Après vous avoir appris comment rédiger votre CV, je pense qu’il est temps de passer à la deuxième étape :
l’entretien d’embauche (c’est promis, après, j’arrête de jouer les conseillères-carrière et je recommence à vous raconter ma vie).
Alors, ça y est : vous avez envoyé vos CV et vous attendez des réponses. Commencez par changer
l’annonce de votre répondeur téléphonique : les messages d’accueil du
genre « Allo ? Allo ? Mais non !!! C’est une blague : t’es sur mon
répondeur ! Laisse un message !!! », c’est terminé. Vous êtes un professionnel, et ça se sent jusque dans l’intimité de votre portable. Contentez-vous d’un très
soft : « Vous êtes bien sur la boite vocale de Marion Duschmol (on évite les Bibite Doudou, Pause Caca et autres surnoms ridicules, tristes vestiges de soirées trop
arrosées ou de moments peu glorieux). Merci de laisser un message et je vous rappellerai dès que possible ». Simple, concis, efficace.
Vous recevez enfin le fameux coup de fil : le recruteur a votre CV entre les mains et veut vous rencontrer ! C’est une très bonne nouvelle, certes, mais la partie est loin
d’être gagnée : un entretien, c’est comme un marathon, ça se prépare à l’avance…
Phase préparatoire : étudiant, vous ne seriez pas allé à un
examen sans réviser (quoi que, j’en connais qui l’ont fait !!! Ca m’a toujours étonnée : moi qui passais des nuits entières à réviser,
pour retenir des tas de choses indispensables que
j’allais devoir recracher quelques heures après… J’ai d’ailleurs souvent été étonnée de ma capacité à faire travailler si efficacement ma mémoire à très court terme : à peine avais-terminé
une épreuve que j’avais déjà tout oublié…). Donc, vous devez préparer votre entretien. D’abord, faites des recherches sur l’entreprise (comme je dis souvent : « ayez le réflexe
Internet ») : chiffres clefs, actualité, produits, stratégie, problématique, concurrents, marché… Ensuite, reprenez l’offre d’emploi à laquelle vous avez postulé et étudiez-la dans
les moindres détails afin de pouvoir mettre en relation votre expérience et vos qualités avec les exigences du poste. Profitez-en pour bien refaire le point sur votre CV et
ce que vous avez déjà fait : rien de moins professionnel qu’un jeune
candidat qui ne se souvient plus de la date de son diplôme. Enfin, préparez les question-types qu’on vous pose neuf fois sur dix : « où vous voyez-vous dans 5 ans / 10 ans »,
« quel(le) est votre principal(e) qualité/défaut », « avez-vous quelque chose à ajouter ? » ou « avez-vous des questions ? » (c’est pas mal d’en avoir
quelques-unes sous le coude...)
Et n’attendez pas la dernière minute pour imprimer plusieurs copies de votre CV, que vous apporterez avec vous
lors de l’entretien (c’est toujours quand on n’a pas été prévoyant que l’imprimante tombe en panne ou qu’il n’y a plus d’encre…)
Mise en situation : si vous n’avez jamais passé un entretien de
votre vie, autant dire qu’il est fort peu probable que vous soyez tout de suite au top. J’ai moi-même quelques souvenirs traumatisants
de grosses gaffes ou de fautes impardonnables dues à mon
jeune âge ou à mon manque d’expérience. Rien de mieux pour y remédier que de répéter avec un ami pour rôder un peu votre discours : vous vous asseyez face à face, et vous vous mettez dans
les conditions de l’entretien. Vous pourrez alors tester votre discours, votre débit de parole, vos gestes… Beaucoup de paramètres sont à prendre en considération (par exemple, quelqu’un qui
joue nerveusement avec son stylo peut être très agaçant pour l’examinateur…) et il est utile d’avoir un œil extérieur (« tu regardes en l’air quand tu parles », « tu
bouges trop les mains », « tu parles trop/pas assez fort », « c’est confus »…).Après quelques ratages, je peux vous garantir que tout coulera de source. J’ai
d’ailleurs des souvenirs émus de mes périodes de recherches d’emploi, pendant lesquelles je passais mes soirées devant mon miroir à répéter inlassablement mon petit speech de présentation
(mon grand jeu de l’époque étant de caser devant le recruteur la même blague au même moment et de faire mouche à tous les coups…).
Le dress code : comme pour votre CV, faites sobre.
Costard-cravate-chemise pour les garçons (et on évite absolument les chaussettes blanches ou assorties à la chemise : ça fait beauf), pantalon-
escarpins noirs pour les filles (si vous n’assumez pas
le total look tailleur). Les basiques, il n’y a que ça de vrai : on est sûr que ça passe partout. Et on évite les piercings, les bijoux clinquants, le parfum trop fort (si un relent
de vanille reste dans le couloir après votre passage, c’est que vous avez eu la main trop lourde sur le vaporisateur) et les couleurs criardes. Maquillage sobre et discret, cheveux tirés et
bien coiffés, manucure (pas de couleur sur les ongles, par pitié) et mains propres : c’est la base. Et bien sûr, on n’affiche pas de signes politiques, sexuels ou religieux, quels
qu’ils soient (le recruteur n’a pas besoin de savoir que vous êtes juif, catholique ou musulman, gay ou hétéro, ou un fervent admirateur de Jean Marie Lepen ou de Ségolène
Royal).
La première impression : « on n’a qu’une seule fois
l’occasion de faire une bonne première impression » comme dirait l’autre. Il faut donc faire attention. Déjà, vous aurez pensé à couper
votre portable avant d’arriver (histoire de ne pas avoir les mains
occupées au moment où le recruteur vient vous chercher). Soyez souriant et dites bonjour d’une voix posée. Et attention à la poignée de mains !!!! Pas la peine de lui broyer 3
phalanges : un peu de douceur ! A l’inverse, si en vous serrant la main, on a l’impression d’empoigner un poisson mort, flasque et mou (la demi-molle de la main, comme je l'appelle
souvent...), ça ne va pas non plus. Alors on trouve le juste milieu : ferme et doux à la fois (ça fait un peu slogan de pub des années 90. Du genre : « le camembert
Kipu ? Ferme et doux à la fois !).
Pendant l’entretien : laissez le recruteur commencer : il va
vous expliquer comment sera mené l’entretien. Généralement, il commence par se présenter (petite expérience personnelle -et peu
glorieuse- que je tiens à vous faire partager : s’il vous donne sa carte
de visite, ne la laissez pas sur la table en partant… Oui oui, ça m’est arrivé une fois… A ma décharge, je venais de poser le pied en France à peine 2 heures avant et j’arrivais tout droit des
USA, après une nuit d’avion plutôt éprouvante. C’est bien simple : j’ai dû me concentrer pour donner mon nom à l’accueil…). Parlez posément : écoutez bien les questions pour ne pas
répondre à côté. Le but n’est pas de vous piéger mais de vous connaître et d’évaluer votre capacité à remplir les exigences du poste (et si vous êtes là, c’est que vous pouvez y
prétendre…).
Faut-il mentir ? Là, je n’engage que moi, mais je pense qu’il
vaut mieux éviter de raconter des bobards (si vous étiez assistante stagiaire, pas la peine de faire croire que vous étiez directrice
Marketing : vous serez grillée tout de
suite !!). En revanche, sachez une chose importante : un recruteur n’a pas le droit de vous poser des questions relatives à votre vie privée (religion, statut marital, idées
politiques…). Vous pouvez tout à fait refuser de répondre (de manière courtoise, bien évidemment : pas besoin de le menacer de l’attaquer en justice, ça ne ferait que vous
desservir) et même mentir (par exemple, s’il vous demande si vous êtes enceinte, vous pouvez répondre que non, même si vous savez pertinemment que ce n’est pas vrai). Il ne pourra
jamais vous renvoyer pour cette raison.
Petits trucs anti nervosité : quand on passe un entretien,
surtout les premières fois, c’est stressant. Alors voici quelques petites astuces pour avoir l’air zen et sûr de vous. Tout d’abord, si
vous n’arrivez pas à fixer le regard de votre interlocuteur, fixez le point qui se
trouve pile poil entre ses sourcils : il aura l’impression que vous le regardez, alors que ce n’est pas le cas !
Ensuite, si vous tripotez votre stylo ou si vous avez tendance à parler à l’italienne (avec de grands
gestes…) croisez vos mains ensemble et posez les devant vous. Plus de risque qu’elles bougent !!! Enfin, parler longtemps donne soif : pensez à avoir sur vous une bouteille d’eau
(et si vraiment vous n’avez rien : mordez vous légèrement le bout de la langue : ça vous fera saliver un peu…).
Voilà, vous êtes prêts : il n’y a plus qu’à se jeter à l’eau !!! Le mieux ? Passez un maximum
d’entretiens, même pour des postes qui ne vous intéressent pas : ça vous fera de l’entraînement pour le jour où vous postulerez pour celui de vos rêves !!! Allez, « merde »,
comme on dit !!!
Vous disiez ?