A Paris, un mariage sur deux se termine par un divorce. Et je ne parle même pas des séparations lorsque l’on n’est pas marié… Alors oui, la fin d’une relation, quelle qu’en soit la cause,
est chose commune, et tout le monde, au moins une fois dans sa vie, a été confronté à ce moment douloureux.
En 2008, en France, 23 000 PACS ont été dissouts et 130 000 divorces ont été prononcés. Ca nous fait pas moins de 306 000 nouveaux célibataires en un an, sans compter
les veufs et tous ceux qui « vivent dans le péché » ne rentrent pas dans les statistiques. Le marché de la rupture est en plein
essor, et les professionnels du secteur l’ont bien compris. Ils ont d’ailleurs, le week-end dernier, organisé à Paris le premier salon « du divorce, de la séparation et du veuvage »,
sobrement intitulé « Salon Nouveau Départ ».
Alors que trouvait-on dans ce salon ? Et bien, tout ce qu’il faut pour aller de l’avant et passer à autre chose après une rupture. Bien évidemment, on commence par
des préoccupations bassement matérielles : le partage des biens (appartement, meubles, argent, maison de vacances, animaux de compagnie, enfants et autres babioles en tous
genres). Heureusement, une batterie de notaires, avocats, conseillers juridiques et financiers étaient là pour répondre à toutes les questions, qui visiblement étaient nombreuses, comme le
prouvait la longue file d’attente devant ces stands. Les ruptures, c’est comme les enterrements : on remarque très vite que l’argent crée des tensions et est utilisé comme un moyen
de faire chier l’autre au maximum de pression.
Mais ce salon se veut aussi une porte vers une nouvelle vie : relooking, stylisme, coiffeur slash visagiste, cures d’amincissement, cliniques d’esthétique, clubs de sport…
C’est l’étape suivante vers l’acceptation de la rupture. Une fois qu’elle a réglé tous les problèmes matériels inhérents à une séparation, la célibataire de fraîche date (à défaut d’être
elle-même de première fraîcheur) change de look (le titre de l’émission d’M6, « Nouveau look pour une nouvelle vie » prend alors tout son sens, non ?) : perte de
poids (après avoir traîné en pyjama pilou pendant des semaines et s’être gavée de chocolats et glaces, en écoutant des chansons d’amour idiotes… Bridget Jones reste à ce jour la meilleure
illusration de cet état post-traumatique), nouvelle garde-robe adaptée à sa nouvelle silhouette, chirurgie esthétique (rien que ça… A quand l’émission « Nouveaux seins pour
une nouvelle vie ») puis nouvelle coupe de cheveux. Oui, chez les femmes, un changement radical de coiffure est souvent la marque d’une période charnière de sa vie.
Le salon propose également des aides pour ce sentir bien dans sa tête (parce qu’il ne suffit pas d’être bien dans son corps : l’esprit c’est important
aussi !) : coaching, psychologues, comportementalistes… Et puis une fois qu’on est parfaitement épanoui à l’intérieur et l’extérieur, il faut bien rencontrer un nouveau
compagnon : le salon compte de nombreux stands de rencontres, agences matrimoniales, clubs de célibataires… Et c’est reparti pour un tour.
Finalement, je trouve ce salon d’une tristesse affligeante. Alors qu’au Salon du Mariage, on croise des centaines de couples heureux et pleins d’espoir, le Salon du Divorce va-t-il devenir
un incontournable des couples brisés, des âmes en peine, des cœurs solitaires ? Mais heureusement que toutes ces entreprises, surfant sur la souffrance des gens, sont là pour leur apporter
du réconfort et leur prendre tout leur pognon.
Une
petite déception quand même : aucun stand d'organisation de "Divorce Party", ce concept arrivé d'on ne sait où il y a quelques années, et qui consiste à organiser une belle fête pour célèbrer la
fin de son union, avec cadeaux, gâteau, animation et remise de la médaille de la divorcée heureuse... Les wedding planners devraient se pencher sur la question afin de fidéliser leur clientèle
(20% sur votre Divorce party si nous avons organisé votre mariage !!!).
Allez, à quand un partenariat commercial : « une entrée achetée pour le Salon du mariage = une offerte pour le Salon du divorce ». C’est bien connu, il faut
chercher le client à la source…
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Mais tu as assisté à ce salon ? Moi, "même gratuitement je n'y serais pas allée" ! ;-)
Non, je n'y ai pas assisté !!!!!!! Sinon, j'aurais dit "j'ai testé pour vous"
Je ne suis pas très fan de ce genre de salons : trop déprimant !
C'en est à se demander ou va le monde?
ceci étant, je trouve aussi cela très triste...
Si ça se trouve, ils font des offres spéciales si on a divorcé plusieurs fois :-)
Il y a un business à monter, je pense !