Quel dommage que la technologie ne permette pas encore de transmettre les odeurs à travers un écran d'ordinateur : parce que ce matin, je vous aurais fait un festival.
Aujourd'hui, nous allons parler fromage. Oui, le temps est venu de dénoncer les sagouins qui massacrent cet emblème de notre culture nationale : de la même manière qu'on ne doit pas siffler la
Marseillaise, sachez que le fromage, ça se respecte. Comment ça, une intégriste du fromage, moi ?????? No way... Ou si peu... Mais il faut dire que j'en ai assez...
Oui, je gueule. So what ? J'ai bien le droit de défendre les causes qui me tiennent à coeur, non ? Déjà que mon entourage se moque de mon amour pour Joséphine Ange Gardien
(Mimi, si tu lis ces mots, moi je suis sûre que tu n'es pas aussi méchante que tout le monde le dit. Call me : on ira dîner avec Laurent Ruquier, mon meilleur ami voisin) et ne reconnait pas mon immense talent de chanteuse (et pourtant, j'ai un répertoire assez impressionnant : je suis
incollable en chanson française de 1952 à 1989. Chorégraphies comprises. Mes anciens colocataires peuvent témoigner), alors please, laissez moi partager ici ma passion pour le fromage. En
plus, je n'ai même plus le droit d'écrire quoi que ce soit sur le mariage de Kate et William, au risque de me faire taper sur les doigts par mes lecteurs excédés et lassés d'entendre tout mon
blabla sur les jeunes mariés (oui, ils sont partis en voyage de noces. On ne sait pas où exactement, mais la rumeur dit qu'ils ont loué une île aux Seychelles.
Je suis jalouse). Alors je le dis haut et fort : "J'AIME LE FROMAGE". Et ce n'est pas nouveau.
Pourquoi tant de colère dans mes propos si matinaux (bon, en réalité, il est 22 heures et des cacahuètes, mais chut, certains croient encore que j'écris en temps réel
et que je me lève aux aurores 3 fois par semaine pour pondre quelques lignes qui éclaireront leur petit-déjeuner. Ne brisons pas leur rêve...) ? Mettons-nous en situation : grand repas de
famille, genre immense tablée, une grosse douzaine de convives (c'est con, je sais : qu'est ce que c'est une "grosse douzaine" ? Une douzaine, c'est douze. Plus, c'est treize... Bref, pas la
peine de pinailler. Surtout que j'ai plein de trucs à vous raconter et qu'il serait temps de rentrer dans le vif du sujet). Le moment du fromage arrive et le plateau passe de mains en mains.
Et quand vient votre tour, en dernier... vous réalisez avec horreur qu'il ne reste plus, de ce superbe brie qui vous faisait de l'oeil... que la croûte.
Et face à ce drame gastronomique, une seule solution : éduquer les convives et leur apprendre qu'il existe des règles bien précises pour couper le fromage, afin que le
dernier servi ne se retrouve pas avec simplement un plateau de croûtes de fromage. Pas la peine de faire comme si vous n'étiez pas concerné par le sujet : vous l'avez TOUS fait !!!!
Pas d'inquiétude, c'est très simple. Commençons par les fromages ronds (le camembert, par exemple : c'est celui qu'on trouve le plus souvent sur les tables
françaises) : là c'est fastoche, vous coupez des parts en partant du centre, comme pour un gâteau. Idem pour les fromages carrés.
Attention, on complique : pour les fromages rectangulaires, vous coupez des tranches ou des rectangles, dans le côté le plus petit. Et pour les bûchettes, c'est le même
principe. Ca va, vous suivez ? Pour les fromages en triangle (le fameux brie !!!!!), vous coupez en biais, de la pointe vers la lcroûte (et ça vaut aussi pour le roquefort !).
Bon, et pour terminer, les fromages en forme de bûches verticales : pour la fourme, par exemple, il faut couper des tranches fines et horizontales, jusqu'à ce que le fromage ne fasse plus que
quelques centimètres de haut : à ce moment là, on repasse à la technique du camembert.
Bon, c'est ok, tout est bien pigé ? Et en cas de doute, soit on regarde comment ont fait les autres, soit on demande, soit on s'abstient. Maintenant, si vous recevez chez
vous, sachez qu'il est de bon ton d'entamer à l'avance les fromages et de découper la première part : les convives sauront ainsi comment découper et n'auront pas peur de commencer un fromage
intact. Oui, je sais, les bonnes manières, c'est compliqué.
Et ce n'est pas tout : une fois que le fromage est dans votre assiette, pas la peine de le massacrer et de l'étaler sur votre pain comme vous le feriez avec du Kiri ou du Philadelphia.
Le fromage, comme le foie gras d'ailleurs, se pose juste sur le pain avant d'être mis en bouche. Pitié, un petit effort.
Enfin, une règle de base : on ne repasse JAMAIS le plateau de fromages. Pourquoi ? Parce que cela sous-entendrait que vous n'avez pas assez mangé et donc que la maîtresse
de maison a été négligente. Mais si, comme moi, vous ne pouvez pas résister, montrez que vous connaissez la règle en utilisant une petite pirouette : "je sais qu'on ne repasse pas le fromage,
mais le brie est tellement délicieux que je vais être très impolie et me resservir, juste par gourmandise". Et hop, en quelques mots, vous montrez que vous êtes très bien élevé (car vous
dites que vous ne l'êtes pas. Houlà, je sens que je vous perds, là...) et vous faites un compliment à la maîtresse de maison en la complimentant sur son fromage. Mais attention : impossible
de refuser de prendre du dessert ensuite, surtout si c'est du fait-maison...
Bon, maintenant que tout est clair, je vous invite à dîner pour vérifier que tout est bien assimilé ?
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Bloquage des raffineries, pénurie d'essence, grève, camions citernes arrêtés : depuis quelques jours, impossible d'échapper à cette terrible question que se posent tous les
français : "va-t-on trouver de l'essence aujourd'hui ?". Pas un journal de télévision, pas une émission de radio, pas un flash actu, pas un journal qui ne fasse le portrait de "ces gens comme
vous et moi" qui sont "pris en otage" par les grévistes et ne pourront pas aller travailler ou emmener leurs bambins en vacances faute de carburant (personnellement, je ne me sens pas du tout
concernée, dans la mesure où je n'ai pas de voiture, mais comme il est très mal vu de ne pas être solidaire, je
Je vous rassure tout de suite, je ne vais absolument pas vous donner mon avis sur les grèves : j'en ai pris plein la figure sur
Alors que j'écoutais tranquillement un français lambda se faire interviewer à la radio sur le sujet de la pénurie d'essence, mes oreilles ont crissé en entendant sa réponse :
"ouais, ce matin, j'ai fait la queue pendant deux heures pour faire de l'essence". Ouch.
le monsieur que j'entends à la radio est un gros plouc.
Parce que, malheureusement, le langage que l'on utilise donne aux autres des indications sur notre éducation et notre classe sociale. Alors aujourd'hui, je m'insurge contre toutes ces vilaines
expressions qui me hérissent les poils à chaque fois que je les entends : on ne dit pas "faire de l'essence", car en arrivant à la pompe, l'automobiliste ne fabrique pas son carburant. On dit
"faire le plein" ou "prendre de l'essence". De la même manière, on ne va pas "faire une carte" : on paye par carte. Ah la la, il faut tout vous dire...
La plus célèbre des fautes de français, c'est certainement l'utilisation du "à" en lieu et place du "de" : le chien à ma soeur, la maison à mes parents... On ne dit pas fils à
pute et crotte à nez, pourtant !!! Et bien là, c'est pareil : le chien DE ma soeur.
Autre erreur fréquente : lorsque l'on va se faire couper les cheveux, on ne va pas "au coiffeur" mais "chez le coiffeur". Ou alors, c'est que l'on y va pour autre chose
qu'une coupe de cheveux : la vache va au taureau, l'homme va au bordel... Pas besoin de vous faire un dessin.
qui passe et celui qu'il fait) et au lieu : à la très
vilaine question "c'est quelle heure", combien répondent la bouche en coeur "c'est midi". Non, c'est pas midi : en revanche, il est midi. Et idem pour la dame qui sort son parapluie pour se
protéger des intempéries parce que "ça pleut" : ça pleut pas, IL pleut (c'est qui "il", demandera-t-elle ? C'est personne, c'est juste un verbe intransitif et il ne se conjugue qu'à la
troisième personne du singulier. Point barre. No option). Lorsque vous donnez rendez-vous à quelqu'un en face d'un monument, surtout éviter le "on se retrouve face la gare" qui dénote une
épouvantable maîtrise de la langue de Molière : et si vous hésitez, pensez à la chanson de Calogero (avec le rappeur Passi), "Face
J'entends déjà les critiques : tu es snob, tout le monde n'a pas la chance d'avoir fait des études, blablabla... Désolée, je ne suis pas d'accord : l'école est obligatoire
jusqu'à 16 ans (ce qui laisse 10 ans pour apprendre à lire, écrire et parler le français...), et chacun a la possibilité d'utiliser son temps libre pour lire et essayer de corriger sa
grammaire. Moi-même, je fais des fautes d'orthographe et de grammaire, mais au moindre doute, je vais vérifier la formulation correcte.
Tout le monde a bien mangé bien bu, merci petit Jésus, j'ai la peau du ventre bien tendu : le dîner est terminé, le café avalé et, normalement, vous
n'avez plus faim (si c'est le cas, c'est que vraiment le repas était déplorable ou vraiment peu copieux : j'ai assisté à un très grand nombre de mariages, et il n'y a qu'une seule fois où
j'ai dû m'acheter à manger sur le chemin du retour !).
La mariée et son père se dirigent vers la piste de danse pour "ouvrir le bal" en dansant une valse (si vous allez vous marier bientôt, quoi qu'il
se passe, évitez la valse n°2 de Chostakovitch : André Rieu l'a tellement massacrée qu'elle en est devenue ringarde... Ah, et n'essayez même pas de danser sur votre chanson préférée : "I will
always love you", c'est so has been... Pire, "My heart will go on", la BO de Titanic, le plus grand naufrage de l'histoire. Certains ont des goûts musicaux plus que discutables... et c'est une
fan d'Abba et de Cloclo qui vous parle !) pendant quelques minutes, puis le marié s'approche et prend la place du père et fait danser sa nouvelle épouse. Pfiou, matez un peu la
symbolique...
A la fin de cette première danse, le DJ est sympa et passe quelques valses, afin que les
Et le soleil se lève sur les vestiges de ce joli mariage : le maquillage a coulé, les jolies robes sont froissées, les pieds sont douloureux... Alors
on trouve en soi le courage d'aller se coucher. Parce qu'à 13 heures, on est invité au brunch (certains l'appellent le "retour de noces" : j'aime moyen, ça fait un peu "retour de
couches"...), où toute la famille sera réunie. La nuit a été très courte, mais il faut faire bonne figure : la mode des lunettes mouche est bien utile ce jour-là !
Vient le moment de prendre congé : on remercie la mère de la mariée pour son accueil et on félicite encore les jeunes époux. Et l'on reprend la
route... "Ah la la, qu'est-ce qu'elle était conne la fille à côté de moi à table !". "Mais qu'est ce qu'on a bien bouffé". "Oui, mais ça manquait de vin". "Et la robe de la mariée, quelle
horreur" !!! Retour à la vraie vie, quoi...
Chacun reprend alors sa place : les jeunes mariés font un rapide discours pour remercier tout le monde d'être venu (et certains même de très
loin) et souhaiter à tous une agréable soirée, et les serveurs apportent les entrées. En même temps que le dîner se déroule, on assiste au défilé des discours. Le tout premier, en début de
repas (juste avant ou juste après l'entrée) est prononcé par le père de la mariée : il est souvent très ému, et verse presque toujours une larme en laissant "sa petite fille" partir avec
un autre homme (Oedipe à l'envers, quoi !) et n'oubliera pas de tailler un peu son futur gendre. Vient ensuite le speech du père du marié (souvent beaucoup moins cul-cul), puis
les frères et soeurs des époux, ainsi que leurs témoins.
Pour faire passer chacune de ces performances rhétoriques, on nous remplit la panse : plat principal (ça varie avec les modes, mais il y a
souvent de la viande en sauce -le canard a eu beaucoup de succès l'année dernière- accompagnée d'un peu de légumes (ballotin de haricots verts noué par une ficelle de lard, tomate provençale,
part de gratin...)) et assiette de fromage (souvent mauvais, il faut bien le reconnaître, mais toujours accompagné de trois feuilles de salade).
Une chose à savoir : un dîner de mariage, ça peut durer des heures ! Entre les serveurs trop lents, un problème en cuisine, les discours à rallonge
entendus et vus mille fois (si jamais, le jour de mon mariage, on me fait un powerpoint avec des photos de moi ado pour montrer combien j'étais moche, je balance le projecteur par la fenêtre,
c'est clair ?) et les allées et venues des invités qui sortent
Le moment du dessert est généralement le moins organisé : c'est là que les amis (qui ne le seront bientôt plus vu ce qu'ils vont balancer comme
vacheries) des mariés entrent en scène pour faire leur discours / spectacle / imitation... C'est là que ça chambre le plus. Généralement, les vieux détestent, parce qu'ils ne voient rien,
n'entendent rien et ne comprennent rien. Et c'est tant mieux, car certains discours sont vraiment de très mauvais goût (le jour de mon mariage, j'aurai une "responsable
micro"
Maintenant que tout le monde s'est donné en spectacle, il est temps d'apporter le dessert. La tradition voudrait qu'il s'agisse d'une pièce montée
de choux à la crème surmontée de petits mariés (personnellement, j'en suis folle : pour moi, un mariage sans pièce montée n'est pas un vrai mariage... Mais c'est un dessert risqué :
au mariage de mon oncle, à cause de la chaleur, le caramel avait fondu et la pièce montée s'était effondrée : je me souviens encore de la galère pour essayer de la raffistoler du mieux possible
!) mais de plus en plus, les mariés choisissent le buffet de desserts avec plusieurs gros gâteaux et petites douceurs. Ensemble, ils attrapent un gros couteau et découpent la pièce montée
(ou le gâteau). On applaudit, on prend des photos, on boit du Champagne...
Le dîner se termine, les serveurs commencent à desservir les tables (c'est à ce moment-là qu'il y a le plus de casse de vaisselle, car les gens ne
sont plus assis) et offrent le café. C'est le coup d'envoi de la soirée !!!!
Vous vous dirigez donc vers l'endroit où aura lieu le dîner. La plupart du temps, il s'agit d'une grande tente blanche qui a été dressée sur la
pelouse (le plus souvent à côté du chateau ou de la maison de famille) : c'est pratique car modulable, et cela évite que des centaines de personnes n'envahissent votre maison... Parce
que lors des mariages, tout le monde veut visiter la maison de famille : certains ne se gènent d'ailleurs pas pour le faire sans aucune autorisation (j'ai le souvenir d'un mariage au cours
duquel nous avons réalisé que la chambre de mes parents avait été "visitée", en retrouvant une paire de chaussettes de mon père sur la piste de danse. Aujourd'hui encore, le mystérieux emprunteur
de soquettes n'a pas été démasqué. Mais il est entré dans la légende familiale !).
Vous entrez donc dans la tente. Le première chose qu'il vous faut faire, c'est trouver votre table. Pour cela, de grands panneaux avec des listes
alphabétiques listent tous les convives et le nom de leur table. A ce propos, le choix des noms donnés aux tables est toujours très amusant : la plupart du temps, ils sont en rapport avec la vie
des jeunes époux (les villes ou pays qu'ils ont visités, par exemple...) ou la profession de l'un des deux (j'ai souvenir du mariage d'une cousine qui épousait un marin : toutes les
tables portaient des noms de porte-avions ou de bateaux célèbres. J'aurais dû vérifier s'il n'y avait pas une table "Titanic", ça aurait pu être drôle !!). Bref, une fois que vous savez quel
est le nom de votre table, vous essayez de trouver
qui est assis avec vous, histoire d'être sûr de connaître quelqu'un, sinon c'est l'horreur garantie pour le reste de la soirée (les bonnes surprises, dans ce genre de situation, étant
particulièrement rares, sachez le). Vient ensuite le moment de la localisation de votre table d'abord sur le plan (s'il y en a un) puis en vrai : je suis toujours fascinée par cette
scène si typique des grands mariages, où l'on voit des dizaines de personnes avancer en se penchant vers chaque table pour en déchiffrer le nom "et la table "coquillages et crustacés", elle est
où ?".
Vous finissez par trouver votre table et vous vous installez. Là, pour moi, c'est toujours la même histoire. Je ne connais jamais personne, ou alors
une vague cousine éloignée avec qui j'ai dû jouer à cache-cache lors d'une réunion de famille il y a 25 ans : ça crée des liens, mais quand même... Car voilà le grand problème du plan de table :
sous prétexte de mélanger les gens pour qu'ils se rencontrent (ne dit-on pas que les mariages sont les meilleurs lieux de rencontres pour les couples ?), celui qui est responsable du
plan de table a un rôle stratégique dans la réussite d'un mariage. Le plan de table, c'est la clef de voûte d'un mariage réussi : entre les susceptibilités des uns, les affinités et disputes des
autres, les âges, les situations familiales et tout le reste, il y a de nombreux paramètres à prendre en compte. L'une des règles de base est de mélanger les gens qui se ressemblent (c'est
pour ça qu'on a toujours une table avec uniquement des couples de fiancés - ils parleront préparatifs entre eux- ou une table de célibataires - ils trouveront peut-être
chaussure à leur pied. Il y a parfois des ratés : je me
suis retrouvée un jour seule célibataire à une table avec 4 jeunes couples... Il y a des moments comme ça où l'on se sent très seule !). Mais surtout, à chaque table, il faut un
boute-en-train, une personne qui "met l'ambiance", qui fait en sorte que la mayonnaise prenne. Quelqu'un qui n'hésitera pas à parler à tout le monde. Quelqu'un qui passe à peu près partout et peu
s'adapter à n'importe quel interlocuteur. Quelqu'un qui, de toutes façons va se faire chier toute la soirée à essayer d'animer une table particulièrement coincée. En général, ça tombe sur moi.
J'ai l'habitude. A tel point que lorsque je suis à une table sympa, je m'en souviens toute ma vie...
Après une petite promenade en voiture (qui ne dépasse généralement pas une vingtaine de minutes grand maximum : au-delà, ça
emmerde tout le monde. On se perd, c'est long, on froisse ses vêtements, on abîme son chapeau, on a soif ou très envie de faire pipi... Bref, le plus court sera le mieux), tous les invités
se retrouvent sur le lieu où auront lieu les festivités. La plupart du temps, et quand la météo le permet, le cocktail a lieu à l'extérieur, sur la pelouse où sont dressées quelques barnums
blancs sous lesquels sont installés de grandes tables qui servent de buffet.
En fonction du buffet, vous saurez si le dîner sera bon ou non. Ainsi, si le buffet est absolument infect et très peu copieux, vous pouvez espérer
que la plus grosse partie du budget a été mise dans le dîner : il n'y a donc pas de regrets à avoir. A l'inverse, si le buffet est extraordinaire (genre avec un stand fois gras + un stand
verrines + un stand canapés + un stand petits fours + une pyramide en macarons Ladurée, et sans compter les serveurs qui passent en permanence avec des plateaux débordants de douceurs
exquises), il est fort à craindre que le dîner sera de très mauvaise qualité. En effet, dans les grands mariages, tout le monde n'est pas invité au dîner : ainsi, certaines personnes ne sont
conviées qu'au cocktail. C'est facile : quand vous recevez le faire-part, s'il n'y a pas le
d'invitation pour le dîner glissé à l'intérieur, c'est
que vous n'êtes pas convié au repas. Inutile de vous dire que quand je ne suis pas invitée à la totale, pas question que je pointe le bout de mon chapeau au mariage (genre je vais m'acheter
une robe, prendre le train et une chambre d'hôtel, tout ça pour manger trois amuse-gueules et boire une coupe de Champagne ? Faut pas pousser, je ne meurs pas de faim à ce point là...).
C'est pour cette raison très certainement, que les mariés mettent le paquet sur le cocktail : les lésés qui ne profitent pas du dîner n'auront pas l'impression d'être venus pour
rien.
Le cocktail, c'est le moment idéal pour faire des mondanités : c'est là qu'on retrouve des amis perdus de vue depuis longtemps, des vieilles tantes,
un cousin éloigné... ou qu'on retombe par hasard sur ce parfait crétin qui vous collait au cul et à qui vous avez fait croire que vous partiez au Texas épouser un éleveur de taureaux. Et merde.
Entre deux coupettes, on papote, on rigole, on commente la robe de la mariée, on potine, on réseaute, on name-droppe, on se gave de petits fours si le buffet est bon, on sourit au photographe
(vu le prix de votre robe, autant l'immortaliser). Mais surtout, ne pas oublier la mission principale : féliciter les mariés. C'est une étape OBLIGATOIRE. Alors plutôt qu'attendre le
moment de prendre congé ("félicitations, c'était super ! Merci et belle vie ! Allez, je filoche, c'est que j'ai de la route moi !"), autant présenter vos voeux de bonheur le plus tôt
possible. Et croyez moi, vous n'êtes pas les seuls à avoir cette brillante idée, comme le prouve la longue queue qui s'étend devant les jeunes tourtereaux. Pour faire la bise à la mariée, on
attend plus longtemps que pour les soldes privées Hermès. J'vous jure !
Après deux ou trois heures, le moment du dîner arrive. Pour faire venir tout le monde à table, plusieurs techniques : soit on envoie les enfants
d'honneur rabattre les invités comme du bétail (parfois avec des clochettes ou des grelots, ce que je trouve particulièrement charmant. Mais ce n'est là que mon humble avis...), soit on
sort le grand jeu et on sonne le cor de chasse : dans chaque famille, il y a toujours un ou deux "sonneurs" qui se feront un plaisir de faire partager leur talent ("tiens, comme par hasard,
j'ai apporté mon cor, juste au cas où". En fait, il a répété pendant 3 mois, mais il ne l'avouera certainement jamais !). Les convives se dirigent donc vers la tente ou la salle qui
accueillera le repas, alors que les pauvres malheureux qui n'ont pas leur ticket-bouffe rentrent à la maison : pour eux, la fête s'arrête avant même d'avoir commencé... Et pas la peine d'essayer
de s'incruster, il y a toujours la barrière du plan de table...
L'été, comme chacun sait, c'est la saison des mariages. Même si les mariages hivernaux commencent à se développer (il faut dire que l'idée de
porter une superbe étole d'hermine est particulièrement alléchante, mais peu adaptée à des températures estivales !), j'ai rarement eu plusieurs mariages en plein mois de décembre, alors que
certains étés ne sont qu'une suite de mariages aux quatre coins du pays. C'est chiant, ça coupe les vacances...
Cette semaine donc, puisque je suis toujours
généralement lieu quelques jours (voire quelques
semaines) auparavant et seulement avec la famille très proche. Donc, c'est le jour J, vous avez sorti votre plus jolie robe (oui, je préfère vous le dire tout de suite : quand on est
invitée à un mariage, on évite absolument le pantalon, sauf si c'est vraiment un mariage très intime et à la campagne. On oublie aussi le blanc : la seule personne autorisée à en porter ce
jour-là, c'est la mariée. Aucune exception n'est acceptée), vos escarpins et votre chapeau, (sans oublier une petite veste ou un châle pour couvrir vos épaules : ça choque les vieilles
tantes, trop de peau nue pendant la messe !) et vous vous dirigez vers l'église.
Pour vous installer, c'est très simple : si vous êtes invitée par le marié, vous vous installez à droite de l'église, et si vous connaissez la
mariée, vous vous mettez à gauche. A ce stade-là de la journée, on ne se mélange pas encore avec le côté adverse (on attendra que les futurs époux se soient dit "oui" avant d'aller fricoter
avec l'ennemi). Et plus vous êtes proches, plus vous vous mettez près de l'autel (facile : si vous êtes la soeur de la mariée, vous êtes au premier rang, mais si c'est juste votre copine
du cours d'aérobic et que vous ne connaissez personne, vous vous mettez au fond de l'église. Pas besoin de faire Polytechnique pour comprendre !). Petite précision : si la cérémonie commence
à 15h30, on prend soin d'être installé un petit quart d'heure à l'avance, ce qui permet d'une part de répéter les chants avec le chef de choeur et d'autre part d'être là pour voir la mariée faire
son entrée dans l'église. C'est un peu le clou du spectacle, quand même !
La mariée entre donc au bras de son père : c'est son big moment... Elle a cherché sa robe pendant des mois, a jalousement gardé le secret pour
réserver la surprise à tout le monde et ne s'est nourrie que de feuilles de salade pendant des semaines, alors surtout n'allez pas lui gâcher ça. Si la mariée est belle, dites-le .
Mais si elle est vraiment épouvantable et qu'on dirait une grosse meringue nacrée saupoudrée de paillettes (oui, malheureusement, ça arrive... J'ai même déjà vu une mariée en orange : la
famille en parle encore), ne dites rien. Et si vraiment c'est trop horrible et que vous avez une soeur comme la mienne, un simple regard entre vous suffira pour commenter la situation par la
télépathie (vous aurez bien le temps de critiquer plus tard). Mais surtout, quoi qu'il arrive, ne riez-pas et ne vous moquez pas à voix haute : il y a des gens autour.
Pendant la cérémonie, essayez de ne pas parler à vos voisins : il vaut mieux avoir l'air sérieux. N'oublions pas que nous sommes dans une église.
Alors on évite les grandes effusions pour dire bonjour à la cousine Cécile qui est de l'autre côté de la nef, on ne parle pas, on ne sort pas son portable, qu'on a bien sûr mis en silencieux :
imaginez un peu la tête des époux si, au moment des l'échange des consentement, retentit la sonnerie "beatbox en prout mineur" (je jure qu'elle existe : vous pouvez l'entendre
Ca y est ! Ils sont mariés !
Aujourd'hui, la politesse semble être devenue pour beaucoup un ensemble de règles désuètes, dépassées et contraignantes. Et pourtant, ces codes sont là pour nous permettre de mieux
vivre les uns avec les autres, et constituent à eux seuls un véritable mode de communication.
Mais à une époque où les relations entre les êtres changent, et
principalement entre les hommes et les femmes, la politesse semble être vouée à une disparition certaine : la galanterie est-elle morte ?
Autrefois, la Femme avait un statut très différent de celui qu'elle a
aujourd'hui : elle ne travaillait pas, dépendait financièrement de son mari (la femme célibataire était très mal vue... Et je ne vous parle même pas des "filles mères", devenues "mères
célibataires" de nos jours et dont le statut est fort heureusement parfaitement accepté dans notre société actuelle), n'avait pas le droit de vote, et devait obtenir l'autorisation de son
époux pour le moindre de ses faits et gestes. Je suis quand même bien contente d'être née dans les années 80.
En 2009, notre situation a beaucoup évolué : les femmes travaillent,
vivent seules, n'ont plus de comptes à rendre, ne sont plus considérées comme des parias si elles ont des amants, sortent, boivent, consomment les hommes comme des Kleenex, choisissent de ne pas
se marier ni d'avoir d'enfants et vivent la vie qui leur plait. Mais avec cette émancipation (beaucoup trop tardive à mon goût) de la Femme, tous les codes de politesse entre hommes et
femmes ont volé en éclat.
Sous prétexte que "vous avez voulu l'égalité", les hommes ne font plus jamais
preuve de galanterie : ils ne tiennent plus la porte, ne payent plus au restaurant ("ça va, elle travaille, elle peut payer") que s'ils attendent un retour en nature, ne sortent plus de
la voiture pour vous ouvrir la portière, ne vous aident plus à enfiler votre manteau, ne vous font plus de compliments gratuits, ne portent plus les paquets lourds, ne vous aident plus à porter
vos skis quand il faut marcher dans la neige avec des chaussures inconfortables... C'est très dommage.
Même la séduction a perdu toute notion de galanterie : les hommes ne font
plus la cour, ils "draguent". Draguer, quel horrible notion... Littéralement, ça veut dire racler le fond de la mer avec une drague, pour ramasser le plus de poissons ou de coquillages. Elle est
bien loin l'époque où les hommes offraient des fleurs, et faisaient une cour assidue à une femme, sans avoir d'autres "poissons" sous le coude, lui faisant ainsi comprendre qu'elle était l'unique
objet de sa convoitise.
Aujourd'hui, lorsque vous allez au restaurant avec un
homme, il n'entrera pas le premier (ce qui est parfaitement inconfortable pour la femme : je déteste me retrouver toute seule, sans savoir quoi dire car je ne sais pas s'il a réservé ou non,
s'il souhaite que je parle ou pas... Normalement, quand on entre dans un lieu public, l'homme précède la femme, pour être certain que l'endroit n'est pas dangereux et lui éviter ainsi une
situation embarrassante), il ne vous approchera pas la chaise pour vous aider à vous installer confortablement, il n'attendra pas que vous ayez commencé pour se jeter voracement sur sa côte
de boeuf - patates, il ne se lèvera pas quand vous quitterez la table pour aller
Je suis nulle en alcool. Mais vraiment. Et le comble, c’est que j’ai décroché il y a maintenant près de 2 ans un poste chez un
Mais qu’à cela ne tienne : dans le cadre de mon travail, j’étais chargée -entre autres- de rédiger des notes de dégustations. Bien sûr, n’y connaissant rien, je demandais à des
« experts » de goûter, de commenter, et je mettais tout ça en forme. Mais comment fait-on quand on n’a pas l’échantillon ou bien que le produit n’est pas encore prêt ? J’ai rédigé
de superbes notes, toute seule, comme une grande, que
Ce job, qui pour d’autres aurait été un véritable paradis, était tout simplement une torture pour moi. Ah ça, aucun risque que j’aille piquer des trucs dans la réserve : vous ne
me verrez pas quitter le boulot en douce avec une bouteille de whisky bien planquée sous le manteau. Les vols à l’entrepôt, c’est sûr, c’était pas moi. Bon, on aurait vendu des chaussures, j’dis
pas que j’en aurais pas piqué une ou deux paires…
Souvent, le soir (oui, je faisais nocturne...), Bigboss Le Méchant approchait de mon bureau et y déposait un verre : « tiens, goûte, c’est un nouveau Cognac qu’on
vient de recevoir. Il est rarissime et très cher ». Et invariablement, je partais aux toilettes, où je regardais d’un air désolé le précieux breuvage finir ses jours dans la cuvette en
porcelaine. Oui, je sais, c'est moche.
Si cette expérience m'a malgré tout apporté une belle connaissance théorique des alcools et spiritueux (ce qui me permet de crâner dans les dîners, en expliquant le mode de
fabrication du whisky ou en racontant l'histoire de cette
Quand je goûte un vin ou un spiritueux, je ne sens rien : aucune note de poire ou de vanille, pas une once de réglisse ou de fruits rouges... L'alcool m'anesthésie les papilles.
Pourtant, je reconnais assez bien les goûts en règle générale (j'ai d'ailleurs fait brillamment mes preuves à une dégustation de thé avec un célèbre maître du thé), mais dès que c'est
alcoolisé, il n'y a rien à faire.
C'est la raison pour laquelle j'appréhende toujours de devoir goûter le vin au restaurant. Traditionnellement, la bienséance exige que ce soit celui qui invite qui goûte. Mais le plus
souvent, le sommelier fait goûter Monsieur (sans doute parce qu'il part du principe que c'est Monsieur qui paye l'addition, ce qui est complètement dépassé de nos jours, les hommes mettant de
moins en moins la main au portefeuille. Ce que je trouve par ailleurs parfaitement regrettable. On en reparlera à l'occasion, tiens).
Mais quand on est deux femmes, difficile d'échapper à la corvée : c'est vous qui payez ? C'est vous qui goûtez, CQFD. Il faut commencer par choisir le vin, en fonction de ce que vous
avez choisi comme plat : facile, viande blanche ou poisson, on prend du blanc, viande rouge, on prend du rouge. Personnellement, je bois du vin très sucré avec tout, et j'adore le mélange vin
doux / fromages, qui fait bondir les spécialistes. Pour mettre tout le mnde d'accord, dînons au Champagne, ce sera plus simple. Donc, si vous ne savez pas, demandez au sommelier ce qu'il vous
conseille (tout en jetant un petit coup d'oeil sur le prix : oui, le Château Margaux irait très bien avec votre côte de boeuf. Mais vous allez devoir manger des pâtes au beurre pendant 5
semaines...) : au moins, vous éviterez la faute de goût impardonnable.
Voilà, on vous apporte la bouteille. Le serveur prend votre verre, vous sert un fond de vin, et c'est là qu'il faut faire illusion. Parce que tout le monde à table vous regarde et
attend votre verdict avec impatience. Mais comment cacher votre incompétence ? Voici la marche à suivre pour ne pas avoir l'air trop con-con.
Attrapez votre verre par la base (il ne faut surtout pas le tenir par le ballon, ça réchauffe le vin et ça fait beauf), levez-le au niveau de vos yeux, inclinez-le un peu
(sans en renverser partout !!!) et regardez sa couleur en prenant un air entendu (et vérifiez au passage qu'il n'est pas trouble : si c'est le cas, vous pouvez faire la remarque
!!!). Ensuite, faites tourner DELICATEMENT le vin dans le verre (attention, c'est l'opération la plus délicate) puis, toujours en l'inclinant, mettez-y vote nez et... 3, 2, 1...
SENTEZ !!! Si vous voulez vraiment avoir l'air à fond dedans, fermez les yeux.
Portez ensuite le verre à vos lèvres et prenez une gorgée de vin. Gardez la en bouche quelques secondes, comme si vous la mâchiez (pas la peine d'aller jusqu'à faire cet horrible
gargouillis avec le vin : on ne vous en demande pas tant), plissez les yeux pour montrer que vous êtes concentré, et reposer le verre sur la table en faisant un signe de la tête ponctué d'un
"parfait". Là, c'est le top départ donné au serveur pour qu'il serve tout le monde.
Attention tout de même, si le vin pue le liège (là, pas besoin d'être un expert, tout le monde s'en rend compte), vous pouvez dire qu'il sembe bouchonné : les autres convives
sentiront tous le vin, le goûteront, et la décision de garder ou non la bouteille sera alors collective.
Aujourd'hui, reprenons un peu notre étude des bonnes manières et attaquons nous à un problème de société qui touche chacun d'entre nous : quid de la cuvette des toilettes ?
Dans l'ensemble, les hommes ont bien retenu la leçon que
leur enseigne leur maman dès leur plus jeune âge : "avant de faire pipi, n'oublie pas de relever la cuvette". Jusque là, tout va bien. Mais l'épineux problème qui se pose ensuite, c'est de savoir
s'il faut ou non rabaisser la cuvette après...
Deux camps s'affrontent. A ma gauche, les femmes, qui considèrent que
puisque les hommes relèvent la cuvette, il leur revient de la rabbatre (en plus, c'est dégoûtant de toucher ça... Vous avez compris dans quel camp je me trouve). A ma droite, ces
messieurs, qui ne voient pas pourquoi ce serait à eux de tout faire. Avouons-le, les deux arguments se valent.
Mais aujourd'hui, voici la solution qui réconciliera tout le monde...
C'est facile, c'est ni l'un, ni l'autre... Je vous explique : quand vous tirez la chasse d'eau, des milliers de particules de vos petits (ou gros) besoins s'envolent dans l'air et
se posent un peu partout (dans votre baignoire, sur vos serviettes de bain, sur votre brosse à dents...). Oui, c'est immonde. Heureusement, il y a une solution toute bête pour règler ce
problème : dès que vous tirez la chasse d'eau, il vous suffit de fermer l'abattant (c'est le mot savant pour désigner le couvercle) des toilettes...
Et c'est cette solution hygiénique -et indispensable- qui réconciliera hommes et
femmes : chacun, en arrivant, trouvera des toilettes entièrement fermées et l'ouvrira à sa convenance, avant de tout refermer en partant !!!! Alors méfiez-vous mes amis, je pars à la chasse aux
cuvettes relevées : je n'accepterai AUCUNE excuse !!!
Vous disiez ?