Mardi 3 novembre 2009
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Après le passage d'un ouragan, ce qu'il reste n'est pas beau à voir. Devant vous, une vaste plaine ravagée, dont le sol recouvert de nombreux débris divers, témoignages d'un passé encore
proche, dégage une épaisse poussière à chacun de vos pas. Partout, gisent des cadavres encore chauds, qu'il va falloir retirer un par un. Dans l'air, l'odeur persistante d'une fumée qui s'est
déposée sur le sol en cendres coagulées. Ici et là, quelques plumes qui virevoltent au moindre courant d'air : un oiseau de nuit qui s'est égaré par là, sans doute. Il n'aurait peut-être pas
dû... On entendrait presque encore résonner les cris qui ont marqué la nuit précédente, ces corps qui s'agitaient dans tous les sens, les flashes de lumières qui déchiraient l'obscurité avec une
régularité ennivrante...
C'est glauque, un lendemain de fête.
Je suis au milieu du salon et partout autour de moi s'étendent les vestiges de cette belle
soirée. Mais à la lumière du jour, la scène est désolante : Sangatte-mon salon, même combat.
J'évalue rapidement l'ampleur des dégâts : le sol est collant d'alcool séché mêlé de
cendres de cigarettes et de poussière, bouillie pâteuse et peu ragoûtante que je vais mettre des heures à enlever. Dans tous les coins et recoins, des verres, bouteilles, accessoires divers et
variés (masques, chapeaux, lunettes, stylos...). Partout, des mégots, des bouchons, du verre cassé, de la nourriture écrasée. Il y a du boulot.
Alors que tous les fêtards de la veille cuvent dorment tranquillement, j'attaque la remise en état : aspirateur, lavage des sols (et croyez moi, le parquet vitrifié, c'est dur à
récupérer), extermination des bouteilles vides (j'ai rempli entièrement la poubelle de verre de l'immeuble), remise en place des meubles, aller-retours sans fin dans les escaliers
pour descendre les poubelles, vaisselle, lave linge, eau de javel, décrochage de la boule à facettes... Et puis, après plus de 3 heures de dur labeur, l'appartement a retrouvé son apparence
normale.
Dans quelques semaines, on retrouvera probablement encore sous un meuble une plume du boa de l'une des invitées. Et on se dira que cette soirée, elle était chouette, quand même.
Il va me falloir 15 jours pour m'en remettre...
Par Mado
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Publié dans : Paris
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