Aujourd'hui, alors que j'étais en train de faire la queue devant la boulangerie (oui, je sais, ma vie est passionnante) un couple de personnes âgées
est arrivé à ma hauteur. Leur voiture était garée devant moi : le vieux monsieur s'est avancé et a ouvert la porte passager pour sa femme, avant d'aller s'installer au volant. C'est là que j'ai
réalisé : mais où sont passées les bonnes manières et la galanterie ? C'est vrai ça : les hommes de mon âge n'ouvrent plus les portes, ne vous avancent pas la chaise au restaurant, ne portent
même plus les courses. Il y a quelques semaines, alors qu'un de mes amis me laissait porter un énorme paquet, je me suis permis de lui faire une petite réflexion (sur le ton de l'humour, bien
sûr : tout passe mieux avec le sourire !). Sa réaction ne s'est pas faite attendre : "vous avez voulu l'équalité entre les hommes et les femmes, alors vous l'avez !". Un tel ramassis de
conneries me laisse sans voix. Premièrement, je ne vais pas relancer le débat sur la parité : le jour où les femmes seront égales aux hommes dans le monde du travail, on en reparlera (vous
voulez vraiment qu'on
discute des différences de
salaire ? Du plafond de verre ? Et je ne vous parle même pas de la barrière à l'embauche : "quoi, embaucher une femme de 26 ans ? Tu rigoles ! Pour qu'elle nous ponde des marmots et nous fasse
chier avec son congé maternité et ses gamins malades ? Tu n'y penses pas !"). Ne vous méprenez pas : je ne suis pas une féministe à la Isabelle Alonso : je pense que l'homme et la femme ne
sont, par nature, pas égaux (mais l'égalité dans les droits, c'est autre chose) mais plutôt complémentaires.La galanterie n'a rien à voir avec l'égalité entre hommes et femme : c'est un art de vivre, une tradition, une preuve de respect...
J'inaugure donc aujourd'hui une nouvelle rubrique et je me permettrai, de temps à autres, de vous rappeler un peu ces règles de politesse (que je trouve tout à fait charmantes) qui ont une fâcheuse tendance à disparaître...
Les hommes pensent qu'il faut toujours s'effacer devant une femme et la laisser passer la première. Malheureusement pour eux, les choses se compliquent un peu lorsqu'il est question d'emprunter les escaliers. Dans les situations où la femme risquerait de se blesser, le preux chevalier se doit de la protéger : c'est la raison pour laquelle l'homme précède la femme en descendant l'escalier. Si Mademoiselle venait à rater une marche, elle s'écraserait sur Monsieur, qui lui sauverait ainsi la vie
(il faut bien lui laisser un peu le beau rôle !). Logiquement, on pourrait penser qu'il en va
de même pour la montée des marches : que nenni, ce serait bien trop simple !!! Je vous explique : autrefois, les femmes portaient des robes très longues et, pour éviter de tomber dans les
escaliers en se prenant les pieds dans les pans de leurs jupes, elle relevaient un peu leur robe, découvrant ainsi... leurs chevilles. Alors imaginez un peu le scandale si ces messieurs avaient
pu, en montant les marches, entrevoir cette partie aussi intime de leur anatomie !! Entre une chute mortelle dans les escaliers et le risque de se voir à jamais compromise dans sa vertu, le
choix a été vite fait : ces messieurs passeront donc en premier pour préserver l'honneur des dames. J'avoue que cette règle semble beaucoup plus adaptée aujourd'hui, à l'ère de la mini-jupe, qu'à
l'époque des robes à traîne !!!Donc, on résume : dans l'escalier, Monsieur passe le premier. CQFD.
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Partager
Mes amis, l'heure est grave. Je crois qu'il est grand temps de vous donner une petite leçon de politesse... La leçon du jour : comment écrire un email
professionnel ???
Règle
n°1
personnes qui avaient des postes importants mais faisaient des fautes atroces dans leurs mails. Bien évidemment, on n'est jamais à l'abri d'une faute de frappe (moi-même l'autre
jour, j'ai écrit "saucice" sur mon blog...) mais il y a des limites !! J'ai déjà lu "je vous est envoyais le document ke vous m'avais demander" : j'étais à deux doigts de renvoyer le mail
corrigé... Le SMS, c la mor de l'ortografe ;-)
pour terminer votre correspondance. Côté signature, bien
évidenmment, on signe de son prénom ET de son nom -sauf si on est assez proche du destinataire, auquel cas le seul prénom suffira- et on évite A TOUT PRIX les surnoms ridicules (peut-être que
tous vos amis vous appelle "bichette", mais votre client n'est pas obligé de le savoir...). Je ne vous ferai pas l'affront de vous parler des "lol" et autres "mdr" : c'est comme les smileys,
à bannir !!!!
Alors, quand vous arrivez dans une
soirée et que vous ne connaissez personne, comment engager la conversation ? Tout d'abord, si votre hôte est à la hauteur de son rang, c'est lui qui devra vous présenter les gens en ouvrant la
conversation. Par exemple, un "je te présente Machine, je t'en ai parlé : comme toi, elle est passionnée d'équitation / de cuisine / de finance..." A vous ensuite de rebondir : "ah, c'est vrai ?
Vous jouez au golf ? Où ça ?". Et c'est parti. Une fois cette étape passée, il faut entretenir la conversation : on peut dériver sur le boulot (c'est mieux que la météo ou le cinéma, et ça
permet de découler sur d'autres sujets). "Vous travaillez chez Vuitton ? Comme c'est intéressant (toujours valoriser son interlocuteur) ! Et est ce que vous ressentez beaucoup les
effets de la
crise dans le luxe ?". En
une seule phrase, vous le mettez en avant, vous lui faites un compliment, et vous ouvrez un nouveau sujet, tout en parlant de l'actualité, sujet sur lequel chacun a son mot à dire. C'est parfait.
Il n'y a qu'une chose à savoir : le sujet préféré des gens... c'est de parler d'eux-mêmes !!!! Posez leur des questions, intéressez-vous (pour de vrai) à ce qu'ils disent, et ils vous
trouveront d'une compagnie délicieuse...
Bon, cela fait maintenant 25 minutes
que vous
Autre situation problématique :
votre hôte ne fait pas du tout son boulot (ce qui arrive malheureusement très souvent, surtout dans les grosses soirées avec beaucoup de monde) : pas de souci, là aussi, il y a quelques
astuces. La première, c'est tout simplement d'arriver très tôt. Si la soirée commence à 21h, arrivez à 21h10 (on laisse toujours 10 minutes de répit à celui qui reçoit, car il aura forcément
un peu de retard) : cette petite avance vous permettra de rencontrer les gens petit à petit, et de commencer à les connaître avant d'être englouti par la foule.
Si jamais vous arrivez tard, tout
n'est pas perdu : il suffit de mettre un peu la main à la pâte... Le coeur d'une soirée, c'est la cuisine : récupérer les verres, filer un coup de main pour préparer les plateaux ou faire le
service... Autant de solutions qui vous permettront de créer des liens et de rencontrer les gens. Pour ma part, je suis un fan de l'appareil photo numérique : je m'autoproclame "photographe
officielle" de la soirée : les gens sont ravis (ils vont avoir des photos sympas qui feront de beaux souvenirs) et c'est un bon moyen d'entrer en matière...
Un dernier petit conseil (c'est
gratuit, profitez-en) : certains sujets sont à éviter à tout prix !!!! Quoi qu'il arrive, ne parlez ni de politique, ni de religion, ni de sujets trop personnels (personne n'a besoin de
savoir que vous venez de vous faire larguer comme une merde ou que vous êtes allé faire un frottis ce matin). Et si jamais on vous demande ce que vous pensez de la politique du gouvernement,
n'ayez pas un avis trop tranché...
Comme des milliers de parisiens, j’utilise chaque jour les transports en commun. Certes, je ne pollue pas en utilisant une voiture, j’évite les embouteillages et j’arrive bien plus
rapidement (sauf quand il y a grève, mais je ne me lancerai pas sur le sujet : pas de polémique aujourd’hui, je suis en VACANCES), mais je dois avouer que le métro a malgré tout
quelques inconvénients. Le premier étant l’incivilité des passagers, qui me fait dresser les cheveux sur la tête. Je crois qu’il est plus que temps de faire une petite remise à
niveau…
assise. Mais pas besoin de vous agglutiner comme ça devant les
portes : personne ne peut descendre, donc vous ne pourrez pas monter. Parfois, je me demande pourquoi les gens ont tellement peur de ne pas réussir à entrer dans le métro… Ce qui fait que,
pour en sortir, il faut jouer des coudes pour réussir à atteindre la porte, et encore se battre pour se frayer un passage entre ceux qui veulent prendre votre place. Le métro est une jungle où il
faut se battre pour survivre. Et encore, ce n’est que le début.
perchés ???). Comme tout le monde. Oui vous en avez
plein les pattes et vous rêvez de poser vos fesses et de ne plus bouger. Comme tout le monde. Mais ce n’est pas une raison pour vous conduire en
laisse la place. En revanche, lors qu’il y a beaucoup de monde dans la
rame, on se lève de son strapontin pour faire de la place aux autres. Un strapontin baissé : une personne. Un strapontin levé : 2 personnes. Personnellement, quand quelqu’un reste bien
assis pendant que tout le monde est debout et serré comme dans un banc de sardine, je prends un malin plaisir à lui mettre mon gros sac de courses en plein dans la figure : le malotru finit
généralement par se lever (pas parce qu’il pense aux autres, mais parce qu’il n’en peut plus d’avoir un poireau sous le nez).
qui conduit comme un manche
toutes ses forces sur la barre. Parce que les pauvres malheureux qui veulent
se tenir ne peuvent plus passer leurs doigts et risquent la chute à chaque seconde. Ensuite, quand vous vous accrochez aux barres scellées au plafond, ayez bien en tête que vos aisselles sont au
niveau des narines des pauvres malchanceux qui, comme moi, ne mesurent pas 1m80. Alors par pitié, n’oubliez pas la douche quotidienne et n’ayez pas peur d’abuser du déodorant. En vous r’merciant,
m’sieurs dames.
impose quelques règles permettant d’assurer l’harmonie de tous. On commence avec le portable : maintenant qu’on capte même dans les tunnels, le trajet en métro est devenu un enfer. Les
gens racontent leur vie la plus intime, persuadés -plongés comme ils sont dans leur conversation- que personne ne les entend. D’ailleurs, c’est tout comme : tout le monde fait comme
s’il n’écoutait pas, alors que c’est tout le contraire. Il n’y a pas que la diarrhée verbale qui pollue l’environnement sonore. Depuis quand les
gens mâchent-ils du chewing-gum la bouche ouverte, ce qui, à chaque
mouvement de mâchoire d’une part laisse voir tout leur intérieur et d’autre part fait un bruit absolument répugnant ??? Enfin, je ne m’attarderai pas sur ceux qui écoutent de la musique
tellement fort qu’on peut l’entendre d’un bout à l’autre de la rame (et ils écoutent rarement la Sonate au Clair de Lune, si vous voyez ce que je veux dire…).
La grande tendance en entreprise, depuis une grosse dizaine d’années, c’est l’open space. Le principe est simple : finie la belle époque (que je n’ai malheureusement
pas connue) où chacun avait son propre bureau, avec une porte (qu’on pouvait claquer quand on en avait ras la pâquerette) et des murs à décorer selon ses goûts… On a cassé toutes
les cloisons et
sais plus lequel) et il est toujours plus plaisant, en arrivant au
bureau, de voir des visages avenants et souriants, plutôt que des têtes de
la sensation de se retrouver dans une basse-cour. Entre celui qui tape
fort sur son clavier (tic tic tic tic tac tic tic tic : ça peut vite devenir comparable au supplice chinois de la goute d’eau…), celui qui hurle au téléphone
("
indispensable). Mais faire profiter tout le monde de vos
déboires amoureux ou de l’organisation du prochain week-end en Sologne avec vos potes, là je dis non. Mettez votre téléphone en silencieux (ça évitera au moins qu’en plein milieu d’une
conversation téléphonique importante avec un client, vous ne soyez dérangé par la sonnerie stridente –et parfois ridicule, pour certains, dont je ne fais pas partie, je vous rassure tout de
suite- de votre portable) et surtout, si vous répondez à un appel privé et que la conversation risque de s’éterniser, par pitié, quittez la pièce !!!!!! Autre
aspect important : je comprends que chacun veuille se sentir chez lui au
bureau : mais est-il vraiment nécessaire d’afficher les photos de vos enfants, de votre mec, de votre chien… en plein open space ? (Non, je n’ai pas de photo de Choupette sur mon
bureau). Et si vraiment vous trouvez que c’est trop triste, achetez vous une plante : c’est joli, et en plus ça vous assurera un peu d’intimité (pour peu qu’elle soit suffisamment
haute).
partant le soir. Il n’y a rien de plus désagréable que d’arriver le matin
et de trouver le bordel désordre des autres : alors on range les papiers qui trainent, on jette les vieux Post-it et autres feuilles de brouillon, on vide sa tasse et on cache tout le reste
dans les tiroirs. C’est pas plus compliqué que ça. Et les vieux mouchoirs plein de
vous affaler sur votre plan de travail. En open space, pas de tout
ça : vous êtes en public. En permanence. Alors par respect pour ceux qui partagent cet espace avec vous, ayez la délicatesse de vous tenir correctement. Quoi de plus démoralisant et
dégoutant que de partager son bureau avec quelqu’un qui se balade en chaussettes (je vous jure, je l’ai VU
Aujourd'hui, reprenons un peu notre étude des bonnes manières et attaquons nous à un problème de société qui touche chacun d'entre nous : quid de la cuvette des toilettes ?
Dans l'ensemble, les hommes ont bien retenu la leçon que
leur enseigne leur maman dès leur plus jeune âge : "avant de faire pipi, n'oublie pas de relever la cuvette". Jusque là, tout va bien. Mais l'épineux problème qui se pose ensuite, c'est de savoir
s'il faut ou non rabaisser la cuvette après...
Deux camps s'affrontent. A ma gauche, les femmes, qui considèrent que
puisque les hommes relèvent la cuvette, il leur revient de la rabbatre (en plus, c'est dégoûtant de toucher ça... Vous avez compris dans quel camp je me trouve). A ma droite, ces
messieurs, qui ne voient pas pourquoi ce serait à eux de tout faire. Avouons-le, les deux arguments se valent.
Mais aujourd'hui, voici la solution qui réconciliera tout le monde...
C'est facile, c'est ni l'un, ni l'autre... Je vous explique : quand vous tirez la chasse d'eau, des milliers de particules de vos petits (ou gros) besoins s'envolent dans l'air et
se posent un peu partout (dans votre baignoire, sur vos serviettes de bain, sur votre brosse à dents...). Oui, c'est immonde. Heureusement, il y a une solution toute bête pour règler ce
problème : dès que vous tirez la chasse d'eau, il vous suffit de fermer l'abattant (c'est le mot savant pour désigner le couvercle) des toilettes...
Et c'est cette solution hygiénique -et indispensable- qui réconciliera hommes et
femmes : chacun, en arrivant, trouvera des toilettes entièrement fermées et l'ouvrira à sa convenance, avant de tout refermer en partant !!!! Alors méfiez-vous mes amis, je pars à la chasse aux
cuvettes relevées : je n'accepterai AUCUNE excuse !!!
Je suis nulle en alcool. Mais vraiment. Et le comble, c’est que j’ai décroché il y a maintenant près de 2 ans un poste chez un
Mais qu’à cela ne tienne : dans le cadre de mon travail, j’étais chargée -entre autres- de rédiger des notes de dégustations. Bien sûr, n’y connaissant rien, je demandais à des
« experts » de goûter, de commenter, et je mettais tout ça en forme. Mais comment fait-on quand on n’a pas l’échantillon ou bien que le produit n’est pas encore prêt ? J’ai rédigé
de superbes notes, toute seule, comme une grande, que
Ce job, qui pour d’autres aurait été un véritable paradis, était tout simplement une torture pour moi. Ah ça, aucun risque que j’aille piquer des trucs dans la réserve : vous ne
me verrez pas quitter le boulot en douce avec une bouteille de whisky bien planquée sous le manteau. Les vols à l’entrepôt, c’est sûr, c’était pas moi. Bon, on aurait vendu des chaussures, j’dis
pas que j’en aurais pas piqué une ou deux paires…
Souvent, le soir (oui, je faisais nocturne...), Bigboss Le Méchant approchait de mon bureau et y déposait un verre : « tiens, goûte, c’est un nouveau Cognac qu’on
vient de recevoir. Il est rarissime et très cher ». Et invariablement, je partais aux toilettes, où je regardais d’un air désolé le précieux breuvage finir ses jours dans la cuvette en
porcelaine. Oui, je sais, c'est moche.
Si cette expérience m'a malgré tout apporté une belle connaissance théorique des alcools et spiritueux (ce qui me permet de crâner dans les dîners, en expliquant le mode de
fabrication du whisky ou en racontant l'histoire de cette
Quand je goûte un vin ou un spiritueux, je ne sens rien : aucune note de poire ou de vanille, pas une once de réglisse ou de fruits rouges... L'alcool m'anesthésie les papilles.
Pourtant, je reconnais assez bien les goûts en règle générale (j'ai d'ailleurs fait brillamment mes preuves à une dégustation de thé avec un célèbre maître du thé), mais dès que c'est
alcoolisé, il n'y a rien à faire.
C'est la raison pour laquelle j'appréhende toujours de devoir goûter le vin au restaurant. Traditionnellement, la bienséance exige que ce soit celui qui invite qui goûte. Mais le plus
souvent, le sommelier fait goûter Monsieur (sans doute parce qu'il part du principe que c'est Monsieur qui paye l'addition, ce qui est complètement dépassé de nos jours, les hommes mettant de
moins en moins la main au portefeuille. Ce que je trouve par ailleurs parfaitement regrettable. On en reparlera à l'occasion, tiens).
Mais quand on est deux femmes, difficile d'échapper à la corvée : c'est vous qui payez ? C'est vous qui goûtez, CQFD. Il faut commencer par choisir le vin, en fonction de ce que vous
avez choisi comme plat : facile, viande blanche ou poisson, on prend du blanc, viande rouge, on prend du rouge. Personnellement, je bois du vin très sucré avec tout, et j'adore le mélange vin
doux / fromages, qui fait bondir les spécialistes. Pour mettre tout le mnde d'accord, dînons au Champagne, ce sera plus simple. Donc, si vous ne savez pas, demandez au sommelier ce qu'il vous
conseille (tout en jetant un petit coup d'oeil sur le prix : oui, le Château Margaux irait très bien avec votre côte de boeuf. Mais vous allez devoir manger des pâtes au beurre pendant 5
semaines...) : au moins, vous éviterez la faute de goût impardonnable.
Voilà, on vous apporte la bouteille. Le serveur prend votre verre, vous sert un fond de vin, et c'est là qu'il faut faire illusion. Parce que tout le monde à table vous regarde et
attend votre verdict avec impatience. Mais comment cacher votre incompétence ? Voici la marche à suivre pour ne pas avoir l'air trop con-con.
Attrapez votre verre par la base (il ne faut surtout pas le tenir par le ballon, ça réchauffe le vin et ça fait beauf), levez-le au niveau de vos yeux, inclinez-le un peu
(sans en renverser partout !!!) et regardez sa couleur en prenant un air entendu (et vérifiez au passage qu'il n'est pas trouble : si c'est le cas, vous pouvez faire la remarque
!!!). Ensuite, faites tourner DELICATEMENT le vin dans le verre (attention, c'est l'opération la plus délicate) puis, toujours en l'inclinant, mettez-y vote nez et... 3, 2, 1...
SENTEZ !!! Si vous voulez vraiment avoir l'air à fond dedans, fermez les yeux.
Portez ensuite le verre à vos lèvres et prenez une gorgée de vin. Gardez la en bouche quelques secondes, comme si vous la mâchiez (pas la peine d'aller jusqu'à faire cet horrible
gargouillis avec le vin : on ne vous en demande pas tant), plissez les yeux pour montrer que vous êtes concentré, et reposer le verre sur la table en faisant un signe de la tête ponctué d'un
"parfait". Là, c'est le top départ donné au serveur pour qu'il serve tout le monde.
Attention tout de même, si le vin pue le liège (là, pas besoin d'être un expert, tout le monde s'en rend compte), vous pouvez dire qu'il sembe bouchonné : les autres convives
sentiront tous le vin, le goûteront, et la décision de garder ou non la bouteille sera alors collective.
Aujourd'hui, la politesse semble être devenue pour beaucoup un ensemble de règles désuètes, dépassées et contraignantes. Et pourtant, ces codes sont là pour nous permettre de mieux
vivre les uns avec les autres, et constituent à eux seuls un véritable mode de communication.
Mais à une époque où les relations entre les êtres changent, et
principalement entre les hommes et les femmes, la politesse semble être vouée à une disparition certaine : la galanterie est-elle morte ?
Autrefois, la Femme avait un statut très différent de celui qu'elle a
aujourd'hui : elle ne travaillait pas, dépendait financièrement de son mari (la femme célibataire était très mal vue... Et je ne vous parle même pas des "filles mères", devenues "mères
célibataires" de nos jours et dont le statut est fort heureusement parfaitement accepté dans notre société actuelle), n'avait pas le droit de vote, et devait obtenir l'autorisation de son
époux pour le moindre de ses faits et gestes. Je suis quand même bien contente d'être née dans les années 80.
En 2009, notre situation a beaucoup évolué : les femmes travaillent,
vivent seules, n'ont plus de comptes à rendre, ne sont plus considérées comme des parias si elles ont des amants, sortent, boivent, consomment les hommes comme des Kleenex, choisissent de ne pas
se marier ni d'avoir d'enfants et vivent la vie qui leur plait. Mais avec cette émancipation (beaucoup trop tardive à mon goût) de la Femme, tous les codes de politesse entre hommes et
femmes ont volé en éclat.
Sous prétexte que "vous avez voulu l'égalité", les hommes ne font plus jamais
preuve de galanterie : ils ne tiennent plus la porte, ne payent plus au restaurant ("ça va, elle travaille, elle peut payer") que s'ils attendent un retour en nature, ne sortent plus de
la voiture pour vous ouvrir la portière, ne vous aident plus à enfiler votre manteau, ne vous font plus de compliments gratuits, ne portent plus les paquets lourds, ne vous aident plus à porter
vos skis quand il faut marcher dans la neige avec des chaussures inconfortables... C'est très dommage.
Même la séduction a perdu toute notion de galanterie : les hommes ne font
plus la cour, ils "draguent". Draguer, quel horrible notion... Littéralement, ça veut dire racler le fond de la mer avec une drague, pour ramasser le plus de poissons ou de coquillages. Elle est
bien loin l'époque où les hommes offraient des fleurs, et faisaient une cour assidue à une femme, sans avoir d'autres "poissons" sous le coude, lui faisant ainsi comprendre qu'elle était l'unique
objet de sa convoitise.
Aujourd'hui, lorsque vous allez au restaurant avec un
homme, il n'entrera pas le premier (ce qui est parfaitement inconfortable pour la femme : je déteste me retrouver toute seule, sans savoir quoi dire car je ne sais pas s'il a réservé ou non,
s'il souhaite que je parle ou pas... Normalement, quand on entre dans un lieu public, l'homme précède la femme, pour être certain que l'endroit n'est pas dangereux et lui éviter ainsi une
situation embarrassante), il ne vous approchera pas la chaise pour vous aider à vous installer confortablement, il n'attendra pas que vous ayez commencé pour se jeter voracement sur sa côte
de boeuf - patates, il ne se lèvera pas quand vous quitterez la table pour aller
L'été, comme chacun sait, c'est la saison des mariages. Même si les mariages hivernaux commencent à se développer (il faut dire que l'idée de
porter une superbe étole d'hermine est particulièrement alléchante, mais peu adaptée à des températures estivales !), j'ai rarement eu plusieurs mariages en plein mois de décembre, alors que
certains étés ne sont qu'une suite de mariages aux quatre coins du pays. C'est chiant, ça coupe les vacances...
Cette semaine donc, puisque je suis toujours
généralement lieu quelques jours (voire quelques
semaines) auparavant et seulement avec la famille très proche. Donc, c'est le jour J, vous avez sorti votre plus jolie robe (oui, je préfère vous le dire tout de suite : quand on est
invitée à un mariage, on évite absolument le pantalon, sauf si c'est vraiment un mariage très intime et à la campagne. On oublie aussi le blanc : la seule personne autorisée à en porter ce
jour-là, c'est la mariée. Aucune exception n'est acceptée), vos escarpins et votre chapeau, (sans oublier une petite veste ou un châle pour couvrir vos épaules : ça choque les vieilles
tantes, trop de peau nue pendant la messe !) et vous vous dirigez vers l'église.
Pour vous installer, c'est très simple : si vous êtes invitée par le marié, vous vous installez à droite de l'église, et si vous connaissez la
mariée, vous vous mettez à gauche. A ce stade-là de la journée, on ne se mélange pas encore avec le côté adverse (on attendra que les futurs époux se soient dit "oui" avant d'aller fricoter
avec l'ennemi). Et plus vous êtes proches, plus vous vous mettez près de l'autel (facile : si vous êtes la soeur de la mariée, vous êtes au premier rang, mais si c'est juste votre copine
du cours d'aérobic et que vous ne connaissez personne, vous vous mettez au fond de l'église. Pas besoin de faire Polytechnique pour comprendre !). Petite précision : si la cérémonie commence
à 15h30, on prend soin d'être installé un petit quart d'heure à l'avance, ce qui permet d'une part de répéter les chants avec le chef de choeur et d'autre part d'être là pour voir la mariée faire
son entrée dans l'église. C'est un peu le clou du spectacle, quand même !
La mariée entre donc au bras de son père : c'est son big moment... Elle a cherché sa robe pendant des mois, a jalousement gardé le secret pour
réserver la surprise à tout le monde et ne s'est nourrie que de feuilles de salade pendant des semaines, alors surtout n'allez pas lui gâcher ça. Si la mariée est belle, dites-le .
Mais si elle est vraiment épouvantable et qu'on dirait une grosse meringue nacrée saupoudrée de paillettes (oui, malheureusement, ça arrive... J'ai même déjà vu une mariée en orange : la
famille en parle encore), ne dites rien. Et si vraiment c'est trop horrible et que vous avez une soeur comme la mienne, un simple regard entre vous suffira pour commenter la situation par la
télépathie (vous aurez bien le temps de critiquer plus tard). Mais surtout, quoi qu'il arrive, ne riez-pas et ne vous moquez pas à voix haute : il y a des gens autour.
Pendant la cérémonie, essayez de ne pas parler à vos voisins : il vaut mieux avoir l'air sérieux. N'oublions pas que nous sommes dans une église.
Alors on évite les grandes effusions pour dire bonjour à la cousine Cécile qui est de l'autre côté de la nef, on ne parle pas, on ne sort pas son portable, qu'on a bien sûr mis en silencieux :
imaginez un peu la tête des époux si, au moment des l'échange des consentement, retentit la sonnerie "beatbox en prout mineur" (je jure qu'elle existe : vous pouvez l'entendre
Ca y est ! Ils sont mariés !
Après une petite promenade en voiture (qui ne dépasse généralement pas une vingtaine de minutes grand maximum : au-delà, ça
emmerde tout le monde. On se perd, c'est long, on froisse ses vêtements, on abîme son chapeau, on a soif ou très envie de faire pipi... Bref, le plus court sera le mieux), tous les invités
se retrouvent sur le lieu où auront lieu les festivités. La plupart du temps, et quand la météo le permet, le cocktail a lieu à l'extérieur, sur la pelouse où sont dressées quelques barnums
blancs sous lesquels sont installés de grandes tables qui servent de buffet.
En fonction du buffet, vous saurez si le dîner sera bon ou non. Ainsi, si le buffet est absolument infect et très peu copieux, vous pouvez espérer
que la plus grosse partie du budget a été mise dans le dîner : il n'y a donc pas de regrets à avoir. A l'inverse, si le buffet est extraordinaire (genre avec un stand fois gras + un stand
verrines + un stand canapés + un stand petits fours + une pyramide en macarons Ladurée, et sans compter les serveurs qui passent en permanence avec des plateaux débordants de douceurs
exquises), il est fort à craindre que le dîner sera de très mauvaise qualité. En effet, dans les grands mariages, tout le monde n'est pas invité au dîner : ainsi, certaines personnes ne sont
conviées qu'au cocktail. C'est facile : quand vous recevez le faire-part, s'il n'y a pas le
d'invitation pour le dîner glissé à l'intérieur, c'est
que vous n'êtes pas convié au repas. Inutile de vous dire que quand je ne suis pas invitée à la totale, pas question que je pointe le bout de mon chapeau au mariage (genre je vais m'acheter
une robe, prendre le train et une chambre d'hôtel, tout ça pour manger trois amuse-gueules et boire une coupe de Champagne ? Faut pas pousser, je ne meurs pas de faim à ce point là...).
C'est pour cette raison très certainement, que les mariés mettent le paquet sur le cocktail : les lésés qui ne profitent pas du dîner n'auront pas l'impression d'être venus pour
rien.
Le cocktail, c'est le moment idéal pour faire des mondanités : c'est là qu'on retrouve des amis perdus de vue depuis longtemps, des vieilles tantes,
un cousin éloigné... ou qu'on retombe par hasard sur ce parfait crétin qui vous collait au cul et à qui vous avez fait croire que vous partiez au Texas épouser un éleveur de taureaux. Et merde.
Entre deux coupettes, on papote, on rigole, on commente la robe de la mariée, on potine, on réseaute, on name-droppe, on se gave de petits fours si le buffet est bon, on sourit au photographe
(vu le prix de votre robe, autant l'immortaliser). Mais surtout, ne pas oublier la mission principale : féliciter les mariés. C'est une étape OBLIGATOIRE. Alors plutôt qu'attendre le
moment de prendre congé ("félicitations, c'était super ! Merci et belle vie ! Allez, je filoche, c'est que j'ai de la route moi !"), autant présenter vos voeux de bonheur le plus tôt
possible. Et croyez moi, vous n'êtes pas les seuls à avoir cette brillante idée, comme le prouve la longue queue qui s'étend devant les jeunes tourtereaux. Pour faire la bise à la mariée, on
attend plus longtemps que pour les soldes privées Hermès. J'vous jure !
Après deux ou trois heures, le moment du dîner arrive. Pour faire venir tout le monde à table, plusieurs techniques : soit on envoie les enfants
d'honneur rabattre les invités comme du bétail (parfois avec des clochettes ou des grelots, ce que je trouve particulièrement charmant. Mais ce n'est là que mon humble avis...), soit on
sort le grand jeu et on sonne le cor de chasse : dans chaque famille, il y a toujours un ou deux "sonneurs" qui se feront un plaisir de faire partager leur talent ("tiens, comme par hasard,
j'ai apporté mon cor, juste au cas où". En fait, il a répété pendant 3 mois, mais il ne l'avouera certainement jamais !). Les convives se dirigent donc vers la tente ou la salle qui
accueillera le repas, alors que les pauvres malheureux qui n'ont pas leur ticket-bouffe rentrent à la maison : pour eux, la fête s'arrête avant même d'avoir commencé... Et pas la peine d'essayer
de s'incruster, il y a toujours la barrière du plan de table...
Vous disiez ?