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Petites misères de la vie quotidienne d'une parisienne

Petites misères de la vie quotidienne d'une parisienne

Pourquoi certaines filles sont-elles parfaites ? Pourquoi ne tombent-elles jamais, ne se cognent-elles jamais, ne se font-elles jamais faire dessus par le seul pigeon qui passe dans le ciel ? Et surtout, pourquoi ne suis-je pas comme elles ????

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Mauvaise rencontre

Depuis quelques années, j'ai remarqué un phénomène assez étrange. Il suffit que je me promène dans la rue habillée comme une clocharde (genre le dimanche matin, en allant à la salle de  gym, avec mon jogging trop large, mes chaussures de sport, ma coiffure "saut du lit" et mon bandeau de sportive) pour être absolument certaine que je vais croiser quelqu'un que je connais (et accessoirement, que j'aurais préféré retrouver dans d'autres circonstances). Oui, parce que si on croisait des gens quand on est toute pomponnée, bien maquillée, prête à aller à une super soirée avec plein de gens chics, ça serait beaucoup trop facile. La vie est mal faite.

Samedi soir, de retour d'une journée assez fatigante dans le monde magique de Disney, je me motive malgré tout à sortir (c'est le gros avantage d'avoir des amis qui vivent dans le même quartier...). Juste le temps de prendre une bonne douche brûlante pour me décongeler réchauffer, de sauter dans un vieux jean, d'enfiler en vitesse mon pull doudou à capuche et mes bottes fourrées "spéciales grand froid", et je file.

Alors que je suis dans la rue, en mode grosse racaille looseuse (la capuche sur la tête et la doudoune par dessus, il y a plus sexy, je le reconnais tout à fait, mais je suis crevée et j'ai surtout très froid), Choupette trouve que c'est le bon moment pour faire sa grosse commission de la journée. Il ne manquait plus que ça. Bon, bien que je sois dans une rue paumée, où personne ne passe jamais, je suis citoyenne : je sors mon sempiternel sac plastique et ramasse. Je me dirige vers la poubelle la plus proche, la crotte bien chaude encore à la main, quand je croise un jeune homme accompagné de deux espèces de bombasses (vous savez, le genre blondes d'1m80, habillées comme dans les pages d'un magazine de mode... Celles que vous détestez au premier coup d'oeil, parce que vous donneriez tout pour leur ressembler).

- Mado ?!!!! Comment vas tu ?

Et merde. Un vieux pote que je n'avais pas vu depuis au moins 2 ans. Du genre canon, qui traîne avec des beautiful people. La dernière fois qu'on s'est vus, j'étais au top. Je perds à ce moment toute crédibilité.

- Ohhhhhhhh...
(et merde...) Mais qu'est ce que tu fais là ?
- Je vais à un dîner dans le quartier. Et toi ? Quoi de neuf ? Qu'est ce que tu fais là ?
- J'habite à deux pas et je rentre d'Eurodisney, donc je suis crevée (mais pourquoi je lui raconte ça ??? J'espère qu'il va comprendre que c'est l'explication à mon absence totale de look et de féminité)
- Ah, c'est bien.

Ok, le message n'est pas passé.

Quand il m'a demandé ce que je devenais côté boulot, je me suis sentie très bête en lui disant que j'allais bosser dans la Communication. En fait, c'est quand j'ai dit ça que les deux poulettes m'ont dévisagée des pieds à la tête : je ne devais clairement pas avoir la tête de l'emploi.

- Bon, on essaie de se voir vite, ok ?
- Euh, oui ok, bonne soirée.

Et ils sont partis.

Et en croisant de vieux potes de notre bande de l'époque, il leur dira sûrement "tiens, j'ai croisé Mado dans la rue. La pauvre, elle n'est vraiment plus que l'ombre d'elle même".

Holy shit !!!!!!

Publié le 10/11/2009 à 08h59 dans Paris

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