Depuis son lancement en 2004, Facebook a révolutionné Internet et les relations humaines. A tel point que certains écrivent même des bouquins sur ce phénomène mondial
(petit coup de coeur, au passage, pour le très juste "Facebook m'a tuer", dont je me suis absolument délectée et qui décrypte
avec beaucoup d'humour les travers des utilisateurs du célèbre réseau social). Il faut dire que Facebook est véritablement devenu un sujet d'étude sociologique : si vous êtes inscrit, vous
avez forcément remarqué qu'il existe différents types d'utilisateurs.
Mais aujourd'hui, penchons-nous d'un peu plus près sur un élément majeur de Facebook : le statut. Pour les deux lecteurs du fond à droite qui ne savent pas de quoi il
s'agit, sachez que l'une des propriétés de FB est de permettre à chacun d'utiliser cet espace d'expression pour mettre en avant ce qu'il a à l'esprit. Et on peut remarquer certaines tendances en
matière de statut...
Le statut politique : ces dernières semaines, élection présidentielle
oblige, Facebook est devenu un
outil de
propagande. Il suffisait d'un coup d'oeil pour savoir si les orientations de vos contacts - ne parlons pas "d'amis", la notion d'amitié selon FB n'a rien à voir avec ce qui se passe dans la vraie
vie - tendaient plutôt à droite ou à gauche. Pendant des semaines, plus la date fatidique du 6 mai se rapprochait, plus les deux camps s'affrontaient à grands coups de statuts politisés, à base
de "si Flamby passe, je quitte la France" et autres "Qui c'est qui va déménager bientôt ? Carlita et son nain de jardin". Il était temps que cela cesse (espérons malgré tout que l'approche
des élections législatives ne relancera pas trop le phénomène).
Le statut boring : "X est de bonne humeur", "Y revient du sport et ça fait du bien", "Z : angine :-(". Oui, Facebook
est avant tout un ramassis de non-information. Personnellement, je me moque éperdument de savoir ce que chacun a mangé pour son petit-déjeuner. En revanche, il semblerait que la plupart des gens
croient qu'il est absolument passionnant de raconter leur vie dans les moindres détails... Une tendance qui n'est rien d'autre que le reflet d'une réalité très ancienne : le sujet de conversation
préféré d'une personne, c'est elle-même...
Le statut du jet-setteur : vous, je ne sais pas, mais moi, je dois être
entourée de globe-
trotters. J'ai l'impression que
mes contacts Facebook passent leur temps à voyager ! Il ne s'écoule pas une journée sans que l'un d'eux informe ses "friends" que "Rome me voilà", "Bali J-5", "Direction New York" et autres
"c'est parti pour les States". Et bien sûr, cette tendance s'aggrave en juillet-août, période de vacances pour tous : je vais encore voir tout le monde partir dans des destinations de rêve.
Personnellement, je fais beaucoup moins fantasmer les autres avec mes 15 jours en Haute-Loire... (mais je m'en fous, j'attends mon stage de tennis annuel avec impatience ).
Le statut mystérieux : certains utilisateurs de Facebook ont la fâcheuse manie de toujours poster des statuts très
emblématiques, voir un peu inquiétants... Des phrases qui laissent penser que quelque chose de grave vient de se produire et que la situations est critique : "C'est la merde", "sort des
urgences", "vais-je surmonter ce drame ?". Forcément, tous ses "amis", inquiets, y vont de leur commentaire : "que se passe-t-il ?", "Rien de grave j'espère ?". Et la réponse est toujours
surprenante : "rien de grave, juste une merde au boulot", "me suis cassé un ongle", "Bob m'a quittée...". En général, le malheureux annonce rarement qu'il a eu un horrible accident de voiture ou
que sa mère est morte. Mais au moins, le mystère lui a permis de susciter la curiosité ou l'intérêt (réel ou feint) d'une poignée d'individus.
Le statut du jeune parent : dès lors qu'il a commencé à se reproduire, le
jeune papa ou la jeune
maman devient le
porte-parole de son enfant. On a ainsi le droit à toutes les premières fois de bébé : premier sourire, premier mot, première dent, première grippe, première nuit blanche... Et puis tout le reste
: son état de santé, le récit de ses bêtises ("rhooo, qui c'est qui a cassé le téléphone de Papa ? C'est Lancelot !")... et bien sûr, les anniversaires ("Hugo, déjà 2 mois", "joyeux
anniversaire de 3 mois mon petit prince" : comme si un enfant de quelques semaines savait lire et allait voir le statut Facebook de ses parents. Come on guys...). Et souvent même, le jeune
parent trouve particulièrement amusant (mais pour qui ?) de faire partager au reste du monde les conversations qu'il a avec sa progéniture :
"Côme : dis Papa, pourquoi tu es marié avec maman ?
Papa : parce que je l'aime
Côme : alors moi aussi j'épouserai maman quand je serai grand"
Un mini dialogue suivi de 20 "like" et de plein de commentaires s'extasiant sur cette phrase "trop mignonne". No comment.
Le statut du taggueur compulsif : avec l'option du tag, Facebook permet à
chacun de citer les gens en
mettant un lien
vers leur wall. Et certains petits malins en abusent : combien de fois ai-je eu la désagréable surprise de réaliser que certains de mes contacts avaient choisi de me citer dans leur statut ?
Ainsi, sans que je donne mon accord, il était facile de me géolocaliser grâce à un "X avec Mado au bar Truc". Je suis ravie, moi
qui déteste le tracking... Que l'on choisisse d'étaler sa propre vie sur FB, fine, mais quand il s'agit d'étaler celle des autres, à leur insu, là je dis stop.
Le statut du philosophe de pacotille : certains, plutôt que d'utiliser
leurs propres mots pour rédiger
leurs statuts
Facebook, préfèrent emprunter les mots des autres. Nietzsche, Kant, Epicure, Socrate... Autant d'illustress philosophes qui ont de grands avis sur les choses. On peut alors lire de longs
paragraphes emprunts de sagesse ("Deux choses remplissent mon esprit d'une admiration et d'un respect incessants : le ciel étoilé au-dessus de moi et la moi morale en moi. Kant") censés
nous donner l'état d'esprit de celui qui cite les grands cerveaux de ce monde et nous faire réfléchir. Une belle manière de donner de la profondeur à ses propos : on appelle ça de la culture branlette intellectuelle...
Le statut règlement de comptes : "marre de tous ces c*ns qui me pourrissent la vie. Tu te reconnaîtras, va au
Diable". Charmant. Et pourtant, ces statuts pleins de rancoeur sont légion sur Facebook. Des petites phrases assassines, qui pourtant ne changeront rien à la situation : si vraiment on est fâché
contre quelqu'un, pourquoi le crier publiquement ? Et si vraiment on ne veut plus rien avoir à faire avec celui ou celle qui nous a blessé(e), plutôt que de le lui dire sur FB, autant le retirer
de ses contacts... Enfin, j'dis ça, j'dis rien...
Le statut du travailleur acharné : Il est 23h46, vous glandez
tranquillement devant un film en surfant
négligemment sur Facebook quand un statut attire votre regard : "Pamela X - 23h46 et toujours au bureau, vive les charrettes !". Première réaction : pauvre Pamela, c'est l'enfer de
travailler si tard. Réaction n°2 : sincèrement, si elle avait autant de boulot que ça, elle ne prendrait même pas le temps de faire une pause... Parce que le statut du travailleur acharné n'a
finalement qu'un seul but : montrer qu'on travaille dur et se faire plaindre par les autres. N'empêche que Pamela, au lieu de travailler, elle fait comme vous : elle glande sur Facebook...
Le statut private joke : vous avez beau lire et relire, vous ne comprenez pas du tout ce que signifie le "grenade
envoyée, la chèvre n'en peut plus, hein gros ?" qui s'affiche sur le wall de votre copain Rémi. Visiblement, d'autres ont compris, comme le monde les 4 "like" et les quelques commentaires des
meilleurs amis de Rémi. Parce que la private joke a l'avantage, comme son nom l'indique, d'être privée : donc seuls les initiés auront le privilège de comprendre... Sinon, peut-être aurait-il été
plus simple d'envoyer directement un sms aux intéressés ?
Vous êtes 3 personne(s) en ligne
Ah, les attention whore...
J'en ai découvert de belles avec la politique depuis le 6mai... Ma TL Facebook est de droite, alors que ma TL twitter est globalement de gauche, voire centriste... Du coup, ça équilibre !
Quant aux jeunes parents, on se moque, mais arriverons-nous à ne pas faire pareil ? ;-)
Of cours qu'on y arrivera
(je n'ai pas l'intention d'infliger à mes amis ce qu'ils me font subir !!!!!)
moi j'utilise surtout Facebook à des fins professionnelles.
mon statut me sert essentiellement à partager ma veille pro, mes recherches, les articles intéressants dans mon secteur.
un outil de travail en sommes.
J'avoue que j'utilise FB de moins en moins, mais pas du tout à des fins professionnelles. Au contraire ! Je n'ai aucun de mes clients dans mes contacts FB (trop peur que ca me desserve !!!!)
I kiffe... C'est dur de se dire qu'on doit bien se trouver dans une de ces catégories :) By the Way : "...Just came back from LONDON !!"
Lol (rassure toi, on se retrouve tous dans une voire plusieurs de ces catégories !!!!!)
Je découvre ton blog ce soir (je cherchais désespérément un joli travel mug) et j'accroche complètement! Il est vraiment bien fait et agréable. Félicitations!
Mais (oui, il y a toujours des "MAIS") je dois t'avertir, que dis-je: te préparer à une loi inéluctable de la vie. Attention, ça peut faire mal. Je sais que ça va être dur à lire. Tu riras, tu nieras... mais, le moment venu, tu admettras: TOUTES les mamans écrivent un jour un statut pourri su FB. Toutes! De "Déjà une semaine qu'il est là! Wouaw!" à "Premier Maman, je fonds!" En passant par le statut désespéré à 02h54 "Il à 40° et le médecin de garde est pas là, je sais plus quoi faire au secours!"
Me suis faite avoir, moi! Celle qui pleurai jamais, le garçon manqué, la dure de chez dure que "les gamins ça rend con des fois!" ...
En tout cas, j'ai hâte de lire ton prochain billet!
Non, pas toutes les mamans : j'en connais UNE qui n'a pas (encore) succombé... On croise les doigts pour qu'elle tienne le coup !
A très bientôt alors !