Non, je ne suis pas morte. Non, je ne vous abandonne pas. Oui, je sais, ça fait un moment que je n'ai pas mis un pied ici, mais bon, je ne peux pas
être partout (et la semaine dernière, j'étais au boulot. Voilà, tout est dit). Mais pour me faire pardonner, cette semaine, je vous emmène en voyage. Allez hop, c'est parti, direction
Venise !!!!
On est vendredi soir : je réussis à quitter le boulot plus ou
moins à l'heure (ok, j'avoue, j'ai dû courir un peu quand même), direction la gare de Paris Bercy pour prendre le train de nuit qui m'emmènera dans la cité des Doges. Inutile de préciser
que je suis surexcitée. Et chargée comme une mûle aussi (c'est mon
costume surtout qui prend de la place). J'imagine déjà le train ultra-moderne qui, fendant l'air à une vitesse folle, me fera traverser France et Italie telle une fusée (???).
J'ai un peu déchanté en voyant le tortillard qui allait m'emmener vivre mon rêve vénitien... Les vieilles locomotives qu'on voit dans les musées ont l'air plus vaillantes.
Nous arrivons dans le wagon : 3 mètres
carrés, 6 places assises, 4 couchettes. Il ne faut pas avoir peur de la proximité avec ses voisins de chambrée. Nous squattons tout de suite les couchettes du haut, histoire d'être peinardes
pendant la nuit et de ne pas être dérangées par une voisine du dessus avec la vessie d'un lapin nain. Le temps d'avaler mon sandwich SNCF (modèle classique : pain rassis,
deux-bouchées-tu-te-mords-les-doigts), d'aller faire une toilette de chat dans les "lavabos", un pipi et au lit.
Enfin, c'est un bien grand mot : après avoir
bataillé un bon quart d'heure contre mon "sac à viande" (un surprenant mélange entre un drap et un sac de couchage, mais à moitié ouvert), essayé de me couvrir avec la couverture qui a
dû servir à des dizaines de dormeurs avant moi, tenté de surmonter cette épouvantable odeur de vinaigre qui se dégage de mon oreiller tout plat, j'ai abdiqué. On a éteint la lumière, bonne nuit,
à demain. Et c'est là que j'ai compris que si dormir dans le train est très rigolo quand on a 8 ans (j'ai encore en tête des souvenirs merveilleux de départ pour les sports d'hiver...),
il en va tout autrement 20 ans plus tard.
Les grincements et crissements du train,
les arrêts qui défilent, les voyageurs qui parlent dans le couloir, la porte du compartiment qui s'ouvre et se referme, cette désagréable sensation d'être enfermée dans un shaker... Et surtout,
cette épouvantable veilleuse bleue qui m'a empêchée de fermer l'oeil. Autant vous dire qu'au retour, j'avais prévu le coup et investi dans un masque de nuit.
Après 11 heures de "sommeil", le contrôleur est
venu nous réveiller et nous rendre nos passeports qui avaient été "confisqués" au départ du train. J'ai émergé laborieusement, avec la vague impression de ne pas avoir dormi du tout et d'avoir
passé la nuit dans un frigo : un rapide passage au lavabo, histoire de mettre mes lentilles (et par la même occasion, de retrouver la vue) et me brosser les dents, un petit pipi
(difficile : je vous laisse imaginer l'état des toilettes après 12 heures de passage dans un train bondé) et direction le wagon restaurant pour prendre un petit déjeuner.
J'ai fait un bond dans les années 70 :
tables et banquettes en formica marron, linoléum kaki... Le wagon n'a clairement pas été rénové depuis l'invention de la locomotive électrique. Et le chauffage était visiblement en option à cette
époque, comme en témoignait cet épais nuage de vapeur qui s'échappait de ma bouche à chacune de mes paroles. Je ne vous cache pas que je ne me suis pas éternisée et que j'ai bu mon gobelet de thé
(qui avait une étrange ressemblance avec une analyse d'urine) et mangé du bout des lèvres deux bouchées d'un immonde croissant décongelé encore congelé.
Plus que 10 minutes avant la fin
du voyage, ce moment-même que j'attendais tant, la raison pour laquelle j'ai choisis de prendre le train : la traversée de la lagune, au petit matin... Avec de l'eau tout autour, et cette lumière
à la fois froide et si chaude... L'arrivée sur Venise est magique. J'oublie cette longue nuit mouvementée et sors de la gare. Venise s'offre à moi...Vous êtes 13 personne(s) en ligne
Bon, on attend la suite de tes aventures, alors :)
Mais j'ai déjà dormi dans un sac de couchage !!!
Bon, je dois avoir 20ans de retard, car je ne pensais pas que les trains de nuit avaient pu être modernisés ! Je reste dans l'idée que ce sont des trains corail avec des couchettes ! Et du coup, le coup de la veilleuse, c'est typiquement le genre de chose que je n'oublie pas... d'autant que j'ai toujours un masque de nuit quand je voyage, il n'y a qu'en France qu'il y a des volets aux fenêtres (chez les particuliers) et en revanche jamais jamais dans les hôtels ! Honte à eux !
Hâte de voir la suite, mais vue ton absence, je pensais que tu avais passé la semaine à Venise, pas à bosser !
Pour ce qui est nourriture, moi j'aurais prévu mon nécessaire plutôt que de compter sur la sncf ;)
Mais pour la prochaine fois, je saurai !!!!