumante de Choupette. C'est à ce moment que j'ai réalisé que j'étais bien contente de ne pas être une star.
Si j'étais connue, des paparazzis auraient
fait de moi des clichés peu flatteurs que j'aurais retrouvés quelques heures après sur le Net et dans les magazines avec des légendes violentes et méchantes : "Mado se laisse aller", "seule au
monde, elle passe ses soirées avec son chien", "la descente aux enfers d'une star déchue", "Mado, l'ombre de son ombre", "elle se laisse aller", "à quand la drogue et l'alcoolisme", "Mado est
finie"...
Si j'étais connue, je ne pourrais plus
sortir de chez moi sans être maquillée ou pomponnée. Si j'étais connue, mes amis refuseraient de sortir en ma compagnie car nous devrions bannir toutes les terrasses de café et autres lieux
publics dans lesquels je me ferais photographier à chaque instant. Si j'étais connue, je serais obligée de faire attention en permanence à ce que je dis et à ce que je fais. Et quand on connait
ma propension au ridicule et aux gaffes, je me dis que finalement, rien ne vaut l'anonymat... C'est décidé : je ne serai jamais célèbre !Vous êtes 9 personne(s) en ligne
Sinon je plussoie Elisabeth :D